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ISBN : 2070406385
Éditeur : Gallimard (23/10/1998)

Note moyenne : 3.91/5 (sur 395 notes)
Résumé :
Un corps massacré est découvert dans un immeuble délabré. Non identifiable. On peut juste constater que c'est une jeune fille. Détail macabre, la main droite a été coupée. Le travail est propre, le tueur s'y connaissait. L'équipe de l'inspecteur divisionnaire Rovère est chargée de l'enquête. Une semaine plus tard, un deuxième cadavre est retrouvé. C'est aussi une femme et le rituel de l'assassinat est le même. Dès lors, l'idée d'un meurtrier poursuivant une vengeanc... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (35) Voir plus Ajouter une critique
DanD
  13 novembre 2017

Un polar bien ficele.
J'ai bien aime comment Jonquet retrace l'ordinaire de la police et des juges quand ils instruisent un crime. La mise en place de l'enquete, les rapports police-justice, les contraintes, les tensions, les pressions des superieurs et de la classe politique. Alors que les enqueteurs ont deja d'autres affaires sur les bras.
L'intrigue, elle, commence doucement pour accelerer au fil des pages. Il est vrai qu'aux deux tiers du livre je me doutais bien deja de l'identite de l'auteur des crimes relates, mais cela n'a pas terni mon plaisir. Les personnages sont magnifiquement traites, tout en n'etant pas forcement atypiques. A chacun sa blessure, sa dechirure, ses bizarreries, ses etats-d'ame qui changent avec les jours et les evenements, ses moments d'accablement et ses quintes de jovialite. Ce qui fait qu'en les suivant on a l'impression de les comprendre tous, enqueteurs et criminels.
Et puis c'est un roman sur les repercussions, les contrecoups de l'histoire de la deuxieme guerre mondiale, de la shoah, cinquante ans après. Accablant parce qu'on sent que Jonquet en est encore tourmente. Que le souvenir des deportations, des camps, de l'attitude et des agissements de certains temoins le travaillent au quotidien.
Et puis il sait rendre vivants les rues et les quartiers de Paris. Et le centre de Cracovie (c'est presque un petit guide), et les villages polonais en bordure des camps. On s'y croirait.
Et puis le titre, Les orpailleurs, qu'on ne comprend qu'a la fin, et qui devient en soi tout un requisitoire.
Et puis je trouve que Jonquet ecrit tres bien, que c'est un grand conteur.
Le tout fait que j'ai aime ce livre, et que je conseille chaudement de le lire.
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Sharon
  19 juin 2012
Excellent !!!!!
Thierry Jonquet est un auteur génial, et son décès n'y change rien : son oeuvre doit absolument être connue.
Je lis parfois : attention, âme sensible ! La mienne ne doit pas l'être, je n'ai pas trouvé que la découverte du cadavre ou les détails qui sont donnés ensuite étaient insurmontables. Même les autopsies restent sobres, sans complaisance et Pluvinage est un légiste haut en couleur. Ce qui était particulièrement poignant était les origines de ce crime, et le dénouement, bouleversant.
Bien sûr, les personnages ont donné naissance à la série Boulevard du palais, mais ils n'ont pas dans la série la complexité que Thierry Jonquet leur a donné initialement, dans ce tome ou dans Moloch, un des tout premiers livres que j'ai chroniqué sur le forum Partage-Lecture. Rovère est loin de ces policiers-qui-cachent-une-blessure-secrète. La plaie béante à son côté, tous la connaissent, certains tolèrent donc beaucoup à cause d'elle, parce qu'il est un enquêteur hors pair, parce que son insolence n'est pas gratuite mais va contre un chef prompt à joindre les sentiers battus, parce que chaque flic a droit à une vie privée, même si elle est privée de tout. Diméglio, Dansel, et même le petit Choukroun, un bleu, tous suivent ses ordres aveuglément.
Les rapports avec le Palais sont plutôt froid, jusqu'à ce qu'une nouvelle juge soit chargée de l'affaire. Elle s'appelle Nadia Lintz, vient tout juste d'être mutée à Paris après avoir été juge pour enfant à Tours pendant plusieurs années. Elle a choisi cette affectation pour tirer un trait sur son passé - tout son passé - et cette décision marque son courage et sa tenacité. Ses deux qualités lui permettent de tenir face aux pressions qui pèseront sur elle tout au long de l'enquête, et des autres affaires. En effet, la vie d'un juge n'est pas limité à un seul dossier, ce serait trop beau. Les meurtres se suivent, le sordide semble ne pas avoir de limite, l'inespoir non plus. Nous ne sommes plus dans les enquêtes d'Agatha Christie, où la société est foncièrement bonne, et le meurtrier foncièrement mauvais. Nous sommes dans une société où rien ne va (plus), où la famille n'est pas en mesure de protéger les siens. Les orpailleurs sont aussi une histoire d'enfants perdus.
Les enfants grandissent, et deviennent des vieillards qui n'ont pas fondé de famille à leur tour. Ici, un frère et une soeur s'accrochent l'un à l'autre, se détestent, se querellent, et ne peuvent à l'heure de la retraite et de la maladie, vivre l'un sans l'autre. Là, un médecin sexagénaire tarde à prendre sa retraite, parce qu'il aime se dévouer aux autres, dans ce quartier à deux doigts de la démolition. Puis, il y a Izy. le moindre commentaire sur lui me paraît réducteur. Il a traversé tant d'événements que la sobriété est de rigueur pour parler de ce sexagénaire charismatique. Son parcours même à travers ce roman est exemplaire, et donne véritablement son sens au mot amitié, même s'il doit refaire un chemin qu'il s'était juré de ne plus jamais parcourir, même s'il ne pensait pas revenir là. Arbeit macht frei.
Les orpailleurs est un de mes coups de coeur du mois de juin.
Lien : http://le.blog.de.sharon.ove..
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Beatson
  30 août 2015
Tout d’abord, à partir d’un meurtre, il y a la présentation de toute une équipe d’enquêteurs et de membre de la justice, chacun ayant plusieurs affaires et plusieurs tâches sur les bras, certaines de ces affaires ou de ces tâches passant de personne à personne quand il y a des indisponibilités ; Ensuite, chacun de ces personnages à sa propre vie, ses propres problèmes, amours et amitiés et vie privée qui sont exposés régulièrement tout au long du roman.
Si ce n’était que ça : L’affaire principale aussi fait apparaître progressivement différents personnages et différents comportements délictueux qui finalement mettent un peu l’équipe de fins limiers sur de fausses pistes en servant de « leurres ». Bref tout ça montre que Thierry Jonquet était capable de mettre en scène de vrais êtres humains plongés dans la vraie vie. Chapeau !
Dès le milieu du roman, il y a par-ci par là des interventions de l’assassin qui décrit un peu ses états d’âmes et certains de ses actes mais, on ne sait pas qui il est bien que l’on comprenne qu’il fait partie des personnages intervenant dans l’histoire. En fait j’avais deviné à certains détails qui il était mais, ses motivations étaient quasi impossibles à deviner. De même, le pourquoi du titre du roman reste longtemps mystérieux. Il faut attendre la fin du roman pour comprendre tous ces éléments.
Et tout cela est écrit dans un style si fluide, si naturel que cela démontre une grande maîtrise romanesque.
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Darkcook
  16 avril 2013
Diantre, je n'avais pas fait ma critique Babelio des Orpailleurs! Ma distraction me fait peur...
Mon Thierry Jonquet préféré avec Mygale. Et avec Ils sont votre épouvante et vous êtes leur crainte, aussi. J'avais lu Moloch avant, et même si j'avais beaucoup aimé, certains points me faisaient grimacer, et j'ai eu la joie de découvrir Les Orpailleurs, meilleur à tous points de vue, peut-être moins sombre et plus classique, mais la claque est assurée.
Un tueur en série sévit dans Paris, assassinant de jeunes femmes qu'il laisse avec une main coupée. En même temps, on apprend à connaître les personnages, dont Nadia, qui se lie avec certains anciens déportés juifs... On se doute que l'enquête va nous amener sur ce terrain mais sans doute pas de sa conclusion (avec une fausse piste assez bien vue, là où Moloch était prévisible) grandiose, qui nous exile de Paris pour Birkenau lui-même. Un roman policier savoureux, en même temps témoignage très réussi sur la Shoah, avec un tueur pathétique à souhait. Lisez-le!!
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ytsablog
  08 décembre 2015
Longtemps, j'ai aimé Thierry Jonquet sans le savoir, "Boulevard du Palais" faisant partie de mes séries fétiches notamment et surtout à travers les personnages. De Rovère à Litz en passant par l'inénarrable Pluvinage et l'excellent Dimeglio... Jonquet, l'écrivain, j'en avais entendu parler ici ou là au hasard de conversations littéraires avec quelques bons amis mais aucun n'avait cru bon de me signaler que ses personnages, les héros de ses propres livres, avaient inspirés ceux de la série. Et ce n'est qu'au hasard d'une de mes nombreuses errances dans ma librairie favorite que je découvris ce recueil de 4 des romans de l'auteur.
La quatrième de couverture ne mentionnant étonnamment pas le rapport entre les livres et la série, il m'a fallu quelques pages du premier roman: "Les Orpailleurs" pour commencer à me douter de la chose... Tiens, le flic s'appelle Rovère, tiens son adjoint c'est Dimeglio... Oh ! Le Légiste s'appelle Pluvinage ! Le doute n'était plus permis.

Cette longue introduction étant faite, il ne me reste plus qu'à vous dire que si j'adore toujours la série en question, que la RTS a le bon gout de diffuser, je suis totalement tombé sous le charme des romans. "Moloch" a succédé aux "Orpailleurs" avec la même jubilation à la lecture de ce style tout en nuance, en petites touches, en subtilité. Jonquet est un impressionniste du roman noir ! Chacun de ses romans est un pavé conséquent où chaque mot a sa place, son poids, son sens... Dans l'histoire elle même, comme dans l'actualité et la réalité du monde que Jonquet nous dépeint sans concession et avec une rare justesse. Qu'il nous parle de la Shoah, des profiteurs de guerre, des enfants maltraités, de la prostitution, il parle juste, il parle fort... et nous donne aussi un peu à réfléchir bien au delà de l'intrigue toujours solide de son œuvre.

Les personnages sont tels que je les attendais après avoir côtoyé leurs doubles télévisuels: profonds, épais, pleins de doutes et de défauts, tellement humains et généreux, tellement vrais qu'on ne peut que les aimer et vivre avec eux leurs aventures de papier.

Deux romans avalés à la suite l'un de l'autre, et une courte hésitation à l'heure de choisir entre plonger dans le troisième ou m'accorder une petite pause pour passer à autre chose. J'ai fait finalement le second choix, avant tout parce qu'il me plaisait de me dire que j'avais encore deux de ces petits bijoux en réserve, faire durer le plaisir, attendre... un peu comme, enfant, on attend le matin du 25 décembre...
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Citations et extraits (13) Voir plus Ajouter une citation
AproposdelivresAproposdelivres   13 octobre 2014
Indifférent à leur attente, Dimeglio reprit lentement son souffle. Son regard croisa celui d’un vieillard très raide, qui semblait surveiller la place comme un général le champ de bataille. Malgré la douceur du temps, il portait un curieux manteau de cuir à martingale, dont la coupe évoquait une quelconque origine militaire. Appuyé sur une canne, goguenard, sa casquette vissée sur le front, il toisait les flics d’un air supérieur, mécontent de leur précipitation et en même temps amusé par le spectacle de leur apparente incompétence. Un troisième car de police en tenue – Dimeglio disait « le prétoriens » - se faufila sur la petite place et les hommes en descendirent pour se déployer en renfort face aux badauds. Alignés sur le trottoir, ils interdirent l’accès des immeubles proches de celui où l’on avait trouvé le corps. Une camionnette de pompier occupait déjà le terre-plein de la place, garée au beau milieu d’un quadrilatère formé par des platanes rabougris.
- Le commissaire a pensé que c’était mieux d’envoyer des renforts. C’est un quartier sensible, ici ! expliqua le brigadier en s’avançant vers Dimeglio.
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cocacoca   05 août 2012
Vous voyez ces champs, ces vergers ? C'est rassurant, n'est-ce pas ? Eh bien chassez cette image de votre tête, mon vieux ! Vous vous trouvez dans le plus grand cimetière du monde ! Il n'y a pas une seule motte de terre, pas une seule, vous entendez, qui ne renferme des cendres humaines ! Des millions, des millions de cadavres... brulés, enterrés sous cette herbe si tendre ! On apercevait les flammes des crématoires à plus de vingt kilomètres à la ronde !
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AproposdelivresAproposdelivres   13 octobre 2014
Dimeglio, entraîné par ses cent kilos, poursuivit sa descente tout schuss, atteignit le premier étage, faillit glisser sur le palier de l’entresol, se rattrapa tant bien que mal, et jaillit au-dehors, sous le regard épouvanté de la concierge, une Mme Duvalier, sans aucun rapport avec le dictateur, évidemment. Ladite dame s’était munie d’un de ces masques que portent les maçons afin de se protéger de la poussière, lorsqu’ils poncent les murs, ou dans d’autres circonstances analogues. Bravache, elle se tenait devant sa loge, les deux poings sur les hanches, le bigoudi en bataille. Une nature, la Duvalier ! songea Dimeglio, en serrant les dents.
Il sortit dans la rue, avala quelques goulées d’air frais, puis dévisagea un à un les badauds qui l’observaient, effarés. Ils étaient nombreux malgré l’heure matinale et l’interrogeaient du regard, attentifs, comme s’ils s’attendaient à ce qu’il prononce une allocution.
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mgeffroymgeffroy   28 janvier 2008
- Je vous préviens, c'est un véritable poème... murmura Dimeglio.
Il tenait sa main plaquée sur le bas de son visage. Son teint, d'ordinaire rubicond, était livide.
- Faites attention en montant, c'est pourri ! ajouta-t-il d'une voix étouffée.
Rovère haussa les épaules et continua seul l'ascension. À partir du troisième, l'escalier était à claire-voie. Penché sur les marches gluantes de crasse humide, il constata que certaines d'entre elles avaient été sciées en leur milieu et laissées ainsi, dans l'espoir évident de piéger les intrus suffisamment imprudents pour se risquer jusque-là (...).
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AproposdelivresAproposdelivres   13 octobre 2014
Une délégation de petites vieilles du quartier, accourues à l’annonce de la nouvelle, portant toutes un cabas vide mais déjà prêt à recevoir les trésors qu’elles iraient glaner sur le marché du boulevard de Belleville, plus tard, à la fin de la matinée, quand les commerçants abandonnent sur le macadam les légumes invendables.
Puis les menuisiers d’un atelier voisin, aux cheveux couverts de sciure, graves et vaguement condescendants ; ils s’étaient résolus, après mille réticences, à abandonner varlope et trusquin pour venir voir œuvrer la flicaille.
Et encore, massés au carrefour, craintifs, prêts à déguerpir au moindre signe hostile, quelques manutentionnaires tamouls employés dans les ateliers de confection du quartier, et qui ne lâchaient pas pour autant leurs diables chargés de ballots de tissus bariolés.
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Videos de Thierry Jonquet (7) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Thierry Jonquet
Jean-François Balmer lit un extrait des Orpailleurs de Thierry Jonquet .Inventé par le romancier Thierry Jonquet, le fantasque commandant Rovère tire sa révérence ce mercredi soir, dans l?ultime épisode de la série Boulevard du Palais (France 2, 20h55). Nous avons proposé à Jean-François Balmer, l?interprète depuis 1999 de ce flic nihiliste et lettré, de lire un passage des Orpailleurs de Thierry Jonquet. Dans ce polar, sous la plume alerte de l?écrivain décédé en 2009, apparaît pour la première fois la figure désabusée du drolatique condé, magnifique éclopé de la vie. On ne pouvait rêver meilleur hommage pour enterrer ce cher Gabriel Rovère, avec tous les honneurs qu?il mérite? Lecture au coin du zinc d?un café de la Butte Montmartre, dans un de ces rades que le policier soiffard n?eût pas dédaigné.
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