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EAN : 9782330005160
144 pages
Éditeur : Actes Sud (21/03/2012)

Note moyenne : 4.05/5 (sur 139 notes)
Résumé :
C'est l'histoire d'un attentat musical. Eté 1939, au lendemain de l'Anschluss, Otto J. Steiner égrène ses jours dans un sanatorium de Salzbourg tandis qu'au-dehors l'Histoire montre les crocs.
Autrichien, juif(un peu), seul (complètement), il n'aime plus que la musique — et la tuberculose le ronge autant que l'humiliation d'être malade, ou les privations qui achèvent de le pousser à la marge du monde. Un monde dissonant à son oreille de mélomane, une faute d... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (51) Voir plus Ajouter une critique
popie21
  17 août 2018
Une petite pépite que je n'aurais jamais lue si elle ne m'avait été offerte pour l'achat de deux livres de la collection Babel. Je suis mélomane mais pas musicienne alors un livre qui veut sauver Mozart oui certes pourquoi pas ? Allons voir un peu de quoi il retourne...
Il s'agit du journal d'Otto J. Steiner, autrichien, journaliste passionné de musique, juif et tuberculeux vivant dans un sanatorium de Salzbourg. Ça fait beaucoup pour un seul homme surtout lorsqu'on est en 1939.
Au fil des pages et de l'année écoulée (juillet 1939 – août 1940), Otto dont la famille n'était guère pratiquante et qui ne se sent pas particulièrement juif, prend conscience de faire partie de quelque chose de beaucoup plus grand que lui. Il comprend que chaque juif est en danger de mort, il pense à tous les gens qu'il a connu et qui sont censés avoir quitté l'Autriche, ont-il réussi à échapper à l'implacable où se sont-ils retrouvés dans un convoi spécial ? Il se souvient des rituels juifs auxquels il a parfois assisté sans y prêter attention. Et quelle est cette étrange petite chanson que fredonne sans cesse son voisin de lit ? Ainsi, tout en finesse grâce à l'écriture parfaite de Raphaël Jerusalmy, l'héritage identitaire d'Otto refait lentement surface.
Parallèlement, Otto aide son ami Hans à rédiger les textes et choisir les morceaux de l'annuel "Festspiele" de Salzbourg. Son plus grand combat, hormis la tuberculose, c'est la musique, la brutalité et l'absence de finesse des nazis en matière d'art est une véritable torture pour lui. Otto est une force de la nature, Otto a du caractère, Otto est un résistant. Comment peut-on devenir un résistant lorsqu'on est un phtisique coincé dans un sanatorium autrichien ? Apparemment c'est impossible, et pourtant Otto part en croisade, une croisade contre la grossièreté nazie, une croisade certes un peu décalée quand on pense à l'ampleur de la tragédie méthodiquement exécutée par les nazis mais une belle, une magnifique croisade. Alors Otto qui dit de lui-même "Je n'ai jamais suivi aucun mouvement. C'est cela que m'a légué mon père, bien malgré lui, la non-appartenance. Je ne suis ni juif, ni non juif. Un peu par sa faute.", pourra-t-il sauver Mozart et réussir ainsi un acte de résistance autant qu'un acte d'appartenance ?
Belle surprise, ce petit roman de 150 pages est un concentré de fantaisie et d'humour grinçant, dénonçant l'horreur nazie sous un angle complètement original et vraiment très agréable à lire.
Riche idée donc que ce cadeau fait aux lecteurs car il permet de découvrir des auteurs qu'on n'aurait peut-être pas approchés sans cela et dans le cas présent cela aurait été fort dommage. Je compte bien d'ailleurs découvrir d'autres oeuvres de Raphaël Jerusalmy que j'ai trouvé vraiment excellent.
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latina
  16 octobre 2013
Même reclus dans un sanatorium de Salzbourg, Otto Steiner, « autrichien de confession phtisique » et critique musical, veut sauver Mozart ! Oui, Mozart, rien de moins ! En effet, au « Festspiele » annuel de l'été 1940, à cause des nazis en place, Mozart va se retrouver calé entre des grosses productions, lui, si « fluide », si « léger » au risque d'être complètement écrasé. Et l'exécution de ses oeuvres elles-mêmes sera de toute façon « massacrée », « exécutée » au sens premier du terme. Que peut-on attendre en effet de musiciens de l'armée et d'un public composé essentiellement de militaires, « uniformes de parade trop amidonnés », de « SS qui se pavanent au balcon » et aussi de « bourgeois en frac, de jeunes aristocrates vêtus à la Gatsby avec leurs poupoules, de vieilles comtesses qui ronflent, de maîtres d'académie à bésicles, et de toute cette racaille austro-hongroise qui, bien que huppée à outrance, sent encore la Forêt-Noire » ?
Otto Steiner va donc se charger de sauver Mozart...et aussi de faire une méchante petite farce à tous ces nazis, coup de théâtre et clou du roman ! Difficile, pourtant, quand on doit se battre soi-même avec la maladie, avec la nourriture peu ragoûtante et de plus en plus rare, avec la promiscuité honteuse et puante. La tranquillité d'esprit, la jouissance musicale, le repos, la liberté d'expression, ne sont plus que rêves et regrets.
A coup de petites phrases lucides et assassines, notre narrateur Otto livre ses pensées intimes dans son journal. C'est marrant, c'est insolent, c'est intelligent, c'est brillant, c'est pétillant.
Combien de fois ai-je opiné ! Combien de fois ai-je souri, et même ri ! Oui, j'ai adhéré totalement à la manière de penser d'Otto, je me suis amusée, et c'est le comble puisque nous entrons avec ce roman dans la période noire du nazisme...
Sauver Mozart ? Raphaël Jerusalmy y est arrivé, et si vous le lisez, vous aussi serez sauvés de l'ennui, de la déprime, de la bêtise.
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Jeanfrancoislemoine
  06 août 2018
"Sauver Mozart"est un petit livre d'une grande humanité. Alors que la seconde guerre mondiale se met en marche,Otto Steiner vit ses derniers mois dans un sanatorium de Salzbourg.La tuberculose fait son oeuvre et notre personnage semble rechercher un moyen de quitter ce monde dans lequel il n'a plus sa place .
Est-il juif?lui même ne le sait pas vraiment,son père ayant toujours tenu la religion loin de ses pensées,mais,le nazisme se fait pressant...
Au sanatorium,il tient un journal et révèle bien des choses qui pourraient lui valoir de sérieux ennuis.Ce journal,il nous le livre.Le ton y est léger ou grave,sérieux ou insouciant,drôle ou désespéré,mais d'une profondeur exceptionnelle.
Et c'est là qu'il va nous présenter son ultime projet,son ultime combat,son ultime victoire sur l'ignorance et la barbarie:assister au Festspiele et y sauver Mozart au nez et à la barbe d'Hitler et de ses soldats,Sauver Mozart,c'est sans doute sauver bien plus,faire un pied de nez aux soi-disant représentants d'une" race"qui se voulait supérieure.
Ce petit livre est extraordinaire.Les mots y sont parsemés avec une force et une puissance remarquables,au service d'une réflexion profonde sur la pire face de la nature humaine.
Je ne l'ai pas choisi,mon libraire me l'a offert car j'avais acheté deux ouvrages de la même collection.J'ai adoré. Heureux hasard ou compétence ?Je penche sans hésiter sur la seconde option.Merci,N.......Quel bonheur que d'avoir un si bon libraire et conseiller.!!!
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Archie
  25 juillet 2019
Un ouvrage romanesque d'une forme très subtile. le journal personnel et secret tenu par un homme dans la dernière année de sa vie, avant que la maladie incurable dont il souffre ne l'emporte. Des phrases brèves ajustées au manque de souffle. Certains jours, juste quelques mots lâchés, sans verbe, lors des courtes pauses consenties par la douleur, la fatigue et la difficulté à respirer.
Le journal d'Otto J. Steiner n'est pas autobiographique. L'auteur, Raphaël Jerusalmy, se porte bien, du moins je lui souhaite. Né en France, normalien, il est aujourd'hui établi à Tel Aviv après avoir fait carrière dans les services de renseignement de Tsahal. Sauver Mozart, son premier roman publié en 2012, est le journal d'un personnage fictif dans un contexte historique.
Salzbourg, juillet 1939. le Festspiele, le fameux festival d'opéra, de théâtre et de musique classique, bat son plein avant d'être écourté. Une décision soudaine venue d'en haut. Personne ne se hasarde à protester : depuis un peu plus d'un an, l'Autriche est annexée à l'Allemagne nazie. Personne ne se manifeste non plus quelques mois plus tard, quand les autorités nazies proclament leur volonté de faire du Festspiele de 1940 une démonstration éclatante du rayonnement culturel du Reich.
Les Nazis au pouvoir ont imposé leurs lois antijuives, accueillies avec enthousiasme par une partie de la population. On ne voit quasiment plus de Juifs à Salzbourg, ni ailleurs en Autriche. Ceux qui n'ont pas quitté à temps le pays ont été persécutés, spoliés, déportés. Quelques-uns survivent ; en dissimulant leur judaïsme.
C'est le cas d'Otto Steiner. Au fond de lui, il sait bien qu'il est juif, mais il préfère se convaincre qu'il ne l'est pas. Ou presque pas, l'essentiel étant de ne pas susciter le doute autour de lui. Question de survie.
Il faut dire que la survie d'Otto Steiner est sujette à d'autres contingences. La tuberculose dont il souffre a atteint un stade très avancé. Pronostic vital engagé, dirait-on de nos jours. Très affaibli, il est hospitalisé dans un sanatorium de Salzbourg. le quotidien y est sinistre. Les locaux sont sordides, les repas rationnés, les soins illusoires, les conditions hygiéniques précaires. La promiscuité avec les mourants est angoissante, désespérante, avilissante. Et tout va se dégrader, à mesure que s'affirme la volonté de dédier en priorité les établissements de soins aux soldats blessés au front. Chez les Nazis, on n'aime pas trop les malades. Ce sont des parasites encombrants. Des intouchables.
Au travers des propos très laconiques de son journal, on comprend qu'Otto Steiner est un grand mélomane. Il a même été un spécialiste reconnu de la musique. Il connaît par coeur les partitions des oeuvres majeures, ainsi que les paroles des grands opéras allemands et italiens. Malgré sa maladie et ses origines … hum ! …, on vient le voir discrètement pour avoir son avis sur le programme des concerts du festival à venir et pour en rédiger les brochures de présentation. On le sollicite aussi pour l'accompagnement musical d'un événement politique majeur, la rencontre au sommet – dans tous les sens du terme – du Führer et du Duce au col du Brenner en mars 1940. Une occasion qu'Otto Steiner aurait bien mise à profit pour tuer Hitler ! Mais c'était plus facile à dire qu'à faire !
Steiner est particulièrement amateur de l'oeuvre de Mozart, dont on sait, bien sûr, qu'il est la personnalité emblématique de Salzbourg, et dont les oeuvres occupent toujours une place de choix dans le programme du Festspiele.
Dans un premier temps, Steiner, abattu, ne critique pas la programmation qu'on lui dévoile et qu'il juge stupide. Il rédige ses textes en caricaturant discrètement la pompe nazie. Il va s'enhardir peu à peu, indigné d'apprendre qu'une oeuvre d'un compositeur lieutenant de SS est programmée juste avant un concerto de Mozart. Il concoctera alors une petite surprise savoureuse pour le public et les dignitaires nazis assistant au concert.
Avant de tirer sa révérence en paix quelques jours plus tard.

Lien : http://cavamieuxenlecrivant...
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caro64
  07 octobre 2012
Actes Sud a le don pour nous faire découvrir des romans courts et percutants qu'on oublie pas de sitôt. Celui-ci, de la veine d' Inconnu à cette adresse (même sobriété de ton, même cruauté dans la simple description des faits, même humour rageur), a choisi en plus la forme poignante d'un journal tenu par un vieil homme.
Otto Steiner, ancien musicien et critique musical d'origine juive, végète dans un hospice à Salzbourg où sa tuberculose l'a condamné. Seul l'amour de la musique le tient en vie dans cet endroit sinistre. Il décide de tenir son journal car ce qu'il voit l'attriste ou l'effare, c'est selon. Car nous sommes en 1939 et les nazis qui ont fait main basse sur l'Autriche, s'insinuent dans l'organisation du festival Mozart qui se prépare. Avec d'abord beaucoup de détachement, puis de mépris, puis d'horreur, Steiner voit l'emprise du national-socialisme sur l'esprit de cette rencontre musicale. Alors, profitant de la demande qui lui est faite par le directeur du festival de l'aider ponctuellement, Steiner va concevoir un attentat musical...
Impossible de vous en dire plus sans dégoupiller ce roman de petit calibre dont le final, grandiose, nous explose à la figure. Sachez que cet homme, libre de toute attache, sans illusions mais pas sans principes, va nous prouver que résister peut se manifester à tous les niveaux et à toutes les époques. C'est touchant, cruel, drôle et d'une grande justesse. Un premier roman saisissant et d'une grande noblesse d'âme dont l'originalité, dans la forme, le ton et surtout dans l'histoire, ne laisse pas insensible …. Quelques heures de pur bonheur littéraire.
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critiques presse (3)
Actualitte   29 janvier 2013
C'est un livre qui mérite qu'on prenne le temps d'en tourner les pages.
Lire la critique sur le site : Actualitte
Lexpress   28 mai 2012
Avec son ton sobre, sarcastique et son rythme fiévreux, ce concerto à une voix est incontestablement une réussite.
Lire la critique sur le site : Lexpress
Lhumanite   15 mai 2012
Le texte de Raphaël Jerusalmy se présente sous la forme du journal intime que tient Steiner, entre le 7 juillet 1939 et le 2 août 1940. Si l’on peut imaginer une partie de sa teneur, en relation directe avec l’actualité sombre de l’époque, il n’en réserve pas moins de considérables surprises qui le situent très au-delà d’une simple chronique du temps.
Lire la critique sur le site : Lhumanite
Citations et extraits (51) Voir plus Ajouter une citation
popie21popie21   14 août 2018
Le gauleiter lui a demandé de choisir personnellement deux trois morceaux pour la fanfare militaire du district, en vue d'un événement de la plus haute importance. Il n'en sait pas plus. Je lui ai suggéré quelques œuvres où les percussions dominent clairement et pour lesquelles le reste de l'interprétation n'exige pas de grande virtuosité, juste du rythme. Il ne les a pas trouvées assez solennelles. Trop faciles. A vrai dire, il ignore de quel genre de cérémonie il s'agit. C'est un secret. Le gauleiter lui a juste laissé entendre que des personnages très éminents y assisteront. Peut-être même le Führer. Une simple marche d'escadron ne suffit pas. Du Wagner, alors ?
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popie21popie21   15 août 2018
"Je me suis retourné. Mussolini se tenait à la portière de son wagon, étendant le bras en l'air, comme s'il bénissait les hommes qui l'acclamaient. En face, de l'autre côté du quai, Hitler est apparu à son tour, sous les hurlements des "Heil", le vacarme des claquements de bottes, des canons de fusils portés à l'épaule. La fanfare, que j'avais complètement oubliée, a fait donner du cor et de la percussion. Bien appuyé pour le Duce. Encore beaucoup plus fort pour le Führer. C'était grotesque. Du battage. La mauvaise musique m'éraflait les tympans. Un boucan de foire. Comme dans ces cirques de province où l'on martèle les tambours à l'entrée des acrobates. Toute la solennité de l'événement s'est évanouie d'un seul coup. Et ma peur avec."
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popie21popie21   16 août 2018
Jeudi 11 avril 1940
Visite de Hans. En pleins préparatifs du "Festspiele". Il a encore besoin d'un coup de main, pour la partie rédactionnelle. Les nouveaux officiers du service culturel sont pires que les anciens. Eux étaient des brutes ignares.Ceux-ci se croient raffinés. Avec leurs gants noirs et leur rasage de près.

Le prochain festival a des odeurs de cabaret à soldats. Hans est dépité. Il a mauvaise mine. Lui aussi se fournit au marché noir. Les épiceries sont vides. Il faut des tickets.

J'ai accepté. Pas pour Hans. Mais pour sauver Mozart, malgré tout.
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AmbagesAmbages   25 avril 2020
Il y a un nouvel arrivé. Phtisique à souhait. Il tousse beaucoup, la main posée en travers de la bouche, embarrassé. Il n'a pas encore l'habitude.

Je me souviens de mon premier jour. La maladie, passe encore. Mais se retrouver là, tout à coup, parmi ces moribonds. Au début, je les ai observés en spectateur, comme de loin. Encore aujourd'hui, j'évite leurs regards. Et puis, j'ai appris à ne plus faire attention à eux. Surtout ceux qui geignent, qui se plaignent. À respecter le règlement interne. Ou du moins en donner l'impression. À être toujours poli avec le docteur Müller. À obéir aux infirmières, dont le ton despotique est si déplaisant. À soudoyer le fils du concierge avec des bonbons. J'ai pris le pli sans que personne ne me le dise. Sans explications. À l'instinct.
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popie21popie21   11 août 2018
Lundi 25 septembre 1939
Freud est mort avant-hier. Euthanasie. Il avait un cancer de la bouche. Les cigares... Trois doses de morphine et tout était fini. Ça donne à réfléchir. Il a quitté l'Autriche "in extremis", en 1938. J'y ai songé aussi.
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