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ISBN : 2809710236
Éditeur : Editions Philippe Picquier (22/08/2014)

Note moyenne : 3.62/5 (sur 38 notes)
Résumé :
La beauté du diable, ou comment le désir vient aux femmes. Le désir d'être belle, de se croire une reine, le désir d'allumer les regards de convoitise et d'envie sur son passage.
"J'ai un secret. J'appartiens à un club. Vous pourriez l'appeler le club des passionnées de beauté. Mais ce n'est pas de la beauté des autres que nous sommes éprises. Nous sommes les véritables esthètes, nous portons notre beauté sur nous. Et même si nos maisons sont vieilles et déla... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (21) Voir plus Ajouter une critique
LePamplemousse
29 juillet 2014
Les histoires d'addiction parlent souvent d'alcool ou de drogue mais beaucoup plus rarement de la dépendance aux vêtements, aux chaussures et aux sacs à mains !
Ici, la jeune japonaise que l'on suit pendant quelques années devient peu à peu une acheteuse compulsive, et cela l'entraîne dans une spirale infernale entre euphorie, exaltation, mensonges et gros soucis financiers au point de remettre toute sa vie en question.
Pendant toute une partie du roman, l'héroïne est accro au luxe et elle énumère consciencieusement les grandes marques françaises ou italiennes qui la font rêver.
Elle nous entraîne dans son obsession pour les vestes en cachemire, les sandales en cuir, les robes aux coupes parfaites et les sacs à main griffés, qu'elle assimile à la beauté, à la jeunesse et à la réussite.
Mais cet aspect futile s'estompe rapidement pour laisser place à une vraie histoire, celle d'une femme qui souffre, qui n'a pas la sensation d'avoir sa place dans la société, qui croit lutter contre un vide immense en achetant des robes en lamé ou des escarpins à talons vertigineux.
L'auteur nous montre un autre aspect du Japon, un Japon où la honte et le fait de perdre la face est une des pires choses qui puisse arriver à une personne, au point qu'on préfère parfois ne plus jamais parler d'une personne qui a fait honte à sa famille, un Japon compétitif, où les enfants sont poussés dès leur petite enfance à être les meilleurs dans tous les domaines, un Japon où les femmes sont mères au foyer ou reléguées à des postes subalternes en attendant de se trouver un mari pour les entretenir, un Japon qui rêve d'Occident mais qui est gouverné par les Yakuzas, un Japon enfin qui confond le bonheur et l'acquisition des biens au point de se perdre en route, au détour d'un temple, d'un jardin zen ou d'une salle de jeu.
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AudreyT
28 août 2016
Kayo est une jeune japonaise qui a tout pour être heureuse : elle épouse son premier amour, qui va vite construire une carrière solide dans la banque et ils ont deux beaux enfants. Mais Kayo va très vite devenir totalement dépendante de son désir des belles choses : sacs, chaussures, vêtements haute couture... Tout est, pour elle, à acheter et à avoir dans sa garde robe. Elle possède au départ une belle somme d'argent donnée par sa mère, mais elle va très vite dépenser beaucoup plus et se mettre dans une situation qui n'accorde aucun retour en arrière...
Ce roman n'est pas un livre comme les autres, il ne s'agit pas ici de décrire la vie d'une accro au shopping ou d'une femme superficielle qui ne veut que de belles choses... On sent tout le malaise de Kayo, on est submergé par sa descente aux enfers et on a beaucoup de mal à ne pas pouvoir la prévenir de ce qui l'attend. C'est une héroïne attachante et dont la solitude nous attriste vraiment... Une écriture fluide couronne le tout et j'ai passé un bon moment de lecture.
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Aela
10 septembre 2014
L'histoire se passe au Japon mais l'auteure est indienne; elle s'était fait un beau succès déjà avec le livre "L'odeur".
Ce livre, pour cette rentrée littéraire, devrait connaître du succés aussi.
Titre curieux qu'on comprend mieux dès les premières pages de ce livre écrit en anglais (titre original : "My beautiful Shadow").
Le diable ici, c'est le désir de consommation, d'être belle, d'avoir des vêtements luxueux et griffés, de se sentir élégante et remarquée.
Kayo est une jeune mère au foyer japonaise; Très vite elle s'ennuie dans sa petite vie étriquée: son mari, banquier, travaille beaucoup et lui consacre peu de temps, son quartier est triste, ses voisines l'espionnent constamment.
Pour compenser cette frustration grandissante, que les Japonais nomment "makkura", elle se met à fréquenter "les clubs de beauté" et devient une "accro" aux soldes privées et aux achats luxueux.
Le premier pas vers la dépendance est vite franchi. Bientôt la jeune femme va acheter de plus en plus compulsivement, et se retrouve dans la foule des femmes au foyer et des "office ladies" prêtes à tout pour avoir les plus belles marques sur le dos.
Et c'est l'engrenage fatal: consommation, folles dépenses, endettement croissant, arrangements avec la banque et les usuriers (de redoutables "yakouzas"..)
Un engrenage qui aurait pu être fatal mais heureusement le mari va enfin enrayer la spirale infernale...
Un livre très vivant, qui se lit d'une traite..
Cette Madame Bovary version Soleil levant nous fait découvrir les subtilités de la mentalité japonaise, et ce "carcan" qui enferme encore les jeunes femmes de nos jours.
On découvre les quartiers de Tokyo, les habitudes des Japonais, les rapports sociaux complexes, le poids des traditions familiales.
Un agréable moment de lecture.
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Mladoria
11 octobre 2014
Je veux tout d'abord remercier chaleureusement Babelio et la splendide maison d'édition Picquier pour m'avoir fait découvrir ce roman.
Là, on l'on s'attendrait à une "confession d'accro au shopping" à la sauce nippone, c'est une surprise de taille que ce roman. Une descente aux enfers par addiction sur fond de surendettement, prostitution et secrets. Cette spirale du mensonge emporte l'héroïne dans un gouffre qu'elle nomme "makura", un état d'hébétude et de tristesse extrême. Des scènes parfois choquantes, émouvantes qui ne laissent en aucun cas indifférent. Un traitement intéressant du thème de l'addiction, peu ou pas abordée du point de vue vestimentaire. L'auteur décortique le cheminement psychologique de l'addiction (le déni, l'abandon, le renoncement, la joie intense quand l'addiction est satisfaite, le caractère éphémère de cette joie, la culpabilité et ainsi de suite comme un éternel recommencement).
L'écriture est limpide, claire et parfois crue. Les personnages secondaires qui gravitent autour de Kayo sont complexes et perturbants. L'auteur n'épargne personne dans ce monde où tous les gens ont un côté sombre (j'ai été particulièrement surprise par Ryu de ce point de vue).
Un roman qui laisse un certain malaise au coeur, l'empathie pour les personnages rend nauséeux face à leurs comportements contradictoires et excessifs. Un parfait contraste entre la société japonaise actuelle si standardisée et normée et les dérives énormes qu'elle provoque dans ce récit.
Mes scènes préférées : l'"oasis" de quiétude du séjour au temple, la révélation de l'interlocuteur de Kayo (à qui elle raconte son histoire).
Bref, ce roman est un lotus, une merveille ancrée dans des racines fangeuses et obscures.
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LydieetsesLivres
26 octobre 2014
En commençant La beauté du diable, on peut s'attendre à Une accro du shopping made in Japan où tout n'est que paillettes et désinvolture. Ce texte de Radhika Jha est à l'opposé, elle nous livre un texte profond presque déroutant.
La beauté du diable nous parle de l'addiction sans rien omettre, on y lit la découverte du vice, les sensations de bien être quand le besoin est assouvi, le manque, les mensonges et la descente aux enfers. Bien qu'ici, il ne soit nullement question de drogue ou d'alcool, en effet Kayo est une adepte d'un petit club très privé qui réunit les amateurs de la beauté, la beauté de soi dans de jolies tenues hors de prix.
Kayo est une jeune tokyoïte qui souhaite échapper au destin familial, elle se marie trop vite même si elle aime sincèrement Ruy, son mari. Elle devient également très vite maman. Elle aime sa vie de femme au foyer et de mère de famille mais la makkura (que je traduirai par quelque chose qui ressemble à la dépression) est là, elle s'ennuie. C'est son amie Tomoko qui lui fera découvrir les joies du shopping dans les boutiques de luxe. Kayo aime voir, toucher et posséder des jolis et onéreux vêtements. Au milieu de ces étoffes délicates, elle se sent belle, elle se sent vivre, elle se sent exister. La dépendance se met en place…
Ce texte est un vrai délice, Radhika Jha décrit avec beaucoup de justesse les états âmes de Kayo. On ressent aisément les joies et ses peines de jeune femme au foyer et on vit avec elle, la sensation de manque qui monte progressivement, le bonheur intense de l'achat, la culpabilité d'avoir une nouvelles fois craqué. Un panel d'émotions fortes et puissantes décrites avec beaucoup de pudeur et de délicatesse. C'est malgré tout avec un sentiment partagé que j'ai suivi sa descente vers l'enfer, j'ai tout de suite aimé, compris et soutenu Kayo mais j'avais également envie qu'elle s'affirme, qu'elle ose, qu'elle mette en place les solutions qu'elle possède en elle. Mais voilà, la culture japonaise fait également partie intégrante de ce roman.
J'ai adoré suivre la préparation des diners, savoir quel ingrédient est pour les jour de fêtes et lequel est pour lotus les jours. Cette immersion dans le quotidien des civilisations différentes de la mienne historiquement ou géographiquement fait partie des choses que je préfère dans la littérature. le Japon, on y est avec son culte à la réussite, sa pudeur et l'honneur guidant chaque décision, chaque fait. Je me suis étonnée de découvrir que l'auteur de ce roman est indienne ; car ce livre est une véritable excursion en territoire nippon.
Je remercie chaleureusement Babelio et Les Editions Philippe Picquier pour m'avoir permis de lire ce livre dans le cadre d'une masse critique. Cette lecture a été un merveilleux voyage entre dépaysement et ancrage dans l'humanité.
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Les critiques presse (1)
Telerama03 décembre 2014
Radhika Jha décrit à merveille l'absence de confiance en soi qui peut mener à l'addiction robotique et destructrice. Il y a, dans son écriture, une simplicité envoûtante, qui met à nu les comportements humains les plus déviants, et les plus déchirants. Postadolescente boulotte et suicidaire, incapable d'exister par elle-même, Kayo s'est construite dans la copie, l'imitation.
Lire la critique sur le site : Telerama
Citations & extraits (15) Voir plus Ajouter une citation
MaftaMafta04 novembre 2014
Les gens disent que la frontière entre la vie et la mort est très claire. La vie est la vie, la mort est la mort et les deux ne se rencontrent jamais. Mais je crois qu'en réalité, elles cohabitent dans un même corps. On peut être vivant à l'extérieur - manger, boire, travailler - et se sentir mort à l'intérieur.
Lorsque mon mari m'a emmenée voir un prêtre pour me guérir de mes désirs mauvais, j'ai demandé au religieux comment il se pouvait qu'on soit vivant à l'extérieur et mort à l'intérieur. Il m'a répondu que c'était possible parce que parfois l'âme mourait mais l'esprit ne s'en rendait pas compte et ordonnait au corps de continuer à vivre.
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AelaAela10 septembre 2014
Quand ils sont venus au Japon après la Deuxième Guerre mondiale, les soldats américains ont offert à leurs "girls" des bas nylon extra-fins. Avant cela, la Japonaise moyenne ne portait pas de vêtements occidentaux, sauf si elle travaillait dans un bureau à l'occidentale ou si elle venait de la haute société chrétienne très occidentalisée.
Mais quand les Américains sont repartis, les citadines de toutes les classes sociales avaient adopté les tenues occidentales.
Désormais quatre-vingts pour cent des vêtements proposés dans les grands magasins comme Mitsukoshi ou Isetan, qui au départ ne vendaient que des kimonos, étaient importés d'Occident.
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MaftaMafta04 novembre 2014
Aussi n'en voulais-je pas à la douleur, elle n'était que l'envers de mon bonheur. Et là, dans ma petite maison en désordre qui sentait le poisson, j'étais heureuse comme je ne l'avais jamais été. C'est alors que j'ai pris conscience que la douleur pouvait avoir du bon. A travers elle, il est possible de se remémorer et revivre une expérience avec davantage d'intensité. La douleur effaçait aussi en moi tout sentiment de culpabilité.
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AtasiAtasi22 septembre 2014
La voie qui permet d'accéder au statut de superwoman est voilée de mystère et le restera à jamais. Mais je vais dire où elle se trouve; Pour être une superwoman, vous devez créer en vous-même un jardin secret, dans lequel vous jetez toute votre fange - tout ce que vous ne pouvez ni dire ni ressentir -, votre lassitude, votre colère, votre haine pour votre famille et vos responsabilités, la routine immuable de votre vie. Dans le silence infini de la nuit, vous regardez pousser votre jardin du mal. Le jour, vous le piétinez et vous êtes une superwoman.
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AtasiAtasi24 septembre 2014
Mais dans les années 1960, une nouvelle religion est arrivée au Japon et a éloigné bon nombre d'entre nous des anciennes croyances. Ce culte nouveau n'avait pas de nom, je lui en ai donné un - je l'appelle le bonheurisme. C'est la religion que vous les Américains, nous avez apporté, la raison pour laquelle nous n'avons pas tué vos soldats quand vous êtes venus nous occupées. [...] J'appartiens à la première génération de Japonais, qui pratiquent le bonheurisme. Comme vous le verrez, je suis en fait plutôt experte en la matière.
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