AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizForum
Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures
>

Critique de nameless


nameless
22 mai 2016
Ingar Johnsrud est un nouveau romancier en provenance de Norvège, et son premier roman, les Adeptes est proposé par Robert Laffont dans sa collection La bête noire.


Le moins que l'on puisse dire, c'est que ce jeune auteur n'a pas choisi la facilité, ni dans les thèmes abordés, ni dans la construction de son intrigue. Tout commence par un massacre dans une communauté religieuse, “la lumière de Dieu”, où vivait Annette, fille d'une femme politique influente en pleine campagne électorale. Annette et son petit garçon ont disparu, de nombreux adeptes se sont volatilisés.


Pour Fredrik Beier et ses collègues, l'enquête s'annonce d'emblée corsée puisque une piste islamiste est suspectée, et que la notoriété politique de la mère d'Annette les contraint à marcher sur des oeufs. A partir de ce point de départ, Ingar Johnsrud tisse une toile d'araignée dans laquelle il emprisonne le lecteur avec virtuosité, perfuse dans son récit des éléments historiques, remontant au 18 mars 1925, où fut créée à Vienne, “la Société pour l'hygiène raciale”, ce qui donna lieu à une cérémonie solennelle dans la salle de bal de l'université de Vienne (p. 430). le leit-motiv est connu : “Il était dans le droit de la nature qu'une race, la plus adaptée, la plus évoluée sur le plan intellectuel et social, la race aryenne, soit appelée à dominer les races inférieures. Envisager tout autre cas de figure reviendrait à faire fi de l'évolution elle-même” (p. 75). Il n'hésite pas non plus à souligner les positions douteuses adoptées par son pays lors de la seconde guerre mondiale et rappelle par exemple, que Haakon, roi de Norvège, a remis la médaille de guerre à des sympathisants nazis (p. 487).


Les 553 pages du roman ne peuvent être résumées. Ingar Johnsrud ne ménage pas ses lecteurs, le nombre de personnages est immense, aux noms tous imprononçables, les rebondissements sont nombreux, dans le passé et le présent. Il est agréable, c'est mon avis, qu'un romancier ne considère pas ses lecteurs uniquement équipés de deux neurones en leur mâchant le boulot. Il s'agit donc d'une lecture intellectuellement stimulante qui demande de l'attention pour ne pas en perdre le fil. L'épilogue reste ouvert, donnant envie de découvrir le tome 2 de cette trilogie annoncée. J'ajoute un minuscule point négatif : Fredrik Beier m'est apparu comme un gros macho, notamment dans son comportement avec sa compagne Bettina.


Les points positifs sont très nombreux parmi lesquels : dénonciation de l'intégrisme religieux, de la collusion entre le pouvoir et certains extrêmismes. Particulièrement aujourd'hui, 22.05.16, jour d'élections qui pourrait voir l'avènement d'un parti d'extrême-droite en Autriche justement, je remercie Ingar Johnsrud de nous rappeler que : “Le ventre est encore fécond, d'où a surgi la bête immonde”.


Merci à Babelio et aux Editions Robert Laffont pour leur confiance.
Commenter  J’apprécie          400



Acheter ce livre sur

AmazonFnacPriceministerLeslibraires.frGoogle
Ont apprécié cette critique (39)voir plus