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EAN : 9782221134290
312 pages
Éditeur : Robert Laffont (07/02/2013)

Note moyenne : 3.9/5 (sur 53 notes)
Résumé :
Un beau dimanche d’été. Un village désert à l’heure de la messe. Une fillette de dix ans en chemin pour rejoindre son père à son atelier. Un homme en état d’ébriété qui traverse le village au volant de sa jeep avant de finir sa course dans un étang, à quelques encablures de là. Un second véhicule, une Jaguar rutilante, qui emprunte à vive allure le même trajet. Le choc, un accident sans témoin. Une fillette de dix ans tuée sur le coup. Un coupable tout désigné. Un s... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (18) Voir plus Ajouter une critique
latina
  03 novembre 2015
Qu'est-ce que c'est, une « tête d'écraseur d'enfant » ?
Une tête de petit magouilleur, traficoteur de bétail malade ? Ou une tête de procureur du Roi, bien propre sur lui, bien lisse ?
Cet enfant, c'est une petite fille à la bouche de cerise, aux cheveux de soie, cette petite Clara claire et fraîche, qui, le dimanche 17 juillet 1960 entre midi et midi quart, s'élançait vers le garage de son père, de l'autre côté de la route, à la demande de sa mère.
Un chauffard l'écrase.
Un chauffard l'écrase...et prend la fuite.
Un chauffard prend la fuite...et c'est l'univers qui se déchire.
La culpabilité se lève du fond des consciences et des inconscients. Chaque personne proche de Clara se sent concernée. La maman et le papa, d'abord, mais aussi le grand frère.
Et puis le chauffard...mais lequel est-ce ? le juriste irréprochable ou le magouilleur ? C'est qu'ils sont mariés, ces deux-là, et leurs femmes s'en mêlent et s'emmêlent...
Une lourde bourbe remue en chacun des personnages - tous ceux qui, de près ou de loin, sont mêlés au drame - une insidieuse remise en question commence à les tenailler : leur passé ressurgit, leurs drames et leurs déboires, leurs petites vies si anodines et pourtant si vastes.
Avec un sens inné de la justesse et de la profondeur, sans tomber dans le pathos mais avec toute l'humanité du monde, Armel Job m'a encore une fois emmenée dans le magma intense des sentiments. Intense, oui. Et terrible.
Sous couvert d'une écriture légère et perlée de poésie, Armel Job touche la véritable nature des choses, la véritable nature humaine, ô combien complexe.
Le tout ancré dans un petit village, coin de verdure où coule une rivière. Ce village, c'est en Belgique, dans les Ardennes ; je viens d'y passer 2 jours, c'est un paradis de calme et de douceur. Et pourtant, c'est là qu'Armel Job a choisi d'y planter son drame, détonateur d'implosions intimes.
« On est tous coupables, d'une façon ou d'une autre. Chacun doit se débrouiller avec ses propres fautes ».
Je conseille ce livre pénétrant à ceux qui n'ont pas peur de creuser en eux-mêmes. Ils y trouveront réponse à des questions, peut-être, et un vif plaisir, certainement.
Un chef-d'oeuvre !
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majero
  06 mars 2019
Clara, huit ans, si merveilleuse quand elle joue Schumann, traverse la grand route du village, accident, personne n'a rien vu.
Les parents culpabilisent, leur dispute, c'est la mère qui a envoyé Clara chercher son père, mais il y a aussi le chapeau qu'on fait porter à Carlo tellement saoul qu'il ne se souvient pas avoir planté le van quelques kilomètres après la traversée du village, le procureur Lagerman bien trop rapide dans sa Jaguar, hanté par le visage souriant de Clara quand elle a bondi sur la route et aussi Hector, père de Clara, carrossier, découvrira-t-il des indices sur la Jaguar?
Armel Job construit des personnages vrais, avec leurs drames, leurs souffrances, leur médiocrité parfois avec des remises en questions qui en font de vrais 'grands'.
C'est magnifique!
Commenter  J’apprécie          360
michfred
  13 septembre 2017
Le bon coupable sommeillait depuis longtemps dans ma PAL...un petit voyage en Ardenne au bord de la Semois, avec de jolies lumières d'après l'averse - éclats doux sur les ardoises, et fusées de lumière dans les bois de feuillus et de pins mêlés- a soudain réveillé mon envie de le lire...
Une fois de plus, je ne suis pas déçue du voyage!
De sa belle écriture lisse et perlée, à peine teintée d'une légère ironie, Armel Job fait revivre un dimanche de juillet, en 1960 dans un petit hameau ardennais.
Dès les premières lignes, malgré la douceur des lumières, la quiétude dominicale du village au bord de l'eau, malgré les cloches qui sonnent la messe et les oies du dimanche qui fristouillent dans les fourneaux , le lecteur sait qu'il assiste à un compte à rebours.
le destin va frapper: chaque personnage se met en place sur l'échiquier de la fatalité.
Une enfant en robe bleue qui court chercher son père pour le repas de midi, une route dangereuse, un village assoupi de chaleur et désert, une voiture trop rapide, une autre trop mal conduite...Et c'est l'accident, la mort d'une petite fille joyeuse et innocente. le chauffard prend la fuite..mais lequel? Qui a tué et pris la fuite? Lequel des deux est le vrai coupable?
Et puis d'abord, les hommes -et les femmes- ne le sont-ils pas tous, coupables?
Est-ce que la petite société de Malemaison ne l'est pas tout entière, coupable, elle qui traîne le passif des années de guerre qui empoisonnent, 15 ans après, les " insouciantes" années 60? Plutôt que de chercher le vrai coupable, ne vaudrait-il pas mieux un coupable idéal, un Bon Coupable qui mettrait tout le monde d'accord, y compris le bouc émissaire lui-même ?
Avec cette cruauté lisse qui renvoie chacun dos à dos, Armel Job scrute les âmes et les coeurs..et dynamite tous les clichés! Les femmes adultères ont de la moralité...et des talents certains pour le lâcher de pantalons! Les tondues de la Libération ont de la fierté et une inébranlable solidarité. Les carrossiers les plus méticuleux n'ont pas les yeux en face des trous et les cantatrices les plus suaves ont l'empathie d'une bûche. Les palefreniers marrons ont des scrupules et les procureurs des ruses de malfrats...seuls les enfants échappent au massacre..mais c'est eux qu'on envoie en pension, qu'on renie ou..qu'on écrase !
Quant au lecteur, friand de justice et de bons sentiments, Armel Job, avec son imperturbable élégance formelle, l'envoie se faire pendre, fort courtoisement...
Tous coupables, on vous dit!
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spleen
  28 janvier 2016
Un village belge mais il pourrait être français , tous les habitants se connaissent mais qui sait vraiment ce qui se passe une fois la porte close : disputes, infidélités , tricheries et magouilles ... le lot ordinaire et peu reluisant de la nature humaine .
Dimanche midi, le 17 juillet 1960, Clara va chercher son père parti se réfugier dans son garage après une nouvelle brouille avec sa femme , une voiture passe trop vite dans la ruelle et l'enfant est projetée sans vie sur le trottoir.
Le chauffard s'est enfui, personne n'a rien vu .
Qui est coupable ? les parents qui se servent de l'enfant comme le messager de leur mésentente, le maquignon filou qui boit trop et qui mérite cent fois la prison, le procureur du Roi qui se dit irréprochable mais quitte précipitamment sa maitresse pour retrouver Bobonne et le rôti du dimanche et pense être, du fait de sa fonction, au dessus des lois ?
Sur fond de fait divers dramatique, Armel Job dresse un portrait sans concession de nos petits arrangements avec la morale, nos mesquineries et notre vision parfois raccourcie de la notion de justice.

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argali
  14 avril 2015
Un fait divers atroce en 1960. Il n'y a pas autant de voitures qu'aujourd'hui sur les routes, mais les conducteurs sont tout aussi inconscients. Une fillette innocente en sera la victime.
L'enquête qui suivra l'accident et dont on connait dès le départ les tenants et les aboutissants sert de prétexte à l'auteur pour décrire les deux suspects et leur entourage. Peu à peu, l'auteur plonge dans le passé des protagonistes et tisse leur histoire en même temps que celle du village où ils habitent. On découvre peu à peu les relations que les villageois entretiennent entre eux, leurs secrets, leurs blessures, leurs remords... A la manière de Simenon, Armel Job se penche sur des gens ordinaires, au destin ordinaire et les regarde vivre avec leur conscience. Prennent-ils leurs responsabilités ? Font-ils face à la vie ? Et quand un dilemme moral survient, comment le gèrent-ils ? L'étude psychologique des personnages finement amenée, nous pousse à voir chacun au-delà des apparences. Ils se dévoilent petit à petit et les non dits sont plus parlants encore.
le fait d'avoir placé cette histoire dans le passé permet aussi de se distancier des événements et des personnages et de se dire que c'était une autre époque. Mais ce serait trop facile. Armel Job nous pousse à l'introspection. Conscience, culpabilité, responsabilité, morale... cela nous concerne tous, ici ou ailleurs, jadis ou aujourd'hui. Ce drame est intemporel.
Et il ne pouvait pas rester impuni. Il fallait trouver le coupable. Ou du moins un coupable. Parce qu'il faut pouvoir lui donner un visage au mal quand il s'abat sur vous. C'est tellement simple quand la société le désigne d'emblée. La vindicte populaire n'a plus qu'à s'exprimer.
Même si certains côtés caricaturaux de la société décrite m'ont agacée – je n'aime pas le manichéisme - j'ai pris plaisir à lire ce roman dont l'écriture et le style sont soignés et qui porte à une réflexion intelligente et d'une grande pertinence. Un tout bon Armel Job dans le style auquel il nous a habitués : élégant.

Lien : http://argali.eklablog.fr/le..
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critiques presse (2)
LaPresse   02 mai 2013
Même si Le bon coupable est une fable inspirée du Nouveau Testament et qu'il se déroule en Belgique au début des années 60, il y a quelque chose de très actuel dans ce roman d'Armel Job qui offre une version édifiante de la parabole du pharisien et du publicain.
Lire la critique sur le site : LaPresse
LaLibreBelgique   06 mars 2013
Un très beau roman d’Armel Job sur la responsabilité et la culpabilité. Autour de la mort accidentelle d’une enfant.
Lire la critique sur le site : LaLibreBelgique
Citations et extraits (16) Voir plus Ajouter une citation
michfredmichfred   13 septembre 2017
Le corps a été retenu par l'escalier de la deuxième maison, à un jet de pierre de la route. Clara gît sur le ventre, une joue sur le deuxième degré, les deux bras en corbeille à hauteur de la tête, dans l'attitude familière des enfants pris par un sommeil profond.
Commenter  J’apprécie          130
michfredmichfred   13 septembre 2017
Ruminer consistait chez elle à disposer son ressentiment le plus récent au-dessus de la pile de tous les anciens, à se reculer mentalement et à contempler l'impressionnant édifice.
Commenter  J’apprécie          40
nathavhnathavh   21 avril 2020
Le seul fondement de la justice, c'est l'intime conviction. Ce ne sont ni les faits ni les témoins qui décident, c'est la conscience du juge quand il se retire dans son for intérieur et, qu'en deçà même de sa raison raisonnante, il s'en remet à son intuition la plus profonde.
Commenter  J’apprécie          20
ShatzyShatzy   21 mars 2013
« Il n’arrivait même plus à retomber sur les prémisses du syllogisme implacable qu’il avait mis au point après l’accident, grâce auquel il avait conclu qu’une innocence occasionnelle – (…) – ne retirait en rien à une culpabilité fondamentale, et réciproquement qu’une culpabilité occasionnelle – (…) – n’empêchait pas une innocence fondamentale. »
Commenter  J’apprécie          10
nathavhnathavh   21 avril 2020
Clara raffolait de l'atelier. "Ca sent bon chez toi", disait-elle. Les âcres émanations des vernis, des laques lui semblaient plus délicieuses que l'air du parc autour de la maison, où pourtant des peupliers noirs embaumaient. Il est vrai que le parfum des peupliers colle aux cloisons nasales, pour ainsi dire, alors que l'acrylique y grimpe comme un hérisson de ramoneur et vous remet l'odorat à vif. Tandis qu'elle furetait ça et là, Hector la voyait remuer les narines comme un lapin.
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Armel Job P2
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