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EAN : 9782848054568
200 pages
Sabine Wespieser (25/08/2022)
4.3/5   158 notes
Résumé :
Dans ce village haut perché des montagnes valaisannes, tout se sait, et personne ne dit rien. Jeanne, la narratrice, y grandit en apprenant à éviter les accès de violence de son père, à les anticiper. Si sa mère et sa soeur se résignent à la déferlante des mots orduriers, aux coups, aux retours avinés, préludes à de nouvelles scènes, Jeanne, malgré la peur permanente, lui tient tête. Jusqu'au jour où, pour une réponse péremptoire prononcée avec toute l'assurance de ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (47) Voir plus Ajouter une critique
4,3

sur 158 notes
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Pancrace
  24 septembre 2022
Tendu, de la première à la dernière page.
Battues dès les premières lignes. Jeanne, Claire sa mère, Emma sa soeur.
Tout au long du roman je suis resté en première ligne. En apnée. Émotion sur émotion.
Ce roman est un cri, un hurlement. Urgent.
Presque un témoignage, une déposition de manque d'affection sans guérison.
Je lis l'intimité de la cruauté paternelle. Un chapitre, une claque.
Les mêmes séismes après chaque point, comme des répliques de tremblements de terre.
Des tremblements à taire. Ne rien dire. Secousses de lâches.
Jeanne, sa vie, enfouie. « Je découvre ce que mes parents auraient dû me donner : une identité.
La mienne, je l'ai créée, pleine de haine et de pourriture. »
L'auteure m'entraine dans les violences du Valais par une tragédie qui me fait suffoquer.
Je ne suis pas préparé à affronter la brutalité dans ce canton Suisse de toute beauté que j'affectionne pour assidument le fréquenter où règne pour moi une enveloppante quiétude et où il fait si bon respirer et profiter d'un climat généreux et d'un environnement admirable.
« Parce que je ne vis plus là, parce que j'ai renié ma famille et mon passé, je peux, enfin, inventer mes origines et peut-être aimer ces attaches que j'avais laminées avec hargne et colère. »
Le lac Léman récure. Y nager chaque jour l'été est un cadeau du ciel.
Jeanne crawle avec ses sentiments : La duplicité, la loyauté, la culpabilité, l'humilité, la haine.
« Je suis la fille vide qui regarde son père mourir. » Je conçois tellement.
Ne pas pouvoir rendre l'amour que l'on n'a pas reçu.
Ne pas savoir échanger le malheur contre le bonheur.
Avoir trop peur de se réfugier ailleurs que dans sa jeunesse pourrie.
A lire, vite.
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Croquignolle
  11 septembre 2022
De ma terrasse où je viens de passer un après-midi bouleversant au soleil à la lecture de Sa préférée, je lève les yeux sur Vercorin et son tour du mont, à la recherche d'une sérénité perdue l'espace d'une lecture.
Vercorin.... Son calme, ses couleurs, sa beauté, ses habitants, son Margueron et son téléphérique, son église et ses mazots.
Vercorin... Ses parapentes colorés qui titillent ma soif de liberté chaque matin et en toute saison.
Vercorin... Havre de paix dans lequel Jeanne, la narratrice, puise quelques forces pour tenter de trouver l'équilibre qui lui a toujours fait défaut.
Vercorin... comme Valais, personnage principal de ce premier roman, son caractère rude, franc, vrai, tortueux et tellement ancré dans sa terre, dans son terroir.
L'histoire principale ne se passe pas dans cette vallée d'Anniviers. Elle habite la vallée d'à côté. Les rencontres y sont pourtant les mêmes. Les familles cabossées hantent les mêmes lieux. Les ragots se murmurent au détour des sorties de messes. Les secrets se terrent. Et le silence règne. Terrible. Terrifiant.
Les appels au secours d'une enfant ne sont pas suffisamment dérangeants pour que les adultes osent sortir de leur petite vie tranquille ou misérable, épanouie ou hypocrite.
Un enfant, ça se tait. Ça ne sait pas. Ça ne doit pas faire trembler les adultes.
Du moins, c'était avant !
Car aujourd'hui le Valais a changé. Ou la société. Ou les deux. le silence a été rompu. L'heure est à l'entraide, à la dénonciation, à la solidarité ou à l'accusation. du moins, c'est ce que je veux bien croire.
Le silence pourtant est bien là, au plus profond de mon âme, au moment de refermer ce coup de poing littéraire qui m'a chahutée, secouée, terrassée.
Je n'ai absolument pas réussi à prendre de la distance avec cette histoire dramatique, ses personnages si singuliers et pourtant si universels. J'ai plongé au coeur de l'horreur me projetant des dizaines d'années en arrière. Et si, en tant qu'amie, qu'écolière, que co-équipière je n'avais pas su voir des appels au secours ? Et si j'avais ouvert plus grand mes oreilles aux murmures feutrés des confidences ? Et si j'avais accepté d'être dérangée dans ma petite vie bien tranquille ?
Comme Sarah Jollien-Fardel, je suis Valaisanne, fière de mes racines et terriblement consciente des secrets hantant les fonds de vallée.
"On l'envoyait à l'alpage. Mais on savait exactement ce qu'il se passait là-haut avec le berger. Personne ne disait rien. C'était comme ça." m'avait confié un collègue un jour autour d'un café. Et moi d'oublier de déglutir.
Sa préférée ne laissera personne indifférent.
L'écriture percutante de l'auteure, sa volonté de percer les mystères, de décrire l'innommable, de relier les décennies, de secouer les bonnes consciences nous emmènent loin au pays des émotions, des bouleversements, des remises en question, des doutes et des silences.
Ajoutez à cela son amour pour une terre, pour son Valais natal, et vous aurez, je l'espère, le Prix Goncourt 2022.
C'est tout ce que je souhaite à cette auteure si talentueuse.
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gonewiththegreen
  27 septembre 2022
Dans le Valais, un homme martyrise ses femmes . Il bat son épouse, humilie ses filles , les bat aussi un peu et plus si affinité. Un connard, un vrai, de ceux qui ont la bourse et avilisse .
Pas facile alors de se projeter et de se construire dans la vie adulte , une fois l'envol réalisé. Jeanne et Emma vont pourtant s'y essayer.
Je rejoins les quelques critiques lues. Un livre coup de poing, très bien écrit avec un magnifique portrait de femme cabossée, se cherchant après une enfance des plus éprouvante.
On ne tergiverse pas dans ce roman , on raconte l'essentiel tout en cisaillant parfaitement quelques portraits qui marquent indubitablement le lecteur. Jeanne bien entendu, mais Emma que l'on connait en quatre pages , Claire la maman, Paul, Marine, Charlotte , Simon...
Pour le père, il boit, il tape , ça suffit , il est cerné;
C'est noir , parfois gris , presque gris clair, on aimerait blanc même un peu sale mais non.
L'eau , les montagnes , la vallée apaisent pourtant. C'est aussi un livre sur ses racines et l'attirance qu'elles exercent à tout âge. On n'est pas d'un pays mais on est d'une ville chantait Bernard Lavilliers. Il a bien raison.
Un livre aussi magnifique que dérangeant.
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alexb27
  08 septembre 2022
«…je vivais sur mes gardes, je n'étais jamais tranquille, j'avais la trouille collée au corps en permanence. Je voyais la faiblesse de ma mère, la stupidité et la cruauté de mon père. Je voyais l'innocence de ma soeur aînée. Je voyais tout. Et je savais que je n'étais pas de la même trempe qu'eux. Ma faiblesse à moi, c'était l'orgueil. Un orgueil qui m'a tenue vaillante et debout. Il m'a perdue aussi. J'étais une enfant. Je comprenais sans savoir. »
Difficile de sortir indemne de la lecture de ce premier roman qui narre la violence d'un père et la culpabilité d'une fille, incapable de s'aimer et d'accepter d'être aimée. Colère, tristesse, dégoût sont le quotidien de Jeanne, après une enfance rythmée par les coups et les mots orduriers. Les phrases se font puissantes pour raconter l'empêchement d'être heureux, la difficulté à se construire
Un récit bouleversant. A ne pas manquer.
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thedoc
  14 septembre 2022
Dans les années 1970, la narratrice, Jeanne, vit avec ses parents et sa soeur aînée Emma en Suisse, dans une région montagneuse et montagnarde, le comté du Valais, à 100 kilomètres de Lausanne. Elle grandit dans un foyer plein de violence où le père, chauffeur routier régulièrement saoul, frappe et humilie sa femme et sa fille aînée quotidiennement. Jeanne, une fois, subit le déchaînement de violence de son père et s'aperçoit que dans son village, rien n'y personne ne viendra à leur aide. Elle grandira marquée par cette maltraitance et tentera de fuir son histoire en quittant sa région natale.
Désespérant. C'est le mot qui me vient en refermant ce livre. Mais pas désespérant au sens négatif, loin de là. Plutôt littéral. C'est un livre où l'espoir n'a pas sa place malgré quelques rais de lumière, qui fusent par ci, par là. L'histoire de Jeanne, c'est une histoire universelle. Celle de la violence qui s'abat le plus souvent dans l'indifférence et le silence de ceux qui savent : conjugale, domestique, psychologique.C'est l'histoire des femmes d'une époque et d'un lieu particulier, où la soumission est de mise C'est aussi l'histoire d'une région. le Valais, c'est un comté de montagnards, de taiseux. Rustique pour les mauvaises langues, où le cloisonnement empêche toute rêverie et toute émancipation, toute modernité ; authentique pour ceux qui savent y retrouver leurs racines, une région sauvage et belle.
Le récit que nous fait Sarah Jollien-Fardel est bouleversant, percutant, âpre . Thèmes du poids familial, des racines vers lesquelles on revient toujours, de la honte, de la culpabilité, de la violence, tous ont été maintes fois traités. Mais le talent de l'auteure suisse qui signe ici son premier roman réside dans le fait que dès la première phrase , elle nous prend par la main et ne la lâche plus. A travers un style fluide et direct, sans ambages inutiles ; à travers des mots et des phrases que l'on sent polis à l'infini, on enfile les pages les unes après les autres. Et derrière la dureté de Jeanne ou l'horreur des scènes de violence s'immiscent parfois quelques signes de tendresse et peut-être d'espoir. Jeanne tend vers eux, elle essaie de trouver où elle le peut ce qui la lavera de toute cette souillure. Mais il est des fardeaux parfois trop lourds à porter, des questions qui demeureront éternellement sans réponse et « Sa préférée » n'est pas un conte de fées. Même si l'ogre, ici, existe bel et bien.
Personnages marquants, analyse psychologique très fine, récit d'une géographie sociale, "Sa préférée" offre un moment de lecture difficile à oublier.
Coup de coeur.
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critiques presse (6)
Elle   03 octobre 2022
Un scénario rocambolesque pour cette quinquagénaire à la voix juvénile, devenue journaliste sur le tard, après avoir été repérée sur son blog mode.
Lire la critique sur le site : Elle
LePoint   16 septembre 2022
Sarah Jollien-Fardel, qui remporte le prix du Roman Fnac, dont « Le Point » est partenaire, met en scène une narratrice à l’enfance détruite.
Lire la critique sur le site : LePoint
LaCroix   09 septembre 2022
Un récit à la fois glaçant et lumineux sur l’impossibilité de vivre sous la coupe d’un père hideux, qui a été récompensé par le prix du roman Fnac le 8 septembre.
Lire la critique sur le site : LaCroix
LeFigaro   08 septembre 2022
Respectant les codes de la narration fictive, l’écrivaine s’est attachée à faire vivre une suite de personnages bons et mauvais, heureux et malheureux.
Lire la critique sur le site : LeFigaro
LeMonde   08 septembre 2022
Un homme violent fait de la vie de son épouse et de ses filles un enfer. « Sa préférée », de Sarah Jollien-Fardel, premier roman remarquable.
Lire la critique sur le site : LeMonde
LePoint   08 septembre 2022
Son remarquable premier roman, « Sa préférée », met en scène une narratrice hantée par son enfance détruite. Une œuvre brusque, déchirante.
Lire la critique sur le site : LePoint
Citations et extraits (65) Voir plus Ajouter une citation
PancracePancrace   24 septembre 2022
Elle m'avait choisie pour fuir son milieu.Comme moi. A l'envers. Je me rends compte que, malgré le déni, malgré les singeries que nous nous imposions pour nous métamorphoser, l'empreinte des origines restait. On avait beau lutter, Charlotte dirait toujours "zut" et moi toujours "putain".
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nelly76nelly76   22 septembre 2022
À aucun moment,je ne l'ai touché. Enfin le départ.
Marine se penche pour embrasser ses joues.Je reste debout à ses pieds empantouflés.Il me regarde avec une tristesse terrible.Il sait que son heure point.Avec ses croyances,l'enfer l'attend.Ou alors,malin comme il est ,son repentir de chien battu,ses déclarations d'affection pour ma mère ne servent qu'à le laver de ses pêchers. Dieu pardonne .Pas moi.
《 Cia》 ,je dis.
Il l'attrape le poignet ,il m'importe du regard.Pitié!Pas ça. Il va chialer en plus ,il parle si péniblement, je suis exaspérée d'avance de sa probable litanie.
《 Je sais que tu me déteste. Mais moi je t'aime》-- une pause et puis : 《 Pardon》.
J'ai entendu le hoquet de Marine, derrière mon dos ,quiravalait des sanglots.Filmé ça aurait filé la chiale à n'importe qui.Je ne suis pas n'importe qui.Je suis la fille de ce monstre je suis la femme qui trompe ,je suis la femme qui a frappé, je suis la femme sèche de l'intérieur, je suis la femme aux entrailles pourries ,je suis la fille qui n'a sauvé ni sa mère ni sa soeur,je suis la fille vide qui regarde son pere6 mourir, je suis la femme qui n'écoute pas sa compagne lui dire :《 Fais la paix》.
Je suis la femme sans rémission.
Je l'ai regardé ,non pas regardé,toisé.Il y avait une pointe d'émotion et de peur dans mon ventre.Je l'ai regardé encore.
Je lui ai craché au visage.( Page 187).
+ Lire la suite
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nelly76nelly76   22 septembre 2022
J'observe à la dérobée la spécifiée Charlotte.Avec les années de recul ,je comprends ce qui ébahit les autres dans cette bulle hypocrite des apparats: son allure,ses grands airs,ses moues étudiées, sa façon de laisser penser à l'autre qu'il est unique.Encore plus maniérée que dans mon souvenir,le visage déjà marqué par les injections et la chirurgie,alors que nous étions loin des quarante ans.Trop de parfum,trop de grands gestes, trop de théâtre, trop de blablas.Elle méduse les hommes autour d'elle,rit trop fort à leurs blagues, complimente les femmes ,module ses phrases avec des intonations doucereuses.( Page 100).
+ Lire la suite
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nelly76nelly76   22 septembre 2022
Je prétexte un rendez-vous obligé avec ma tante pour qu'il parte tôt le lendemain.Nous nous sommes éternisés sous le noyer.《 Il y a des solutions ,tu sais.Oui,tu pourrais. 》
J'aspire son odeur familière, je frôle, du bout de l'index, le creux entre ses clavicule.Il embrasse mon front .Je laisse ma main sur son torse je sens les battements de son coeur.
Je range le vaisselle du petit déjeuner.
Je ne m'attardais pas devant la coulure de confiture sur la table.
Je fais ma dernière toilette avec lenteur.
J'enfile ma jupe bleu marine,la fameuse .
Ma préférée. (Page 200).
+ Lire la suite
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nelly76nelly76   21 septembre 2022
Tout à coup,il a un fusil dans les mains .La minute d'avant ,je le jure ,on mangeait des pommes de terre .Presque en silence.Ma soeur jacassait.Comme souvent. Mon père disait《 elle peut pas la boucler,cette gamine》Mais elle continuait ses habillages. Elle était naïve,joyeuse ,un peu sotte,drôle et gentille.Elle apprenait tout avec lenteur à l'école.Elle ne sentait pas lorsque le souffle de mon père changeait, quand son regard annonçait qu'on allait prendre une bonne volée. Elle parlait sans fin.Moi,je vivais sur mes gardes ,je n'étais jamais tranquille ,j'avais la trouille collée au corps en permanence.Je voyais la faiblesse de ma mère ,la stupidité et la cruauté de mon père. Je voyais tout.Et je savais que je n'étais pas de la même trempe qu'eux.Ma faiblesse à moi,c'était l'orgueil .Un orgueil qui m'a tenue vaillante et debout.Il m'a perdue aussi.J'étais une enfant .Je comprenais sans savoir.(Page 11).
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