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Critiques sur Les obus jouaient à pigeon-vole (29)
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sabine59
  08 mars 2018
Attirée par la photo d'Apollinaire, avec son bandage autour de la tête, j'ai aussitôt saisi le livre, dont je ne connaissais l'auteur que de nom.

Tout ce qui se rapporte à mon poète préféré me passionne, et j'ai beaucoup apprécié cette lecture. L'auteur imagine , dans ce court roman, les derniers moments, en fait les deux derniers jours d'Apollinaire sur le front, durant la première guerre mondiale, avant qu'il soit atteint par un éclat d'obus. C'est-à-dire le 16 et le 17 mars 1916.On sait qu'il a été ensuite trépané, et qu'affaibli par cette terrible blessure à la tempe, il succombera à la grippe espagnole , en 1918.

L'auteur a choisi d'adopter un rythme rapide, les phrases sont courtes, souvent nominales et cela s'harmonise bien avec le découpage des chapitres, brefs aussi, qui se présentent comme un compte à rebours jusqu'à l'instant fatal, ponctués par des citations de vers du poète.

Le style m'a plu, mots lapidaires et saisissants de réalisme et de lyrisme à la fois. Les compagnons de guerre sont décrits avec tendresse, l'atmosphère d'ennui et de peur bien rendue. Cointreau-whisky - surnom du poète- est rêvé par l'auteur, certes, c'est sa vision, mais je trouve qu'elle s'approche de la réalité, d'ailleurs la bibliographie citée à la fin montre qu'il s'est beaucoup documenté sur cette période de la vie d'Apollinaire.

On imagine bien le poète, en train d'écrire fébrilement des lettres, du fond de sa tranchée, porté par sa passion des mots, de la vie, et c'est d'ailleurs au moment où il griffonne quelques vers sur la revue " le Mercure de France" qu'il sera blessé ...

" Hommes de l'avenir, souvenez-vous de moi", écrivait-il . Oui, cher Guillaume, nous te gardons précieusement dans notre coeur...


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Fransoaz
  06 juin 2017
Le livre relate heure par heure la vie dans une tranchée les 16 et 17 mars 1916. Ce sont les heures qui ont précédées l'impact qui blessera Guillaume Apollinaire. Car le sous-lieutenant Cointreau-Whisky, ainsi nommé en raison de son goût immodéré pour les alcools n'est autre que le grand poète. Il s'est porté volontaire pour combattre aux côtés du caporal Dontacte, du père Ubu, de Trouillebleu, de Jojo la fanfare. On les a rebaptisés car les prénoms, les noms de famille, on préfère les laisser à la maison, ne pas les prononcer pour ne pas convoquer le malheur.
Là où les hommes doivent se creuser la cervelle pour trouver un début d'idée pour réussir à écrire quelques lignes de convenance à la famille, Apollinaire noircit à l'encre diluée, des feuilles et des feuilles qu'il remet ensuite au vaguemestre qui se chargera de les expédier à Paris, à Londres, à Madrid…
Heure par heure le lecteur attend et partage le quotidien des poilus. le passage espéré du vaguemestre, les poux, la boue, le froid, la peur de l'ennemi posté juste en face, la camaraderie et le supplément alimentaire partagé.
Le poète veut vivre la guerre de l'intérieur, partager le quotidien des poilus, sans privilèges et trouver ainsi l'inspiration et les mots qui perceront ses poèmes.
Un court livre passionnant entrecoupé de lettres, de poèmes et rythmé par le balancé de la pendule qui égrène les heures du drame à venir.
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BrunoA
  05 avril 2016
Sous ce titre reprenant un vers de Guillaume Apollinaire, Raphaël Jerusalmy nous invite à vivre, à rebours, les heures qui précédèrent la blessure du lieutenant Wilhelm de Kostrowitzky le 17 mars 1916 dans une tranchée du bois des Buttes, secteur situé entre Picardie et Champagne.
On vit ainsi au rythme de la section de cet officier qui, artilleur au début de la guerre, a sollicité une affectation dans l'infanterie, se trouvant ainsi en première ligne.
Autour de celui que l'on surnomme Cointreau-Whisky, se mêlent les voix du caporal Dontacte, notaire, du père Ubu, fort de la halle aux poissons de Marseille, de Trouillebleu et de Jojo la Fanfare, jeune bleuet de la classe 1916.
Heure par heure, on partage la vie de ces hommes, et surtout les réflexions et les pensées dans lesquelles se perd Apollinaire.
C'est ainsi qu'il nous permet de partager la naissance d'un poème au tréfonds de ses pensées, d'un vers qui se met à danser et à se lier avec d'autres mots jusqu'à sourdre comme une fontaine.
Puis c'est l'impact, auquel Kostro survivra. La mort l'attend pour le faucher deux années plus tard, deux jours avant l'armistice de 1918 où c'est la grippe espagnole qui l'emportera, à 38 ans.
Ce court récit nous permet de mieux comprendre cette période de la vie du poète tout en nous expliquant le sens de ce qu'il écrivit dans les tranchées.
Un voyage à faire en compagnie de cet aventurier de l'art moderne.
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Patsales
  25 février 2018
« Que la guerre est jolie » a écrit Apollinaire, ce qui ne manque pas de surprendre ses admirateurs. Jerusalmy tente de comprendre, entre dans la tête du poète et multiplie les hypothèses - la multiplication signalant surtout l'absence d'approfondissement. J'aime bien celle qui souligne la coïncidence des gueules cassées, le poète admirant la guerre par amour du cubisme.
C'est sympathique et appliqué, genre ah ben je vais dire que ses soldats l'ont surnommé Cointreau-whisky, lui qui est l'auteur d' « Alcools », comme je suis taquin et subtil.
Hautement recommandable pour les élèves qui auraient Apollinaire au programme.
Dispensable pour tous les autres.
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cecilit
  24 mars 2018
Quel plus beau sujet aurait pu trouver Raphaël Jerusalmy, écrivain et ancien militaire, en Apollinaire, poète qui a choisi de faire cette drôle de guerre, et de compter à rebours les heures de tranchée avant LA blessure, l'impact droit sur la tempe du poète.
Jerusalmy écrit comme Apo rime. Phrases courtes, épurées. Rudesse du militaire et délicatesse du poète ; pragmatisme et lyrisme ; point de paradoxe.
Un jour gris dans une librairie au bord de mer, lors d'une rencontre auteur/lecteurs à laquelle j'ai eu la chance d'assister, Jerusalmy nous a expliqué ce paradoxe, qui n'en est pas un, et puis aussi sa façon de peler ses phrases comme une banane jusqu'à en découvrir la chair ou comme le burin du graveur qui extrait le métal de la plaque jusqu'à en révéler l'essentiel (Jerusalmy vient d'une famille de graveurs). L'homme est massif, l'air d'un baroudeur pas commode, ses grandes mains s'agitent, et alors il sourit, parle beaucoup, se révèle sympathique , facétieux, extrêmement lettré et instruit (lui, l'ancien militaire ?! Quels préjugés !), on en redemande. Je regarde la photo de couverture, il en ressort une certaine ressemblance entre ces deux-là : une forte tête avec à l'intérieur une âme délicate.
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nathalie_MarketMarcel
  14 octobre 2019
Ce petit roman est consacré aux dernières 24 heures du poète, atteint par un éclat d'obus le 17 mars 1916, blessure qui l'affaiblira et l'empêchera de résister à la grippe espagnole, deux ans plus tard. Les chapitres déclinent la vie dans la tranchée, au front, heure par heure, jusqu'au moment de l'impact. le quotidien des soldats, français et allemands, le courrier, la nourriture, les puces, les rêves, et ce soldat qui essaie d'écrire de la poésie et de traquer les mots et la vie.
Il y a beaucoup d'humour dans cette horreur. Ainsi, chaque soldat affublé d'un surnom. L'un est le Père Ubu, un autre Trouillebleu. Gui de Kostrowitzky, trop imprononçable, est devenu Cointreau-whisky. C'est lui, le poète.
Sans être un grand roman, c'est un joli hommage. le portrait des soldats est attachant. Surtout, il vous donnera envie de (re)lire la poésie d'Apollinaire.
Lien : https://chezmarketmarcel.blo..
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Norlane
  02 juillet 2018
24h dans une tranchée de la guerre 14-18 avec Apollinaire et ses compagnons d'armes, 24h avant l'obus qui blessa le poète engagé volontaire.
Pour la collection de fiction historique ("des romans où le destin d'un poète croise la grande Histoire") des éditions Bruno Doucey que je connaissais jusque là pour ces recueils de poèmes contemporains et ces anthologies, Raphaël Jerusalmy livre, en phrases courtes et dans un décompte porteur de suspense, une réflexion sur la guerre, l'engagement et l'écriture de poésie. En peu de mots, peu de temps, les personnages sont présents, et on n'a pas besoin de "s'y connaitre" pour apprécier. Cependant, c'est plus une belle interprétation poétique qu'un documentaire réaliste et neutre. le point de vue peut surprendre mais c'est un livre qui mérite la curiosité de l'ouvrir. Il laisse une empreinte indéfinissable.
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badpx
  10 avril 2017
Voilà la petite pépite du Week end, du printemps, et peut-être même la première de l'année 2017.
Alors que je suis en bataille, depuis plusieurs jours et bientôt semaines, avec deux pavés, qui bien qu'intéressants, sont tous les deux un peu ardus à lire ; hier en début d'après midi, alors que le soleil m'appelle au dehors, je commence à feuilleter ce roman sélectionné pour le prix Cezam 2017.
Et dès les premières lignes je suis happée.
Mais je réussi à résister et je passe l'après midi dans mon jardin.
Couchée tôt, je me jette à nouveau sur ce petit roman (une centaine de pages). Mais finalement, la fatigue m'empêche d'aller au bout. Et c'est ce matin, au petit déjeuner, que je fini les 10 dernières pages, une tartine dans une main, la liseuse dans l'autre.
Avant de l'ouvrir je ne savais rien de ce récit. Il était dans ma PAL "à cause" du prix Cezam. Je ne suis pas sûre que j'aurais eu envie de le lire si j'en avais connu le sujet avant.
24h dans la vie de tranchée de Cointreau-Whisky (que l'on connait sous le nom d'Appolinaire).
J'ai découvert Appolinaire. Je ne peux pas dire que les 2 ou 3 poèmes étudiés au lycée, aient été un moyen de faire cette découverte. Et j'ai maintenant très envie de le lire.
Le seul bémol de ce roman, est la représentation un peu trop poétique à mon goût, qui est faite de la guerre.
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Herve-Lionel
  19 décembre 2016
La Feuille Volante n° 1099
LES OBUS JOUAIENT A PIGEON VOLERaphaël Jerusalmy - Édition Bruno Doucey.

Étonnant ce sous-lieutenant étranger, citoyen russe par sa naissance, engagé volontaire dans l'armée française au tout début de la guerre en demandant sa nationalité qui n'interviendra que lorsqu'il sera au feu, sous l'uniforme. Cet engagement il l'aurait contracté par amour de la France ou peut-être pour impressionner Lou, une demi-mondaine dont il est amoureux. Son nom imprononçable l'a fait baptisé Kostro qui est le raccourci de son vrai patronyme mais, dans la tranchée on le connaît sous le pseudonyme évocateur de Cointeau-Whisky. Il tranche en effet un peu sur les autres, lui qui, incorporé dans l'artillerie a demandé à combattre dans l'infanterie où l'espérance de vie des officiers subalternes est des plus courtes. Recherche de la gloire ou de la mort, prestige de l'uniforme, aura du combattant, besoin d'être différent des autres artistes... Allez savoir ! Que peut-on lire dans la sourire énigmatique de Guillaume Apollinaire ? La mort il la trouvera, mais pas dans la tranchée où pourtant il recevra un éclat d'obus dans la tête. Son « étoile de sang » l'arrachera à l'enfer des combats, le conduira à la trépanation mais c'est de la grippe espagnole qui fit plus de morts que cette guerre sanglante qui aura raison de sa vie, il avait trente huit ans ! Quand ses camarades peinent parfois à écrire à leur famille, lui inonde le vaguemestre de lettres à des femmes, à Lou, mais aussi à Madeleine Pagès rencontrée par hasard, de poèmes écrits pour elles, de textes à ses amis partis à l'étranger ou restés à l'arrière, pour la préface d'un ballet de Diaghilev...  Ça doit affoler les gars de la censure une telle boulimie d'écriture. C'est qu'il est poète, connu déjà sous le nom de Guillaume Apollinaire, précurseur de la poésie moderne, quelqu'un dont l'armée devrait se méfier, un marginal qui manie si bien les mots quand les messages militaires en sont si économes, pratiquent les codes et le secret. Un poète ça a horreur de la routine, des règlements, de l'autorité, ça ne demande pas à tenir un fusil et pourtant Kostro est là, parmi les hommes de sa section qui ont peur face à cette guerre qui fauche les espoirs et les rêves, face aux obus qui volent et brisent leurs vies et leurs envies des femmes. Guillaume, lui, tresse les mots dans sa tête, des mots qui n'auront peut-être pas le temps d'être écrits, des mots qui, bizarrement célèbrent la beauté de son quotidien guerrier, des mots qui disent sa liberté toute neuve, cette liberté d'écrire différemment, cette faculté d'emmener avec lui la poésie dans la bataille ! Ils sont loin le pont Mirabeau et la Seine et les hommes ici ont parfois la tête éclatée des tableaux de Picasso. Pour l'ennemi en face, c'est pareil, la même trouille, la même boue, la même merde, la même vermine, la même folie, celle d'être vivant à l'instant et un cadavre percé de balles juste après parce que la mort rôde et que les généraux jouent avec eux comme des enfants avec leurs soldats de plomb.
Bizarre aussi le titre de ce livre qui s'inspire d' un vers d' Apollinaire et qui le met en scène les dernières vingt quatre heures avant sa blessure à la tête, lui que ses camarades aiment bien, même s'ils ne comprendraient pas forcement les poèmes qu'il a écrits pour rien ni pour personne. Ce ne sont que des mots de hasard comme ceux qu'il a griffonnés sur le Mercure qui porte aussi quelques gouttes de son sang.

© Hervé GAUTIER – Décembre 2016. [http://hervegautier.e-monsite.com ]
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Alais
  27 juin 2016
Ce livre, nous plonge dans les vingt quatre heures qui précède l'impact qui blessera Apollinaire en 1916. On y découvre les camarades de combat du poète, leurs habitudes, leur vie dans les tranchées. La mélancolie du passé se lie avec la morosité du présent et l'espoir du futur.
L'ouvrage est assez court et se lit donc rapidement. Chaque chapitre s'ouvre sur un vers ou un poème d'Apollinaire ce qui donne toute son originalité à l'ouvrage. Néanmoins, l'écriture saccadée de l'auteur me donne l'impression d'être oppressée et me dérange mais elle permet, d'un autre coté de saisir l'ambiance qui régnait sur le champ de bataille à ce moment-là.
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