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ISBN : 2081478978
Éditeur : Flammarion (28/08/2019)

Note moyenne : 2.78/5 (sur 9 notes)
Résumé :
« Oscar est mort parce que je l’ai regardé mourir, sans bouger. Il est mort étranglé par les cordes d’une balançoire. »

Ainsi commence ce court et intense roman qui nous raconte la dernière journée que passe Léonard, 17 ans, dans un camping des Landes écrasé de soleil. Cet acte irréparable, il ne se l’explique pas lui-même. Rester immobile, est-ce pareil que tuer ? Dans la panique, il enterre le corps sur la plage. Et c’est le lendemain, alors qu’il ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (3) Ajouter une critique
BuffaloVoice
  20 juillet 2019

Choisi pour son titre, La Chaleur (après tout, oui, allons-y), l'auteur (dont on ne sait rien, sauf que c'est son premier roman, qu'il a 25 ans, vient de Nantes et vit à Paris), et la promesse du postulat : un "adolescent étranger au monde qui l'entoure, qui ne sait pas jouer le jeu, et s'oppose à cette injonction au bonheur déversée par les haut-parleurs" assiste à la mort d'un autre sans intervenir, dans un camping des Landes où il est en vacances avec sa famille. Que va-t-il se passer à partir de là ?
*SPOILER* : Rien, absolument rien, c'est moins clivant.
Tout, absolument tout ici, en 160 pages lues en 1h30 en traînant (pour la modique somme de 15€ pour le dernier bienfaiteur de la chaîne du livre qui l'achètera), est littéral. "Oscar est mort parce que je l'ai regardé mourir sans bouger. il est mort étranglé par les cordes d'une balançoire" nous prévient-il dès l'entrée. Bien, merci.
Il n'aime pas le camping, trouve les gens grotesques, comme l'animateur déguisé en lapin rose. C'est en cela qu'il est "étranger au monde qui l'entoure", rien de plus.
Il rencontre une fille facile mais qui ne veut pas de lui, repousse les avances homos de son pote qui se sent mal dans sa peau malgré son aise, et cherche son chien perdu qu'il aurait de la peine à ne plus voir tous les jours. Là se trouvent les ressorts dramatiques de ces deux derniers jours de camping où pourtant, il vient d'enterrer, en un paragraphe de phrases sans saveur, certes, le corps de ce jeune Oscar qui s'est pendu pour ressentir quelque chose (encore que ce serait ici trop profond de le suggérer clairement).
On apprend qu'une canicule meurtrière ravage le pays, dans le même temps, en une phrase du même acabit, placée vers la fin, et c'est tout. Léo (et Oscar, Luce, Louis, Zoé et tous ses compagnons affublés d'autant de noms de poissons rouges) s'imagine vaguement qu'il faudrait qu'il dise à quelqu'un qu'un cadavre est enterré sur la plage, mais il ne le fait pas et ne sait pas pourquoi, en est bien embêté. Et nous, lecteurs, ne le sauront pas non plus. Parce qu'à cette heure, lassé de ce personnage insipide qui ne veut rien et ne sait rien, on s'en va papoter avec ceux qui cherchent mieux. J'ai tout de même terminé ce livre, ce qui signifie qu'il est suffisamment bien écrit pour ne pas se faire envoyer contre le mur. Mais c'est bien, bien loin d'être suffisant.
Parce que quel gâchis, l'idée était magnifique... tout ce qui aurait pu se dire, se déployer dans cette promesse : un ado regarde mourir un autre sans intervenir, cache son corps et poursuit le calvaire de deux jours de camping interminables, angoisse au front, viscères vrillées d'être découvert et de se perdre dans le vertige de son absence totale de position face au monde, pendant qu'une canicule exécute le reste du pays. Un grand roman de l'apathie, de l'écrasement français, dans un style dépouillé de scrupules, voilà à côté de quoi nous passons.
Et bien mon cher Victor, quand on a 25 ans et qu'on n'ouvre pas la fosse à purin quand on écrit un premier roman, à défaut d'avoir le réservoir d'eau filtrée, décantée, qu'aurait un individu plus expérimenté, on perd une belle occasion d'entrer avec fracas à côté des postures frileuses qu'on n'endosse normalement que la mort dans l'âme, quand 3 romans sont refusés partout, encore que.
N'est pas Arnaud Dudek qui veut, qui, en quelques poignées de pages dans "Tant bien que mal", nous cisaille la prunelle d'étincelles réellement pures, où rien n'est de trop mais tout est chargé.
N'est pas Marc Villemain qui veut non plus, qui sait, avec un mystère difficile à élucider qui est bien l'ingrédient le plus excitant lorsqu'on découvre un bon livre, qui sait, donc, ce qu'il en coûte d'être "étranger au monde" lorsqu'on a 17 ans et s'en va te le dire d'une manière bien plus fondamentale et pérenne dans "Mado".
Pour ne citer que deux romans sur la jeunesse, récents.
Enfin peut-être vaudrait-il mieux, à 25 ans, écrire des livres d'adultes, anticiper plutôt que de se retourner sur de trop proches 17 ans qui ne nous ont encore rien appris de consistant.
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Verdure35
  21 juillet 2019
Les Edts Flammarion ne désirent pas de billets avant le 15 août, donc rendez-vous à cette date pour cet agréable premier roman.
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ItsiBitsiBookini
  09 juillet 2019
Dans ce court premier roman, Victor Jestin dépeint bien cet isolement propre à la clairvoyance, et ce décalage dû à l'intranquillité..
Lien : https://www.instagram.com/p/..
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Citations et extraits (1) Ajouter une citation
mailys_babeliomailys_babelio   11 juillet 2019
Oscar est mort parce que je l’ai regardé mourir, sans bouger. Il est mort étranglé par les cordes d’une balançoire, comme les enfants dans les faits divers. Oscar n'était pas un enfant. On ne meurt pas comme cela sans le faire exprès, à dix-sept ans. On se serre le cou pour éprouver quelque chose.
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