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Critiques sur L'esclave islandaise, tome 1 (8)
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Pecosa
  07 juillet 2019
En 1627 , en Islande, des corsaires de Salé attaquent les villages des fjords de l'est et des îles Vestmann et y capturent 400 hommes, femmes et enfants qu'ils partent vendre au Maghreb.
Parmi les prisonniers, une femme, Gudridur, tente de survivre à la traversée avec son jeune fils. Jeune et belle, elle est vendue à un Dey, et se retrouve enfermée dans une demeure d'Alger, au service de ses quatre épouses. Son fils, vif d'esprit, est quant à lui envoyé dans une médersa pour y étudier.
Gudridur n'a qu'une obsession, racheter sa liberté et repartir en Islande avec son enfant auprès de son époux dont elle ignore le sort. Son salut réside dans une lettre qu'elle rêve de pouvoir écrire et d'adresser à ceux qui rachètent les captifs. Mais Gudridur, femme de pécheur, est pauvre, et n'a personne pour payer sa rançon.

L'esclave islandaise, de l'auteure Steinunn Jóhannesdóttir, s'inspire du destin mouvementé de Guðríður Símonardóttir (1598 -1682), actrice bien malgré elle d'un épisode de l'histoire islandaise connu sous le nom d'« enlèvements turcs en Islande ». Seuls quelques captifs réussiront à être rachetés par le roi du Danemark Christian IV.
Le propos de l'auteure s'inscrit davantage dans une démarche historique que romanesque. Je m'attendais à une grande saga romantique dans la veine de La Nuit du sérail ou de La Grande sultane, il n'en est rien.
Cet épisode historique a laissé de nombreux traces dans la mémoire collective, dans la toponymie et surtout dans les archives, où l'on trouve des témoignages directs, de la correspondance, des listes, des suppliques… La romancière les a d'ailleurs insérés dans son ouvrage, avec des reproductions de gravures d'époque, ce qui lui permet de retracer avec précision le parcours de quelques hommes et femmes.
Car tous ne connaîtront pas le sort de Gudridur qui s'accroche désespérément à son passé, à sa langue et surtout à sa religion. Des Islandaises refusant d'abjurer leur foi seront torturées et brûlées, des hommes ayant commis des erreurs dans leurs tâches quotidiennes mutilés. Certains pour survivre s'accommoderont de leur sort, comme la belle Anna qui se convertit à l'Islam et fonde une famille avec son très riche maître.
Les lignes les plus intéressantes sont celles qui narrent le « choc culturel » des Islandais arrivant au Maghreb, qui supportent difficilement le climat, ne comprennent pas la religion, s'étonnent devant la diversité de la population, eux qui dans le Nord n'avaient pour coutume que de commercer avec des Danois, ou d'apercevoir des équipages anglais ou allemands y faisant escale: « Cette ville (Alger) abritait des milliers d'esclaves confrontés à la durete impitoyable de leurs maîtres et à des conditions de vie effroyables, du reste, c'était une époque troublée. Même s'il n'avait aucune certitude, Jon pensait qu'il n'y avait ici que très peu d'esclaves venus des pays du Nord à l'exception des Islandais. On y trouvait en revanche une foule d'Allemands, de Hollandais, d'Anglais, de Flamands, de Français et de Wallons, mais la plupart étaient originaires d'Espagne ou du Portugal. »

L'esclave islandaise est une lecture très dépaysante quand on ne connaît rien comme moi à ce pays. Connaissant davantage le sort du captif le plus célèbre, Miguel de Cervantes, enlevé au large des Saintes-Maries-de-la-Mer et qui demeura esclave à Alger pendant presque cinq années, j'imaginais les pays nordiques comme des envahisseurs razziant les côtes européennes, et ignorais qu'ils en furent aussi victimes.
J'ai aussi beaucoup apprécié l'introduction de l'auteure qui raconte ses préparatifs et son séjour en Algérie, sur les pas de ses infortunés compatriotes. L'odyssée de Gudridur se poursuit d'ailleurs dans un second volume, qui contient une bibliographie et une post-face des plus intéressantes.
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Aela
  29 avril 2017
1627 îles Vestmann en Islande. Gudridur est une jeune femme d'une trentaine d'années, qui vit heureuse avec son mari et son fils Sölmundur.
Une nuit des pirates débarquent et emmènent 400 personnes sur un bateau à destination de l'Algérie à l'époque sous domination turque.
Un terrible sort attend là-bas Gudridur et son jeune fils: ils seront vendus comme esclaves. Cet enlèvement a réellement existé et est appelé Raid des Turcs par les Islandais.
Gudridur va garder tout au long de ses huit années de captivité l'espoir de retrouver son mari. Son seul espoir est de lui écrire et d'attendre qu'on puisse verser une rançon pour sa libération.
En attendant elle doit s'adapter à une nouvelle vie, un climat bien différent de celui de son Islande natale, apprendre l'arabe et effectuer du mieux qu'elle peut les différentes tâches harassantes qui lui sont confiées. Peu d'esclaves venus du Nord à cette époque, on trouvait plutôt des Allemands, des Hollandais, Anglais, Français, Flamands, Wallons...
Le roi Christian IV du Danemark va finir par racheter les sujets danois, norvégiens et islandais mais il aura fallu plus de huit ans après l'attaque par les corsaires pour que le roi s'inquiète enfin du sort de ses sujets!
Le livre est passionnant et s'inspire de faits réels. On voit différents documents de l'époque: lettres, suppliques adressées au roi pour obtenir la libération des esclaves. Les illustrations d'époque montrant le sort des esclaves sont également très parlantes.
Un très bon livre sur un sujet difficile et peu connu.
Le deuxième tome sortira cet automne.
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Heleniah
  22 avril 2017
Ce roman raconte l'histoire de centaines d'Islandais enlevés au XVIIè siècle et vendus en esclavage en Algérie. Parmi eux,

Guðríður Símonardóttir, jeune femme arrachée à son mari, mère d'un petit garçon de 5 ans. Après l'enlèvement, Guðríður doit supporter la traversée, la mise aux enchères, l'éloignement, la perte (au moins de vue) des amis enlevés avec elle, mais aussi l'esclavage, les taches pénibles et des maîtres possessifs.

Évidemment en France, c'est un événement historique dont on ne connaît quasiment rien. Apparemment Guðríður est la plus célèbre de ces esclaves (son nom apparaît dans des documents officiels, on a retrouvé une partie d'une lettre envoyée à son époux), mais d'après certaines sources, elle aurait été esclave sexuelle et aurait fait des choses qui l'ont mises au ban de la société. Néanmoins, l'auteur prend le parti d'en faire une femme très humaine, victime d'événements qui la dépassent, fidèle dans sa foi et ses valeurs. Qu'elle ressemble ou non à la Guðríður historique, le personnage est attachant. Son amour pour son fils et son mari très présent et sa ténacité force l'admiration.

Le roman est bien mené, malgré les années d'esclavage, on ne s'ennuie pas, il y a des éclipses bien amenées. J'ai juste trouvé quelques petits défauts (peut-être dus à la traduction au moins pour l'un d'eux), des passages où on ne comprend pas exactement si une personne est vivante ou morte et il faut attendre plusieurs pages avant d'en avoir le coeur net.

Mais j'ai été transporté d'Islande en Algérie, j'ai appris plein de choses sur cette période et ces cultures, en bref, j'ai passé un excellent moment avec ce roman !
Lien : https://girlkissedbyfire.wor..
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soleil
  27 avril 2019
1627. Sur les îles Vestmann, ces terres islandaises sous domination danoise, Gudridur mène une vie simple, rude, auprès de son époux, pêcheur. Elle prend soin de cet homme, de leur fils, de leur demeure. 
Lorsque les turcs débarquent sur ces terres, le chaos survient. 
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Quelle belle histoire que celle de Gudridur et de ses compatriotes, arrachés à leurs terres !
Ces quatre-cents islandais vont passer du vent, du froid, de la pêche, du bonheur et de Jésus à la moiteur, l'étouffement, le fouet, Allah et l'asservissement. Passer d'une l'île soumise au vent, à Alger en Barbarie.
J'ai ressenti de la compassion, de la peine pour eux.
Comme Gudridur, subir cette moiteur, cette faim, ses maîtres, les coups, l'absence de son mari libre, là-bas, si loin. L'impression d'être son amie, témoin impuissante de son quotidien.
J'ai espéré, me suis demandé qui viendrait les délivrer. Reverront-ils seulement un jour leur contrée ? 
En plus de l'histoire, le livre est agrémenté de croquis, gravures qui renseignent sur la topographie de la ville, les vêtements, les esclaves.
Ce fut une très belle découverte qui m'a enchantée et une émotion majeure à la fin du roman. J'ai hâte de lire la suite de cette histoire dont je ne connaissais rien, pour découvrir ce qui va advenir de l'héroïne.
Je ne m'étais pas trompée en le choisissant et je ne peux que vous recommander cette lecture.
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marieclaude64
  22 septembre 2017

17 ème siècle : l'Islande : un pays rude, un climat hostile,. Pourtant, Gudridur vit heureuse avec son mari et son petit garçon. Mais, des pirates débarquent : ils enlèvent des hommes, des femmes et des enfants. Ils sont embarqués vers une destination inconnue. Finalement, Gudridur est vendue comme esclave sur un marché d'Alger. Sa chance : ne pas être séparée de son fils. le travail est pénible. Les coups pleuvent souvent. le temps passe avec comme seul espoir , être racheté.
L'Esclave islandaise est un récit passionnant tiré de faits historiques authentiques. Sans pathos, sans romanesque, il décrit les conditions d'un esclavage souvent ignoré , celui qui a sévi sur les côtes Sud de l'Europe et la Méditerranée jusque à la fin du 19 ème siècle. Ce récit pose aussi des questions importantes . Comment de ne pas résister à l'attrait, à la séduction même d'une civilisation plus raffinée, plus brillante que la sienne ? Comment résister à la tentation de la conversion à l' Islam quand celle ci peut vous apporter une vie meilleure ? le retour est-il possible ? Qui attend encore Gudridur et ses compagnons d'esclavage sur les côtes islandaises ?
Nous laissons Gudridur avec ses interrogations. La suite est dans le livre 2. Précipitez vous dans cette saga qui vous emmènera dans des mondes mal connus et vous fera voyager loin, très loin.
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mpierre76
  02 décembre 2018
Très beau roman, bien documenté sur un fait historique peu connu. le raid des Turcs en 1627. Des barbares remontaient les cotes en pillant les biens mais en faisant commerce des êtres humains. L'auteure, Islandaise se base sur des recherches complètes faites dans les archives de son pays.
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jeinus
  10 juillet 2017
Roman historique basé sur des personnages réels, à savoir l'enlèvement et la mise en esclavage de 400 Islandais par un raid maritime de l'Empire Ottoman en 1627, cet ouvrage tend à relater un fait historique méconnu de l'histoire Islandaise.

L'auteur effectue ici un travail d'historienne, se rendant en préface du livre à Alger, où les 400 Islandais ont été réduit en esclavage afin de rencontrer un spécialiste de l'histoire de l'Empire Ottoman.

Le récit prend donc forme en Islande, où Gudridur, la protagoniste principale, mène une vie paisible sur les îles Vestmann en compagnie de son fils et de son mari.
Tranquillité de courte durée puisque le rapt Ottoman l'arrachera très vite elle et son fils de 4 ans à tout ce qu'ils connaissent, les menant au cours d'une traversée des plus pénibles, vers l'inconnu.

Ce roman, dans sa violence brute qui y est décrite, car les Ottomans bien que possédant une civilisation plus avancée à l'époque, n'en sont pas moins brutaux et dénués de pitié, vendant ces pauvres Islandais comme du bétail à de riches propriétaires.

Confrontation entre deux civilisations, deux types de croyances religieuses, ce roman est d'abord et avant tout le combat d'une mère pour s'affranchir de sa servitude afin de rentrer sur sa terre natale. Son fils, enrôlé dans les jeunesses musulmanes, ne sera pas autorisé à partir, représentant un trop grand potentiel pour le développement de l'Empire.
Réussira t-elle contre vents et marées à le libérer?

Réponse en Octobre prochain avec le deuxième et dernier volume.
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jeanlucbabelio
  11 mai 2019
Un début prometteur qui se transforme en un long fait divers.
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