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Claudia Ancelot (Traducteur)Dorothea Rein (Éditeur scientifique)
ISBN : 2264023732
Éditeur : 10-18 (12/09/1999)

Note moyenne : 3.86/5 (sur 21 notes)
Résumé :
À Milena furent adressées des lettres d'amour qui sont parmi les plus belles de ce siècle. Leur auteur : Franz Kafka.
Sa vie, Margareth Buber-Neumann l'a racontée après avoir rencontré cette héroïne de notre temps à Ravensbrück, où Milena mourut le 17 mai 1944. Si son prénom et sa trajectoire appartiennent désormais à l'histoire, son œuvre a rarement été lue et entendue. Journaliste pendant vingt ans (de 1919 à 1939), elle a signé un grand nombre de chronique... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (2) Ajouter une critique
itzamna
  24 novembre 2014
Ce livre est construit en deux temps : les articles publiés entre 1919 et 1933, puis ceux parus entre 1937 et 1939. Une courte biographie en fin d'ouvrage permet enfin de regarder ces articles à la lumière de la vie chaotique de Milena Jesenská.
Milena Jesenská est née à Prague le 10 août 1896. Fille d'un dentiste et professeur de stomatologie,et d'une mère artiste à la santé délicate, Milena évolue dans un environnement bourgeois, étudie dans la meilleure école de Prague, côtoie des jeunes femmes qui feront plus tard partie de l'élite Tchèque. Diplômée, cultivée, excentrique et émancipée, elle parcourra les grandes capitales européennes, fréquentant les milieux intellectuels et à la mode.
C'est cette culture qui apparaît dans la première partie de ce livre. Elle y parle de la vie d'après-guerre au coeur de Vienne ou de Prague, où la misère est partout mais où, malgré tout, la culture se déverse, à travers les livres, le cinéma, les spectacles ou la presse. Elle côtoie les auteurs de l'époque comme Max Brod ou Franz Werfel. Milena Jesenská se marie très jeune à un homme de 10 ans son aîné, coureur de jupons, alcoolique et dépensier. Pour survivre, Milena commence à écrire des articles qu'elle envoie, de Vienne où elle réside désormais, aux journaux de Prague. Elle y parle de la vie Viennoise, de la mode, du cinéma (elle porte d'ailleurs une analyse très experte sur le cinéma de son temps et sur la guerre que semblent se faire les Etats-Unis et l'Allemagne sur ce champ).
La seconde partie du livre s'inscrit au coeur de notre histoire contemporaine. Les articles, écrits et publiés entre 1937 et 1939, témoignent de la place de la Tchécoslovaquie à l'aube de la seconde guerre mondiale. La Tchécoslovaquie est une république plurielle, réunissant des tchèques, des slovaques, des allemands, de langue allemande, des hongrois, polonais, roumains... Coincé entre l'Allemagne et l'Autriche annexée d'un côté, la Pologne et l'URSS de l'autre, la Tchécoslovaquie est isolée de ses alliés, la France et l'Angleterre. La population tchèque, qui attendait beaucoup de ces derniers est abattue, révoltée, indignée suite aux accords de Munich, en 1938, qui reconnaît la sécession des Sudètes, où une partie de la minorité allemande se rapproche de l'Allemagne nazie.
Le texte de Milena Jesenská devient ici particulièrement fort, témoignant de l'engagement et de la résistance de toute une population, lâchement abandonnée par la communauté internationale, France en tête, au profit d'intérêts politiques incompris en Tchécoslovaquie. Ces derniers récits interpellent le lecteur et jettent une lueur particulière sur notre histoire contemporaine et sur le monde d'aujourd'hui.
[...]
Lien : http://itzamna-librairie.blo..
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yv1
  15 décembre 2014
Milena Jesenska est née à Prague en 1896 et morte à Ravensbrück en mai 1944. Elle fut journaliste, traductrice de Kafka, femme assez libre, mariée et divorcée, convertie au communisme, résistante dès l'invasion de la Tchécoslovaquie par les nazis. Les textes publiés ici sont des articles parus dans divers journaux entre 1919 et 1939. Une partie bibliographie clôt le recueil.

La première chose qui frappe c'est la modernité de la langue, sa limpidité ; je ne sais pas quelle est la part de la traduction dans cet aspect ; traduite dès 1950, la modernité ne serait peut-être pas aussi présente aujourd'hui. Les articles sont parfois légers, sur la mode, sur la vie enjouée à Vienne malgré la difficulté d'y vivre à l'époque ; dans la postface il est expliqué qu'en 1918, suite à la chute des Habsbourg, l'Autriche est réduite, au bord du gouffre, et malgré cela Vienne continuait à vivre comme si de rien n'était. On sent d'ailleurs chez Milena Jesenska une certaine légèreté teintée de profondeur. D'autres articles sont plus profonds, plus sérieux. le recueil recense une palette assez large de l'auteure. Intéressant pour la connaître un peu mieux. Néanmoins, malgré tout cela, je ne me suis jamais vraiment senti captivé par les sujets. Il me manque pas mal de repères chronologiques et géopolitiques. Une date juste après le titre de l'article eut été la bienvenue. La biographie en début de volume ou alors des dates importantes en fin de volume, juste pour qu'on se repère plus aisément.

Un échec sans en être totalement un puisqu'il m'a permis de connaître Milena Jesenska.
Lien : http://lyvres.over-blog.com
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Citations et extraits (8) Voir plus Ajouter une citation
Alice_Alice_   25 septembre 2016
Parfois, j'ai l'impression que l'homme vit au bord d'un gouffre dans lequel se précipite le présent. Nous connaissons exactement le passé et nous nous en soucions en vain puisque nous ne pouvons plus le changer ; nous connaissons non moins exactement l'avenir et nous nous en soucions tout aussi en vain puisque nous sommes incapables de le deviner et de le modeler à notre guise. La seule chose que nous ne connaissons pas, c'est le présent : cet après-midi, l'heure même que nous vivons. Nous thésaurisons sur le passé, nous spéculons sur l'avenir, et nous gaspillons le présent si désespérément que nous prenons à peine conscience de fait que la vie, c'est le présent et uniquement le présent. Par exemple, nous prenons du thé et nous nous disons que c'est juste cela : un intermède entre ce qui a été et ce qui sera. Mais, en réalité, c'est cela même, la vie ; la vie n'est rien d'autre. Elle est sans gloire, sans éclat, pleine de déceptions - en fait elle n'est qu'une seule et longue déception ; nous sommes assis en permanence dans la salle d'attente à guetter un rapide qui ne vient pas. Mais cette lande pleine de bruyère, de sables et de maigres pins dont le soleil illumine les couronnes rouillés - quelle plus merveilleuse beauté que celle-là? Et toi, mon cœur stupide, ne pense pas en ce moment à cet homme qui t'aime trop, ou trop peu, c'est selon. Ne pense pas au manteau neuf, à la doublure de l'an dernier, et à la lettre qu'il faut absolument écrire au percepteur, ne pense qu'à cette lande. Penses-y totalement, embrasse-la à pleine bouche, regarde-la en oubliant tout le reste, ne sois ni triste, ni gai, ni heureux, ni plein de désir, car tout cela est absurde ; sois présent, donne-toi à ce jour, et pour l'amour du ciel, fais un effort, essaye de ne contempler que cette heure et d'en tirer tout ce qu'elle peut donner. Efforce-toi de briser cette chaîne du destin qui fait que les hommes ne voient sous les événements qu'incertitude, douleur, insatisfaction et attente. Sois ! Tout simplement. Personne ne te rendra ce que tu viens de laisser échapper de ta main, mais demain tu riras de la douleur d'aujourd'hui. Tu n'as jamais rien vécu que tu n'aies regardé, le lendemain, sous un éclairage tout autre et sous un autre encore, le surlendemain. Tu peux d'ores et déjà parier que tout ce qui te semble tellement capital ne l'est point. En prenant tes soucis pour des questions de vie et de mort, tu oublies, insouciant que tu es, l'heure présente : pourtant, c'est elle seule qui compte absolument, car elle est perdue à tout jamais, cette part irremplaçable de ta vie que tu as laissé détruire.
L'attente est mauvaise conseillère, 22 août 1926.
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Alice_Alice_   23 septembre 2016
Dites-moi, cela ne vous est-il jamais arrivé? Vous êtes couchée dans la nuit, vous regardez le plafond dans le noir, paralysée de terreur et de douleur et soudain, quelque part à l'étage, un enfant pleure et pleure à votre place? Ne vous est-il jamais arrivé qu'au théâtre des hommes meurent, se battent et chantent à votre place? Ne vous est-il pas arrivé de voir à l'horizon un oiseau qui vole à votre place, les ailes déployées, tranquille, heureux, disparaissant au loin pour ne jamais revenir? N'avez-vous jamais trouvé une route dont les pavés sont capables de supporter précisément autant de pas qu'il vous en faut pour vous libérer de la douleur? Je crois fermement que le monde vient à notre secours. On ne sait ni quand, ni comment, ni par quoi. Il survient inopinément, simplement, avec compassion. Parfois, être sauvée est presque aussi douloureux que la douleur elle-même.
Mystérieuses rédemptions, 25 février 1921.
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CombrayCombray   26 juin 2018
Tu continues à voir le monde avec des yeux de jeune homme. Tu continues à croire, ou tu t'efforces de croire, que la vie mène quelque part, qu'on obtient toujours un résultat, qu'on parvient à quelque chose de définitif. Le jour où tu verras la vie comme elle mérite d'être vue, tu sauras alors qu'il n'y a que la naissance et la mort et, entre les deux, le temps. Ainsi, en un tournemain, connaîtras-tu la valeur des choses auxquelles, aujourd'hui, tu n'attaches guère d'importance : l'harmonie des sentiments et l'équilibre intérieur; cela ressemble à une honnête boutique du coin de la rue, avec son enseigne, une de ces boutiques que l'on tient de quelque arrière-grand-père. Roulant comme sur des rails invisibles, ce commerce confère une sorte de solidité à la vie. Qui dit solidité dit aussi immobilité, et c'est donc de ces entreprises sans espoir. Mais ces dernières sont pleines de sagesse si l'on admet que l'espoir est un sentiment fait pour les gens qui ne supportent pas le présent.
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Alice_Alice_   25 septembre 2016
Si je ne craignais pas les citations et les grands mots, j'irais chercher dans le souvenir de mes admirations d'enfant la phrase qui dit que si chacun de nous est de granit, alors le peuple, lui, sera de roc.

Phrase du grand poète Jan Neruda (1834-1891) que chaque enfant tchèque connaît par cœur.
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itzamnaitzamna   24 novembre 2014
Je ne sais pas si vous goûtez l'Internationale ou la Marseillaise - n'oublions pas, après tout, que ce sont les hymnes nationaux de nos alliés - mais le fait est que le peuple les aime, car il les considère non seulement comme les hymnes de nos alliés, mais aussi comme des chants de liberté ouvrière. Peu importe qu'ils le soient ou non - ce qui compte, c'est ce qu'ils signifient pour les ouvriers. Peut-être vous a-t-il échappé que la grande majorité des soldats qui ont si magnifiquement fait mouvement vers la frontière sont des travailleurs en uniforme, car la majorité de notre peuple se compose de travailleurs. Et ce sont eux les premiers à endosser l'uniforme...
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