AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestionsPrix Babelio
Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures

Gilles Perrault (Préfacier, etc.)
EAN : 9782020591911
176 pages
Éditeur : Seuil (20/06/2003)

Note moyenne : 3.4/5 (sur 34 notes)
Résumé :

Tout commence par une photo : celle, traditionnelle, prise dans la cour d'une école primaire de Belleville, en classe de CP. Une photo qui, à elle seule, raconte bien des histoires. Et pose bien des questions sur l'avenir des enfants qui y figurent .... Thierry Jonquet habite Belleville depuis plus de quinze ans. Ce récit montre des instantanés, des croquis de la vie quotidienne, des choses vues, et compose un portrait iconoclaste de ... >Voir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonRakutenCulturaMomox
Critiques, Analyses et Avis (6) Voir plus Ajouter une critique
Luniver
  15 mars 2019
Belleville, terre d'immigration depuis un siècle et quartier multi-culturel par essence : l'arrivée de polonais, d'arméniens et de juifs à la fin de la seconde guerre mondiale a été suivie de la communauté maghrébine, puis de la communauté asiatique. Superbe laboratoire pour étudier comment les choses se passent réellement sur le terrain, car ceux qui chantent le plus haut les vertus du vivre-ensemble sont généralement ceux qui le pratiquent le moins.
Ce livre en dresse un portrait plutôt sombre : les différentes communautés, se sentant peu considérées et protégées, se replient souvent sur elle-mêmes ; quelques mafias locales se développent, profitant des baisses régulières des effectifs de police qui ne parviennent plus à gérer la situation, entraînant dans son sillage trafic de drogue et prostitution.
Loin de l'idée du quartier populaire grouillant de vie, l'auteur nous dépeint plutôt un quartier qui s'enferme, à grands coups de portes blindées et de barbelés, pour conserver des îlots de tranquillité à l'écart de la rue qui symbolise avant tout le danger.
Écrit au début des années 2000, l'auteur déplore que les politiques continuent de faire l'autruche et refusent d'aborder les problèmes de sécurité de peur d' « apporter de l'eau au moulin du Front National ». Vingt ans plus tard, il apparaît que ne pas parler d'un problème ne le fait pas magiquement disparaître. Il serait intéressant d'avoir une suite, pour voir comment ce quartier a évolué, une génération plus tard.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          211
Rodin_Marcel
  17 mars 2015
Thierry Jonquet "Jours tranquilles à Belleville", deuxième édition publiée au Seuil dans la collection "Points" en 2003, avec une préface de Gilles Perrault et une importante "Postface" de l'auteur lui-même (ISBN 978-2-02-059191-1).

Ce témoignage est important pour trois raison au moins.
La première réside dans la description sans fard et au plus près, de la vérité des moeurs qui se sont installées ces dernières décennies dans ce qu'il est convenu "les cités", les "banlieues", les "ghettos" etc : Jonquet décrit la dégradation de l'habitat, la destruction des relations de sociabilité, les agressions de la bande à "Nique ta mère", le communautarisme qui s'installe inexorablement, la démission des instances publiques.

La deuxième réside bien évidemment dans le fait que ce soit précisément Jonquet qui expose de descente vers la barbarie : toute autre personne fournissant le même témoignage est suspectée immédiatement de connivence avec l'extrême droite, avec les racistes, avec les anti-d'jeun's, bref avec toutes les noirceurs de l'âme humaine vilipendées par le discours dominant de la gôôôche caviar bobo germanopratine qui verrouille la plupart des médias de grande diffusion.

La troisième raison tient dans la postface écrite par l'auteur lui-même, présentant les réactions suscitées après la parution de la première édition de ce témoignage en 1999 : toute la bien-pensance s'employant à verrouiller le langage et les informations lui était tombée dessus, surtout chez ses propres amis de la gauche extrême.

Depuis ce temps, depuis plus de quinze années donc, rien, absolument rien n'a changé, si ce n'est que la situation s'est encore aggravée et continue de se détériorer, si ce n'est qu'il est de jour en jour plus manifeste que les cercles politiques dirigeants (quelle que soit leur appartenance proclamée) n'ont aucune intention d'enrayer ce phénomène de destruction de la société, bien au contraire. Et les observations sur le verrouillage du langage et des médias sont toujours aussi actuelles...

Un témoignage à lire, à relire, à faire lire, sans espoir aucun.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          20
letitbe
  30 mars 2014
Publié en 1999, ce témoignage de Thierry Jonquet a suscité débats et polémiques.
Thierry Jonquet et sa famille résident à Belleville, quartier populaire et cosmopolite de Paris.
L'auteur observe la vie de son quartier, analyse ses composantes, ses mutations et livre ses opinions. Pas de langue de bois, c'est parfois brut de décoffrage et parfois politiquement incorrect. Thierry Jonquet qui se revendique homme de gauche , dévoile sans faux-semblant ses contradictions entre ses convictions et leur confrontation au réel.
Thierry Jonquet n'est plus. Nous sommes en 2014. Comment ce quartier a-t-il évolué depuis la publication de ce livre ? Je me rends dans à Belleville de manière épisodique. Je n'imaginais pas le quotidien de ses habitants et ne connaissais pas son histoire. Un témoignage intéressant, un point de vue très personnel. Je serais très curieuse de voir un auteur de prendre le relais de Thierry Jonquet et de livrer sa vision de ce quartier.
Commenter  J’apprécie          61
Chouchou58
  18 septembre 2015
Chronique sociale d'un vécu sans faux-semblants ni faux-fuyants. L'auteur fidèle à lui-même nous assène des vérités dérangeantes pour certains mais contrebalancées par un point de vue politique claire sans ambiguité. Inutile de s'enfoncer la tête sans le sable à l'instar de l'autruche. La réalité, il faut faire avec. Pour la combattre, il faut accepter de la décrire, avec des mots crus. Jonquet reste et restera une référence politique, sociale et littéraire à mes yeux pour tout ça!
Commenter  J’apprécie          30
Katiouchka
  24 novembre 2012
Et bien je l'ai bien aimé ce livre. Normal que cela me parle, j'ai vécu 10 ans dans ce quartier, alors j'y retrouve plein d'espace et de lieux que je connait. J'y retrouve certaines scènes que j'ai vécu ou auxquelles j'ai assisté.
Ce quartier mixte, inter-culturel, ou se cotoie drogue, violence, tripot de jeux, ou l'on peut même s'y faire traiter de "touriste" même quand on y habite.
Je n'y vit plus, pas pour le quartier mais pour cette impression d'étouffer entre ces immeubles, besoin de verdure je crois. Mais quand j'y retourne, j'ai toujours cette impression de dépaysement et de voyage... mais au coeur du béton.
Commenter  J’apprécie          20

Citations et extraits (25) Voir plus Ajouter une citation
LuniverLuniver   11 mars 2019
Voilà en effet que Belleville, ce Belleville de légende, devient à la mode. On s'arrache les albums de photographies anciennes, les cartes postales, toutes empreintes de nostalgie, qui nous montrent un Paris de rêve, avec ses courettes fleuries, ses artisans bourrus, ses marchandes de quatre-saisons à la poitrine généreuse, ses gosses de la rue, gavroches maigrichons et insolents, ses cafetiers et ses cochers. Elle ont le charme des images d'un passé dont on se plaît à évoquer les douceurs. Qui peuvent-elles séduire ? Les nouveaux occupants de lieux, pardi ! Claquemurés dans nos clapiers de luxe, protégés de la racaille par nos digicodes, nos systèmes d'alarme, nous rêvons au temps où la rue était « conviviale », où Belleville n'était pas encore devenu un sinistre clone de la banlieue. Il m'arrive parfois de feuilleter les albums de Willy Ronis. Je me laisserais presque attendrir.

Au-delà des apparences idylliques, quelle détresse ! Pensez donc ! Qu'elle était belle, la rue des Envierges, aux pavés disjoints et luisants sous la pluie, quand les gamins tuberculeux y crachaient leur sang ! Comme ils étaient séduisants, les escaliers moussus de la rue de la Mare, du temps où les « yids » s'entassaient dans les soupentes, où les Arméniens dansaient devant le buffet ! Qu'il faisait bon vivre, dans ce Paris désormais disparu, à l'époque où les moricauds rescapés du massacre de 14-18 – chair à canon déportée des colonies, hébétée, hachée par la mitraille – tendaient leur sébile dans les flonflons des bals patriotiques ! Comme ce devait être doux de prendre le funiculaire du faubourg du Temple pour regagner le taudis rongé par les poux, la gale et les punaises, après une journée de travail de plus de douze heures ! Qu'elles devaient être charmantes, et pittoresques, « gouailleuses », n'est-ce pas, les putains de la place des Fêtes, elles qui, épuisées après des journées entières à s'user la santé au tapin, s'installaient à califourchon sur des bidets de fortune pour avorter, et qui parfois finissaient par mourir d'hémorragie, la main encore crispée sur l'aiguille à tricoter qu'elles s'étaient enfoncée entre les cuisses...

Malgré toute cette misère, Belleville était une véritable terre d'accueil et de fraternité, dont les habitants savaient se reconnaître les uns les autres. Un fleuve de béton a noyé ce paradis modeste et discret. Mieux vaut ne plus en parler.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          70
LuniverLuniver   14 mars 2019
Tous les soirs, le journal télévisé dresse le hit-parade de la souffrance planétaire, du Kosovo à Timor, quasi in extenso. Entre guerre, massacre et famine, on s'y perd. La France, avec des efforts méritoires, produit désormais ses propres crève-la-faim, en masse, et se refuse à en importer. Aux marches de l'Europe, dans le détroit de Gibraltar, les gardes-côtes espagnols font la chasse aux fous embarqués sur des rafiots de fortune et qui cherchent à se faufiler entre les mailles du filet. Les boat people de l'an 2000 auront la peau noire. L'immigré sera refoulé dans les eaux de la Méditerranée. Il n'atteindra plus Belleville, son Chinatown, ses cités de béton, ni ses jardins, ses squares où fleurissent les seringues, les épluchures de citron, et où s'abat le clodo, son frère d'infortune, celui-là même qui, parfois animé d'un sentiment patriotique saugrenu, ne rechigne pas à flétrir le bicot, les nègre menaçant de venir lui disputer les pièces de dix francs que distribuent les nantis.
— Mendiants de tous les pays, unissez-vous ? Lui suggère-t-on.
— La France aux Français ! proclame-t-il, la voix pâteuse, la main rivée sur son kil de rouge.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          40
LuniverLuniver   13 mars 2019
La dégradation est très lente. Les riverains, mithridatisés par les coups portés à leur environnement immédiat, s'y accoutument imperceptiblement. Un tag par-ci, un clodo calfeutré dans une encoignure de porte par-là, un panneau de signalisation renversé, une mobylette à demi démontée et abandonnée dans une flaque d'huile un peu plus loin, une seringue dans un caniveau ; et le tour est joué. Infesté à la toxine de la misère à dose homéopathique, l'Homo bellevillus oublie peu à peu à quoi ressemble une ville digne de ce nom. À l'abri derrière sa porte blindée, la mémoire saturée d'images de fil de fer barbelés et de grilles, de portes anti-vandales, bientôt sans doute armé de caméras de détection des intrus en bas de chaque immeuble, il voit son univers se rétrécir aux dimensions d'une cellule bien douillette hors de laquelle il ne fait pas bon s'aventurer.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          30
LuniverLuniver   12 mars 2019
Brise les chaînes ? Quelle idée saugrenue ! Blindages, barreaux, barbelés fleurissent à l'envi dans tout le quartier, au contraire. C'est une véritable architecture de dissuasion qui se met en place. À quand les douves, les meurtrières ?
Commenter  J’apprécie          60
rkhettaouirkhettaoui   24 février 2013
Toute cette poussière d’humanité patiemment décantée au fil des années s’était incrustée dans le moindre interstice de la pierre, s’y était enracinée avec la patience aveugle du chiendent prenant possession de son misérable carré de terre sale.
Commenter  J’apprécie          10

Videos de Thierry Jonquet (9) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Thierry Jonquet
Chronique consacrée aux grands noms de la littérature policière, et animée, depuis octobre 2018, par Patrick Vast, dans le cadre de l'émission La Vie des Livres (Radio Plus - Douvrin). Pour la 29ème chronique, le 12 juin 2019, Patrick présente l'auteur Thierry Jonquet. Patrick Vast est aussi auteur, notamment de polars. N'hésitez pas à vous rendre sur son site : http://patricksvast.hautetfort.com/ Il a également une activité d'éditeur. À voir ici : https://lechatmoireeditions.wordpress.com/ La page Facebook de l'émission La Vie des Livres : https://www.facebook.com/laviedeslivres62/
autres livres classés : bellevilleVoir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonRakutenCulturaMomox





Quiz Voir plus

Thierry Jonquet (facile pour les fans)

Connaissez-vous vraiment Thierry Jonquet ? Il est célèbre pour...

ses BD historiques sur la Renaissance
ses documentaires animaliers
ses carnets de voyage
ses romans noirs

12 questions
84 lecteurs ont répondu
Thème : Thierry JonquetCréer un quiz sur ce livre