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Olivier Girard (Préfacier, etc.)
112 pages
Le Bélial' (03/09/2020)
3.82/5   34 notes
Résumé :
Une heure-lumière, c’est la distance que parcourt un photon dans le vide en 3600 secondes, soit plus d’un milliard de kilomètres…

C’est aussi le nom d’une collection réunissant à ce jour vingt-six titres, un espace éditorial inédit, unique, tant par le fond que par la forme, qui ambitionne de faire voyager vite et loin le lecteur.

Une collection qui, en l’espace de quelques années à peine, s’est bâti un statut de référence dans le paysa... >Voir plus
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Que lire après Une Heure-Lumière, Hors-Série 2020 : Retour à n'dauVoir plus
Critiques, Analyses et Avis (13) Voir plus Ajouter une critique
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Excellent ce petit Une Heure-Lumière hors série.

On y trouve un article qui donne la parole à chaque traducteur ayant officié dans la collection. Ceux-ci donnent leur avis sur le format de la novella, leur ressenti sur les textes UHL qu'ils ont eus à traduire et sur l'influence éventuelle sur leurs propres créations littéraires, pour ceux qui sont également auteurs.

On y trouve surtout une novella très exotique de Kij Johnson – Retour à n'dau – qui déploie le décor d'une Terre assez vieille pour avoir fortement ralenti sa rotation sur elle-même. Désormais, comme la Lune aujourd'hui, elle y met autant de temps ou presque que pour faire son tour de Soleil. Conséquence, elle montre toujours la même face au Soleil.
Des humains y vivent encore, qui n'ont plus aucun souvenir de nos temps passés. Ils sont revenus à une vie nomade, presque paléolithique, du moins pour ceux que l'on va suivre. Il paraît pourtant qu'il existe des empires quelque part. J'ai beaucoup aimé le changement de paradigme qui s'est imposé pour localiser les lieux. C'est la taille de l'ombre que fait le corps -qui ne change jamais, ou presque, en un lieu donné – qui permet de savoir où on est.
La novella montre la violence mais aussi une certaine sérénité de vie, une forte adaptabilité et avouons-le, une certaine beauté romantique.
Un beau texte.
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Alors que le nouvel hors-série du Bélial' se présente à l'horizon (il est censé arriver sur les tables des libraires le 27 mai pour l'achat de deux UHL – Une Heure-Lumière – format papier), je me suis rappelé que je n'avais toujours pas lu le précédent UHL. Il était temps de rattraper mon retard !
L'avant-propos d'Olivier Girard, le patron du Bélial', même s'il est très court, a éveillé en moi des images du passé et des sentiments très vifs, puisqu'il a évoqué la fameuse collection de Denoël « Présence du futur » et ses mythiques catalogues. Que de temps passé à les compulser dans mon plus jeune âge ! Que de temps passé à tenter de les récupérer, eux, et les livres de cette collection. Tout cela ne nous rajeunit pas, dirait-on ! Mais merci pour ce petit coup de nostalgie, plutôt agréable.

La partie suivante est très intéressante, voire carrément indispensable : la parole est donnée aux traducteurs de cette collection. Chacun avait quelques questions auxquelles répondre. Ils s'y sont (presque) tous attelé de bonne grâce. Et cela m'a donné l'impression d'entrer dans derrière le voile, dans la petite fabrique de ces ouvrages que j'apprécie tant. Au détour de certaines phrases, j'ai pu mieux appréhender ce métier de l'ombre, passé sous silence en général, mais pourtant si important. « Traduttore, traditore » (« Traduire, c'est trahir »), selon une formule qui daterait du XVIe siècle. C'est un peu court : en fait, le traducteur est comme un deuxième auteur, qui interprète le texte de base et tente de nous le transmettre le plus fidèlement, mais aussi le plus clairement, possible. Les traducteurs interrogés font bien comprendre combien il leur faut s'immerger dans la langue et l'univers des auteurs afin de s'imprégner de leur sujet. Et, ainsi, de réussir leur travail. Avec, toujours, la peur d'avoir manqué une référence. Cette volonté de faire découvrir tous les acteurs du monde du livre se retrouve dans la revue Bifrost avec la rubrique « Paroles de... » qui interroge aussi bien des libraires que des journalistes, des traducteurs que des « faiseurs » (ça, c'est pour Richard Comballot).

Enfin, la nouvelle de Kij Johnston. de cette autrice, j'ai lu Un pont sur la brume et La Quête onirique de Vellitt Boe. J'avais adoré le premier, le monde imaginé et, surtout, l'ambiance créée. le deuxième ouvrage, lui, m'avait laissé froid : pas assez attiré par Lovecraft et son univers, j'ai dû louper nombre de références et ai trouvé l'histoire sympathique, mais un peu plate. « Retour à n'dau » se situe entre les deux. L'autrice bâtit en quelques pages un monde cohérent et fascinant (même si dur et cruel). En quelques lignes, elle nous jette dans la tête d'une narratrice malmenée : sa tribu est exécutée par une groupe de cavaliers à la recherche d'un remède à la maladie de leurs montures. La voilà prisonnière, avec sa nièce qu'elle connaît peu (les enfants la laissent indifférente), à la merci de guerriers qu'elle ne comprend pas toujours, loin de son équilibre, de sa routine, de sa vision de ce qui l'entoure. C'est cet aspect qui m'a le plus fasciné : ce rapport avec n'dau. Comment la tribu de Katia se déplace pour rester bien situé par rapport à n'dau. Notion abstraite pendant les premières lignes, mais qui montre bien que nous n'avons pas tous le même rapport avec notre environnement, que nous n'avons pas les mêmes points de repères, les mêmes attentes. La suite de la nouvelle est plus convenue, mais ne provoque aucune lassitude. J'ai voulu savoir si Katia allait survivre, quelle place elle prendrait dans ce nouveau groupe. La fin m'a légèrement et agréablement surpris.

Ce hors-série, s'il n'est pas le meilleur des trois à mon avis, ne dépare absolument pas dans cette collection de haut niveau, dont j'attends toujours avec plaisir les parutions. Et là, dans les semaines qui viennent, je ne devrais pas être déçu !
Lien : https://lenocherdeslivres.wo..
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Stoppez tout, arrêtez tout, il est arrivé, le nouvel hors-série de la collection Une Heure-Lumière. Nous voici donc avec la cuvée 2020, à la couverture plus flamboyante que jamais (oui mais gneu gneu gneu c'est Aurélien Police et il fait que dessiner des gens de profil, la preuve c'est que le type il est de dos). Cet article a été quelque peu retardé à cause d'autres planifiés entretemps, le voici désormais sur vos écrans ; ça va plus s'apparenter à une simple recommandation qu'une véritable critique fouillée, et ce malgré qu'à cette heure les exemplaires doivent être épuisés, mais tannez vos copains pour qu'ils vous prêtent le leur, parce que ça vaut franchement le coup.

Un 400 mètres dans l'espace : traduire « Une Heure-Lumière »

Cette année, les traducteurs sont à l'honneur dans la partie « making-of » de la collection, avec une série de courts entretiens assez inégaux, mais qui forment un très bon ensemble : il y a quelques redites d'une personne à l'autre, mais les interviewés sont parvenus à raconter les astuces et difficultés de leur métier sans verser exagérément dans la précision technique.

Retour à n'dau

S'ensuit cette novelette qui demande un certain bagage déjà en SFFF pour être pleinement appréciée. Après un début assez rude, on comprend que nous sommes sur Ping, un monde colonisé il y a des millénaires par les Terriens dont le soleil frappe toujours les régions de la même manière : pour celle-ci ce sera Midi, pour celle-là ce sera l'Aube. Il s'agit d'un de ces astres improbables car de toute évidence privés de rotation, ayant déjà ébréché ma suspension d'incrédulité dans le monde vert. Mais peu importe.
Katia vit à n'dau, la région du monde qui semble la plus équilibrée, où l'ombre du soleil fait la même taille que les objets. Sa vie est celle d'une terrienne ayant depuis des générations abandonné toute technologie avancée, vivant sobrement de ses chevaux et ses chiens. Capturée par des barbares, elle découvre qu'ils sont menacés par une terrible maladie qui s'attaque à tous les chevaux de Ping…
D'une part, on ne peut que saluer l'initiative d'avoir traduit ce texte de Kij Johnson pour son aspect ethnique : Retour à n'dau est une histoire extrêmement dense mais exceptionnellement fluide d'un bout à l'autre, à l'exception des quelques paragraphes du début brisant le show don't tell pour expliquer au lecteur les concepts les plus ardus. On y découvre donc différents peuples vraisemblablement inspirés de la Mongolie, ayant inventé leurs propres moyens de communiquer (avec des sifflets), de se vêtir (selon vos intentions), de mesurer le temps (en prenant la durée moyenne de la vie d'un chien)… Une telle compréhension des peuples méconnus est encore trop rare dans notre Imaginaire si balisé, quand l'une de ses plus grandes fonctions est justement l'ouverture à l'Autre (selon mon humble avis). le seul (très léger) reproche que je pourrais y faire est que les autochtones possèdent une vision tout à fait occidentale de la mort : on la cache aux enfants plutôt que de la leur faire accepter, alors que tout indique sur ce monde une existence relativement rude.
À ce moment, vous vous dites : minute, un hard worldbuilding pareil, ça cache forcément quelque chose ; est-ce que c'est au niveau des personnages ou du style que ça part en sucette ? Mais même pas, les persos sont au centre, avec une plume particulièrement sensible. Si l'idée d'un monde où toutes les régions correspondent à des périodes de la journée ne sert techniquement à rien dans le récit, il accentue cependant le déracinement de l'héroïne dont on ressent avec elle sa douleur d'avoir tout perdu, sa famille, sa liberté, et bientôt ses chevaux. On est sur une gravitas qui ferait passer le poney rouge pour Horseland : tout semble crier le désespoir, jusqu'à la fin où l'on voit le bout du tunnel.
Très beau texte sur le deuil et la résignation, Retour à n'dau possède toute mon estime et s'avère pour l'instant le plus délicat récit de SF que j'aie découvert de cette année (les deux autres étant Samsam, le film et Tenet, ça n'était pas difficile, cela dit…). J'hésite encore un peu à l'auréoler d'un « lu et approuvé », le reste du livre m'ayant honnêtement moins intéressé : mais ses défauts sont tellement minimes qu'il serait bête de s'en priver.

Catalogue Une Heure-Lumière 2020

Comme prévu, le catalogue opte désormais pour un format plus économe en papier. Rien qui m'excite spécialement dans les nouvelles parutions que je n'aie pas déjà commandé, et si je chronique un jour le quatrième hors-série de la collection, il y a de fortes chances pour que je ne parle plus de cette rubrique…

Conclusion

Une Heure-Lumière reste inlassablement une collection de très haute qualité, et trouve toujours d'excellents textes pour fêter ses anniversaires. J'espère encore être de la partie l'année prochaine, parce que bon, vu que vous aurez sans doute du mal à en trouver des exemplaires, c'est pas trop pour votre culture, mais pour la mienne quand même…
Lien : https://cestpourmaculture.wo..
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Retour à n'dau est une nouvelle de quarante pages qui s'inscrit dans le style du Planet Opera. le récit se déroule sur la planète Ping qui a pour particularité de tourner extrêmement lentement sur elle-même. Cela n'est pas sans conséquence sur les Humains qui l'habitent car ils doivent continuellement se déplacer pour ne pas se retrouver dans certaines zones trop exposées à la chaleur du soleil, notamment celle appelée le Midi.

Dans ce contexte particulier, évolue le clan Winden du peuple de Croisée qui élève des chevaux et des chiens pour survivre. Katia en fait partie et joue deux rôles au sein de sa communauté : elle dresse non seulement les chiens pour qu'ils veillent sur les chevaux et protègent son clan mais elle soigne également les chevaux lorsqu'ils sont malades ou quand les juments doivent mettre bas. Alors qu'ils vaquent à leurs occupations, le clan Widen croise le chemin de cavaliers armés provenant de la direction de l'Aube…

J'ai beaucoup aimé cette courte nouvelle : en peu de pages, Kij Johnson arrive à mettre en place un univers développé et original. le décor et l'activité principale du clan Winden dédiée à l'élevage de chevaux m'ont beaucoup fait penser aux steppes de la Mongolie. La nouvelle est également très émouvante et relaie des thèmes positifs : malgré les épreuves, les protagonistes trouvent le courage de rebondir, de pardonner et d'aller de l'avant. Bref, à découvrir!

Rendez-vous sur mon blog pour une chronique plus développée :
Lien : https://labibliothequedaelin..
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Kij Johnson est désormais une autrice que je suivrai avec attention ; ce troisième court récit que je lis d'elle m'a beaucoup plu, comme les deux précédents.

Retour à N'dau est la nouvelle inclue dans ce hors-série 2020. Elle se déroule sur Ping, une planète tournant très très lentement, avec une journée plus longue qu'une vie d'homme. Katia est une nomade élevant des chevaux et dressant des chiens, qui se déplace pour suivre N'dau, le point où son ombre fait exactement sa taille à elle. Cet endroit est considéré par son peuple comme celui idéal pour vivre au mieux sur Ping.

Sa famille et elle vont rencontrer Huer et son clan, qui se déplacent également, mais pas de la même manière qu'eux.

Ce récit court est représentatif de l'écriture de Kij Johnson. le ton est assez froid, presque clinique, malgré tout ce qui touche Katia. J'ai réussi à m'attacher en peu de temps aux personnages, qui sont plus ou moins démunis tandis que leur mode de vie est remis en cause. En quelques traits, nous avons une représentations assez précise de ces différents nomades et des difficultés auxquelles ils sont confrontés sur cette terre inhospitalière.

Ce monde n'est pas sans me rappeler celui de la Marche du Levant, avec un trope de base identique, mais traité très différemment.

Je reste épatée de l'émotion que les écrits de Kij Johnson suscitent (chez moi en tout cas) en si peu de mots.

Cette nouvelle est précédée par des témoignages très intéressants de la part des traducteurs de la collection Une Heure Lumière. Ils apportent chacun un éclairage sur le ou les texte(s) qu'ils ont traduits au sein de la collection, avec des réflexion également sur la l'impact de la longueur du texte sur leur manière de l'aborder et de le traduire.

Moi qui suis de plus en plus sensible à la traduction des textes que je lis (au point de préférer régulièrement la VO pour à la VF de certains éditeurs), c'est un sujet qui me parle particulièrement.

Un HS UHL que je suis particulièrement contente d'avoir pu dénicher. Il ne me manque que celui de 2018, mais je crois qu'il est quasiment introuvable désormais. Dommage, ces petits livres offrent vraiment un plus à la collection du Bélial.
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Citations et extraits (2) Ajouter une citation
Une novella représente un certain équilibre. Je n'ai pas à un moment l'impression d'être plongée à vie dans le même texte, mais j'y nage assez longtemps pour m'y sentir chez moi.

Michelle Charrier (traductrice).
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[La traduction] c'est tout un art - un des plus délicats, entre fidélité au texte original et nécessité de restituer une traduction lisible. Un art où la trahison est parfois inévitable, un art où la source et la cible ne sont pas toujours aussi proches et superposables qu'on le souhaiterait. (13)
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Videos de Kij Johnson (12) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Kij Johnson
A l'occasion des Utopiales de Nantes 2018, Kij Johnson vous présente son ouvrage "La quête onirique de Vellit Boe" aux éditions le Bélial .
Retrouvez le livre : https://www.mollat.com/livres/2159140/kij-johnson-la-quete-onirique-de-vellit-boe
Notes de Musique : Audio Library YouTube.
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