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EAN : 9782221198308
324 pages
Éditeur : Robert Laffont (23/02/2017)

Note moyenne : 3.71/5 (sur 120 notes)
Résumé :
Mars 2005. Il fait très beau ce matin-là dans le petit village de Montange, au coeur des Ardennes belges. Comme un air de printemps en avance. Bénédicte, quinze ans, revient même sur ses pas pour changer sa doudoune d'hiver contre une veste légère. Un jour plus froid, sans doute aurait-elle marché plus vite pour aller attraper le bus qui, chaque matin, la conduit au lycée dans la ville voisine. Là, non, elle s'attarde, prend le chemin des écoliers...
Bénédict... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (50) Voir plus Ajouter une critique
Ladybirdy
  30 septembre 2019
Wahou, je sors de ce roman sonnée, sous le choc, ébahie, renversée.
J'avais lu Tu ne jugeras point, j'avais apprécié mais ici, j'ai craqué et adoré ce roman comme jamais. La claque ! La claque belge en plus, je m'incline !
En son absence retrace les quelques jours de plusieurs familles suite à la disparition de Bénédicte, une jeune fille de quinze ans. On suit les parents séparés, le chauffeur de bus Julien et un autre couple tumultueux. Que se passe t'il dans la tête de tous ces gens quand une jeune fille disparaît dans un faubourg belge ? Soupçons, prise de conscience, menaces, tout part en vrille. Plongée en apnée dans les abysses de l'âme humaine, dans le poumon d'êtres humains qui tanguent, se supportent, s'insupportent, se lient et se délient dans le seul but, retrouver Bénédicte.
On pourrait reprocher à Armel Job de faire l'impasse en cette année 2005 sur l'affaire Dutroux qui a ébranlé le pays. Il ne met pas son talent au service des inspecteurs et la trame n'est pas axée sur le côté policier. Par contre, quelle richesse et talent pour fouiller l'âme humaine ! Je me permets une brève et hasardeuse comparaison mais durant ma lecture, j'ai songé à Karine Tuil et Amélie Antoine (Raisons obscures) qui à eux trois savent distiller le doute et glacer le sang à partir d'un point de départ, d'une négligence pour renverser tout le sac humain dans ses conséquences. En son absence, c'est le chavirement de tout un monde qui bascule pour notre plus grand plaisir d'érudits, de lecteurs affûtés et sensibles à un tableau d'orfèvre dans toute sa psychologie et sa finesse d'esprit. Bravo Armel Job.
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latina
  09 décembre 2018
Tout le monde connait ou a rencontré un jour cette hantise chevillée au coeur d'un père et d'une mère : que leur enfant disparaisse, emmené par un sombre satyre.
Armel Job joue ici assez subtilement sur cette hantise, en la mettant en scène dans un tout petit village des Ardennes belges tout près de la frontière française.
Des personnages hauts en couleur peuplent les chaumières aux murs épais le long des ruelles pentues. Il ne fait pas si bon vivre, finalement, au bord de la Sûre, car les villageois n'y sont guère avenants. Enfin, ils sont humains, voilà tout, avec leurs qualités et leurs travers.
Armel Job appuie sur ces travers, les fait ressortir avec tellement de réalisme qu'on a envie de réagir avec force devant la bêtise populaire qui se targue de rendre la justice ou devant une commère amère qui se venge en semant le mal par des paroles doucereuses.
On s'y croirait, oui.
Bénédicte, 17 ans, disparait un beau jour de printemps précoce. Elle n'arrive pas à l'école. le chauffeur de bus en est le premier surpris, qui ne la voit pas à l'arrêt. Ce chauffeur a le coeur bien lourd...
A la fin de la journée, la maman de Bénédicte s'inquiète, et puis sombre dans l'angoisse de plus en plus profonde. Il faudra bien qu'elle avertisse son ex-mari.
Et puis les voisins s'en mêlent.
Bénédicte reviendra-t-elle ?
Armel Job s'amuse en entrant à pas feutré dans les chaumières. Il nous y invite à sa suite. Ce n'est pas très poli de se mêler de la vie des gens, mais cet auteur n'en a cure, alors tant pis, entrons !
Et nous voilà pris dans l'imbroglio de la vie cachée ou tout au moins méconnue des villageois où amour et mort, tendresse et vengeance, parents et enfants sont intimement liés.
Le suspens est subtilement distillé et la psychologie bien dosée.
C'est très agréable de jouer les voyeurs avec Armel Job !
En l'absence de Bénédicte, il s'en passe des choses...
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viou1108
  12 août 2019
L'absente, c'est Bénédicte, 15 ans. Ce matin de mars 2005, elle ne prend pas le bus qui la conduit tous les jours à l'école. le soir, elle n'est pas à la maison quand sa mère rentre. Où a-t-elle bien pu passé ? Inquiétude, puis angoisse, la mère alerte son ex-mari, qui se rend au commissariat le lendemain matin. La police ne s'empresse guère : "c'est-une-fugue-Madame-croyez-en-mon-expérience-elle-sera-rentrée-dans-quelques-jours". Quelques jours, quatre exactement, avant qu'on sache ce qui s'est passé. Fugue, enlèvement, entre-temps les commérages, soupçons, reproches et (pseudo-)révélations vont bon train dans ce petit village des Ardennes belges, près des frontières française et luxembourgeoise : "Un instinct dont elle ignorait l'existence s'était réveillé au fond d'elle-même. Il la prévenait que les humains si paisibles au milieu desquels elle s'imaginait vivre pouvaient, du jour au lendemain, se transformer en bêtes féroces. Ils n'attendaient que le moment propice. La disparition de Bénédicte, dont ils feignaient de se scandaliser, les excitait. Depuis deux jours, les allées et venues de la police leur avait dressé les poils sur la peau. Ils salivaient, ils bandaient leurs forces pour se jeter sur une proie quelconque. Cela faisait trop longtemps qu'ils étaient contraints de se conduire en êtres civilisés".
En l'absence de Bénédicte, il s'en remue, des rancoeurs et des jalousies, il s'en distille, du fiel et du venin. Méchanceté et bêtise, tout cela n'est pas joli-joli, beaucoup de mesquinerie et de bassesse pour vraiment peu de bienveillance. Sans compter le spectre de l'affaire Dutroux qui continue à planer dans tous les esprits depuis près de dix ans. Et c'est justement là que je coince un peu. L'intrigue est située en 2005, soit des années après que la sinistre affaire précitée ait éclaté, et le traumatisme est toujours présent aujourd'hui. Alors je ne comprends pas la nonchalance de la police dans ce roman, ni la guéguerre entre ses différents services, ni la lenteur de réaction des parents, ni l'absence totale de couverture médiatique. Cela m'aurait paru plus vraisemblable si l'auteur avait situé l'histoire avant 1995, année de l'enlèvement des fillettes.
Ce bémol mis à part, ce roman choral est un thriller psychologique subtil et bien ficelé. Il décortique finement la complexité des relations homme-femme et parents-enfants, et celle de l'âme humaine, dont les vices cachés resurgissent parfois brutalement sous la couche de vernis social.
Une fin entre ombre et lumière pour un roman fluide et efficace. Un bon moment de lecture, mais qui fera frémir toute une génération hantée par ces disparitions d'enfants.
Lien : https://voyagesaufildespages..
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Ziliz
  24 février 2019
En route pour le lycée, ce jeudi 5 mars 2005, Bénédicte s'est attardée près du pont de la Sûre. Il faisait beau.
Elle n'a pas pris le bus habituel, n'est pas rentrée chez sa mère le soir. Il s'avère qu'elle n'est pas allée en cours. Que lui est-il arrivé ?
On imagine le pire, le procès Dutroux a débuté quelques mois plus tôt. L'affaire hante les esprits, a fortiori dans l'Ardenne belge.
Roman noir, thriller psychologique d'une remarquable finesse.
On découvre alternativement les pensées sombres et les secrets des parents de Bénédicte et des autres habitants du village, les drames passés, les vieilles rancoeurs.
Chacun fait son mea culpa de son côté, dissimule (pour se protéger) des éléments qui pourraient faire avancer l'enquête, suspecte untel ou untel, quitte à pousser certains à faire justice eux-mêmes.
Lecture angoissante, douloureuse. On se détend de loin en loin avec les réflexions bêtes et méchantes de la vieille Mme Maca. Si tout n'était pas si tragique, on pourrait en rire.
J'avais décidé de faire une pause avec les histoires de disparitions d'enfants/adolescents.
C'est le nom de l'auteur qui m'a attirée, souvent encensé sur Babelio.
Le titre aurait dû me mettre la puce à l'oreille.
Quoi qu'il en soit, je ne regrette rien. Armel Job dissèque à la perfection les relations de voisinage et les rapports complexes au sein des couples et des familles. Tout en posant subtilement la question de l'homme 'prédateur' (viol, pédophilie, inceste) :
« Avant de se sécher, elle resta un moment, frissonnante, devant la glace. Une femme peut-elle vraiment imaginer ce qu'un homme ressent à cette vue ? Longtemps, à une fille, chaque parcelle d'elle-même semble aussi innocente que sa main ou que son pied. Jusqu'au jour où le regard hébété des garçons lui révèle le double sens de sa chair. Comme si son corps, dont elle connaissait la langue familière, s'adressait tout à coup à l'autre dans un idiome nouveau qu'elle ne maîtrise pas. C'est parti pour le grand malentendu. »
A lire, dès quinze ans. ❤️
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kuroineko
  15 janvier 2019
Je découvre le Belge Armel Job avec En son absence. Au-delà de l'intrigue elle-même, j'ai été frappée par la manière dont l'auteur s'insinue dans la psyché de tout un chacun pour la décortiquer et mettre à nu la véritable personnalité des gens. Ceci se passe dans un petit village des Ardennes belges - charmant au demeurant - mais pourrait se dérouler n'importe où.
Bénédicte, quinze ans, qui vit seule avec sa mère depuis le divorce parental, a disparu le 17 mars 2005. L'affaire Dutroux est encore douloureusement présente et les rumeurs s'affolent. Rancunes anciennes, méchanceté crasse ou esprit détraqué, le village s'emballe, les accusations étayées de pseudo-vérités fusent et les préjugés rentrés derrière les façades sociales peuvent enfin s'épanouir.
" Il [son instinct] la prévenait que les humains si paisibles au milieu desquels elle s'imaginait vivre pouvaient, du jour au lendemain, se transformer en bêtes féroces. Ils n'attendaient que le moment propice. La disparition de Bénédicte, dont ils feignaient de se scandaliser, les excitait. Depuis deux jours, les allées et venues de la police leur avaient dressé les poils sur la peau. Ils salivaient, ils bandaient leurs forces pour se jeter sur une proie quelconque. Cela faisait trop longtemps qu'ils étaient contraints de se conduire en êtres civilisés." Voilà qui résume parfaitement une attitude fréquente dès que survient un fait troublant l'habituelle tranquillité de la communauté.
Il y a beaucoup de noirceur dans l'esprit des divers protagonistes. Et une tension qui va crescendo avec les questions qui se posent : où est Bénédicte? Qu'est-il arrivé? Fugue? Enlèvement? Meurtre? Accident? Suicide? de quoi devenir fous pour les parents. de quoi susciter fascination et pitié chez les autres, avidité de savoir, malveillance parfois. Une curiosité plus ou moins malsaine. Et pourtant si humaine. Car Armel Job ne dépeint pas une commune constituée de monstres. Simplement d'êtres humains avec leurs qualités, leurs défauts, leur passif, ... Et comment un fait peut entraîner dans un engrenage inquiétant.
Une sacrée claque que cette lecture qui m'a tenue en apnée de bout en bout. L'écriture est fluide, terriblement efficace dans sa simplicité et sa force. Chaque portrait est construit avec maestria. Une démonstration réussie de la vitesse à laquelle le vernis social et les manières civilisées peuvent se craqueler. Un auteur que je compte bien retrouver dans d'autres de ses romans.
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critiques presse (3)
LaCroix   21 avril 2017
Armel Job s’impose en maître du suspense psychologique.
Lire la critique sur le site : LaCroix
LeJournaldeQuebec   10 avril 2017
Un captivant thriller psychologique valant vraiment la peine d’être lu.
Lire la critique sur le site : LeJournaldeQuebec
LaLibreBelgique   13 mars 2017
Le vrai thriller n’est pas qu’une affaire de meurtrier et de peur, il se passe dans nos têtes et dans les rapports tendus et refoulés au sein d’une famille ou d’un village. Armel Job l’a bien compris.
Lire la critique sur le site : LaLibreBelgique
Citations et extraits (43) Voir plus Ajouter une citation
LadybirdyLadybirdy   29 septembre 2019
Devant le chagrin, tout le monde s'incline. Le chagrin exalte, il transforme en saints ceux qui souffrent. Mais le chagrin est pervers. Il fait de nous des égoïstes qui n'ont même pas honte de l'être, puisque c'est en son nom qu'on nous isole sur un piédestal, offert à la vénération. Et de là-haut, avec la palme du martyre à la main, on ne pense plus à baisser les yeux sur son compagnon d'infortune, qui pleure tout autant sans doute, mais dont les larmes tombent pudiquement à l'intérieur. 
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JuinJuin   01 décembre 2018
Un instinct dont elle ignorait l'existence s'était réveillé au fond d'elle-même. il la prévenait que les humains si paisibles au milieu desquels elle s’imaginait vivre pouvaient, du jour au lendemain, se transformer en bêtes féroces. Ils n'attendaient que le moment propice. La disparition de Bénédicte, dont ils feignaient de se scandaliser, les excitait. Depuis deux jours, les allées et venues de la police leur avait dressé les poils sur la peau. Ils salivaient, ils bandaient leurs forces pour se jeter sur une proie quelconque . Cela faisait longtemps qu'ils étaient contraints de se conduire en êtres civilisés.
( p 257)
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ZilizZiliz   24 février 2019
Tandis qu'il piochait consciencieusement dans son assiette, elle l'observait du coin de l'œil. En deux jours, c'est comme s'il avait pris deux ans. Ses joues semblaient s'être rétractées, de longs sillons s'y creusaient à chaque mouvement de ses mâchoires. Qu'est-ce qui se passait dans cette tête en face de laquelle elle mangeait depuis vingt ans ? Au bout d'un tel bail, on devrait le savoir, non ? Eh bien, apparemment, on ne le sait pas. Elle s'était figuré lire à livre ouvert dans le cœur de [son mari] mais depuis qu'elle avait parlé avec M., la veille, elle comprenait qu'elle ignorait une bonne part de ce qui s'y tramait.
(p. 172)
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ZilizZiliz   26 février 2019
Ainsi, il [lui] faisait peur. Elle l'avait pris pour un pervers. […]
Qu'est-ce qui pouvait expliquer ce total contresens, cette méprise absolue sur ses intentions ? […]
Pour [elle], il n'avait jamais eu que des yeux de père.
Seulement, comment étaient-ils, ses yeux ? Voilà tout le drame. On ne se voit pas soi-même. On se figure qu'on envoie des regards bienveillants, mais la nature a placé dans nos orbites des pupilles pleines de ténèbres, tapies sous des sourcils recourbés comme des ailes de busard, qui transforment nos sentiments en menaces.
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jeunejanejeunejane   16 avril 2017
Bénédicte avait le même âge qu'Annelise. Elle étaient entrées la même année à l'école maternelle de Montange. elles étaient comme les doigts de la main. La différence, c'est qu'Annelise, leur fille n'avait pas dépassé l'âge de quatre ans. Elle était morte, sans aller plus loin, un samedi matin, vive à sept heures, perdue à midi.
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