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Critique de kanarmor


kanarmor
  09 mai 2014
Ce commentaire concerne les deux tomes composant cette « Nuit à Rome ». J'ai été remué par ces albums. Sans doute parce que quarantenaire comme le personnage principal (et comme l'auteur), je peux éprouver certains de ses sentiments ou porter certains questionnements. Pas tous.
L'histoire commence fort : Italie, à l'aube, une femme se jette dans la mer d'une haute falaise.
Flashback. Trois jours avant. Raphaël fête ses quarante ans avec ses amis, deux jours avant la date officielle. Parmi ses cadeaux, une cassette VHS arrivée par la poste. Outre un numéro de téléphone, elle contient un court enregistrement : Raphaël à 20 ans avec sa petite amie ; ils se promettent de se retrouver le jour de leurs quarante ans à Rome, pour passer la nuit. Raphaël va-t-il résister à cette sirène du passé au chant si vénéneux, jetant à la poubelle sa vie heureuse avec Sophia ? Ou saura-t-il résister ? Vertige du choix !
« Big Jim » nous entraîne avec maestria dans un tourbillon qui ne peut que faire écho dans nos vies, en nous questionnant sur des thèmes fondamentaux pour tout être humain. Que fait-on de nos vies ? Quel regard porterait l'ado de vingt ans sur l'adulte qu'il est devenu ? Quand on regarde en arrière : quelles concessions ? Quelles démissions ? A-t-on été fidèle à ce qu'on a été à 20 ans ? Jim nous parle aussi de l'amour, du couple, de la fidélité. Peut-on tout abandonner pour vivre un moment fort ?
Raphaël est à un moment crucial de sa vie : soit rester fidèle à ses 20 ans et tout casser de son présent (et du futur en préparation) soit résister et vivre avec des questions, des regrets.
Le récit est cruel pour les êtres qui sont sur l'autre plateau de la balance. Raphaël a un comportement de lâche et de salaud vis-à-vis de Sophia. Mais il est profondément humain (homme ?).
A la fin du diptyque on peut penser que Raphaël a enfin choisi la bonheur, une certaine forme de sagesse. Mais l'auteur, tel un mauvais diable, sait encore brouiller les pistes…
Une BD au scénario parfaitement maîtrisé, fort, percutant, magnifiquement dessinée et mise en couleur – les couleurs de Rome sont magnifiques.
Et pour terminer quelques mots de l'auteur, en postface du tome 1… C'est quand même lui qui parle le mieux de son travail.
« Mais se confronter à l'idée qu'on avait de soi-même à vingt ans m'intéresse. Finalement, ce n'est pas tant le rendez-vous avec l'autre qui importe ici que le rendez-vous avec soi-même, avec nos rêves perdus. »
« J'avais envie de parler de l'âge, des différentes façons d'être fidèle, de la tentation. de la dépendance. Des rêves mis de côté ».
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