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ISBN : 2362792471
Éditeur : Alma Editeur (08/02/2018)

Note moyenne : 3.6/5 (sur 5 notes)
Résumé :
Devenue veuve pendant l’exode de 1940, Olga une Juive polonaise se retrouve à Curemonte, en Corrèze. C’est là qu’elle réussit à mettre les siens à l’abri, soutenue par les habitants (dont Colette et sa fille Bel-Gazou). Presque tous seront sauvés.

Le petit Alain Jomy est l’un d’eux. 70 ans plus tard, il renoue les liens de cette histoire d’amour entre une famille et un village, où se télescopent le temps et l’espace. L’aventure se déroule à Paris, en... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (6) Voir plus Ajouter une critique
Iboo
  14 février 2018
Que de monde ! Père, mère, oncles, tantes, cousins, cousines, belles-soeurs, beaux-frères, grands-parents paternels et maternels... Yakov dit Kuba, Golda dite Zlata, Usher dit Oscar, Hirsch dit Grisha, Isaac dit Izio, Olga dite Ola, Fujga dite Fela... ils sont tous "untel" dit "autrement".
Cette généalogie avec toutes ses branches s'étend sur les soixante-dix premières pages. Sachant que, de plus, chacun ayant un nom et un surnom, il est essentiel de rester bien concentré pour mémoriser tout le monde avec son lien de parenté. D'autant que, à ce stade de la lecture et hormis la difficulté d'y trouver un véritable intérêt, on ne sait pas encore lesquels il est important de retenir à défaut de pouvoir les retenir tous.
Idem pour les lieux. Trop de précisions, trop de détails, qui donnent à la narration un ton de rapport d'instruction : "Ce cours est installé près de la Place Pereire dans une maison de la rue Eugène-Flachat, tout près de l'hôtel particulier de Madame Vergniaud, une des premières élèves de Nadia Boulanger, que Ruth connaissait bien." - ceci n'est qu'un exemple parmi moult autres.
Et c'est sans compter avec cette drôle de manière, ô combien pesante pour le lecteur lambda, d'introduire systématiquement toute nouvelle situation par des formules du genre : la tante paternelle d'untel, dénommée truc, soeur de tartempion, lequel est le frère de chose, à.... (s'en suit l'action qui, dans le cas d'un voyage, ne nous épargne pas les détails du trajet)
S'ajoutent à cela de continuels sauts dans le temps qui nous empêchent de nous installer dans l'histoire.
Je peux comprendre ce souci du détail de la part de l'auteur pour lequel ce livre a valeur de témoignage car il est, pour lui, nécessaire de prouver la véracité des faits en étayant son récit du plus de précisions possibles. Mais, pour moi qui ne connais pas tous ces gens et qui me moque de savoir si telle action se produit au troisième étage porte gauche ou au deuxième porte droite, je m'y perds.
J'ai l'impression de lire un compte-rendu d'enquête et reste à distance. Je ne parviens pas à entrer dans l'histoire. Il n'est pas mal écrit, certes, mais j'ai comme le sentiment de regarder un bon film qui serait sans cesse interrompu par des flashes-info... cela en est presque frustrant.
Mais je le maintiens : je comprends le besoin de l'auteur d'insister sur ces détails car ils sont nécessaires à sa volonté de transmission de la mémoire.
En fait, je pense qu'il aurait dû écrire deux livres. Celui-ci, qu'il aurait réservé à ses proches et un autre pour le public. Moins circonstancié celui-là, plus axé sur le vécu, les personnages principaux, leurs sentiments... et, par conséquent, moins long puisque épuré de tous ces détails entravant la fluidité de la lecture des anonymes dont je suis et à qui toutes ces précisions n'apportent rien.
Je ne m'autoriserais pas à flinguer ce livre en pondant une critique acide car je respecte la démarche d'Alain Jomy, son travail de toute une vie de recherches, son besoin de faire revivre les siens et d'honorer leur existence, souvent tragique et toujours courageuse. Je regrette juste que par sa manière de me le livrer il m'ait involontairement laissée à la porte d'émotions que j'étais pourtant prête à ressentir.
Avec mes plus sincères remerciements à ALMA ÉDITEUR pour m'avoir adressé gracieusement ce livre.
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Aifelle
  10 juin 2019
Le choix d'un livre tient parfois à peu de chose, ici le souvenir lointain d'un village découvert il y a quelques décennies, Curemonte, en Corrèze, un village tranquille, dominé par les tours de ses trois châteaux. J'avais appris, à l'époque, que Colette y avait séjourné pendant la guerre, chez sa fille, Colette de Jouvenel.
Le hasard fait que je vais y retourner cette année, je me suis donc intéressée à la parution de ce récit. Je savais seulement au départ que c'était l'histoire d'une famille juive qui s'était réfugiée là pendant la guerre. En fait, le périple d'Olga et les siens nous emmène aussi à Nice, à Paris, un peu partout en Europe de l'Est, aux Etats-Unis, en Israël, là où la nombreuse parentèle de l'auteur a pu trouver refuge.
L'auteur choisit de raconter l'histoire à la fois au passé et au présent. Il s'est livré d'abord à une narration du passé d'après les échos familiaux, qu'il ponctue de passages où il donne son point de vue d'adulte sur ce qu'il a pu recueillir ensuite en faisant des recherches.
1940. L'exode. Olga et les siens fuient Paris, comme tant d'autres, mais pour eux ce n'est pas la première fuite. Ils ont déjà dû quitter leurs pays respectifs, qui la Pologne, qui la Russie ou la Bucovine. Ils pensaient avoir trouvé la tranquillité, les voilà pourtant à nouveau sur les routes. le hasard leur fait passer une nuit dans un petit village perdu, Curemonte, d'où ils doivent repartir vers Nice. Mais le mari d'Olga (Ola) tombe malade et meurt brutalement.
Les villageois, touchés par le désarroi de la jeune veuve, vont l'aider dans la mesure de leurs moyens. Les réfugiés ont été bien accueillis et quand le moment viendra de reprendre la route, Olga va décider de rester là. Elle a besoin d'être seule, un peu à l'écart.
Je n'en dirai pas beaucoup plus sur l'histoire qui est extrêmement détaillée et foisonnante, impossible à résumer. J'ai cru au départ être noyée sous l'abondance justement de détails et de personnages, j'ai pensé que je ne m'en sortirais pas. J'ai donc décidé de me centrer sur les principaux membres de la famille, Olga, son frère Izio et sa femme Fela, leur mère Helena. L'auteur, né en 1941, est le fils de Fela et d'Izio.
Nous les suivons pendant les années de guerre et au-delà. Si la vie en zone libre est supportable dans les premiers temps, il n'en sera pas de même lorsque les Allemands arriveront. Certains seront obligés de reprendre la route et de se cacher plus loin, d'autres se feront arrêter.
A Curemonte, Olga s'est intégrée à la vie du village, rend service autant qu'elle peut, fait connaissance avec les uns et les autres. Tout le monde sait qui elle est, personne ne la dénoncera jamais, pas plus que sa famille. Elle se démène pour trouver de la nourriture à envoyer à Nice, elle fera quelques incursions dangereuses à Paris, où son défunt mari avait des affaires, confiées dorénavant à un aryen. Il faut bien récupérer de l'argent.
La diversité des trajets des uns et des autres montre qu'il y avait différentes manières de vivre pendant cette occupation, à condition de faire les bonnes rencontres et d'être prêt à toute éventualité. Tous n'ont pas eu cette opportunité. Pendant toute la durée de la guerre, Fela et les autres se feront énormément de souci pour les familles restées à l'Est dont ils n'ont bien sûr aucune nouvelle. L'annonce progressive, après la guerre, de ce qui est véritablement arrivé sera un choc violent. Fela notamment ne s'en remettra jamais.
J'ai été intéressée par l'aspect vie quotidienne des uns et des autres sous l'occupation, on est dans le concret. Je ne savais pas que Colette de Jouvenel s'était autant impliquée dans la résistance. Olga s'entend bien avec elle, ce sont des femmes qui sont dans l'action et ne se laissent pas abattre. Olga qui menait une vie plutôt mondaine et aisée se glisse sans peine dans la peau d'une paysanne du coin.
C'est une lecture qui demande de la persévérance, persévérance récompensée par une belle richesse humaine. L'auteur a laissé un document précieux à ses enfants, ses petits-enfants avant tout et au-delà à tout lecteur intéressé.
Lien : http://legoutdeslivres.canal..
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TiiteFlav
  18 août 2018
J'ai tester ce livre dans le cadre d'une opération "lecteurs-testeurs" pour une médiathèque.
C'est la première fois que je ne ressens pas le besoin de finir un livre. Et ce n'est pas parce que je n'aime pas :
Ce n'est pas un roman, c'est un document. On plonge dans la mémoire d'une famille tout entière. le sujet : la seconde guerre mondiale et le combat des juifs pour fuir. Vu et revu... Pourtant quelque chose change. le point de vue est celui des juifs, comme dans beaucoup de textes. Mais il s'appuie beaucoup plus sur l'histoire familiale que sur la guerre à proprement parler. On nous parle donc des origines de cette famille, l'Europe de l'Est dans son ensemble, ce qui est plus rare il me semble, et cela donne une nouvelle dimension à cette thématique.
Deux narrations un peu déroutantes à la base : un narrateur omniscient alterné avec un narrateur à la première personne. En réalité les deux sont le même homme. La première voix se veut neutre, raconte de manière factuelle. La deuxième est caractéristique de cet homme, c'est sa voix personnelle, ses souvenirs. Il commente la première.
J'ai aimé parce que j'ai eu l'impression de plonger réellement dans la vie, dans les souvenirs de cette famille et non de lire un roman autobiographique lambda. Voilà pourquoi je ne ressens pas le besoin de finir le livre (je suis arrivée au terme de mon emprunt notamment). Il ne s'agit pas d'une histoire avec un début et une fin. Ce sont juste les souvenirs d'une vie. On n'est pas obligé de tout savoir.
J'ai moins aimé les nombreux personnages qui ne sont pas essentiels à la compréhension de la vie de cette famille et qui sont pourtant nommés et présentés sans qu'on n'y accordé plus d'importance. Mais c'est aussi cela qui donne au texte cet aspect de journal intime d'une famille plutôt que roman autobiographique.
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Miss9
  20 février 2018
Je remercie Babelio et les éditions Alma de m'avoir permis de découvrir ce récit, grand récit, mémoire d'une famille juive depuis l'exode de la seconde guerre mondiale.
Je remercie Alain Jomy pour nous offrir ce récit, un témoignage faisant parti du devoir de mémoire, un témoignage que j'ai trouvé très particulier car il va au-delà des simples faits.
Dès que j'ai vu les biographies succinctes en fin du livre j'ai de suite compris que je m'y perdrais peut-être au niveau des personnages. Effectivement, dans le premier tiers du livre, j'allais régulièrement m'y référer. Mais finalement petit à petit mon esprit a su faire le tri pour ne garder que l'essentiel.
J'ai été à plusieurs moments prise par le récit mais surtout par la psychologie des différentes personnes. Et finalement, je me suis dit que ce qu'avait fait Alain Jomy était assez fort: il nous permet de dépasser les simples faits qui ont eu lieu lors de ces temps horribles pour nous conduire dans les esprits de ces personnes qui ont été persécutées, dans l'esprit de leurs familles et leur entourage. Chose que nous ne faisons pas forcément, notre devoir de mémoire ne doit pas s'arrêter à se souvenir des faits mais aussi à avoir conscience du bouleversement à jamais subi après et par toutes ces familles.
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Nahe
  04 mars 2018
Sur les pas de sa famille en juin 1940, Alain Jomy nous entraîne en plein exode: les Frydenzon quittent Paris pour se mettre à l'abri. Nous faisons connaissance de quelques-uns des nombreux personnages de ce récit: Ola, sa tante et son mari Mathieu, ensuite sa mère Fela et sa grand-mère Helena.
Le voyage est difficile, erratique et le petit groupe se retrouve finalement en Corrèze, à Curemonte, en compagnie d'autres réfugiés. L'accueil s'organise, mélange d'improvisation et de générosité et les jours passent, hors du temps.
Après quelques jours, Mathieu se plaint de douleurs au ventre et décède rapidement; les femmes se retrouvent seules : elles continueront leur périple, vers Nice et le reste de la famille, laissant Ola au village, toute à son envie de solitude et de calme.
Voilà le début d'années de secrets et de craintes, une période que l'auteur nous relate dans un texte dense, fourmillant de personnages plus ou moins proches de la famille, de petits miracles ou de malencontreux hasards,de mains tendues, de héros dignes et silencieux... Un mélange de détails du quotidien, de souvenirs familiaux et de réflexions personnelles: une lecture riche, très intéressante.

Les propos de l'auteur s'étendent bien après la guerre, accompagnant fidèlement la vie d'Ola et de ses proches; son enfance y figure en bonne place, lui qui est né au milieu de cette période sombre. A travers cette fresque minutieuse, il réalise un travail de mémoire époustouflant et donne une dimension profondément humaine et touchante à cette famille juive ballottée à travers l'Europe, au gré de l'Histoire et de ses drames.
Lien : https://nahe-lit.blogspot.be..
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Citations et extraits (1) Ajouter une citation
AifelleAifelle   10 juin 2019
Heureusement, me dirai-je plus tard, elle n'aura pas su alors ce qui était arrivé à Helena. Elle aura eu, j'aurai eu, un peu de répit. Une sorte d'état de grâce, un état d'apesanteur pourrait-on dire, ne pas avoir connaissance de ce qui s'était passé permettait de vivre encore d'espoir. Bien sûr, en ce temps-là, je ne saurai rien de tout cela, j'ignorerai que ma grand-mère ne reviendra pas, que mes autres grands-parents n'existent plus, que cette famille dont ma mère me parlait de temps à autre, dont je connaîtrai les prénoms sans savoir à quels visages ils correspondent, que cette famille donc n'est plus qu'une illusion d'optique, un leurre dans un album de photos, un univers détruit que rien ne permettra de reconstruire.
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