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ISBN : 2752910797
Éditeur : Phébus (24/08/2017)

Note moyenne : 4/5 (sur 11 notes)
Résumé :
« Ils ont quitté un continent pour atterrir à mi-chemin d’un autre. Des montagnes, des déserts, des fleuves et des mers. Des points dans le désert signalent un village. Le Danemark pourrait tenir tout entier ici, enclos entre deux chaînes de montagnes. Ils n’ont pas remarqué qu’ils quittaient l’espace aérien iranien pour franchir la frontière afghane — mais qu’est-ce qu’une frontière à dix kilomètres d’altitude ? »
 
L’Afghanistan, au début du XXIe siè... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (9) Voir plus Ajouter une critique
candlemas
  01 novembre 2017
Encore une bonne surprise due aux éditons Phebus, que je remercie, et à l'opération Masse Critique Babelio. J'avais choisi La Première Pierre comme roman d'aventure se déroulant en Afghanistan, pays qui, malgré ses souffrances, continue de me fasciner. C'est ce qu'il est, mais bien plus...
A la lecture des premières pages, j'ai bien failli rejeter ce pavé de plus de 700 pages : la mission de la troisième section de bidas danois en Afghanistan, constituée pour la plupart de jeunes élevés aux jeux vidéos dans la croyance de leur toute puissance narcissique, et confrontée aux horreurs de la guerre, n'avait rien pour m'attirer... rien d'héroïque, rien de romanesque, rien que du sang, de la merde et du plomb, filmés par une webcam permanente... déception anticipée d'un de ces romans journalistiques échos de ce qu'on peut voir sur les écrans tv ?...
Et pourtant... je me suis accroché, principalement en raison du style de Carsten Jensen -a priori fidèlement traduit par NIls C. Ahl-, à la fois direct et puissant : l'évocation pudique des émotions, la profondeur de réflexion, sont soutenues par des chapitres courts et la virilité de phrases sèches.
Au final, passé la froideur des 40 premières pages, l'intrigue se noue, les personnages se dévoilent ; j'ai alors pu apprécier la suite du roman pour ce que j'aime dans le roman d'aventure : confrontés aux conditions les plus dures, aux trahisons, à leurs névroses et aux usages d'un autre bout du monde, les hommes -et les femmes- se révèlent, dans ce qu'ils ont de meilleur et de pire ; et dans leur sang et leurs tripes, Carsten Jensen nous accompagne dans une longue -mais passionnante- réflexion sur la souffrance et le désir, sur la vie et la mort, sur l'empathie et l'amour, la différence, la cruauté et le fanatisme...
Sans retrouver les larmes/armes de "Pour qui sonne le glas", j'ai été presque autant touché par ce roman, y ai retrouvé une partie de la force et de l'émotion brute d'Hemingway. Bravo donc à Carsten Jensen, que j'ai été heureux de découvrir, et aux Editions Phébus pour cet excellent choix d'édition.
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Bazart
  19 septembre 2017
Oeuvre du danois Carsten Jensen La Première Pierre dont son précédent roman, Nous les noyés était déjà sorti en France il y a quelques années est un roman de guerre qui nous fait suivre les pas de jeunes militaires danois en Afghanistan.
Ces soldats se sont en fait volontaires pour l'Afghanistan dans le cadre d'un programme de coalition internationale mené par l'OTAN…
Qui sont ils ces jeunes gens (garçons et filles) en fait? A vrai dire, toute une génération biberonnée aux jeux vidéo, animée de bonnes intentions et surtout persuadés d'être les héros que toute la patrie attend ..
Hélas, trois fois hélas, ils vont vite déchanter et vont se trouver plongés dans la réalité des combats et dans l'enfer d'un conflit dont ils ne comprennent ni les tenants ni les aboutissants.
Mais très vite, essayer de comprendre cette situation qui leur échappe n 'est plus là l'essentiel, ce qui compte surtout, c'est de survivre par tous les moyens dans cette guerre ou se mélange amitié, trahison, lâcheté, et la force de liens d'amitiés.
À mi-chemin entre le témoignage journalistique et le roman d'aventures métaphysique à la Joseph Conrad, cette première pierre fait penser à l'excellent film des soeurs Coulin "Voir du pays "sauf qu'ici ce n'est pas l'après-guerre mais le pendant qui nous est raconté.
Un livre prenant et intelligent sur les paradoxes liées aux guerres, qui vient de se voir décerner le Prix du meilleur roman scandinave par le magazine et qui sera adapté au cinéma par le producteur de Millenium. Toutes des bonnes raisons pour se plonger dans cet éprouvante mais captivante Première pierre
Lien : http://www.baz-art.org/archi..
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topocl
  11 mai 2018
Cela commence comme un classique (bon) roman de guerre, . Basés à à Camp Price, dans le désert d'Afghanistan, paysage aussi splendide qu'inhospitalier, les soldats danois de la troisième section sont gonflés à bloc, sûrs de leur probité. Ils traînent les histoires personnelles qui les ont amenés ici. ils s'ennuient souvent, sont envoyés en patrouille, se livrent à des attaques protégées par la force aérienne. Il croient fraterniser avec la population. Ils sont convaincus de leur mission, même si parfois des loupés et des "dommages collatéraux" génèrent des états d'âme.
Et puis, il y a l'ignoble trahison, et la troisième section pète un câble, se soustrait à l'autorité, est prête à tout pour livrer sa vengeance. Et là, il s'avère que la guerre, c'est beaucoup plus compliqué. Les ennemis sont complexes : ces humains qui ont vécu toute leur existence entière dans un pays en guerre, cruel et imprévisible. Ils défient toute compréhension avec leurs croyances, leurs divergences et leurs fidélités; les relations des populations locales avec les talibans, le rôle des chefs de guerre sont insaisissables pour l'observateur occidental naïf. Et s'en mêlent l'armée américaine, les soldats britanniques, les milices, les sociétés mercenaires, les renseignements danois, les technologies de pointe … Cela devient une sacrée débandade, une marche forcée obsessionnelle où il faut sauver sa peau coûte que coûte.
Et justement, cela coûte très cher. Il n'y a plus aucun repère, plus de bien ni de mal, plus de vrai ni de faux, plus de civilisation ni de barbarie, plus d'amis ou d'ennemis reconnaissables. Ils n'ont plus aucune certitude, le monde n'est plus que questions et danger.Ils n'ont d'autre option que d'avancer dans cette vertigineuse descente aux enfers, guidés par le radar de la survie, ballottés dans une cascade de choix de Sophie. On assiste à une effroyable escalade de la violence (Jensen ne lésine pas, il faut bien le savoir), de non-sens, une absolue perte de contrôle. La guerre n'est plus une stratégie sérieuse qui répond à des lois, c'est une immense manipulation, un jeu vidéo géant, dont nul ne connaît plus les limites.
Ce roman est terrible car il est parfaitement maîtrisé, contrôlé, s'appuyant sur quarante ans d'expérience de l'auteur en Afghanistan. C'est un triller parfait sans relâche, sans temps mort, sans concession au politiquement correct, avec une écriture, dense, implacable, chirurgicale (âmes sensibles s'abstenir). Chaque personnage se déploie, dans l'enchevêtrement de ses contradictions, et je me suis curieusement totalement identifiée à ces personnages pourtant si différents de moi, aux aspirations et à la vie si étrangères à la mienne qui voient s'écrouler leur monde fantasmatique au profit de la réalité de la guerre dans cette espèce de tourbillon de folie et de violence où les circonstances les entraînent. Ils sont médusés, annihilés. Ils n'abandonnent pas leurs illusions , ce sont leurs illusions qui les abandonnent. Il est ridicule de dire qu'ils ne rentreront pas indemnes : en fait ils ne rentreront pas, ils abandonneront derrière eux leur peau originelle. Ce monde est si terrible qu'il n'existe que peu de mots pour le décrire - cependant Carsten Jensen a réussi à en faire ce roman impitoyable dont on sort un peu dévasté par sa propre ignorance, son impuissance et le caractère dérisoire de ses propres petits problèmes.
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JMLire17
  06 octobre 2017
Ce gros roman puissant plonge le lecteur dans la guerre incessante qui sévit en Afghanistan. Il décrit une guerre à la fois très contemporaine avec drones, avions de chasse, missiles et moyenâgeuse avec des atrocités d'une extrême barbarie venues du fond des âges et perpétrées au nom de la religion où des traditions tribales. Adam, Jakob, Mads, Lasse, Nikolaj, Daniel, Viktor et d'autres encore, dont une femme Hannah, sont les soldats d'une section commandée par Rasmus Schrøder. qui fait partie du contingent danois commandé lui, par Ove Steffensen, intégré à la force internationale qui tente de rétablir la paix dans ce pays de tous temps déchiré, par la guerre civile, par l'invasion de la Russie, par la prise de pouvoir des talibans, et la traque d'al Qaïda. Les trois cent premières pages sont un récit détaillé, presque un reportage littéraire, sur les missions, les difficultés, que rencontrent ces hommes et cette femme. Avec précision l'auteur révèle les personnalités et les motivations de ces soldats, des officiers, ainsi que celles de Lukas Møller leur pasteur aumônier. Il montre la complexité de l'intervention de la force internationale , qui doit traquer des ennemis qui connaissent mieux le terrain, souvent truffé de mines, épargner les populations, négocier avec les seigneurs de guerre au comportement imprévisible, avec les autorités locales, avec les milices privées qui agissent pour leurs intérêts personnelles. C'est une succession de moments plus saisissant les uns que les autres. L'auteur nous fait partager les peurs, les désarrois des soldats par exemple lorsque Adam tue son premier ennemi, où lorsqu'ils apprennent des événements dramatiques dans leurs familles au Danemark. C'est passionnant!
A l'occasion d'une intervention de la troisième section danoise, le livre bascule dans le roman. Il en devient encore plus fort, haletant, bouleversant. Ils vont connaître, la trahison, les assauts meurtriers, le comportement diabolique de leurs ennemis, les conversions forcées, les prises d'otages, la fuite à travers les déserts et les montagnes, les villages dévastés. Les personnages sont placés devant des décisions de vie où de mort pour eux-même où pour leurs collègues de combat. On tremble pour eux, notamment pour Hannah où pour Lukas. L'intensité monte encore, et l'intrigue se complique, lorsque l'agent des renseignements danois d'origine afghane, Khyber, arrive en Afghanistan pour leur porter assistance. le lecteur ne se pose plus qu'une question: " vont-ils s'en sortir? ". C'est une succession de scènes plus prenantes les unes que les autres, qui montre certainement fidèlement l'imbroglio qui règne dans ce pays, dans lequel les populations civiles, surtout les femmes et les enfants souffrent des affrontements permanents, et dans lequel également, les armées d'intervention internationales perdent des hommes, et détruisent ceux qui en reviennent. La première pierre de Garsten Jensen fait parti des livres que l'on n'oublie pas.
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ValerieAnneCoston
  04 novembre 2017
Un excellentissime roman de guerre. Danois. Des jeunes militaires danois volontaires en Afghanistan. Confrontés à l'incompréhensible, à l'indicible, à l'absurde. Et puis... Suspens. 768 pages. Pas une de trop. Construit comme un thriller. Une écriture sobre et efficace. Des personnages fouillés, notamment sur le plan psychologique. Et où il est question curieusement de jeux vidéos et d'un jeune homme rivé à l'oeilleton de sa caméra. Une grande lecture. Puissante et dérangeante parfois mais qui nous pousse dans less retranchements de notre vile humanité. Un grand grand coup de coeur.
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critiques presse (2)
LaCroix   03 novembre 2017
Sous la loupe de l’écrivain voyageur, le lecteur chemine au milieu d’une colonne de soldats d’élites danois engagés dans la guerre sans fin d’Afghanistan.
Lire la critique sur le site : LaCroix
LeMonde   15 septembre 2017
Le Danois Carsten Jensen raconte une guerre sale dans le puissant « La Première Pierre ».
Lire la critique sur le site : LeMonde
Citations et extraits (10) Voir plus Ajouter une citation
candlemascandlemas   01 novembre 2017
Le taliban mort avec son sac à dos continue à hanter les pensées d'Adam. Il n'en parle jamais. Il est là, comme un d'interrogation récalcitrant. Mais Adam n'a aucune idée de la question qui le précède. C'est ce maudit sac à dos. Ce sont les yeux gris-vert, la peau claire, les cheveux. Pourquoi diable ne pouvait-il pas avoir les cheveux noirs et un coussin de barbe épaisse ? Pourquoi cet idiot ne pouvait-il pas juste ressembler à l'ennemi ?
Jusqu'à cet instant où le fusil s'est bruyamment déchargé et où l'enturbanné s'est retrouvé collé au mur avec une grande fleur rouge sur sa robe brodée, ils ne se connaissaient pas. Maintenant, ils sont étroitement liés. Comme on peut l'être à un homme dont on a pris la vie et dont on a vu le visage. Pourquoi était-il là à le fixer ? Il devrait y avoir une règle pour les soldats au combat : ne jamais regarder le visage de ton ennemi quand tu viens de l'abattre. Celui-ci ne devrait pas avoir d'autre nom, d'autre identité, que ceux contenus dans ce seul nom : "l'ennemi". C'est le seul dictionnaire dont tu as besoin quand tu fais la guerre, un dictionnaire qui tient en un mot.
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BazartBazart   13 septembre 2017
Atmar adore enseigner à son partenaire danois l’histoire de la province de Helmand. Si ce paysage désertique et sans fin a une histoire, elle n’est que militaire, explique le seigneur de guerre. Les armées ont d’abord trépigné dans un sens, puis dans l’autre — et pas depuis cent ans, mais depuis des mil-liers d’années. Des armées qui ne voulaient rien d’autre que triompher. «
Nous sommes seulement sur leur chemin. C’est notre destin. Nous sommes ceux qui sont en travers du plan
des autres.

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scrambledspiritscrambledspirit   04 janvier 2018
La guerre est un chaos, l’armée symbolise l’ordre. Après le combat, cependant Hannah doit avouer qu’il y a quelque chose entre eux tous. Pendant les séances de crossfit, ils sortent tout cela - toute cette frustration, cette douleur. Ils surfent sur une vague d’adrénaline qu’ils ont eux-même engendrée. Et ils vont jusqu’au plus profond de leur être solliciter une force qui s’y terre depuis toujours.
Mortellement épuisée, elle finit par s’allonger sur son lit de camp, après l’entraînement. Elle est envahie par une lubricité qui la fait convulser. Elle voit les cadavres de ses camarades devant elle, mais submergée par le chagrin, un désir irréprésible la pénètre soudain. Être prise par un corps lourd et vivant. Tout en elle, jusqu’à sa moindre pensée, migre vers son sexe dont elle attend désespérement qu’il déborde. Quand elle commence à se toucher, elle sait que l’orgasme qui vient n’est qu’une pause, une respiration. Il lui faut plus qu’un spasme à l’intérieur de son sexe.
Je fais la guerre, je n’ai pas le temps pour le sexe. Voilà ce que pensent la plupart quand le désir les surprend. Conneries. Quand tu es prêt à mourir ou à tuer, quand tu vis des choses aussi extrêmes, le sexe n’est jamais loin. La mort, la violence et le sexe marchent toujours ensemble.
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scrambledspiritscrambledspirit   04 janvier 2018
Vous qui vous croyez tellement fort, invincibles. Mais n’en avez-vous pas assez de vous-même, parfois? Vous parlez toujours de camaraderie. Mais pour qui? Pour quoi? En avez-vous vraiment besoin? Laissez-moi vous le dire : vos besoin vos attentes sont plus grand que vous ne le croyez - Il fait une pause et les dévisage tous, l’un après l’autre. Quand l’un d’entre nous meurt, nous nous rassemblons autour de sa dépouille. La mort donne un sens à notre communauté, que nous avons tendance à oublier par ailleurs. C’est peut-être le seul cadeau qu’elle nous fait. Nous devrions être tous des grands frères et des grandes soeur pour l’autre. La force ne va jamais sans la faiblesse. Sinon, il n’y aurait pas de force. Attentifs, voilà ce que nous devons être. Attentifs aux autres.
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deuxquatredeuxdeuxquatredeux   29 août 2017
Je marche entre des tombes pleines et des tombes vides. Qui pour contrôler le contenu des cercueils ? Pour vérifier les inscriptions sur les pierres tombales ? Pour dire qui ils étaient quand ils vivaient ? Et qui ils sont, maintenant qu'ils sont morts ?
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