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Philippe Ivernel (Traducteur)Catherine Chalier (Auteur de la postface, du colophon, etc.)
EAN : 9782869307698
71 pages
Éditeur : Payot et Rivages (02/04/1994)

Note moyenne : 4.21/5 (sur 17 notes)
Résumé :

« Pour le juif, qui voit dans l’immanence le lieu de la création, de la justice et de la rédemption divine, Dieu est éminemment le seigneur de l’Histoire, et c’est là qu’‘‘Auschwitz’’ met en question, y compris pour le croyant, tout le concept traditionnel de Dieu. A l’expérience juive de l’Histoire, Auschwitz ajoute en effet un inédit, dont ne sauraient venir à bout... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (1) Ajouter une critique
Kirilys
  30 mars 2019
A travers ce court essai, quelques 70 pages, Hans Jonas nous invite à redéfinir le concept de Dieu. Ce Dieu qui n'intervint en rien dans la Shoah et ses 6 millions de morts. Après Auschwitz, il a fallu à la religion juive repenser sa conception de Dieu et répondre à la question de Job, "Quel est ce Dieu qui a pu laisser faire ?".
Pour y répondre, H.Jonas nous présente un Dieu qui devrait se dépouiller d'une de ses fondamentales caractéristiques, sa toute-puissance, sa bonté ou son intelligibilité. H.Jonas en arrive au postulat que notre Dieu n'est pas tout-puissant et qu'il accepte l'existence du mal.
Cet essai, qui s'inscrit dans le devoir de mémoire de la Shoah, propose un futur à la religion Juive et aux rescapés des camps. Très bonne continuité à certains textes de Primo Lévi qui interrogent sur un possible futur "après Auschwitz". Cependant, ce texte peut paraître ardu voir imperméable pour quelqu'un qui n'aurait aucune notion des différents courants du Judaïsme. Je regrette également un trop fort parti pris de l'auteur qui perd à mes yeux son objectivité.
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Citations et extraits (7) Voir plus Ajouter une citation
enkidu_enkidu_   23 septembre 2017
Nous nous souviendrons que la tradition juive, elle non plus, n’est pas aussi monolithique, en matière de souveraineté divine. Le puissant courant souterrain de la Cabale, à nouveau mis en lumière de nos jours par Gershom Scholem, connaît un destin de Dieu, auquel celui-ci est soumis avec le devenir du monde. Il y a là des spéculations hautement originales et fort peu orthodoxes, parmi lesquelles les miennes ne se trouveraient pas si totalement seules. Par exemple, mon mythe ne fait au fond que radicaliser l’idée du Tsimtsoum, ce concept cosmologique central de la Cabale lurianique. Tsimtsoum veut dire contraction, retrait, autolimitation. Pour faire place au monde, le En-Sof du commencement, l’infini, a dû se contracter en lui-même et laisser naître ainsi à l’extérieur de lui le vide, le néant, au sein duquel et à partir duquel il a pu créer le monde. Sans son retrait en lui-même, rien d’autre ne pourrait exister en dehors de Dieu, et seule sa durable retenue préserve les choses finies d’une nouvelle perte de leur être propre dans le divin « tout en tout ».

Or mon mythe va encore plus loin que cela. Totale devient la contraction ; c’est entièrement que l’infini, quant à sa puissance, se dépouilla dans le fini, et lui confi ainsi son sort. Reste-t-il encore quelque chose, dès lors, pour une relation à Dieu ? Laissez-moi répondre en citant une dernière fois mon écrit antérieur.

Renonçant à sa propre invulnérabilité, le fondement éternel a permis au monde d’être. Toute créature doit son existence à cette négation et a reçu avec cette existence ce qu’il y avait à recevoir de l’au-delà. Dieu, après s’être entièrement donné dans le monde en devenir, n’a plus rien à offrir : c’est maintenant à l’homme de lui donner. Et il peut le faire en veillant à ce que, dans les cheminements de sa vie, n’arrive pas, ou n’arrive pas trop souvent, et pas à cause de lui, l’homme, que Dieu puisse regretter d’avoir laissé devenir le monde. (pp. 41-43)
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kielosakielosa   12 juillet 2017
À l'enterrement de Hannah Arendt, en 1975, s'adressant directement à elle :

"Avec ta mort tu as laissé le monde un peu plus glacé qu'il n'etait".
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DLNDLN   26 novembre 2019
Mais pour le juif, qui voit dans l'immanence le lieu de la création, de la justice et de la rédemption divines, Dieu est éminemment le seigneur de l'Histoire, et c’est là qu'"Auschwitz" met en question, y compris pour le croyant, tout le concept traditionnel de Dieu.
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RaviRavi   08 août 2015
La liberté absolue serait une liberté vide, qui se supprime elle-même.
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DLNDLN   27 octobre 2019
Seule la création à partir du néant nous donne l'unité du principe divin en même temps que son autolimitation, laquelle ouvre l'espace pour l'existence et l'autonomie d'un monde.
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Video de Hans Jonas (2) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Hans Jonas
La question de Dieu est relancée, dans le monde contemporain, par les religions et les limites des athéismes. L?auteur développe une conception déiste, donc ni religieuse ni athée, issue du judaïsme, qui serait pertinente pour penser le statut de l?Autre et de l?altérité dans la psychanalyse.
L?influence des religions, en particulier sous une forme intégriste voire sectaire, et les limites des athéismes associés à des sociétés totalitaires relancent la question de Dieu dans le monde contemporain. Depuis Freud, « juif infidèle », comme il se définit, jusqu?à Lacan, pour qui la « religion vraie », c?est la catholique, la question de la religion, de la religiosité mais aussi de la fonction psychique et sociale de Dieu traverse la psychanalyse, à partir du fondement de la relation à l?Autre, qu?il soit représenté par la Mère, le Père ou le Maître. La dimension juive de la psychanalyse s?inscrit dans une orientation déiste (un dieu en retrait du monde) en rapport avec la tradition juive et ses conceptions modernes, depuis Spinoza jusqu?à Hans Jonas.
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>Religion comparée. Autres religions>Judaïsme>Théologie doctrinale, morale, sociale (16)
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