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EAN : 9782847345162
357 pages
Tallandier (03/04/2008)
4.38/5   36 notes
Résumé :
Il y a dix-sept siècles, Julien, à la fois intellectuel, écrivain doué, conquérant hardi, souverain talentueux et honnête, fut, pendant les quatre années qu'Il passa sur le trône impérial, le protecteur des derniers païens. On a exterminé sa famille entière, on l'a relégué dans un lointain palais truffé d'espions : le très Chrétien Constance n'a rien négligé pour éloigner Julien de la couronne des Césars. Il y accède cependant, converti en secret aux dieux païens. L... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (7) Voir plus Ajouter une critique
Ewigkeit
  25 août 2019
L'empereur Julien a toujours excité les passions et l'imagination. Sa mort même a inspiré des légendes, noires ou dorées, suivant la religion des biographes. « Un Julien de plus !... », dira-t-on. Mais la tâche était d'autant moins aisée que, depuis l'abbé de la Bletterie (au temps deVoltaire), le sujet est rebattu. Est-ce à dire qu'on en connaît mieux Julien « dit l'Apostat » ? le mérite de L. Jerphagnon est de nous en proposer une analyse pour ainsi dire intime, de nous aider à comprendre Julien de l'intérieur, depuis l'enfance, en raison même de cette enfance orpheline, mais nourrie d'Homère par l'excellent Mardonios, comblée de soleil et de nuits étoilées, d'arbres, de vignes et de senteurs dans le jardin d'Astakia. Ce livre n'a rien d'une réhabilitation apologétique. L'auteur décèle et démasque sans complaisance les graves défauts de cet « adolescent prolongé », de ce « khagneux » pédant et naïf comme une colombe, de ce moine païen si peu philosophe au fond, malgré le surnom qu'on lui a donné (pour le distinguer du minable Dide-Julien).
Mais L. Jerphagnon souligne aussi très justement sa sincérité. Il nous explique le personnage dans toute sa complexité biographique et intellectuelle. Convaincu d'avoir été prédestiné par les dieux (surtout par le Soleil qu'adoraient ses ancêtres) et investi d'une mission pour guérir le monde romain, Julien a tenté une « révolution culturelle » avec toute l'ardeur qui animait son « totalitarisme spéculatif ». Même dans sa campagne malheureuse et mortelle contre les Perses, c'était « la philosophie grecque, bottée et casquée » qui était censée marcher contre l'ennemi. Trop Romain pour les Grecs, trop Grec pour les Romains, ce passéiste sublime dérangeait autant les païens que les chrétiens. Son paganisme inquiet, bardé d'occultisme, de théurgie et de néoplatonisme mal assimilé, ne ressemblait guère à celui du « divin Jamblique », dont Julien se réclame intensément. Quelques portraits approfondis et nuancés nous éclairent indirectement ou par contraste celui de l'héroïque réactionnaire : Constance II, un « grand patron », quoique antipathique ; la belle et stérile Eusébie, ambiguë et redoutable ; le vieux Libanios, toujours enthousiaste et pourtant modéré. Avec toute sa sympathie critique, L. Jerphagnon nous offre donc un Julien plus attachant que celui des laudateurs inconditionnels, un Julien revécu au jour le jour, jusqu'au jour où « la nuit tombait doucement sur ses rêves ». Vif et vibrant, ce livre se lit d'un trait.
Lien : https://www.lucienjerphagnon..
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Bulldozer
  07 mai 2016
Biographie passionnante toujours écrite avec le ton exquis, plein d'humour et de légèreté de Lucien Jerphagnon, qui prend le soin de traiter tous les aspects de la vie du dernier empereur païen, nous immergeant dans le IVe siècle romain et l'intimité de son sujet comme seul lui sait le faire.
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jmcorleone
  30 mars 2021
Une réhabilitation de l'empereur Julien dit "l'apostat"par les chrétiens, neveu de Constantin, il abjura la foi chrétienne devenue celle des empereurs et déjà corrompue par l'exercice du pouvoir. Erudit, Imprégné de la philosophie des grands maîtres Grecs il releva les statues des dieux antiques, rêva de remettre Rome dans Rome et de retrouver l'âge d'or. D'une richesse peu commune, ce livre au style alerte se lit comme un roman. Il faut dire que le parcours tragique, aventureux et solaire de Julien méritait une telle réhabilitation sous la plume de Lucien Jerphagnon.
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ileana
  02 mai 2020
Je me suis trompée sur mon choix de lecture : trop détaillé pour moi, une profusion de références, un ouvrage érudit qui réclame une vraie motivation. C'est pour les férus d'histoire (du monde antique).
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Frederic524
  29 août 2018
Lucien Jerphagnon, historien et spécialiste de la pensée antique, est l'auteur d'une biographie de l'empereur romain "Julien dit l'Apostat". L'écriture de Jerphagnon procure un réel plaisir et l'on se prend à lire ce livre d'histoire comme l'on lirait un roman. Il faut dire que la vie de Julien se prête parfaitement au jeu, tant ce jeune homme à connu d'épisodes tragiques dans sa vie. L'action se déroule principalement dans la seconde moitié du IVème siècle ap.JC, soit sous le bas-empire. le souffle donné aux événements par Jerphagnon ne peut rendre que passionnante la lecture de ce livre en tout point remarquable. Ou quand histoire rime avec plaisir...
Lien : https://thedude524.com/2010/..
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Citations et extraits (4) Ajouter une citation
Julian_MorrowJulian_Morrow   06 avril 2017
Cette spiritualité très haute du devoir, cette disponibilité sans réserve à ce qu'il perçoit comme dicté d'en-haut et qui doit tout au stoïcisme, il la retrouvera, à partir de cette nuit-là, à tous les moments de sa vie, toutes les fois qu'il lui faudra prendre une détermination. Seul dans sa chambre en présence des dieux, Julien accueillait dans son âme, avec la foi d'un enfant, la vocation qui lui était assignée sans qu'il en connût rien, sinon les menaces, les dangers, les aridités. D'avance il acceptait de servir où on l'enverrait, sans attraits, sans consolations sensibles, lui qui les aimait tant, dans un milieu dont tout l'éloignait, isolé parmi des gens cruels, obliques, sans scrupule, et qui adoraient un dieu auquel il n'accordait aucune estime.
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pdbloti17730pdbloti17730   08 février 2019
Au terme de tout cela, une constatation banale, et qui tient en peu de mots; rien en tout cas, qu'on ne sût déjà, fût-ce autrement que je ne l'ai dit. En bref, les chrétiens n'ont rien su ni même soupçonné de Julien- ils n'auront vu qu'un païen-, Julien n'a rien su ni même soupçonné de Jésus Christ- il n'aura vu qu des chrétiens. Un point c'est tout. Rien n'aura coïncidé, rien n'aura même filtré d'un foyer de valeurs à l'autre. Quel long chemin pour une aussi désolante vérité! Désolante et irritante comme l'est chaque liberté pour qui la voit seulement du dehors? Il y a toujours chez les autres un "autrement" qui nous échappe, quoique nous fassions, et qui nous déconcerte; irréductible fond d'énigme qui d'avance anéantit ces tentatives de reconstruction que nous appelons efforts pour comprendre. Comme si l'on se mettait à le place d'autrui! On croit s'y mettre, et alors on projette sur lui le meilleur de nos idéaux et de nos songes quitte à être désappointé ou furieux de ne rien retrouver dans la réalité. Julien eût voulu païen son Empire; Grégoire de Naziance eût voulu chrétien son Empereur. Question de point de vue; question de liberté. Mais du coup, s’est le pire d'a
eux mêmes, leurs plus noirs phantasmes que l'un et l'autre projetèrent sur l'Adversaire:les chrétiens,les païens.
Il nous arrive à tous de rapprocher le temps d'une rêverie, des aspirations incompatibles, des personnalités inconciliables. Julien et Grégoire, précisément qui savait écrire de si belles choses, et si profondes quand il cessait de polémiquer. Ou encore Themistios et Julien qui étaient faits pour s'entendre, et qui ne s"entendirent sur rien. Ou- pourquoi pas- Julien et Jésus. Sans doute est-ce par ce que nous aspirons à la fin de toutes les contradictions, à l'unité de toutes les valeurs, si tragiquement dispersés, éparpillées dans les consciences, les sociétés, les civilisations, les âges. Hantise de la totalité du Bien, soleil dont a rêvé Platon, mais en sachant qu'il rêvait. Tout cela nait de nos imaginations comme un rai de lumière, et nous distrait un moment de nos brumes. Ainsi je me prends à rapprocher Julien et Jésus. Pour quoi faut-il qu me viennent en tête ces verstes-là plutôt que d'autres...

Comme Jésus se mettait en route, quelqu'un accourut et lui demanda: "Maître, qu dois-je faire pour avoir la vie éternelle?" . Jésus lui répondit: " Tu connais les commandements: Ne tues pas , ne commets pas d'adultère, ne vole pas, ne porte pas de faux témoignage, ne fais tort à personne, honore ton père et ta mère... - Maître lui dit-il tout cela je l'ai observé avec soin dès la jeunesse!" Alors Jésus le regarda et se prit à l'aimer ...
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DanieljeanDanieljean   10 février 2021
Il fallait aussi renoncer aux divers agréments que procure le divin Éros, sauf à contracter mariage, à s’en contenter et à s’y tenir indéfiniment. Un simple regard sur une fille appétissante et votre âme tombait comme une mouche morte 
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pdbloti17730pdbloti17730   13 février 2019
Philosphe Julien, Passionné de philosophie surtout, et on sait que cela ne fait pas nécessairement mes meilleurs éléves. En fait pour être hilosophe- je ne dis pas: un philosophe, e figuere à ce titre au Musée Grévin de la philosophie-, il faute unecertaine capacité de dét
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