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ISBN : 2702442587
Éditeur : Le Masque (06/01/2016)

Note moyenne : 3.97/5 (sur 66 notes)
Résumé :
Aux confins du Grand Nord, dans un paysage de glace et de neige, une bourgade survit autour de l’activité du Terminus : hôtel, bar et bordel. Nul ne sait à qui appartiennent les lieux mais ici se réfugie la lie de l’humanité et ici s’épanouissent les plus bas instincts.

Dans ce milieu hostile, Nats fait son boulot avec application, jusqu’au jour où débarque un homme au visage familier, et avec lui, une flopée de mauvais souvenirs. Dès lors, tandis que... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (40) Voir plus Ajouter une critique
Crossroads
  31 juillet 2016
Tu es en délicatesse avec la maréchaussée ?
Tu cherches un coin où te faire oublier ?
J'ai !
Me demande pas le nom du bled, je tiens à ma peau.
Tout ce que je sais, c'est qu'il te faudra arpenter le Nord pour y chercher une petite bourgade vivotant exclusivement de son petit hôtel miteux, le bien nommé Terminus !
Ensuite, c'est open-bar, H24.
Alcool, sexe et baston, dans l'ordre qu'il te siéra.
Ton paradis perdu, en somme.
Tu y découvriras de la vermine de la pire espèce, de la crapule de compétition. Tes semblables.
L'un dénotera rapidement.
Il s'appelle Nats et fait office de garde-putes.
Mais tout comme Ginette de la caisse 62 du Groprix du coin, il compte pas faire ça toute se vie.
Non. Lui, ce qui le fait avancer, c'est la vengeance.
Et dire que c'est son tout premier roman.
Un ban pour Stéphane JOLIBERT siou'plaît !
Un monde rustre, à l'ultraviolence routinière, n'édictant qu'une seule règle : on ne touche pas aux putes !
Pour le reste...
Fascinant de découvrir, à coups de petites touches parfaitement dosées, et cet univers de désolation et le passé de notre vengeur masqué obsédé par la vendetta. Et accessoirement par la jolie Sarah. Y a pire comme voie de rédemption.
Un milieu crépusculaire, taiseux, froid comme le climat qui y sévit, hanté par des bipèdes aux crocs acérés.
Dans un tel microcosme, difficile de ne pas croiser moult individus aux us et coutumes particulièrement retors.
Mention spéciale à Twigs le levrette et sa propension à se faire...
Chacun y accolera le verbe adéquat, c'est à la guise de l'imaginaire.
Un monde au bord du chaos, certes, mais non exempt d'une certaine beauté.
Une nature à la fois hostile et fascinante, véritable personnage à part entière de ce roman, magnifiée par la plume incantatoire d'un auteur avide d'immensité sauvage.
Infime bémol concernant le mystérieux personnage craint comme le loup blanc et régnant sur ce monde névrotique comme Dieu le père. La révélation est à l'aune d'un pepsipschitt orange éventé depuis des mois, sans véritable piquant.
Dedans Ce Sont Des Loups ou le récit d'un monde en déliquescence, vous devriez y mordre à pleines dents !
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le_Bison
  04 mars 2016
Le silence lourd qui m'enveloppe. La neige qui craque à chacun de mes pas. La nuit tombe, je me réfugie au Terminus, un trois-en-un ce BHB, à savoir, Bar-Hôtel-Bordel. le lieu-dit des rendez-vous pour mâles solitaires. La meute s'y réfugie, pour boire pour baiser ou pour déblatérer du passé. Des gueules cassées, j'en croise, des cicatrices qui marquent le parcours humains dans cette zone froide et animale, presqu'au bout du monde, dans le Grand Nord canadien. Tabarnak, il floconne en plus. Il y a le tenancier, un irlandais qui ne se sépare jamais de sa carabine, un certain Twigs la Levrette, en référence à sa position préférée lorsqu'il va aux putes – et je te laisse deviner qui se met devant et derrière, et Nats, en référence à Natsume ce grand écrivain japonais qui fait office de garde-putes.
Derrière ce silence se cache les blessures des uns, et la violence des autres. A l'extérieur, ils peuvent paraître doux, comme des agneaux blancs qu'un berger à oublier de rentrer à la tombée de l'hiver. Mais à l'intérieur, ce sont des loups, une meute enragée, sans foi ni loi. Et gare si un chien se mêle aux loups. L'affrontement inévitable, les paris sont ouverts. Alors, quand Sean devient le nouveau garde-putes du Terminus, tu sens que le combat sera sanguinaire. Il ne doit en rester qu'un. Lequel ?
Avec ce silence, je découvre le comportement des loups qu'une musique classique embellirait la plaine enneigée de toute cette sauvagerie. Et surtout, je lis le premier roman de Stéphane Jolibert, un bon coup littéraire, une construction qui demande un peu d'attention avant de creuser un trou sous la glace et de plonger le corps nu pour se rafraichir les idées et se détendre de l'atmosphère étouffante du Terminus. Il y a 90 % de chance que l'affrontement achève la vie de l'un ou de l'autre, les 10 % restant servent à déterminer le facteur « quand ». Et puis j'y croise de sacrés personnages, ce vieux Tom ou cet excentrique Twigs, des gueules que je verrais très bien sortir tout droit du casting d'un film des frères Coën, dans le genre Règlement de Compte à Fargo.
Je ne peux qu'aimer ce genre de roman, le froid, la violence, les putes, tout le monde à sa place dans cet univers du Grand Nord. Et je n'oublie pas la distillation de ce tord-boyaux qui s'il ne rend pas fou les honnêtes hommes, c'est parce que là-bas, il n'y a pas d'honnête homme. Juste des loups et des chiens.
Lien : http://leranchsansnom.free.f..
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kuroineko
  08 janvier 2019
Dedans ce sont des loups est déjà captivant rien que par la syntaxe du titre. le résumé promet un grand nord désolé recouvert de neige; il ne ment pas. Voici un roman noir en blanc.
Le Terminus est un établissement qui fait à la fois bar-hôtel-bordel. Il a également fini par donné son nom à la bourgade en fin de ligne de car, l'originel s'étant perdu dans les bourrasques enneigées qui soufflent dix mois sur douze. Une chose est sûre, mieux vaut avoir le cuir épais et le caractère bien trempé pour (sur)vivre dans ce coin paumé. Y résident ceux qui y sont nés et ceux qui fuient la loi par-delà la frontière et les étendues glacées. Bar, magasins, garage, entreprises de bûcheronnage, tout est administré par un contremaître aux ordres d'un mystérieux patron qui ne communique que par un téléphone réservé, dans une pièce du Terminus. Et gare à celui qui ne respecte pas les règles implicites de la meute. Les punitions sont pour le moins expéditives.
Stéphane Jolibert signe un roman âpre, dur et violent comme le climat de ces contrées dignes d'un écrit de Jack London. Loups y compris. Les personnages sont rudes et dangereux pour la plupart, bas de plafond et plus chargés en testostérone qu'en neurones. Et la gnôle maison vendue et engloutie au bar n'arrange rien à leur intellect.
Certains sortent du lot, comme Tom, un vieil homme amputé des deux jambes suite à un accident mais dont la ténacité et la sagesse taiseuse forcent l'admiration. Sa nièce, la flamboyante Sarah qui a oublié son enfance. Nats arrivé quelques temps plus tôt dans ce pays et qui y trouve ses marques et de quoi venger son passé.
Peu de mots pour les hommes, beaucoup plus pour la nature, un personnage à part entière - la neige surtout. Des tournures de phrases souvent singulières, elliptiques. Voilà qui caractérise l'écriture de Stéphane Jolibert. Son récit prend aux tripes et ne relâche sa prise qu'à la toute fin. de quoi méditer sur les loups, les chiens, les hommes et leurs relations. A lire sans hésiter, en tout cas.
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belette2911
  17 mars 2016
La neige éclatante à perte de vue et pourtant, ce roman est sombre comme les hommes qui l'habitent…
Mais malgré toute cette noirceur, il y a tout de même quelques lueurs d'espoir au fond de ce trou à rat qu'est le Terminus.
Nous sommes à la Frontière, celle du Grand Nord, dans une zone à l'écart de tout, une zone sans droit, sans autres règles que celle du Grand Patron, l'homme qui gère tout, caché dans l'ombre.
Ensuite, il faudra respecter les règles du contremaître, du garde-putes, de l'Irlandais, tenancier du bar Terminus et du Vieux Tom, le bootlegger qui rempli leurs cuves d'alcool distillé par lui-même.
Dedans, ce sont des loups et les chiens ne sont pas tolérés dans cette zone où fraye toute la lie de la société.
Ici, c'est une meute de loups et si l'Homme est un loup pour l'Homme, il en est un aussi pour le véritable "canis lupus" qui courrait, libre, dans ces bois, avant de se faire exterminer par l'Homme.
Le Terminus, c'est un peu comme à la Légion Étrangère : on ne te demande pas qui tu es en vérité et ce que tu fuis. Pour la plupart, c'est la police.
Les personnages qui hantent ces pages ont tout été amochés par la vie et trainent un passé plus lourd qu'un boulet qu'ils tentent de noyer dans l'alcool ou entre les jambes des 12 prostituées qui opèrent au Terminus.
Le récit est cohérent, empreint d'une grande profondeur, humain, malgré la violence qui règne dans cette zone oubliée de tous.
La misère, ça pousse n'importe quel gentil à devenir teigneux.
De plus, j'ai aimé le mélange entre les récits au passé et ceux au présent. le passé nous éclairant un peu sur la personnalité des protagonistes qui évoluent dans les pages du roman.
L'histoire est comme un moteur qui ronronne et t'entraine toujours plus loin, toujours plus bas, ou toujours plus haut, c'est comme le lecteur le ressentira. Soit il raclera le fonds avec la lie tel Sean, soit il s'élèvera avec Nats et Sarah.
Quant à la plume, elle est sans concessions, créant des personnages ni tout bon, ni tout mauvais, chacun ayant l'une ou l'autre chose à cacher et cela nous sera divulgué au fil des pages que l'on tournera avec frénésie.
C'est tellement bien décrit que tu vois les lieux lors de ta lecture, tu sens la neige froide et humide qui s'immisce dans tes os et les balles te transperceront le corps.
On pourrait dire que le roman regroupe des tranches de vie miséreuse de personnes qui en ont bavé dans leur vie, qui en ont reçu plein la gueule pour pas un balle, des gueules cassées, des blessés de la vie. Mais ce serait oublier la profondeur du récit car ce roman, c'est bien plus que ça.
C'est un récit qui vit et qui continue de tourner dans ta tête, même une fois le roman refermé.
Un récit âpre, froid, maîtrisé, cohérent, brut de décoffrage, violent – mais pas de la gratuite – sombre, mais avec une lumière qui brille dans le fond.
Bref, encore un putain de roman noir qui te pète à la gueule, qui te traine dans un bar mal famé et où tu hurles à la lune "Encore" tant le style est d'enfer.

Lien : https://thecanniballecteur.w..
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Jazzynewyork
  07 février 2016
Étes-vous prêt pour un voyage en enfer en compagnie de loups féroces ,quelque part au nord ,où régne un froid glacial ?
Alors bienvenue au Terminus,cet Hôtel/Bar/Bordel,ce repère de brigands en exil,affamés d'alcool et de sexe ;
Nats,y débarque avec ses secrets comme chacun,et devient garde-putes ;
Dans le passé Nats fût maltraité par un inconnu alors qu'il était à la recherche de sa mère ...Entrainant une blessure aux cicatrices éternelles.Meurtri à jamais il n'aura de cesse de retrouver cet homme .
Un doute s'installe à l'arrivée de Sean son remplaçant ,et sa quête de vérité et de vengeance se poursuit .
On y croise de sacré phénoméne ,comme Twigs la levrette,garagiste et fossoyeur quand il faut .
Tom et son alambic ,Sarah une rousse incendiaire("elle ajouta un sourire à corrompre une douzaine de paradis ,leurs anges respectifs et leurs clients"),des loups ,des chiens ,parfois humain ,parfois animal.
Une ambiance noire,glaciale ,teintée parfois d'humour et d'amour ,où le mal régne en maitre ,mais comme dans chaque meute ,l'alpha veille et écarte les brebis galeuse .
"La seule façon d'aider son prochain était lui permettre d'entreprendre,non de lui offrir sa pitance "
Un premier roman d'une grande maîtrise, une construction parfaite,un style d'enfer,tous les ingrédients réunis pour une réussite totale.
Un énorme coup de coeur pour ces loups diablement attachants ,à découvrir d'urgence
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Citations et extraits (54) Voir plus Ajouter une citation
le_Bisonle_Bison   02 mars 2016
Alors il ravitaillait le vieil homme, lui faisait quelque fois la cuisine et partageait son repas en discutant d’un temps où les motoneiges n’étaient pas encore, et de toutes chose passées et désormais révolues. Un temps où les loups peuplaient la plaine en maîtres absolus. Il y avait alors trois meutes d’une quinzaine d’individus, jamais plus, mais jamais moins. Elles se partageaient un territoire gigantesque, jusqu’à ce que les hommes décident d’en faire des manteaux, laissant sur la neige rouge de sang les carcasses dépecées. Jusqu’à ce qu’il n’en reste plus un seul et qu’ils découvrent dans le synthétique des vertus jusque-là insoupçonnées. Dégustant sa gnôle, le vieux Tom racontait ce temps-là, et dans les yeux il y avait comme la lueur d’un regret.
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le_Bisonle_Bison   11 février 2016
Il ne serait venu à l’idée de personne de braquer le percepteur. Ce que le contremaître pouvait développer comme imagination pour punir un imprudent n’était rien en comparaison de celle du grand patron.
On racontait qu’un fou s’y était essayé. Quelques jours plus tard, à l’aube, sur une estrade élevée toute exprès pour ça, devant le Terminus, les bûcherons avaient découvert à leur réveil un homme en cage. A côté de lui, son larcin reposait dans un sac ; plus loin gisait le bras qui lui manquait désormais au corps. Face à lui, un loup adulte montrait les crocs. L’imprudent ne saignait pas, il avait été suturé, soigné à la suite de son amputation. Aussi, il assista, impuissant, au festin de sa propre chair, et bientôt, le loup eut de nouveau faim.
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le_Bisonle_Bison   01 mars 2016
Il écouta le silence un moment, puis il écrasa sa cigarette contre le poteau, rangea son mégot dans sa poche et fouilla une autre poche pour y trouver une flasque. Il avala trois rasades d’une gnôle distillée par le vieux Tom, un tord-boyaux de première catégorie, pile le genre de boissons qui vous réchauffe illico en balayant au passage quelques neurones inutiles.
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RevesetimaginesRevesetimagines   19 février 2016
D’aucuns, disaient connaître celui qui nommait le contremaître, le patron, le grand patron, mais en vérité ces affirmations tenaient davantage d’allégations d’ivrognes et elles ne s’appuyaient sur aucune réalité tangible.
Cependant, ce que tous savaient était que le contremaître recevait ses ordres par un seul canal : le téléphone. Ainsi, le Terminus possédait deux appareils de ce type, l’un placé derrière le comptoir, que le personnel avait à disposition pour passer commande, appeler une famille lorsqu’il en avait encore une, et un autre se trouvant dans la salle attenante. Ce dernier était accroché au mur, sonnait rarement et seulement en trois occasions. La première pour ordonner une extradition ou une mise à mort. La deuxième pour signaler la cessation d’activité de l’une des filles et l’arrivée de sa remplaçante. Et la troisième pour prévenir que le percepteur allait passer tel jour, telle heure. Dans ce dernier cas, un homme encostumé de gris se pointait, jamais le même, au jour et à l’heure dite. Il vérifiait les comptes en compagnie du contremaître et, après avoir prélevé sa part, il entassait les bénéfices dans deux cantines que le personnel chargeait, sanglait sur le plateau d’un pick-up, qui reprenait la route en direction de la ville.
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le_Bisonle_Bison   01 juin 2016
Au sortir de sa léthargie comateuse, il était roulé en boule, sa chair était au supplice. Une odeur saturait la cave de sa pestilence, mélange de vomi et d’urine, elle s’unissait désormais à celle de la moisissure.
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