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ISBN : 9782221123805
Éditeur : Robert Laffont (01/02/2011)

Note moyenne : 4.11/5 (sur 37 notes)
Résumé :
"Le facteur sortit. Bram, intrigué, déchira l'enveloppe et, sur un feuillet minuscule, il lut de la même graphie soignée :
Abraham,
Ta femme te file entre les doigts !
Tu as des yeux et tu ne vois pas.
L'unique qui ait pitié de toi.
Sur le seuil, le facteur se retourna.
"A propos, et Esther ?
- Ça roule", répondit Bram, en affichant laborieusement la rangée étincelante de ses de... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (8) Voir plus Ajouter une critique
latina
  20 mars 2017
Un petit plongeon dans les années 60 ? Suivez-moi dans une petite ville belge proche de la frontière allemande. Entrez dans la quincaillerie Steinberg, tenue par Abraham, dit Bram, marié à la superbe Esther, et parents de 2 adolescentes. Espionnez ce couple, comme tous les voisins le font allégrement, d'ailleurs. Lorsque Bram, taraudé par les souvenirs de sa famille juive décimée, n'arrive pas à se lever le dimanche 4 août et n'emmène pas sa femme pour la promenade traditionnelle, tout le monde s'en inquiète.
Bref, l'intimité est plutôt un vain mot. La suite de l'histoire vous le confirmera, car à partir du moment où Bram reçoit une lettre anonyme déclarant que sa femme le trompe, tout le monde verra sa vie bouleversée. Que ce soit de la goguenardise ou du réel désespoir, personne n'est indifférent, de l'horloger au pharmacien, en passant par le tenancier du café ou la couturière, pour ne citer qu'eux. Huis-clos, alors ? Pas tout à fait, puisque notre Bram bouleversé effectuera une ou deux virées à Anvers, voir un rabbin qui lui donnera un curieux conseil impliquant des « eaux amères »...
Ambiance, ambiance !
Celui qu'on appelle « l'autre Simenon » adore le dépaysement temporel. Ici, on est servi : le pape Paul VI rappelle que la contraception artificielle est contraire aux principes chrétiens, alors que justement les premières pilules contraceptives encore diabolisées font leur apparition ; les commerces de proximité fleurissent en ces années 60, et la petite couturière a encore de belles heures devant elle ; l'horloger ayant pignon sur rue, le pharmacien et ses potions magiques pour le rhume, la braderie, sa fanfare et ses majorettes, tout cela a ravivé les souvenirs de mon enfance. Ah, nostalgie, quand tu nous tiens !
J'ai donc passé un bon moment en compagnie de ces gens plus vrais que nature, quoiqu'à la fin, il m'ait semblé que le tout devenait un peu « lourd ». Les fils de l'intrigue se nouent assez lentement puis se dénouent d'une façon un chouia trop rapide. le Deus ex machina s'en est mêlé.
Mais ne lui en voulons pas : il m'a permis de retrouver l'atmosphère désuète des années 60, pétrie de rigidité, de commérages mais aussi de vraies bonnes intentions.
Le monde, finalement, n'a pas tellement changé...
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joedi
  25 mars 2012
Ce roman est une portion de la vie d'Abraham Steinberg dont les parents et la soeur ont été emmenés, le 4 août 1942, vers les camps de la mort. Abraham a été sauvé de la déportation, son père ayant payé quelqu'un sur le quai de la gare. Tous les ans, le 4 août, est jour de souvenir pour celui que tout le monde connaît, maintenant, sous le prénom de Bram.
En 1960, il achète la quincaillerie de Mormédy et s'y installe avec Esther, sa femme et leurs deux filles en pension dans un établissement scolaire. Nul ne les connaît, ils viennent d'Anvers, mais très vite Bram et sa femme Esther occupent une place de choix parmi les personnalités de l'endroit. le 4 août 1968, commence les sept jours de cette chronique, une tranche de vie de Bram, Esther et les autochtones de Mormédy. Les sentiments de Bram sont décrits avec justesse et pertinence. Armel Job entraîne son lecteur dans l'intimité de ses personnages et de leur époque, les années soixante. A lire !
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beatriceferon
  19 janvier 2015
Mormédy, un petit village où tout le monde observe tout le monde à la dérobée. C'est là que s'est installé Bram, qui a acheté une quincaillerie en faillite, et surtout Esther, sa belle épouse, dont plus d'un est secrètement amoureux.
Mais ce couple modèle à la petite vie bien rangée, aux habitudes immuables, n'a-t-il pas quelque secret inavoué? Résistera-t-il à l'épreuve des eaux amères?
Fanatique inconditionnelle de tous les romans d'Armel Job, je n 'ai pas été déçue par celui-ci, qui met en scène, comme souvent, des villageois qui passent leur temps à s'observer, s'épier, et se livrer à mille suppositions, toutes plus loufoques les unes que les autres (l'image de Bram et son épouse en coloniaux revenus fortune faite vaut son pesant de cacahouètes!).
Sa construction est habile et astucieuse, elle nous mène vers un magistral clin d'oeil final. N'allez surtout pas voir la dernière page avant d'avoir lu tout le roman!
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CathLej
  05 février 2015
1968. Bram Steinberg est quincailleur et vit à Mormédy, un petit village des Cantons de l'Est avec sa femme Esther. Ils ont deux grandes filles, parties en pension la plupart du temps. Un jour d'été, Bram reçoit un courrier particulier laissant entendre que son épouse le trompe. Dérouté, il va chercher à découvrir la vérité, notamment en demandant de l'aide à un rabbin d'Anvers.
Ce jour maudit où Bram reçoit cette lettre réveille également d'autres douleurs, enfouies, mais toujours vivaces. Les eaux amères raconte l'histoire d'un homme qui traîne avec lui de trop nombreux fantômes. Un homme qui n'en n'a jamais parlé à personne, ne s'est jamais plaint, a avancé dans la vie en tentant de tenir loin de lui les souffrances du passé.
Très beau roman, très belle lecture. J'aime définitivement beaucoup Armel Job. Je n'ai pas eu le coup de coeur ressenti avec Loin des mosquées, mais j'ai tout de même énormément apprécié. L'écriture est belle, souple et fluide. Loin d'aborder un seul thème par ouvrage, A. Job nous parle ici de doutes, de douleur, de la famille, des petites villes de campagne avec les voisins qui vont avec, de la religion juive, des Juifs belges exportés, des non-dits, de la libération sexuelle de l'époque et du mariage. Toujours avec douceur et tact, ce qui rend ses romans incroyablement agréables à lire. Les personnages qu'il évoque sont des Monsieur et Madame tout-le-monde, souvent dominés par leur passé et leur éducation. Difficile de ne pas se reconnaître en eux.
À lire ! En plus, la couverture est superbe.
Lien : http://leslecturesdecat.cana..
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luis1952
  03 octobre 2012
Mormédy, une petite ville belge dans les Ardennes. Bram et sa femme Esther y tiennent une quincaillerie.Il est juif, elle est anversoise. Les gens d' ici, ne se connaissent que trop bien. Chacun sait les habitudes des uns et des autres jusqu'au jour où Bram et Esther ne vont pas faire leur promenade du dimanche après-midi. Que s'est -il passé ? C'est le début du roman. A savourer !
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Citations et extraits (8) Voir plus Ajouter une citation
joedijoedi   24 mars 2012
Ils avaient bu une deuxième coupe de champagne. Bram refusait. Il mettait la main sur son verre, mais elle l'avait écartée en riant, doigt par doigt. Cette menue violence de sa main frêle sur ses grosses phalanges velues comme le paturon d'un cheval, quel délice cela aurait pu être ! Un homme et une femme ne devraient jamais cesser de lutter. La paix entre eux, c'est cette affreuse coexistence pacifique qui laisse chacun des Etats à ses propres lâchetés.
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joedijoedi   24 mars 2012
Alors il quitta le comptoir et s'engagea dans la rangée centrale des étagères qui traversait le magasin. Ses yeux glissaient sur les marchandises impeccablement alignées. C'est drôle, il avait l'impression qu'il les découvrait, comme si leur présence lui avait échappé jusqu'alors. Quand on a reçu un coup sur la tête, peut-être faut-il recoller les morceaux du monde ?
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joedijoedi   23 mars 2012
Il y a bel et bien un homme sans Dieu, mais pas de Dieu sans homme.
Karl Barth
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joedijoedi   25 mars 2012
Après une éclipse, le retour à la normale réconforte même les esprits forts qui prétendent ne pas s'émouvoir à la disparition des astres.
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joedijoedi   24 mars 2012
- Et moi, enchaîna Bram, pendant ce temps, je te délivre l'expectorant pour portefeuille.
Il appuyait sur les touches mélodieuses de la caisse enregistreuse.
"L'expectorant pour portefeuille ! Sacré Bram, tu ne changeras jamais !" s'esclaffa le pharmacien en portant la main à sa veste.
La machine résonna de quelques martèlements internes et sortit la note.
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