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Critique de Pois0n


Pois0n
  03 août 2019
Si j'ignore exactement à quoi je m'attendais en commençant Erik le Viking, une chose est sûre : certainement pas à ça. Fresque épique teintée d'humour ? Vu le résumé et le curriculum de l'auteur, ça paraissait logique. Sauf que non. Erik le Viking, c'est du conte merveilleux 100% pur jus, qui pas une seule seconde ne s'éloigne de la recette traditionnelle, à tel point que l'on pourrait presque cocher la check-list des ingrédients. Ça ressemble énormément aux voyages d'Ulysse et de Sindbad le marin.

Le problème, c'est que sur une histoire aussi longue, les défauts inhérents au genre se trouvent exacerbés. Il ne faut ainsi pas plus de quatre chapitres pour comprendre à quoi va ressembler tout le bouquin. Les péripéties ont beau varier, en substance, c'est toujours la même chose. Mais l'absence de surprises n'est sans doute pas le plus grave, le voyage restant malgré tout dépaysant.

Non, le vrai souci vient de la narration.
Déjà, elle va à l'essentiel : si vous vouliez de jolis décors ou des personnages un minimum approfondis, c'est râpé. Il y a Erik le chef, Thorkhild le sage, Sven le bourrin et Ragnar qui se retrouve souvent dans le rôle du damoiseau en détresse, et c'est tout ce qu'il y a à découvrir sur eux. Ça nuit tout de même pas mal à l'immersion, alors qu'un peu plus de détails auraient facilement pu camoufler les autres soucis. Et puis, Erik aurait tout autant pu être pirate ou négociant en vins, étant donné que le côté viking ou la culture scandinave ne sont exploités à aucun moment.

Mais ce qui plombe vraiment la lecture, ce sont les caractéristiques typiques du merveilleux qui, si elles sont un atout dans les récits plus courts, nuisent clairement à une histoire aussi longue où les nombreux chapitres ne sont qu'une succession de micro-aventures, pas forcément toujours très palpitantes (puisque leur déroulement est toujours identique, seul le cadre change...) et surtout, sans la moindre once d'originalité (on y retrouve en vrac de l'inspiration flagrante dans les oeuvres précitées mais aussi dans le Disque-Monde...). du coup, les répétitions à outrance (partout, tout le temps, quitte à continuer à préciser vingt pages avant la fin que le Dragon Doré, c'est le bateau ou que Thorkhild peut voir des choses que les autres ne voient pas... c'est bon, depuis le temps, on a compris !) et l'utilisation abusive du chiffre trois dans toutes les situations (épreuves, dialogues... pas un chapitre n'y coupe !) lassent extrêmement rapidement.

Alors certes, sur la fin, ça s'améliore un poil, les défauts précités ayant tendance à vaguement s'atténuer, mais c'est trop tard ; tout au plus referme-t-on le livre sur une note plus positive, mais sans pour autant oublier l'ennui qui a dominé pendant la majeure partie du voyage.

Et pourtant, inexplicablement, ça se lit. Ce n'est clairement pas mauvais en soi, juste... plat, sans relief. Et c'est dommage, vraiment dommage.

Restent heureusement les points forts du bouquin : tout d'abord les magnifiques illustrations (COULEUR !!!) de Boulet, dont le style inimitable colle parfaitement à l'ambiance du récit. Ensuite, l'édition somptueuse de Bragelonne, qui avait à l'époque pondu une couverture cartonnée rigide en simili-cuir avec incrustations métallisées bien plus jolie et agréable à prendre en main que l'équivalent en faux cuir souple et moche des éditions « collector » actuelles.

Bref, ouvrir Erik le Viking, c'est comme ouvrir un très bel écrin et se retrouver avec de la verroterie : ça peut être très plaisant... tant qu'on n'en demande pas trop.
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