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EAN : 9782807000957
80 pages
Éditeur : M.E.O. (01/09/2016)
3.58/5   6 notes
Résumé :
Un circuit sur la moquette : rails, motrice, quatre wagons, la gare, le sifflet? Une enfance comme un voyage perpétuellement fantasmé. Jusqu'à ce que la famille se dédouble, deux chambres en alternance, plus de place pour le circuit et presque plus d'enfance? La retraite venue, Valentin Duvalois restaure son rêve : un appartement proche de la gare du Midi, les songeries sur un quai d'où il ne partira jamais, le précieux album des coupons mauves d'autrefois? Les dépa... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (6) Voir plus Ajouter une critique
ClaireG
  01 octobre 2016
Y a toujours un train
Qui part quelque part
Y a toujours une gare
Un couloir sans fin
Un quai de chagrins
Quand on se sépare… Hugues Aufray
Toucoutou, toucoutou, toucoutou…
Coutou, coutou, coutou…
Valentin, jeune retraité des assurances, passe tout son temps libre à observer les arrivées et les départs des trains à la gare du Midi, à Bruxelles, en vue de son prochain voyage. Enfant à Tunis, il reçut d'une voisine un petit train en bois, prémices de la seule passion de sa vie.
De retour à Bruxelles, le circuit électrique offert par ses parents, avec ses locomotives, ses wagons, ses signaux et ses aiguillages, occupait l'espace du grenier. Des décors en carton peint l'emmenaient en quelques tours de roues de Kuala Lumpur à Barcelone, de Rome à Bogota. Il meublait par le dépaysement imaginaire son enfance solitaire.
1952 – Effondrement. Ses parents divorcent. Les rails, les convois, les motrices et les décors sont rangés à jamais dans des cartons à bananes. Valentin pleure ses évasions perdues.
Le rêve ne s'éteint pas pour autant. Il collectionne les tickets de quai jetés négligemment dans la salle des pas perdus et se constitue des albums authentiques de voyages hypothétiques. Il emprunte à la bibliothèque de son père, subrepticement et pour toujours, « le merveilleux voyage de Nils Holgersson ». de la lucarne de sa chambre, il suit les migrations des oiseaux à défaut des destinations lointaines confiées à ses locomotives prisonnières des bananes Chiquita.
Il envie Mercure aux sandales ailées, messager des dieux, prince des commerçants et des voleurs, avec qui il aurait bien partagé ses Côtes-du-Rhône et discuté inlassablement des grèves qui paralysent le pays par intermittence.
28 chapitres pleins de délicatesse sont autant de quais numérotés dans le désordre aux dates du présent et du passé où les trains du souvenir et de l'actualité s'arrêtent familièrement pendant quelques minutes, comme dans la vraie vie : sont évoqués les succès tennistiques de Jacky Brichant, l'intronisation du jeune roi Baudouin, l'Expo 58 et sa Belgique joyeuse, les effluves du chocolat Côte d'Or, l'indépendance du Congo, les chansons de Jacques Brel, l'invention de la gueuze Mort subite, les rues de la capitale où il fait bon vivre. Mais aussi, la gare cosmopolite d'aujourd'hui où il reconnaît les habitués, ceux qui traînent, ceux qui trafiquent, ceux qui ne savent où aller et tous les voyageurs, touristes ou navetteurs.
Lorsqu'une grève s'éternise et que Valentin est privé de ses déambulations dans la gare, il parvient frauduleusement à se glisser dans un wagon mythique de l'Orient Express. Ah ! Qu'il était bien. Ame solitaire dans un wagon solitaire, attablé devant des mets fins que rehaussent le cristal et l'argenterie, appréciant le Muscat de son palais connaisseur !
Victime d'une hémorragie cérébrale, il se retrouve aux soins intensifs de l'hôpital Saint-Pierre et lorsqu'il rentre chez lui, c'est pour retrouver son quartier défiguré par un attentat et son canari, Aristote, qui l'a attendu avant de prendre son envol…
Michel Joiret nous offre 145 pages d'une écriture souple et bonhomme où la nostalgie est constante, où la mémoire de sa ville natale jaillit comme autant d'étincelles des essieux des millions de roues qui ont freiné et démarré à la gare du Midi à travers le temps. « Toucoutou, toucoutou, toucoutou..., de plus en plus vite jusqu'à la vitesse extrême et le positionnement de la note métronomique : coutou, coutou, coutou… ».
145 pages de délice, de lecture intimiste, de souvenirs communs, de plaisir rajeunissant.
Merci pour cet imaginaire qui frôle parfois le surréalisme dont les Belges sont imprégnés.
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Louis_LUCAS
  12 octobre 2016
Je tiens à remercier Babelio ainsi que les éditions M.E.O. pour m'avoir donné la chance de découvrir Michel Joiret et l'opportunité de m'exprimer - sans doute longuement - sur « Chemin de fer ».
Michel Joiret est un auteur belge, romancier, poète mais également essayiste dont la bibliographie compte pas moins d'une quarantaine d'ouvrages selon la quatrième de couverture. Amoureux de la langue française, Joiret possède une plume élégante qui lui confère le pouvoir de jouer avec les mots comme un magicien du verbe. Durant toute la lecture de « Chemin de fer », comme les trains qui pullulent dans les songeries de Valentin Duvalois, j'ai du faire de nombreuses haltes pour noter des citations, des tournures de phrases et bien entendu quelques mots de vocabulaire que je maîtrisais mal.
Si l'on devait comparer ce roman à un voyage en train, force est de constater que celui-ci ne serait pas de tout repos. Conscient de la force de son style et de son érudition admirable, Michel Joiret emprunte régulièrement au fil de la narration des voies secondaires, des itinéraires bis durant lesquelles son personnage principal s'efface derrière l'histoire de la Belgique, le chocolat Côte d'or, le passé colonial de son pays, Brel, Gide ou la famille royale belge. Malgré ces secousses, ces « toucoutou toucoutou » hors du train Duvalois, l'histoire, à aucun moment, ne déraille. Valentin demeure, quoiqu'il arrive, le pivot central de « Chemin de fer » - à égalité avec le train bien entendu.
Tout commence comme une histoire en apparence banale, une situation familiale qui vole en éclats, des repères qui disparaissent et qui donnent lieu à une forme de nostalgie pour une époque au cours de laquelle le train électrique du personnage était un rempart à la dureté du monde réel. Cette nostalgie que l'on pourrait presque prendre pour de la monomanie, ne fera que grandir dans le coeur de Valentin, au gré d'une carrière professionnelle routinière, d'une vie sentimentale le plus souvent aux abonnés absents et d'une existence sans événement majeur. Une existence surtout dénuée du grand frisson du voyage ferroviaire qui l'habite depuis l'enfance mais auquel il ne parvient pas à s'abandonner.
Lorsque le lecteur fait la connaissance de Valentin, celui-ci vit au rythme des départs et arrivées des trains une retraite solitaire dont vient le sortir parfois quelques rencontres, quelques échanges avec son ami Karim, l'épicier de la rue. Cette existence sans saveur et sans surprise semble lui convenir jusqu'à ce qu'une grève des Cheminots vienne bousculer ses certitudes. Commence alors un voyage, réel et onirique, entre passé et présent, entre espoir et regrets, une chevauchée dans sa propre existence qui ne s'avérera pas salutaire mais lui ouvrira un nouveau champ des possibles, un nouveau départ qu'il pourra ou non choisir.
Magnifiquement illustré par un certain Martin Joiret (un lien familial avec l'auteur ?), « Chemin de fer » dispose d'un joli contenant pour un contenu plutôt appréciable non pour l'histoire, finalement assez convenue, mais pour le style singulier de Michel Joiret qui parvient, avec un matériau simple, à extraire de jolis moments de lecture, parfois noyés par quelques longueurs érudites. Mais peut-être faut-il en passer par là pour apprécier à sa juste valeur la plume de cet auteur…
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beatriceferon
  03 mars 2017
Valentin Duvalois a toujours aimé les trains. C'est donc naturellement dans un appartement voisin de la Gare du Midi qu'il a établi ses pénates. Ses parents se disputaient continuellement. Après leur divorce, comme Madame ex-Duvalois était pauvre, exit la grande maison. Valentin est contraint d'enfermer son circuit avec ses rêves dans une caisse à bananes. Ses seuls voyages, désormais, c'est dans son imagination qu'il les fera.
Dans le supplément « Lire » de la « Libre Belgique », je découvre une présentation du roman de Michel Joiret. Immédiatement, le titre me tire l'oeil et me serre le coeur. Papa, un « vrai cheminot », avait voué sa vie aux chemins de fer. C'est certainement un livre pour moi.
A chaque chapitre apparaît un sous-titre « Quai » suivi d'un nombre. Ces quais innombrables sont, en réalité, des étapes dans le temps. L'auteur balade ainsi son lecteur sans aucun souci d'une quelconque chronologie. Valentin est sur les rails de ses souvenirs et des aiguillages permettent de faire se croiser sa modeste vie personnelle et la grande Histoire. Occupation, indépendance du Congo ou mariage du roi Baudouin rencontrent allègrement des moments importants pour Valentin : en Tunisie, il est tout petit encore lorsqu'on lui offre son premier train en bois, le début d'une passion qui occupera sa vie entière. Un jour, Valentin rentre de l'école plus tôt que d'habitude. La maison est vide. C'est le moment ou jamais de s'introduire subrepticement dans ce lieu interdit, comme la chambre de Barbe-Bleue, qu'est le bureau paternel. Heureusement, ici, point de corps ensanglantés, mais des livres, des livres partout, que Valentin subtilisera un à un afin de plonger dans le monde de la littérature.
Lors de l'expo 58, le jeune homme découvre avec émerveillement l'Atomium. Et rencontre Anne-Marie que, comme dans la chanson, la foule vient arracher d'entre ses bras. Ses parents se séparent. Son « père avait beaucoup changé, jeans décolorés, nouvelle montre suisse, le verbe haut et l'appétit retrouvé. A ses côtés, une Vanessa aux longs cheveux noirs et lunettes à monture violette. » Sa « mère ne se coiffait plus et sa peau prenait une teinte jaunâtre. » Et puis, Tonton Jacques « passant fréquemment la main autour de la taille maternelle et Tante Simone l'accompagnant de moins en moins souvent. » Plus tard, Tonton Jacques ramène d'un voyage au Congo, une jeune et jolie protégée noire. Valentin rencontre Céline. Valentin prend une retraite anticipée et, à cette occasion, « les copains du bureau se sont cotisés pour lui offrir un beau livre sur les anciennes locomotives, couverture cartonnée, papier glacé. »
A ces étapes importantes d'une vie livrée en vrac, Michel Joiret mêle des anecdotes historiques. Ici, le voyage en train du roi Léopold Ier et de sa suite. Là, l'indépendance du Congo avec les discours de Lumumba. Une petite halte à la célèbre « Mort Subite », dont il nous révèle l'origine du nom. Céline entraîne Valentin au spectacle. C'est « Pauvre B... » adapté du texte baudelairien par Patrick Roegiers et joué par un « Idwig Stéphane plus Baudelaire que le poète lui-même. » Pour éblouir sa compagne, Valentin se documente sur l'auteur et son calamiteux séjour dans notre pays qu'il prendra en grippe. A mesure que Valentin fait profiter Céline de son érudition toute neuve, le lecteur peut s'instruire en même temps qu'elle. Plus loin, il raconte la mort tragique du Général Boulanger sur la tombe de sa maîtresse, Madame Bonnemain, au cimetière d'Ixelles. Comme j'adore les cimetières, j'ai visité celui-ci et j'ai vu cette émouvante sépulture.
Valentin éprouve un grand amour pour « Le fabuleux voyage de Nils Holgersson à travers la Suède », tout comme moi. Il se rappelle l'heureux temps où les alentours de la Gare du Midi étaient embaumés par les arômes du chocolat Côte d'or. Je m'en souviens aussi avec gourmandise. Valentin ressent un immense chagrin lorsqu'il est obligé d'anéantir son beau chemin de fer électrique, orné de toute sorte de monuments connus. Cela me brise le coeur. Je suis brutalement projetée dans notre maison d'enfance, que nous avons dû vendre après le décès de nos parents. C'est en pleurant à chaudes larmes que je dois détruire le circuit construit avec amour par papa et dans lequel il avait reproduit notre maison et celle de nos grands-parents, l'Atomium et le crématorium d'Uccle, Bokrijk et la Belgique Joyeuse. Valentin ramasse, pour sa collection, des tickets en carton lilas, tout semblables à ceux que nous utilisions dans notre jeunesse. Il évoque Stephenson, « La Flèche » et « l'Éléphant » (des locomotives prestigieuses) dont papa nous parlait avec tant de passion en nous faisant visiter le musée du train à la Gare du Nord.
Ce livre a donc tout pour que je l'adore. Mais, malheureusement, ce ne fut pas le cas. Il m'a paru confus et désordonné. Je n'arrivais pas à me situer dans la chronologie. Quand l'auteur cite le discours de Lumumba sur trois pages interminables, j'ai l'impression de périr d'ennui...
J'ai donc été déçue.
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ASDESAS
  19 octobre 2016
A l'occasion de ma deuxième participation à l'opération Masse Critique je reçois à nouveau un livre qui me correspond pour plusieurs raisons. Plutôt que d'encenser l'auteur pour son écriture qui est il est vrai incite à poursuivre la lecture je vais vous décrire quelques points pour lesquels j'y ai pris plaisir par rapport à mes souvenirs et à mon présent. Mes parents ne possédaient pas d'automobile donct nous voyagions souvent en train. Au moment des vacances nous parcourions la Belgique ( oui je suis belge comme l'auteur ) avec un billet appelé de 5 jours ou mieux encore de 10 jours tant pour découvrir des villes mais aussi des coins de campagnes où à l'époque les trains étaient présents. Quand nous revenions à la gare de départ j'étais toujours un peu tristounette de devoir rendre mon "coupon mauve" au préposé qui à mes yeux d'enfant n'était là que pour cela ( en fait c'était peut être vrai .... ).
Les parents de mon mari ne possédaient pas non plus de voiture et le train faisait également partie de son environnement et comme garçon , le train miniature était son jouet de prédilection.
Pour notre voyage de noces nous avons été en Autriche en Wagons-Lits - puis plusieurs années nous avons visité divers coins de France mais pour y arriver nous empruntions les trains appelés " auto-couchettes " qui transportaient les voitures jusqu'aux destinations touristiques - nous avons eu aussi notre période " Sport d'hiver " et au départ de notre petite ville proche de la frontière allemande nous prenions un train le vendredi soir qui traversait l'Allemagne et l'Autriche et le samedi vers midi nous étions en Italie dans les Dolomites où nous n'avions plus qu'à chausser les skis - puis nous avons parcouru les magnifiques paysages suisses au moyen de trains de montagnes tout aussi magnifiques -
Je reviens à présent au mot " jouet" - mon mari fait partie d'un club de trains miniatures ( il en est même le président ) qui compte plus de 100 membres - ces grands enfants ( je n'ose vous dire la moyenne d'âge ) se réunissent plusieurs fois par semaine pour rouler, discuter, décorer, échanger , etc.
Je termine ces mots en citant quelques termes du livre qui m'ont évoqué des endroits et des souvenirs :
*Gare du Midi*Côte d'Or*Chokotoff*Mignonnettes*Callebaut*La Foire du Midi*Gare Centrale*Jonction Nord-Midi*L'Innovation*Zappy Max*La Libre Belgique*Le Peuple*Le Soir*Musée du Cinquantenaire*Place de Brouckère*Atomium*Baudouin et Fabiola*Palais de Laeken*Aix-la Chapelle*Georges Nagelmackers*Pullmann*Compagnie des Wagons Lits*La Belgique Joyeuse*Expo 58*Musique des Guides*Spoutnik au Palais de l'Union Soviétique*Président Coty*Gaston de Gerlache*Jacky Brichant*Jacques Anquetil*E Pericoloso Sporgesi*Président Kasa Vubu*Lumumba*A la Mort Subite*rue Montagne aux Herbes Potagères*
Et comme l'écrit l'auteur Toucoutou, Toucoutou.
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AlouquaLecture
  26 septembre 2016
La vie de Valentin, c'est la gare, les allers et retours des trains, ceux des touristes et navetteurs.
Lorsque quelque chose a le malheur de changer, cela perturbe le quotidien de Valentin. Une grève et c'est le grand boum, le grand malheur.
Déjà dans son enfance, les trains tenaient une grande place dans sa vie, une place de choix. Son circuit il en prenait soin, cela lui permettait une évasion totale. Alors imaginez sa détresse lorsque ses parents se séparent et qu'il n'a pas assez de place dans sa chambre pour le remonter, que celui-ci se retrouve remisé dans des caisses à bananes à la cave.
Tout comme lors de ma précédente lecture de l'auteur, je suis admirative de son style, il n'y a pas à dire, mon petit pays a quelques jolis talents en son sein.
Le style de Michel se montre très juste, simple, parfois poétique, parfois piquant. Lorsqu'il nous conte une histoire, vous avez l'impression de voir le déroulement devant vous, que vous êtes le personnage principal et que c'est vous qui vivez cette histoire et non une autre personne.
Un auteur qu'il ne faut pas hésiter à découvrir.
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Citations et extraits (12) Voir plus Ajouter une citation
Louis_LUCASLouis_LUCAS   14 octobre 2016
Les yeux mi-clos, à l'Hôtel de France, il se souvient d'elle en même temps qu'il la déshabille. Son tourment paradoxal, le souvenir et le récit du vécu avant la jouissance au présent, comme un liminaire au plaisir d'être... Cette Céline-là ne sortira pas de son calepin secret. Chaque vêtement posé trace un chemin de soie froissée. La voilà nue, émulsive, prodigue de fragrances, florale, aromatique, boisée, orientale, chyprée ; chair de poule aux bras, aux hanches, aux fesses, odorante et vulnérable ; et lui, s'ouvrant peu à peu au secret, qui s'invite sous les lignes duvetées du ventre ourlé de spasmes, de lentes ondulations... Convoi de chair qui s'ébroue, nuit de gare et nuit du Nord saturées de coulées douces, d'abandons, de fragilités... Passage de trains de nuit, du bout des doigts poissés l'écartement d'un rideau gris saisi par la première ligne rose du jour.
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ClaireGClaireG   01 octobre 2016
L'assureur s'était souvent demandé si sa gestion des sinistres n'avait pas été inspirée par les crashs perpétuels de sa famille. Bête, cruelle et teigneuse comme une oie !

p. 63
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Louis_LUCASLouis_LUCAS   14 octobre 2016
Divers quotidiens d'information occupent les bâtiments d'en face. A chaque partie, la coutume veut que le perdant (à moins que ce ne soit un journaliste requis par la rédaction) devienne "le mort" ; et lorsque les points s'équilibrent, les joueurs procèdent à une "der des der" en lançant les dés d'un coup sec. Cette procédure porte le nom de "mort subite". En 1928, Théophile Vossen décide de rebaptiser ainsi la brasserie.
A la mort subite porte bien son nom puisque, durant nombre d'années, l'établissement jouxtera les Pompes Funèbres Melchior. Le dernier moment où l'ont peut fixer les traits du défunt ne s'appelle-t-il pas "mise en bière" ? De là à en boire une ultime en sa mémoire, il n'y a qu'un pas : celui qui sépare l'officine mortuaire du café où l'on va se consoler.
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Louis_LUCASLouis_LUCAS   14 octobre 2016
Ce premier train, il ne l'a jamais oublié ! Ou du moins, il s'est convaincu de ne l'avoir jamais oublié ; sans doute s'est-il ancré dans sa mémoire à force de se l'entendre raconter et de regarder les photographies. Elles sont en gris ou en sépia, bien sûr, mais l'imagination supplée.
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Louis_LUCASLouis_LUCAS   12 octobre 2016
Fouillant ses poches en quête d'une cigarette, Valentin se souvient qu'il a cessé de fumer. Gamin, c'étaient des plaquettes de chocolat qu'il y laissait mariner. Il revenait de l'école, le pantalon tâché, le voluptueux produit fondu...
"Ah ! Le petit dégueulasse ! criait son père. "Viens donc te changer ! " lui soufflait sa mère.
Ainsi, les voluptés olfactives du quartier du Midi se sont évanouies, ne laissant à leur place que l'âcre haleine des gaz d'échappement. Mauvais sort jeté aux caresses naturelles du plaisir : vin, tabac, chocolat...
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