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Carine Joaquim (Autre)
EAN : 9782358877244
288 pages
Éditeur : La manufacture de livres (07/01/2021)

Note moyenne : 4/5 (sur 117 notes)
Résumé :
Quand Élisabeth et Stéphane déménagent loin de l’agi­tation parisienne avec leur fille Maëva, ils sont convain­cus de prendre un nouveau départ. Une grande maison qui leur permettra de repartir sur de bonnes bases : sauver leur couple, réaliser enfin de vieux rêves, retrou­ver le bonheur et l’insouciance. Mais est-ce si simple de recréer des liens qui n’existent plus, d’oublier les trahi­sons ? Et si c’était en dehors de cette famille, auprès d’autres, que chacun de... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (73) Voir plus Ajouter une critique
Kittiwake
  05 mars 2021
Lu d'une traite et quasiment en apnée, cette histoire bien ancrée dans notre réalité se reçoit comme un coup de poing dans le ventre.
Un couple qui survit sur les acquis fragiles des premières années et du bonheur précieux suscité par la naissance de leur fille, Maëva, quitte Paris pour la proche banlieue dans l'espoir de réparer le tissu déchiré de leur union, bafouée par l'infidélité de monsieur. Madame va mal et le bébé qui avait illuminé sa jeunesse, est à présent une ado grincheuse. Autant dire que les fondations s'effritent.
Madame essaie de s'en sortir en s'inventant une passion pour la peinture, tandis que Monsieur s'épuise dans les transports en commun. Et Maëva tombe en amour, avec un camarade de classe, qui cache derrière une carrure de rugbyman un passé lourd de ruptures et de souffrance.
Si on ajoute la présence en classe d'un ado atteint d'une maladie qui l'expose à la bêtise des autres collégiens, tout est en place pour que les drames en chaine se déclenchent, en emportant avec eux les bases instables de ces destins.
L'écriture porte magnifiquement ce récit, noir, bouleversant, révoltant. Pas de jugement, chaque personnage agit avec la sincérité de ses convictions, avec plus de passion que de morale, pour tenter de préserver un semblant de cohérence au sein de ses certitudes. Et pour chacun, on pourra trouver, non une excuse, mais une explication à des comportements odieux.
Magnifique roman, et piste de réflexion sur de nombreux sujets de sociétés .
Lien : https://kittylamouette.blogs..
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Ptitgateau
  07 mars 2021
Une grande maison, un jardin, un atelier de peintre pour madame, loin du tumulte parisien...
Mais est-ce vraiment la maison du bonheur ? du bonheur retrouvé, on l'espère, mais dès le départ, le ton est donné : Stéphane a trompé Elisabeth, et l'amour semble bien avoir fui ... Et Maeva ? Maeva se cherche, Maeva se rebelle, Maeva transgresse, Maeva oscille entre un père plutôt sectaire et une maman compréhensive et bienveillante mais qui n'a pas elle-même résolu ses problèmes et qui a d'autres préoccupations.
Déséquilibre familial, malaise croissant qui pousse le lecteur à aller plus loin pour savoir... pour connaître le dénouement surprenant de ce récit, une fin qui m'a surprise et qui m'a laissée bien pensive.
Si le sujet dominant semble être le couple et la famille, on y évoquera le problème des migrants, des sans-papiers, le racisme et l'intolérance. Un ensemble bien écrit et très fluide.
Un roman qui m'a happée !
Lien : https://1001ptitgateau.blogs..
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hcdahlem
  04 février 2021
Appuyer là où ça fait mal…
Belle révélation de cette rentrée, Carine Joaquim raconte comment un trio familial, le père, la mère et leur fille adolescente, va peu à peu se désagréger. Explosif!
Maëva est à l'image de beaucoup d'adolescentes, irritable et perturbée par tout ce qui va heurter ses habitudes. Obligée de suivre Élisabeth et Stéphane, ses parents, aux obsèques de sa grand-mère, elle va aussi manquer la rentrée dans son nouveau collège. Un collège de merde, comme elle dit. Car avant même de le fréquenter, son opinion était faite. Rien ne pouvait être mieux que l'établissement parisien où elle avait ses amis, à fortiori dans ce coin perdu en grande banlieue.
Pourtant Stéphane avait misé beaucoup sur ce déménagement. Davantage de place dans un meilleur environnement et une dépendance où Élisabeth pourrait installer son atelier et se remettre à la peinture. Mais alors que son RER est arrêté pour un grave "incident de personne", il doit bien reconnaître son échec, y compris dans sa tentative de rachat après avoir trompé son épouse avec la sensuelle Carla. L'harmonie familiale a bel et bien volé en éclats, se doublant d'un fort sentiment de culpabilité. «Il avait ensuite assisté à l'effondrement de Carla, tandis que le naufrage d'Élisabeth se poursuivait malgré son retour. Les voir souffrir toutes les deux à ce point, à cause de lui, lui fit même envisager plusieurs fois le suicide. S'il était capable de répandre autant de malheur, disparaître serait bénéfique pour tout le monde. Mais il se reprenait toujours à temps.»
Sauf que son mal-être, comme celui des autres membres de la famille va empirer après la convocation d'Élisabeth au collège pour une vidéo mise en ligne par Maëva et montrant un camarade de classe handicapé dans les toilettes au moment où il essaie de nettoyer ses fesses.
Le conseil de discipline va décider une exclusion avec sursis. L'intervention d'Élisabeth auprès du père de la victime réussira bien à le convaincre de ne pas porter plainte et Maëva se dit qu'elle l'a échappé belle. Elle va pouvoir continuer son idylle avec le grand Ritchie. Et de fait, l'incident semble clos. Si ce n'est qu'Élisabeth va revoir Sylvain, le père de Maxence. Ils vont se découvrir une passion commune pour la peinture, avant que cette passion ne se transmette à leurs corps: «ils se sautaient dessus sitôt la porte fermée, se dévoraient littéralement, comme s'il n'y avait rien d'autre à attendre de la vie que ce contact-là, d'abord la moiteur de la peau, puis leurs sexes malades de désir, qui appelaient l'autre d'une plainte humide et presque douloureuse.»
Élisabeth reprenait ensuite sa vie de mère de famille, accueillant sa fille après sa journée de cours, son mari de retour du travail, de plus en plus souriante, avenante, de plus en plus «épanouie» disait Stéphane avec satisfaction, persuadé d'être à l'origine de ce bonheur retrouvé et auquel il ne croyait plus. Bonheur éphémère, car cette nouvelle harmonie n'est qu'une façade. Stéphane aimerait tant revivre les jours intenses avec la maîtresse qu'il a quitté, Élisabeth veut partager bien plus avec Sylvain que leurs rendez-vous clandestins et Maëva entend se battre pour se construire une avenir avec Ritchie qu'elle sait menacé depuis qu'elle a appris qu'il n'y pas de papiers.
Carine Joaquim, en détaillant parfaitement les failles et les fêlures du trio familial durant une année scolaire pose les jalons d'un épilogue explosif qui vous laissera pantois. Et quand vous vous serez un peu ressaisi, alors vous admettrez que cette néo-romancière a un sacré talent. Il faut dire que c'est un peu la spécialité de la Manufacture de livres de dénicher de tels diamants bruts!

Lien : https://collectiondelivres.w..
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Ziliz
  01 février 2021
Est-il judicieux, pour un couple qui bat de l'aile, de déménager pour repartir sur de bonnes bases ? Plus précisément, ici, on a l'impression que Stéphane, l'époux infidèle, cherche à se faire pardonner ses incartades passées. Leur petite maison parisienne leur plaisait, à tous, mais vivre à la campagne à moins de 40 km de Paris, c'est le rêve, non ? Un grand terrain, et même une annexe de 60 m2 dans laquelle Elisabeth pourra installer son atelier de peinture.
♪♫ Ce serait la maison du bonheu-eu-eur... ♪♫
Dans un premier temps, c'est Maëva, leur fille de 14 ans qui rechigne le plus. Aller au collège avec des 'bouseux', des 'péquenots' (sic), non merci. Puis Stéphane prend conscience des joies du RER avec foule, promiscuité, retards...
La cellule familiale, loin de se recomposer, risque de se désagréger...
J'étais impatiente de découvrir ce roman après avoir perçu de loin l'enthousiasme d'un libraire vendéen dont je suis les conseils quasi aveuglément. En plus, j'aime les premiers romans choisis par cette maison d'édition (Franck Bouysse, Laurent Petitmangin, Séverine Chevalier...).
Déception : j'ai eu l'impression d'avoir déjà lu maintes fois ce livre, notamment via des thrillers 'domestiques'.
Crises conjugale et familiale et autres ingrédients rebattus.
L'histoire rebondit lors d'une certaine action paternelle, mais de nouveau, l'auteur m'a semblé trop charger la barque, surfant sur un autre sujet d'actu brûlant.
Je sais que le cumul de poisse, ça arrive, mais...
La fin est sûrement 'choc', mais je venais de lire sur le même sujet, je n'ai pas réussi à m'émouvoir.
Moralité : alterner les sujets de romans, mais cela suppose de lire les 4e de couv', ce que j'évite pour l'effet surprise.
J'aime beaucoup le titre dont on perçoit toutes les significations à la fin de la lecture.
• Merci à Babelio et à la Manufacture de Livres.
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JIEMDE
  10 avril 2021
Pour moi, ce sera non.
C'est sans état d'âme que j'emprunte cette sentence lapidaire d'une émission TV autrefois à la mode, en réaction – certes bien faiblarde - à la lecture de Nos corps étrangers de Carine Joaquim. Mon propos n'est pas ici de faire le buzz (pas le genre de la maison…), et encore moins de fustiger l'auteure, ayant bien trop de respect (et même une certaine admiration) pour celles et ceux qui se livrent aux autres par le biais de l'écriture.
Donc je n'ai pas aimé. Ça arrive et ça n'est finalement pas très grave au regard du nombre de lecteurs qui l'ont, au contraire, beaucoup apprécié. Mais à vrai dire, cette lecture m'a profondément agacé.
Côté histoire, il y avait, me semble t-il, une très bonne base pour faire un énième roman social et dramatique, qui aurait gagné en sensibilité ce qu'il n'aurait peut-être pas eu en originalité. Encore aurait-il fallu que cette histoire se recentre davantage sur son propos. Car ajouter à ce bovarysme de banlieue parisienne, l'infidélité, le handicap, le harcèlement, les migrants, les sans-papiers, et j'en passe pour ne pas spoiler… Tu pousses le bouchon un peu trop loin, Maurice !
Se recentrer sur quelques thèmes donc, et peut-être aussi se concentrer, pour faire de ce court roman, une longue nouvelle, une novella comme on aime dire aujourd'hui. Un genre idéal pour un premier roman édité, qui laisse entrevoir le potentiel d'un auteur et rentre parfaitement dans les codes marketing actuels d'un certain segment éditorial.
Mais surtout, c'est l'absence d'harmonisation du style qui m'a le plus dérangé, semant en permanence au milieu d'une écriture agréable et fluide, des clichés et expressions trop convenues, et abusant de tournures stylistiques trop répétitives : omniprésence d'adjectifs qualificatifs, comme si un mot ne pouvait jamais se suffire à lui-même ; usage régulier de métaphores sur tous les sujets, comme si le lecteur n'était pas mâture pour comprendre seul ce qu'on lui évoquait ; usage répété de la forme du questionnement introspectif, points d'étapes réguliers mais inutiles des états d'âme de chaque personnage.
Idem pour les scènes d'amour, dont certaines semblent extraites d'un roman-photo des années 70. Sérieusement, quiconque prend matin et soir un Transilien aura du mal à se projeter dans ce passage : « …le matin…dans le train, lorsque les secousses du wagon lui rappelaient la vigueur de leurs ébats, les coups de reins, les gémissements et les cris, qui se confondaient soudain avec le hurlement du métal sur les trains ». Waow ! Je veux ce train chaque matin !
Bref je n'ai pas aimé. Et si je respecte l'auteure, je m'interroge à la fin de cette lecture sur l'accompagnement éditorial de ce livre, ou plutôt sur son apparente absence. Ce regard extérieur de l'éditeur qui complète si utilement le travail de tout auteur n'aurait-il pas permis de déceler et de corriger certaines des faiblesses stylistiques évoquées précédemment ? On notera sur ce point que, contrairement à la plupart des premiers romans, aucun remerciement ne figure envers quiconque pour l'aide apportée.
Au regard de ce que j'ai lu ailleurs sur ce livre, il est très apprécié. Tant mieux. Mais dans ce filet d'eau tiède qu'est parfois Bookstagram, il convient aussi parfois d'oser aller à contre-courant quand le compte n'y est pas. Avec sincérité, modération et respect.
Mais donc pour moi, ce sera non.
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Citations et extraits (13) Voir plus Ajouter une citation
PtitgateauPtitgateau   26 février 2021
Peu à peu, l'idée de partir en Europe avait fait son chemin. Plus de la moitié des villageois avaient franchi le pas depuis quinze ans. Certains n'avaient plus donné de nouvelles, c'est vrai, mais leur famille s'attendait malgré tout à les voir revenir un jour, dans une belle voiture et vêtus des plus grandes marques. Quant aux autres, ils envoyaient régulièrement des sommes d'argent qui amélioraient sensiblement le quotidien. Ainsi l'eldorado européen continuait à faire rêver ceux que leur terre natale privait d'espérance.
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ZilizZiliz   30 janvier 2021
Bientôt, faire un vrai repas devint insupportable. Repue, elle se sentait mieux physiquement, mais ce bien-être du corps contrastait avec sa détresse psychologique, il la mettait face à ses contradictions, à toutes les supercheries et elle s'empressait d'aller vomir cette nourriture qui la torturait indirectement. Pour aller mieux, [elle] avait besoin de se sentir vide. (...)
[Elle] glissait petit à petit dans des vêtements trop amples, rapetissait, s'effaçait du monde avec le plus d'élégance possible.
(p. 34-35)
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JulitlesmotsJulitlesmots   24 décembre 2020
"Après le retour de Stéphane à la maison, quelques années auparavant, ils s’étaient accordés tacitement sur le rôle dévolu à chacun, et tous l’avaient joué à la perfection. Le gentil mari. L’épouse digne. La jolie petite fille bien coiffée qui racontait, ses journées d’école en se persuadant que ça intéressait vraiment quelqu’un. Et en coulisses, ça déguelait dans la nuit, ça pleurait sous la couette, ça fuyait de tous les côtés. Rien n’avait plus jamais été étanche."
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ZilizZiliz   31 janvier 2021
[ ado de 15 ans ]
- Oh, mon père... (...) Il travaille tout le temps, se plaint des transports. Il ne fait que ça, en fait. Le RER. Les retards de RER. Les grèves de RER. Et ma mère répond en parlant des oiseaux qu'elle peint. Et après on dit que c'est moi qui fais la gueule sans arrêt et qui refuse d'avoir des conversations avec eux.
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hcdahlemhcdahlem   04 février 2021
INCIPIT
Premier trimestre
Parce que sa grand-mère eut la mauvaise idée de mourir à la fin de l’été, Maëva ne fit pas sa rentrée scolaire comme tout le monde. Pendant que les élèves de sa future classe faisaient connaissance avec leurs professeurs et découvraient leur emploi du temps, elle se tenait là, droite et stoïque dans un petit cimetière de province, à regarder le cercueil en bois laqué descendre au fond d’un trou boueux.
Son père se mouchait toutes les deux minutes, en essayant de ne pas trop faire de bruit, car dans ces circonstances, la discrétion était pour lui indispensable au maintien d’une certaine dignité. Élisabeth, sa mère, fixait un point mystérieux droit devant elle, le visage blanc et les yeux absents.
Le ciel vaporisait sur eux une brume de gouttelettes si fines qu’elles en étaient presque invisibles. De temps en temps, une vieille dame de l’assemblée, sans doute une voisine de la morte, retirait ses lunettes pour essuyer, dans un bruyant soupir, l’eau qui s’était accumulée sur ses verres, comme autant de larmes factices. Puis, avec des gestes lents, elle repositionnait soigneusement la monture sur son nez.
Le trajet du retour se fit dans le silence. Stéphane conduisait sans vraiment prêter attention à la route et, si Élisabeth ne l’avait pas si bien connu, elle aurait pu penser que cet air sérieux était un signe de concentration. Mais elle le savait : son mari s’était retranché au fond de ses souvenirs d’enfance.
Sur la banquette arrière, écouteurs vissés sur les oreilles, Maëva regardait distraitement par la fenêtre, plus attristée par le fait de rentrer dans une nouvelle maison, loin de l’agitation parisienne dans laquelle elle avait grandi, que par la journée de deuil qu’elle venait de vivre. Elle ne pardonnait pas à ses parents d’avoir quitté la capitale malgré ses protestations, ni de lui avoir imposé cet exil en lointaine banlieue et, tout en contenant sa rage, elle maudissait intérieurement les abrutis de son nouveau village ainsi que les élèves de son collège de péquenots, qu’elle serait condamnée à fréquenter dès le lendemain.
Ils avaient pris cette décision un peu précipitamment. Personne, dans la famille, n’avait vraiment envisagé la vie ailleurs qu’à Paris.
Ils habitaient jusque-là une petite maison, étroite et tout en hauteur, sur trois étages, nichée au fond d’une cour pavée. Depuis la rue, on ne voyait rien qu’un immeuble en pierre de taille, à l’apparence solide mais assez banale. Le hall était aussi ordinaire, des boîtes à lettres un peu usées sur la gauche, un escalier à droite et au bout, à côté du local à poubelles, une porte vitrée menait chez eux.
Aux beaux jours, la porte d’entrée n’était jamais fermée, la courette s’improvisait terrasse et, le soir venu, seules les protestations des voisins bougons ou fatigués les forçaient à renoncer à l’éclat des étoiles, à ce carré de ciel délimité par le haut des immeubles comme une lucarne ouverte sur l’infini.
Maëva avait grandi là. Elle gravissait les escaliers avant même de savoir marcher, rampait sur les genoux et les avant-bras, redescendait les étages à reculons. Elle avait fait ses premiers pas dans la cour. Élisabeth s’en souvenait bien, ils avaient sorti la petite table de jardin ronde au métal vert un peu rouillé, et les deux chaises qu’ils avaient repeintes en jaune l’été précédent. Stéphane était rentré tôt ce jour-là, un client avait annulé un rendez-vous au dernier moment, et ils avaient pris le goûter dehors, dans un bel élan familial. Élisabeth avait subitement décidé de faire des crêpes, provoquant le couinement d’une Maëva impatiente. Stéphane souriait, la petite sur ses genoux. C’est dans l’improvisation, sans doute, que se cache le bonheur, dans ces moments infimes où la joie s’invite, d’autant plus précieuse que personne ne l’attendait.
Quelques minutes plus tard, le visage encore plein de sucre, l’enfant glissa lentement au sol, posa ses mains sur les larges pavés, puis se redressa, vacilla un instant, perdit de son assurance avant de trouver de nouveau son équilibre et, déterminée, mit un pied devant l’autre. Ivre de ce nouveau pouvoir, elle renouvela l’expérience et prit de la vitesse malgré elle. Deux pas. Trois pas. Quatre, cinq, six.
Stéphane s’élança derrière elle au moment précis où Élisabeth réapparaissait sur le pas de la porte. Celle-ci poussa un cri bref mais strident, son bébé était debout, il marchait, courait même, c’était incroyable. Au moment où elle tendit les bras en direction de sa fille pour l’inciter à la rejoindre, l’enfant trébucha et s’étala de tout son long. Relevée par les deux parents à la fois fiers et inquiets, la petite se mit à pleurer à gros bouillons, les paumes écorchées et la lèvre en sang.
Les anniversaires. De nombreux enfants invités, année après année, dont les cris avaient résonné dans tout l’immeuble, donnant à la cour des airs d’école à l’heure de la récréation.
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