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ISBN : 2258113350
Éditeur : Les Presses De La Cite (27/08/2015)

Note moyenne : 2.93/5 (sur 30 notes)
Résumé :
"S'il t'est véritablement impossible de prendre soin de toi, veux-tu au moins me faire le plaisir de t'occuper de ton roman ?"

Un beau matin, Eyja se réveille dans un petit village de pêcheurs islandais, mariée à un ivrogne de vingt ans son aîné. Si ce dernier empoisonne son quotidien, elle ne parvient pourtant pas à s'en détacher. Mais sa grand-mère, déterminée à la bousculer, lui offre un nouveau départ et l'envoie rejoindre sa cousine, l'audacieuse... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (26) Voir plus Ajouter une critique
nameless
  28 août 2015
Si “Tourner la page” est le premier roman d'Audur Jonsdottir traduit en français, elle n'en est pas pour autant à son coup d'essai, puisque ses opus précédents, restés dans leur langue originelle sans doute faute de traducteurs submergés par l'abondante offre éditoriale scandinave, ont déjà reçu de prestigieuses récompenses. de surcroît, Audur appartient à une lignée qui sait ce qu'écrire signifie puisque son grand-père, Halldor Kiljan Laxness a été le récipiendaire en 1955 du prix Nobel de littérature, et en 1952, du prix international de la paix, il existe des références moins nobles.

Il ne s'agit pas d'un roman banal ni facile. Pour apprécier son charme envoûtant autant que déroutant, il m'a fallu oublier ma grille de lecture habituelle, me mettre en état de lâcher-prise littéraire, et me laisser emporter dans l'univers diffracté d'Audur, bien éloigné de celui qui m'est familier.

Le pitch tient en deux lignes et c'est dommage car il est bien trop réducteur : Eyja est mariée à un ivrogne de 20 ans son aîné surnommé le Coup de vent. le couple bat de l'aile, “Eyja devait bien savoir que, parfois, aller prendre une bouffée d'air à l'étranger était nécessaire aux femmes pour comprendre que leur couple ne marchait pas.” (p.33). C'est ainsi que sa grand-mère lui offre, à la condition qu'Eyja quitte son mari, 100 000 couronnes pour se rendre au pays des insectes et des serpents d'eau, en Suède, chez une cousine, où elle pourra enfin travailler sur le roman qu'elle rêve d'écrire.

Eyja-Audur est “une jeune femme capable à la fois de tenir un stylo et de parler le langage de la campagne. Prête à s'emparer du passé comme de n'importe quelle vision fantasmagorique.” (p.107). Elle convoque ses souvenirs familiaux et au-delà, islandais, et les raconte dans un ordre aléatoire qui est celui imposé par sa mémoire et son lent et douloureux travail de renaissance. Dans des chapitres aux titres très explicites, elle évoque surtout la vie de sa mère et de sa grand-mère, ainsi que d'autres femmes aux surnoms poétiques : “la reine du ski”, “la fille aux yeux d'oiseau marin”, “la cantatrice”, mais également une avalanche tueuse qui est gravée dans la mémoire collective islandaise, la venue de David Lynch à Reykjavik, un club d'occultisme réservé à des femmes spirituelles, une rencontre sexuelle avec un météorologue qui est dans les nuages. Tous ses souvenirs baignent dans une atmosphère onirique comme s'ils étaient floutés par le brouillard islandais. L'évocation de comptines ou histoires traditionnelles qui se transmettent oralement ajoute encore du mystère à ce roman dans lequel l'intrusion de sylvestres diablotins ou d'une armée de trolls paraîtrait naturelle à tout lecteur qui s'est laissé embarquer par Audur.

Dans la seconde partie de “Tourner la page”, Audur expose un guide de sa rééducation en 10 étapes qui servent à intituler les chapitres : “Première étape de la rééducation de l'esprit et du corps : se réveiller”, “Troisième étape de la rééducation, seconde partie : faire de son mieux (et retrouver au passage la femme en soi)”, “Sixième étape de la rééducation : coucher avec un autre”, pour arriver enfin, après un si long voyage au coeur de son histoire à l'ultime, celle qui signe sa résurrection : “Dixième étape de la rééducation : mettre ses pensées en mots”.

“La magie, dans l'écriture d'un roman (...), c'est de savoir l'achever. L'écrivain doit boucler la boucle pour chacun de ses personnages. Ceux qui ne se plient pas à cette règle et oublient de conclure chaque détail ne savent pas raconter une histoire.” (p. 425).

Et bien, je vous le dis, Audur Jonsdottir sait raconter une histoire, une belle histoire sensible de femme islandaise. “Tourner la page” est un roman insulaire et féminin, poétique, attachant, singulier et novateur, que j'ai été enchantée de découvrir grâce aux Editions Presses de la Cité et à Babelio, que je remercie pour leur confiance.
Je souhaite à Audur de très nombreux lecteurs français et/ou francophones.









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Piatka
  04 octobre 2015
Je ne sais pas si, comme le laisse entendre la quatrième de couverture, Eyja l'héroïne " parviendra à écrire le roman auquel elle pense depuis des années ", mais moi, je ne parviendrai pas à terminer ce roman. Je suis péniblement parvenue à la 208ème page - j'ai terminé un chapitre - et je n'ai pas tourné la page suivante.
C'est rare, très rare même, mais je n'accroche définitivement pas.
L'intrigue promettait pourtant : promesse d'un nouveau départ après un mariage raté, projet d'écriture sensé accompagner un renouveau. Bref, je m'étais laissée séduire par le résumé. Mais voilà, je n'éprouve aucun plaisir à poursuivre la découverte de la vie compliquée et pour moi sans saveur de l'héroïne qui, à presque la moitié du livre, n'a toujours pas véritablement commencé à écrire, se perd dans des détails de sa vie sans intérêt, passe sans aucun fil conducteur du présent au passé et vice-versa.
Malheureusement, le " style vif et sans fioritures " m'a également souvent agacée par son manque de recherche littéraire ; son caractère brut voire journalistique ne m'a pas permis de savourer un style justement, et j'ai eu souvent l'impression que la traduction n'était peut-être pas à la hauteur du texte original. Je m'explique : il m'a semblé étrange de devoir relire certaines phrases pour en saisir le sens. Ça casse le rythme de lecture et finit par lasser.
Merci néanmoins à Babelio qui grâce à masse critique m'a déjà permis de découvrir des horizons littéraires nouveaux. Dommage, pas cette fois-ci !
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sandrine57
  02 novembre 2015
Cent mille couronnes. Une somme rondelette que la grand-mère d'Eyja lui propose pour un nouveau départ, pour accompagner la cousine Rúna en Suède, peut-être écrire le livre dont elle parle depuis longtemps, et surtout quitter son mari, un homme de vingt ans son aîné, surnommé le Coup de vent, un ivrogne avec qui elle entretient une relation destructrice. Eyja hésite, elle aime son mari, croit encore pouvoir l'arracher à ses démons, pense qu'il sera perdu sans elle. Finalement, elle cède, pressée aussi par sa mère et suit Rúna, la Reine du ski, dans son camp de vacances suédois. La cousine, femme forte et volontaire, lui impose une sorte de rééducation, à coup de lever matinal, nettoyage des chalets, baignade dans le lac, refuse de lui passer le Coup de vent au téléphone et l'encourage à coucher avec un autre homme. Entre retours sur le passé, souvenirs d'enfance et profondes réflexions, Eyja se reconstruit et couche sur le papier les mots qu'elle gardait au fond d'elle depuis si longtemps.
Dame Joliette de France, c'est ainsi que dans cette famille les femmes appellent l'aînée de leurs filles. Une famille où l'écriture tient une place importante, le grand-père d'Eyja, dit le Poète National a d'ailleurs reçu le prix le plus prestigieux. Sa mère écrivait, elle aussi, jusqu'à ce que les mariages successifs et l'alcool la coupent des mots. Et quand Eyja écrit son premier article, sa mère cesse définitivement d'écrire. La fille a-t-elle volé son don à la mère ? Quoi qu'il en soit, la culpabilité ne la quitte plus et elle ressent le besoin de sauver les gens, quitte a se perdre. Mariée presque par hasard à un écorché vif qu'elle croit pouvoir consoler et guérir, Eyja veut réussir là où elle a échoué avec sa mère. le livre, largement autobiographique, puisque le grand-père d'Audur JÓNSDOTTIR n'est autre que Halldór Laxness, récompensé d'un prix Nobel, explore la transmission et aussi le travail d'écriture, riche de difficultés et de satisfactions mêlées. L'auteure écrit sans souci de linéarité temporelle, passant du passé au présent, sautant vers le futur. Ce procédé est déstabilisant de prime abord, mais il faut, pour apprécier cette lecture, entrer dans le monde particulier d'Eyja où la colère et la folie cachent une tendresse pudique. L'écriture saccadée, brouillonne, fouillis, prend sens dans la vie chaotique d'une femme qui tente de se remettre sur les rails. C'est un livre difficile à appréhender mais riche d'enseignement sur la création littéraire et la difficulté de se construire dans l'ombre d'un grand homme. Sensible, puissant, loufoque par moment, un roman à découvrir.
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jovidalens
  21 septembre 2015
La page se tourne au beau milieu du livre.
C'est toujours difficile et douloureux de tourner la page : il faut une bonne raison pour le faire. Donc cela demande un temps de réflexion, se retourner sur sa vie passée, faire un point, espérer un sacré mieux dans le futur pour sauter le pas.
C'est l'histoire certainement un peu autobiographique que nous raconte avec beaucoup de finesse, de tendresse et de pudeur Audur Jonsdottir.
L'action se situe des années 90 à nos jours. Toute la première partie se situe en Islande et la seconde , d'abord au soleil estival de la Suède et puis, en différents pays d'Europe (mais cela n'a plus alors d'importance : le monde lui appartient)
Le livre débute quand la grand-mère la met devant une réalité, la réalité d'Eyja. Eyja a un désir, un besoin profond d'écrire, mais n'y arrive pas. Elle vit auprès d'un homme qu'elle aime et qui l' aime, dans des conditions financières plus qu'aléatoires, entre beuveries et dettes. le marché proposé à Eyja est de partir en Suède avec sa cousine Runa pour s'éloigner de cet homme et se mettre réellement à écrire.
Dans cette première partie c'est toute l'errance d'Eyja, les souvenirs qui lui reviennent en tête, interférant avec ce qu'elle vit aujourd'hui ; c'est en désordre, comme lorsque l'on doit prendre une importante décision et que tout se bouscule dans la tête que l'on n'arrive pas à ordonner sa pensée ...Et c'est avec ce charivari que l'auteur nous parle d'Eyja.
De la difficulté de vivre dans une famille de toqués des mots …
Elle est fascinée par les mots et éprouve ce besoin impérieux de les voir imprimés sur du papier, toujours émerveillée que l'agencement de ces mots construisent, s'agencent en un roman, un article.
Elle a déjà publié quelques articles, avec des fulgurances comme l'interview d'une strip-teaseuse mais son grand projet c'est de publier un roman avec tous ses mots, ses mots rien qu'à elle
Et c'est bien sur ce désir aussi inextinguible qu'une soif, comme celle des alcooliques, que la grand-mère va utiliser comme un levier pour la faire abandonner sa vie actuelle, son Coup de Vent et cet sorte de brouillard dans lequel elle évolue
Eyja a du mal à se reconnaître en tant que femme ; les femmes qui l'entourent ou sont comme Grand-mère, parfaite maîtresse de maison, assistante parfaite du Poète National, mère et grand-mère parfaite et toujours accueillante et attentionnée. Maman mettant des enfants au monde et écrivant des articles. La féminité, la maternité, ça lui fait peur...
Ce qui caractérise Eyja c'est aussi sa culpabilité, culpabilité vis à vis de sa mère qui ne décroche pas de l'alcool ; mais qui arrête d'écrire quand sa fille publie ses premiers articles. Culpabilité d'Eyja face au drame de l'avalanche qui a détruit le village de son amie. Elle se sentira inutile devant cette catastrophe et préférera prendre un avion pour aller à l'autre bout de l'Islande pour travailler à une chaîne de congélation et créer de nouveaux liens avec des inconnus
Comment comprendre qu'elle soit mariée à ce ...Coup de Vent
Quand elle fait une crise d'épilepsie, il n'appelle pas les secours, il lui donne un KitKat et un verre d'eau et elle s'endort. Rassurant ; C'est certainement une des raisons pour laquelle elle se sent si bien avec lui : sa présence la rassure, comme un pilier, un rocher qui a affronté des tempêtes et se moque des ...aléas . Lui seul arrive peut-être à la libérer, lui faire oublier toutes ses culpabilités : « elle s'estimait heureuse d'avoir enfin rencontré quelqu'un qui ne s'encombrait pas de toutes ces broutilles que les gens croyaient devoir faire chaque jour »

L'absence des hommes : Mari passé, Mari à venir, le météorologue, le biologiste, le Poète national (ne pas oublier la majuscule à poète) parce que le seul véritable homme, à la virilité de viking c'est son mari à elle : le Coup de Vent. Non il n'est pas rejeté par la famille d'Eyja pour preuve, sa soeur cadette Agga préfère vivre au foyer conjugal d'Eyja que dans la maison de leur mère ; avec le Coup de vent, Agga partage en douce la dope, l'alcool, les livres et les parties de scrabble. Faut dire que chez Maman l'atmosphère est souvent aussi alcoolisée et tumultueuse. Entre Eyja et le Coup de Vent il existe une harmonie : celle d'un couple qui « fonctionne ». Alors pourquoi faut-il les séparer ?
C'est la neige et l'obscurité et le froid glacial en Islande mais la chaleur et la tendresse l'entoure. La grand mère , la femme du poète nationale le véritable socle de cette famille : toujours accueillante et qui sait ce qu'il y a à faire.
Dans ce roman il y a ceux qui ont des surnoms et les autres. Pour les plus proches elle n'utilise pas de surnom Grand-mère, Maman, Agga sa soeur : elles sont sa chair Et pour le second cercle une distance, comme cette amie déchirée par la catastrophe ; la Fille au regard d'oiseau marin et sa cousine, boule d'energie Runà, la Championne de ski
Pour le mari d'EYJA, le Coup de Vent ; on ne connaîtra jamais son véritable nom. Dans le dernier tiers du livre on apprendra que ce surnom lui a été attribué pour son impétuosité à entrer en bagarre. Mais pour Eyja quel beau nom : élément climatique qui souffle quand on ne l'attend pas , renverse tout sur son passage et conséquemment apporte une grande bouffée d'oxygène. Et c'est bien ce qu'il est pour elle.
Beaucoup de passages émotionnellement forts, avec ces phrases courtes, ces dialogues sans ponctuation, qui donne toute la force de ces paroles échangées et/ou intérieurs. Comme la scène sur le palier quand Coup de Vent vient la chercher et qu'Eyja se trouve coincée entre cet homme, son homme,et les femmes de sa famille. Il lui est refuge et elle lui est refuge. Comment peuvent-ils continuer ces deux là ? Et comment ne pas donner raisons à ces femmes aux gants de caoutchouc, un vaporisateur d'Ajax dans une main, un verre d'alcool dans l'autre, aux lèvres maquillées d'un rouge à lèvres acheté en promotion ! Elles mettront tout en oeuvre pour l'éloigner maintenant qu'elle a accepté de partir un peu. La douleur, l'égarement d'Eyja et Coup de Vent sont palpables
Et puis un souvenir revient et on fait une embardée dans le passé récent,pour se retrouver sur ce palier sauf que l'arrivée de grand-mère change le ton ; certes Eyja n'a rien d'une bonne ménagère. Il n'y a rien a y faire et le ton devient léger presque ludique. Sauf pour Eyja. Comment être différente ? Son Coup de vent la prend comme elle est ; pas sa famille, pas ses amies. Question fondamentale : comment être soi sans accepter de se contorsionner pour entrer dans le moule ?
Et puis, basculement brutale : Runa et Eyja sont en Suède. Runa l'emmène dans son camps de vacances et elle va la rééduquer en dix leçons. Elle a un côté un peu « Full Metal Jacket » dans ses méthodes la Reine du ski : en priorité ne pas lui transmettre les appels téléphoniques de son Coup de Vent, réveil aux aurores, nage dans le lac, nettoyage intensif des chalets, aller au-delà de son épuisement, repousser ses limites et l'épreuve la plus difficile : coucher avec un autre homme. Avec toute la folie, la tendresse de Runà. Et ça marche. Un soir elle lira au enfants au feu de camp ce qu'elle vient d'écrire ; « Ils ressentent l'histoire qui émane de sa plume. » et tout à coup elle prend conscience de tout ce qui ne va pas « Le chapitre est rempli de fautes d'orthographe et de solécismes, de phrases incohérentes, d'expressions décousues, de contradictions et le pire : de pensées confuses qu'elle-même ne comprend pas. »
La suite, c'est son chemin et de femme et d'auteur.
Un très, très beau, prenant, dérangeant , percutant roman.
Son écriture est incisive, dérangeante avec des fulgurances comme le passage, dantesque, dans la rue des prostituées. Dans la seconde partie, l'atmosphère est plus ludique, plus drôle. Elle va à l'essentiel comme le passage où une adolescente partage leur vie pendant que la mère de celle-ci meurt d'un cancer : « Et puis un jour passa. » Rien à ajouter. Tout est dit.
Je ne suis pas prête d'oublier ce moment de lecture où j'ai ressenti le changement d'écriture quand elles arrivent en Suède. Un choc !
C'est rare de découvrir un nouvel auteur aussi prometteur. Inventivité de l'écrit et profondeur de la réflexion : un livre que je ne vais pas tardé à relire.
Quand la Masse critique offre deux livres en un seul et chacun d'aussi belle qualité !
Et puis un dernier clin d'oeil : un des conseil d'écriture est qu'un roman doit boucler, et là, il « boucle » :
première phrase : « Au début, on devra contempler la fin »
dernière phrase : « En avant toute »
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Didili
  13 septembre 2015
Vous parler de ce livre ne va pas être facile car je suis fort partagée entre un sentiment agréable mais aussi à un sentiment plus mitigé de gène dans ma lecture surtout dans les 100 premières pages.

Je commence par ce qui m'a déstabilisé. La structure de lecture n'est absolument pas linéaire, ni chronologique.. On saute d'une époque à une autre, on ne comprends pas toujours qui sont alors les personnes dont on parle...
On navigue cahincaha entre trois générations de femmes : Eyja la principale protagoniste, sa mère et sa grand mère.
La mère est pour Eyja une grande interrogation, car elle aurait pu être une écrivaine mais a abandonné ce don ... La notion de transmission de talent est très présente dans le livre depuis le grand-père poète renommé jusqu'à la petite fille Eyja.
La maternité est là aussi, bloquant la créativité de la mère.
Il y a bien sur des personnages secondaires, dont deux sont finalement essentiels à Eyja : Runà et le coup de vent (mince c'est quoi son vrai nom déjà...).

On essaye de suivre Eyja dans sa vie et tout particulièrement dans son désir d'enfin pouvoir écrire et de se débarrasser de son mari, toxique, selon les femmes de l'entourage d'Eyja....

Cette structure particulière peut vraiment décourager les lecteurs et en plus je pense que la traduction de l'islandais au français à faire subir quelques avaries au texte...
J'ai parfois du relire des phrases pour en saisir le sens... et ce parfois sans succès...
Mais au final cette lecture a su capter mon attention, je ne sais comment car nous n'avons vraiment pas toutes les réponses dans ce livre et bien des zones d'ombres restent quand on tourne la dernière page...
J'ai néanmoins réussi à brosser un portrait de femme avec les éléments que l'auteur voulait bien nous donner. J'ai ressenti des atmosphères que ce soit en pleine nature ou dans un médiocre appartement.

Je n'ai pas eu par contre de fil conducteur confortable et je ne sais pas vraiment comment Eyja est devenue un célèbre écrivain ... Ni comment les liens entre les personnages se sont accentués ou au contraire amoindris...
Oui, ce livre me laisse une impression mitigée je ne l'ai ni adoré ni détesté, je sais seulement qu'il m'a dans un premier temps déstabilisé mais que j'ai finalement continué à tourner les pages pour accompagner Eyja dans la quête ou dans la reconquête de sa vie par la création dans toutes ses variantes.
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Citations et extraits (22) Voir plus Ajouter une citation
jovidalensjovidalens   26 août 2015
Mets ton bras autour de moi ! ordonna-t-elle. Elle voulait qu'elles se réconfortent l'une l'autre. Elle avait quelque chose à dire.
Rongée de culpabilité, Eyja obéit à cette injonction. Elle se serra contre elle, prête à écouter. Elle sentit son souffle court, comme si la Fille était sur le point d'éclater en sanglot. Entendit un murmure : Quitte le !
Eyja sursauta. Elle se redressa et soupira.
Je ne peux pas.
Si, chuchota la Fille. Fais-le pour moi !
Eyja se leva d'un bond et observa son amie. Pensait-elle vraiment qu'elle quitterait son mari juste pour lui faire plaisir ? Pour qui se prenait-elle ? La princesse du village ? Finalement, le Coup de Vent avait peut-être eu raison, elle n'était qu'une peste pourrie gâtée.
Tu ne comprends donc pas que ça m'est impossible ? cracha Eyja.
Pourquoi ?
Tu ne comprends rien.
Toi non plus.
Elles se regardèrent , l'air mauvais, échouées, sans la moindre lumière à l'horizon. Que dire après ça ? L'autre rompis le silence : Tu le quitteras. Un jour ou l'autre.
Je ne peux pas, répéta Eyja - elle entendit sa voix se briser.
Pourquoi ? Dis-moi ! Pourquoi ?
Il...
Oui ?
Il m'apporte toujours une tasse de café au lit le matin.
Tu plaisantes ?
Non. Je veux dire quand il est à la maison. Il m'apporte du café quand il est à la maison. Tu ne comprends pas ? Je ne peux pas le laisser seul, il ne lui restera plus rien.
La Fille se précipita dans un coin comme une enfant. Elle enfonça son visage dans un oreiller et pleura de colère. Mais Eyja ne pouvait la réconforter.
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DidiliDidili   12 septembre 2015
Son esprit devient de plus en plus silencieux, et bientôt elle décèle un premier signe de progrès. les mots s'échappent de son inconscient nuageux, ils luttent pour garder leur cap au cœur de la conscience et plongent - mais d'aucuns parviennent à flotter, là, preuves que dans les méandres de l'esprit se dissimule un mystère. Elle attrape la main de ceux qu'elle aime et les prie de bien s'accrocher, car il leur faudra traverser toutes sortes de climats et de vents sur le chemin menant à cette histoire. Des évènements des dires, des hasards. des incidents de sa vie s’apprêtent à se dérouler une seconde fois, à l'intérieur d'un roman dont l'héroïne n'est plus elle mais une personne de bien plus grande ampleur. Ils se réunissent en un tourbillon ressuscité qui aspire et remet chaque chose à sa place lorsqu'elle pose ses doigts sur le clavier.
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namelessnameless   27 août 2015
Eliminez la tragédie par l'écriture. Les peines de coeur. La violence. Les enfants disparus. Le gonflement utérin. La maladie inflammatoire pelvienne. La censure des hommes. La pauvreté. La drogue. La haine de soi.
Alors la vie deviendra un paquet de Crayola.

Page 414 - Presses de la Cité
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DidiliDidili   12 septembre 2015
" Elle devrait faire preuve d'un peu de bon sens, elle qui possédait tout ce dont elle avait besoin. Quelle idiote ! A présente, l'enfant était venu au monde et lui était rentré dans la maison. le printemps battait son plein, avec les cris de joie du pluvier et du courlis corlieu, les couches blanches comme neige dans la brise de juin glaciale et pourtant baignée de soleil ; la truite, que le fermier de Thingvelli avait lâchée à l'aube, rissolait dans la poêle ; tout était à sa place - sauf que rien n'y était. "
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jovidalensjovidalens   26 août 2015
...lorsque Eyja eut publié un roman à l'étranger, un journaliste littéraire dépressif lui demanda si elle écrivait grâce à son aïeul.
Elle réfléchit. Etait-ce le cas ? Etait-ce ainsi que tout avait commencé, s'était-elle mise à l'écriture parce que tout le monde voulait toujours rencontrer son grand-père ?
Elle se rappelait vaguement avoir reçu deux ou trois bonbons en récompense de son ascendance, mais elle n'avait tout de même pas passé toutes ces années à écrire juste pour des sucreries. Le journaliste savait-il ce que c'était qu'écrire ?
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Vidéo de Audur  Jónsdóttir
Audur Jonsdottir - Tourner la page .Audur Jonsdottir vous présente son ouvrage "Tourner la page". Parution le 27 août 2015 aux éditions Presses de la Cité. Rentrée littéraire Automne 2015. Retrouvez le livre : http://www.mollat.com/livres/audur-jonsdottir-tourner-page-9782258113350.html Notes de Musique : ?Open Sea Morning? (by Puddle of Infinity). Free Music Archive. Retrouvez la librairie Mollat sur les réseaux sociaux : Facebook : https://www.facebook.com/Librairie.mollat?ref=ts Twitter : https://twitter.com/LibrairieMollat You Tube : https://www.youtube.com/user/LibrairieMollat Dailymotion : http://www.dailymotion.com/user/Librairie_Mollat/1 Vimeo : https://vimeo.com/mollat Instagram : https://instagram.com/librairie_mollat/ Pinterest : https://www.pinterest.com/librairiemollat/ Tumblr : http://mollat-bordeaux.tumblr.com/ Soundcloud: https://soundcloud.com/librairie-mollat Blogs : http://blogs.mollat.com/
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