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EAN : 9782070409839
208 pages
Gallimard (11/02/2000)
3.51/5   42 notes
Résumé :

Vu le calme qui règne dans la région, vu l'ennui permanent qui y rôde, on aura quelque indulgence quant aux façons de se distraire. Ici, de loin en loin, la grippe des uns alimente le feuilleton des autres, les fièvres donnent lieu à toutes sortes de supputations, et le facteur fait de la visite.

Ici les conversations explorent guère, et pour peu que tout aille bien, pour peu que tout le monde soit en forme et qu'on renonce à mourir, alor... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (6) Voir plus Ajouter une critique
Ingannmic
  29 juillet 2021
A peine avais-je lu un paragraphe (soit une quarantaine de lignes) de "Vu", le premier roman de Serge Joncour, que je savais déjà qu'il allait me plaire...
D'emblée, le ton est à la fois drôle, d'une ironie qui pourrait passer pour involontaire car transmise avec une spontanéité enfantine, et touchant aussi, justement parce que c'est un enfant qui s'exprime, avec toute l'ingénuité et la sincérité que cela suppose, ainsi que l'absence de tout faux-semblant et la capacité de s'émerveiller d'un rien, de faire de chaque événement une aventure.
Et la suite du récit a bel et bien corroboré mon impression : j'ai véritablement été charmée... l'auteur y maîtrise à la perfection une difficile alchimie mêlant poésie, prosaïsme et humour, à laquelle il trouve encore le moyen de rajouter une pointe de fantaisie !
Bon... pas encore convaincus ? Ah, je vois. Vous êtes de ceux qui ont besoin de savoir "de quoi ça parle", un livre... Soit. Alors disons qu'il s'agit d'une épopée. Celle de gens que d'aucuns qualifieraient de "moyens", voire de médiocres ou de marginaux, mais que la plume de Serge Joncour rend extraordinaires. Une épopée parfois complètement loufoque et décalée. Une épopée calamiteuse, jonchée de catastrophes, et pourtant, rien n'y semble jamais grave.
Comment ? Je ne vous ai toujours pas dit "de quoi ça parle" ? Oh, mais vous êtes pénibles, à la fin. Est-ce que je le savais, moi, avant de le lire, ce bouquin, de quoi il parlait ? Et bien non ! D'autant que mon édition ne contient pas de résumé. En revanche, sur la couverture, il y a un jeu. Sympa, non ? Vous savez, c'est ce genre de dessin dans lequel il faut retrouver un objet caché ? En l'occurrence, là, c'est un animal. Un cochon, si vous voulez tout savoir (d'après ce que j'ai cru comprendre, vous me semblez plutôt curieux). D'ailleurs, dans le roman, il y a un passage vraiment tordant avec ce satané cochon. Oui, parce que, je ne crois pas vous l'avoir dit, mais "Vu" se passe à la campagne. Dans une famille qui compte trois garçons -dont le narrateur-, un papa chômeur et pas très causant, une maman maniaque et une grand-mère invalide, qui passe son temps devant le poste de télévision, ambassadeur de la modernité dans ce foyer où les toilettes sont encore au fond du jardin ! Mais bon, ça n'a pas l'air de les perturber, les trois gamins. Ils voient bien que quand les cousins de Paris leur rendent visite, ils font preuve d'un certain dédain, mais ce ne sont pas ces petits freluquets qui vont leur en remontrer... Et puis, ce n'est pas à eux qu'il arrive toute une série de catastrophes, qui pourrait bien leur permettre d'accéder à la célébrité... Je ne vous en dis pas plus, je crois que vous savez ce qu'il vous reste à faire !

Lien : https://bookin-ingannmic.blo..
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Bill_Veuzay
  12 mai 2013
Un roman à lire moins pour son fond que pour sa forme : si l'histoire racontée est extraordinaire de banalité (ou banalise l'extraordinaire, je ne suis pas encore fixée...), l'écriture d'apparence simple et légère est en fait piquante d'ironie et regorge de pépites, jolies ou drolatiques, toujours sensées et qui font mouche.
Un petit bonbon à dévorer entre deux grands classiques, après un pavé de 500 pages ou avant une trilogie fantastique !
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michdesol
  11 septembre 2017
Une histoire délirante, les médias mis à mal, l'humour de Serge Joncour.
J'applaudis.
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Pralinerie
  03 avril 2013
Dans une campagne même pas mignonne, ils déclenchent des drames que les médias se font une joie de relayer : journal papier ou télé, notre petite famille est à l'honneur. Il faut dire qu'on ne reçoit pas tous les jours la carcasse d'un boeing dans son jardin ou qu'on assiste au massacre au Poneyland.
Tant de cataclysmes finissent par attirer l'attention d'un journaliste qui décide de partager leur quotidien pour filmer le scoop de l'année !
Un roman au style léger, proche d'un langage parlé, naïf, simple comme cette famille qui vit de peu... Plaisant par son ironie.
Lien : http://pralinerie.blogspot.f..
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CaroleMMLucilius
  03 juin 2020
La vie quotidienne pas si banale d'une famille de paysans et une critique acerbe des médias. Truculent et burlesque à souhait. Un roman de Serge Joncour qui m'avait échappé ! Une vraie gourmandise.
Lien : https://parturient-montes.bl..
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Citations et extraits (9) Voir plus Ajouter une citation
Belair55Belair55   18 août 2021
Le temps qu’elle était là, son unique préoccupation c’était de tout faire pour éviter le petit coin. Le coup des tinettes dans le fond du jardin, ça ne passait toujours pas. Pourtant rien n’est plus confort que ces petits havres de paix parfaitement isolés, rien n’est plus reposant, on s’y réconcilie avec l’écologie même des choses, on y participe de cette filiation d’origines qui va de l’engrais à la récolte, du ferment à la semence, le cheminement même de la vie, et pour qui sait être attentif, pour qui sait écouter, on stationne au cœur même de la symphonie, seulement environné du chant des oiseaux et du bruissement des feuilles, un pur ravissement, et si des cinq sens il en est un qui parfois se trouve chahuté, il n’est qu’à entrebâiller la porte pour aérer.
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mandarine43mandarine43   29 septembre 2011
La population a mauvais esprit. Ainsi quand les gens voyaient passer notre voiture, une vieille R 16 comme on n'en fait plus, on voyait bien qu'on les faisait rire. Cette ironie visait peut-être l'allure générale de l'attelage, ou le fait d'installer la grand-mère dans le hayon arrière, imperturbable sur son fauteuil, exposée comme en vitrine. C'était pourtant elle qui voulait qu'on l'installe là, avec la route qui se débine en point de mire. La vieille, elle ne supportait pas l'idée d'être à l'avant. De voir tous ces virages qui vous arrivent de face, tous ces poteaux qui vous foncent dessus et ces voitures à contresens, ça la remuait autant qu'un film à grand spectacle. Alors que de voir les tournants s'étirer gentiment à l'arrière, de voir le long ruban se dérouler docile, à peine marqué par notre passage, ça la rassurait.
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ninachevalierninachevalier   06 mai 2016
Misère que toutes ces sécrétions, des fluidités de toutes sortes, émanations d'autant plus discriminantes que c'est au raffinement du camouflage que s'avère la véritable stature sociale. De ce point de vue, comme on le dit dans la famille, mieux vaut sentir mauvais que l'eau de Cologne à dix sous.

[...] dès lors qu'on est en voiture ressort de chacun une part d'animalité contre laquelle on ne peut rien. Et bien qu'il existe toute une cosmétique automobile, un tas de dispositifs qui vont du feu rouge qui pendouille au sapin au menthol, de la rose sucrée à la chlorophylle en barres, pour subtils qu'ils soient, tous ces petits subterfuges dénoncent bien plus qu'ils ne parfument vraiment. C'est pourquoi nous autres, nous qui respectons trop les roses pour leur demander de couvrir nos odeurs de pieds, après vingt kilomètres de route on commençait à souffrir vraiment. Quoi q'on fasse, à six dans une voiture, ça a vite fait de sentir le confiné, d'autant que nous n'avions pas le droit d'ouvrir les vitres, ni la moindre aération, sans quoi le chignon de la grand-mère menaçait déconstruction.
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michdesolmichdesol   11 septembre 2017
La population a mauvais esprit. Ainsi quand les gens voyaient passer notre voiture, une vieille R 16 comme on n'en fait plus, on voyait bien qu'on les faisait rire. Cette ironie visait peut-être l'allure générale de l'attelage, ou le fait d'installer la grand-mère dans le hayon arrière, imperturbable sur son fauteuil, exposée comme en vitrine. C'était pourtant elle qui voulait qu'on l'installe là, avec la route qui se débine en point de mire. La vieille, elle ne supportait pas l'idée d'être à l'avant. De voir tous ces virages qui vous foncent dessus et ces voitures à contresens, ça la remuait autant qu'un film à grand spectacle. Alors que de voir les tournants s'étirer gentiment par l'arrière, de voir le long ruban se dérouler docile, à peine marqué par notre passage, ça la rassurait.
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ninachevalierninachevalier   16 avril 2016
L'amour, rien n'est plus galvaudé que l'amour, d'interminables implications de romances qui se confondent en généalogies, des unions qui se confondent sur le dos des enfants, des amants devenus parents, qui à leur tour aimeront leurs enfants...Et les grands -parent au dessus de ça, en point d'orgue, pour palier les carences...
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Vidéo de Serge Joncour
5 novembre 2020 Maison de la Poésie. Scène littéraire.
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