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ISBN : 2081449269
Éditeur : Flammarion (09/01/2019)

Note moyenne : 3.89/5 (sur 74 notes)
Résumé :
Depuis quelques mois, la vie d'Alma se hérisse de piquants. Sa fille souffre d'un mal étrange et s'étiole de jour en jour. Tous les traitements échouent, et les médecins parlent de tumeur. Mais Alma n'y croit pas. Elle a l'intuition qu'un chardon pousse à l'intérieur de la poitrine de son enfant. On a beau lui dire, son mari le premier, que la vie n'est pas un roman de Boris Vian, Alma n'en démord pas.
À quelques heures d'une opération périlleuse, son intuit... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (46) Voir plus Ajouter une critique
Kittiwake
  30 janvier 2019
Si jour après jour Alma porte symboliquement des valises de plus en plus encombrantes, c'est que malgré les examens médicaux, le mal qui ronge Billie, reste un mystère. Alors , pour le dire avec des fleurs, Alma l'imagine bien, ce chardon qui se développe dans les poumons de sa fille.
Malgré l'infinie complicité qui les unit, l'angoisse gagne du terrain, tant la perte est possible. et rien ne peut venir à bout de ses pensées morbides , même pas son métier passionnant de bouquiniste. Lorsqu'elle accepte de se rendre en Bretagne pour rencontrer un bibliophile qui lui dit posséder un exemplaire de valeur, elle ne se doute pas de ce qui l'attend au bout du voyage.
L'histoire en elle même est émouvante, on se met à la place de cette mère dans le désarroi, avec un couple qui va mal et l'angoisse permanente pour la jeune fille. Mais surtout dès les premières lignes on est séduit par cette écriture si douce, si délicatement imagée, des phrases de dentelle. La moindre description , la moindre évocation des couleurs , des odeurs prend une allure de poème, alors que surgissent dans la prose raffinée des expressions qui nous font atterrir dans une temporalité bien actuelle. Ça donne des paragraphes étonnants comme celui-ci :
« Alma descend la rue sans vraiment la voir. Elle est encore éprise dans le filet du sommeil, il y a des images effilochées d'un rêve qui frétillent au fond, qu'elle voudrait attraper. Elle croise son voisin au pantalon bouffant, l'étincelle brève de son regard et de son sourire qui veut dire « va chier ».
Enfin, on aime la force du lien qui unit Alma et sa fille, lien qu'elle n'hésite pas à qualifier de fusionnel. Comment s'en sortiront-elles? C'est là le coeur du récit, qui peut aussi couper le souffle du lecteur.
Un premier roman très réussi.
Lien : https://kittylamouette.blogs..
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hcdahlem
  15 mars 2019
Voilà un premier roman riche de promesses. D'abord par son écriture, à la fois plein de poésie et pourtant sans fioritures, traitant d'un drame avec une distance, presque une légèreté qui rendent la lecture très agréable. Ensuite par le sujet abordé, la maladie grave de l'enfant. Tous les parents confrontés à ce problème, et même s'il est plus bénin que dans le roman, savent combien les émotions sont fortes et la souffrance intense face cet événement totalement contraire à «l'ordre des choses». Au sentiment d'échec et d'impuissance vient très vite s'ajouter celui de culpabilité.
C'est aussi dans ces situations de crise aiguë que la personnalité de chacun va apparaître avec davantage d'acuité.
Billie, la fille de Jean et d'Alma, mène une vie plutôt heureuse auprès de parents aimants, bien installés dans la vie. C'est alors qu'elle s'apprête à fêter ses quatorze ans que sa santé commence à se dégrader. « Elle tousse, maigrit à vue d'oeil et se plaint de douleurs au thorax, comme si une plante vénéneuse poussait dans sa poitrine. Alma pourrait presque deviner des feuilles maléfiques bordées d'épines sous la crème pâle de sa peau. En secret, elle appelle «le Chardon» le mal qui a pris sa fille. Billie est fragile, une fleur en verre soufflé, aux nervures bleues que ses parents ne savent plus bien approcher. Confusément, Alma se sent responsable du mal de Billie. Elle se demande si la mélancolie infuse souterrainement et contamine ceux que l'on aime. Billie et elle sont si proches, depuis toujours. Billie sent tout, sait tout, devine tout de sa mère. Elles se mélangent comme du lait dans de l'eau, formant un même nuage. »
Le corps médical ne peut quant à lui apporter de réponses. Examens, analyses, tests n'apportent pas l'explication tant attendue. Les mots compliqués viennent alors tenter de couvrir une incapacité à établir un discours. «La maladie ressemble à un Elephantus trachoma, ou syndrome de Leverrier-Gausseins», mais faute de certitudes, il faut hospitaliser Billie.
Alma, qui est bouquiniste sur les quais de Seine essaie de trouver une réponse dans les livres ou au moins un dérivatif à ses angoisses. Mais ces dernières l'envahissent. Ce qu'elle appelle ses valises deviennent de plus en plus lourdes à porter, comme celle intitulée «je ne fais plus l'amour» avec Jean et qui symbolise sa mélancolie croissante.
Billie va fêter ses quinze ans et s'installer dans un nouvel un nouvel hôpital pour maladies rares. Elle s'épuise, Alma s'épuise, leur couple s'épuise et alors que la médecine tâtonne, elle voit de plus en plus précisément le chardon dans la poitrine de sa fille, un peu comme le nénuphar de Chloé dans L'Écume des jours de Boris Vian.
Appelée en Bretagne pour expertiser une bibliothèque de livres rares, la plante va littéralement lui sauter à la figure. Je ne vous dirai rien de la course contre la montre qui s'engage alors, ni du pouvoir des livres, de l'arrivée de la belle Chicago May et de sa flamboyante chevelure rousse, d'une chute sur une île bretonne au moment où le jour s'achève.
Disons tout simplement qu'au réveil, il faut être très fort, rempli d'énergie et prêt au combat. Car «Le matin est un tigre qui rampe doucement, en attendant de vous sauter à la gorge.»

Lien : https://collectiondelivres.w..
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llamy89
  18 mai 2019
Billie, 15 ans est atteinte d'un mal étrange. Alma, sa mère, se laisse envahir par la peur. Chaque jour, l'invisible petite valise de cuir qu'elle porte s'alourdit de son chagrin et de son impuissance.
Constance Joly nous offre un conte poétique pour dire la difficulté d'être mère. L'Alma mater. Billie est son alter ego. Elle prend soin de sa mère, la console, la rassure. Un seul coeur fait battre leur amour. Ce roman décrit le poids de la transmission inconsciente, la force du lien.
La poésie du texte rend captivant le récit. Ce passage à l'âge adulte que certains se refusent à faire, s'impose à eux parfois au gré des difficultés de la vie, la maladie de Billie va faire grandir Alma. Lui faire prendre conscience qu'il faut affronter sa vie hors de la rêverie.
L'écriture parfaitement équilibrée, sensible, élégante, vous mène par le bout du nez, accrochés aux questionnements d'Alma sur sa vie, son mariage, la violence de la peur de perdre son enfant, la culpabilité.
Ce conte à la symbolique appuyée est une broderie fine, une dentelle bretonne qui vous attache au fil du récit, délicatement avec tendresse.
Vous donne envie de bousculer Alma. Une vie, c'est court, peut-on refuser de la vivre pleinement ?
Ce roman est surprenant, par sa construction, entre allégories et situations très concrètes. Captivant comme un roman initiatique dont on veut absolument connaître l'épilogue.
Un joli moment de lecture !
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montmartin
  22 février 2019
Depuis la fin de son enfance, Alma se sent vide, au bord du monde, elle a fondu sans bruit, un pétillement dans l'eau comme un cachet d'aspirine. Et depuis six mois que sa fille Billie va mal, le monde semble se brouiller. Billie souffre d'un mal étrange. Elle tousse, elle maigrit, se plaint de douleurs au thorax comme si une plante vénéneuse poussait dans sa poitrine. Sa fille est devenue une sorte de plante sous serre, sur laquelle on pratique quantité d'examens. Elle a l'impression que sa fille a un chardon dans son corps qui pousse et qui la tue et que c'est elle qui le lui a transmis.
Alma est fatigué de porter des valises trop lourdes. Alma s'est fabriqué un monde à elle, un espace moelleux pour rêver, car rêver rend les choses moins lourdes. Elle engrange du beau là où il est disponible.
« la solitude est un privilège, pas une malédiction. »
Sans aucun doute un récit qui surprend, car ici tout est symbole et image, mais je me suis laissé happé par la beauté et la finesse de l'écriture. Constance Joly nous conte d'une façon très poétique le lien très fort qui unit Alma et Billie, elles sont les deux moitiés d'un même fruit.
Difficile de vous en dire plus, car c'est un roman qui ne se raconte pas, c'est un roman qui se respire avec son âme.
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Elodieuniverse
  18 janvier 2019
Ce livre est le combat d'une mère, un combat qu'elle mène pour sa fille et contre elle-même. Il nous parle du lien unique et merveilleux qui unit une mère et son enfant. Alma va devoir se retrouver et mener une forme d'introspection face à sa culpabilité. Billie, elle, ressent tout ce que sa mère éprouve. Ne dit-on pas que les enfants sont des éponges? Alma traîne un lourd fardeau, un poids dont elle n'arrive pas à se défaire. Celui des responsabilités? C'est une jolie histoire. Je découvre cette auteure qui a une plume magnifique.
(...)
Ma page Facebook Au chapitre d'Elodie
Lien : http://auchapitre.canalblog...
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critiques presse (1)
LaCroix   12 avril 2019
Dans une langue très imagée, Constance Joly met en scène l’amour étouffant d’une mère pour sa fille.
Lire la critique sur le site : LaCroix
Citations et extraits (31) Voir plus Ajouter une citation
Marti94Marti94   23 mai 2019
Billie et elle sont si proches, depuis toujours. Billie sent tout, sait tout , devine tout de sa mère. Elles se mélangent comme du lait dans de l'eau, formant un même nuage.
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hcdahlemhcdahlem   15 mars 2019
Parfois, les mots sont pareillement inamicaux. Aussi artificiels que ces costumes et ces brushings. Même s’ils tentent de décrire la vérité. Je ne fais plus l’amour. Ma fille est malade. Les mots sont de pauvres choses, se dit-elle. Ils sont pratiques et incomplets, incapables d’exprimer la complexité de nos vies, la subtilité de ses nuances. Il faudrait les décrasser, les lessiver, les essorer pour leur faire dégorger un sens nouveau. Quel terme pourrait traduire cette réalité: Alma aime Jean même si elle ne fait plus l’amour avec lui? Quel serait celui capable de dire ce qu’Alma ressent par rapport à la maladie de sa fille? La «maladie» de Billie est son étrangeté et sa force. Une force qu’elle-même a perdue, et qu’elle cherche au fond de son être. Or, parfois, on gagne les guerres en se laissant tomber par terre. p. 109
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hcdahlemhcdahlem   15 mars 2019
INCIPIT
C’est un jour blanc, éreinté, qui n’a envie de rien. Un matin à mettre du bois dans le poêle, et à se recoucher immédiatement. Ou bien à se lever, à la rigueur, mais pour écouter un disque sur le tapis, quelque chose qui râpe un peu. Un matin à ranger ses trésors, à écrire une lettre à la main, à manger du beurre de cacahuète. Un matin à guetter le filet d’or du soleil border les toits, en tirant sur sa cigarette, le cul d’une tasse de café dans sa paume. Au lieu de ça, aller attraper un jean, réveiller Billie, et essayer de ne pas louper le RER de la demie.
Alma descend dans la cave, la chambre baignée d’ombres a une vieille odeur de tabac froid. Sous les draps : un fouillis de boucles, un bras laiteux qui dépasse ; au-dessus : un cendrier plein sur un carton à pizza. Elle s’assied sur le lit, une main sur le drap qui fait une montagne. Billie respire doucement, faisant frémir une boucle de ce châtain doré qui est le sien. Alma écarte le rideau. Les flocons tombent en armée serrée. Le café avalé brûlant, le baiser à l’odeur de foin au sommet du crâne de sa fille, il est temps d’aller enfiler ses bottes.
Alma descend la rue sans vraiment la voir. Elle est encore prise dans le filet de sa nuit, il y a des images effilochées d’un rêve qui frétillent au fond, qu’elle voudrait attraper. Elle croise son voisin au pantalon bouffant, sa démarche sautillante, l’étincelle brève de son regard et son sourire qui veut dire « va chier ». Le rêve s’est esquivé, le ciel a une couleur de craie. Dans le creux de la pente, l’enseigne de la boulangerie clignote sans son L, qui s’est cassé la gueule depuis au moins un an. Elle se souvient de l’histoire qu’on raconte. La boulangerie, autrefois, abritait une poissonnerie. Le poissonnier aimait sa jeune et jolie femme à la folie, mais celle-là en aimait un autre, qui travaillait à Rungis. Un jour, en plein milieu des brochets et des truites, le poissonnier a trouvé un mot d’amour dans la blouse de sa jeune épouse, et il lui a planté un couteau en plein cœur. La belle jeune fille est tombée sur le carrelage, et ses yeux grands ouverts rappelaient ceux des merlans, figés dans la glace.
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CannetilleCannetille   03 avril 2019
L’« Espoir » est la chose emplumée
Qui perche dans l’âme
Et chante la mélodie sans les paroles
Et ne s’arrête jamais
C’est dans la tempête que son chant est le plus suave
Et bien mauvais serait l’orage
Qui pourrait intimider le petit oiseau
Qui a réchauffé tant de gens
Je l’ai entendu dans les contrées les plus glaciales
Et sur les mers les plus insolites
Pourtant jamais même dans la pire extrémité,
Il ne m’a demandé une miette.
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CannetilleCannetille   03 avril 2019
Pourtant, Jean et Alma étaient restés debout pendant l’orage. Alma s’en rendait compte maintenant. Ils avaient vu leur caressante prairie se transformer en champ de mines, sans abdiquer totalement leur foi en l’avenir. Pour cela, chacun d’eux avait sauté dans une traverse d’herbe verte, qu’ils avaient longée, en s’accrochant aux bords du talus. Jean y cultivait l’humour comme des salades, Alma, c’était la rêverie. Ils étaient désormais au bout du chemin, en plein vent, seuls, pendant que se jouait le dernier acte de la tempête. Il se pourrait que chacun reste dans son coin, sans pouvoir rejoindre l’autre.
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Videos de Constance Joly (6) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Constance Joly
Avec « le matin est un tigre » (Flammarion), Constance Joly réussit à parler de la dépression et de la maladie en choisissant l?angle du loufoque. Un premier roman qui montre que l?on peut tout dire pour peu que l?on sache choisir les mots et les métaphores.
Les médecins sont formels : la fille d?Alma est atteinte d?un cancer et il faut l?opérer. Mais la jeune mère est persuadée qu?un tout autre mal ronge la chair de sa chair depuis déjà plusieurs mois. Pour elle, pas de doute, c?est un chardon qui pousse dans la poitrine de la petite fille et la prive peu à peu de vie. À quelques heures de l?intervention chirurgicale, Alma croit savoir comment sauver son enfant par un autre moyen? Avec ce livre, Constance Joly signe un très beau et poétique moment dont le thème rappellera forcément « L?Écume des Jours » aux aficionados de Boris Vian.
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