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Critique de WebLink


WebLink
  29 novembre 2018
NB: Critique de l'ensemble du cycle

"Mr. Jordan has come to dominate the world Tolkien began to reveal" New York Times

Elle est facile celle-là. Un petit nouveau qui se lance dans la fantasy, et on est reparti pour la sempiternelle comparaison avec le passionné de bagouzes brillantes. Mais pour une fois, il y a match.

Le cycle, constituée de 14 tomes, se décompose pour moi en deux parties :
- La première, écrite par Jordan lui-même, traduite par cette brave Arlette Rozenblum pour les 11 premiers tomes.
- La seconde, écrite par Branden Sanderson après le décès de Jordan, en se basant sur les notes laissées par ce dernier, qui aura été pour moi l'occasion de me lancer dans la lecture en VO (3 tomes). A noter que ces trois derniers tomes ne sont pas encore disponibles en version française, Bragelonne ayant repris la traduction à partir du premier.

Le début est somme toute assez classique : 3 paysans dans un bled paumé vont se retrouver embarqués dans une quête pour le sauvetage du monde (avec tout de même comme originalité une certaine renommée locale du fait de la qualité de leur tabac). Mais très vite (ou plutôt lentement, on parle tout de même d'un cycle dépassant largement les 10000 pages), on est emporté par la profondeur de l'univers créé par Jordan. Des centaines de personnages secondaires, des dizaines de villes de la bourgade à la mégalopole avec pour chacune son atmosphère propre, on se laisse facilement emporter par les talents de conteur du bougre.

On est cependant obligé d'admettre quelques éléments irritants : des longueurs en milieu de cycle, une description systématique de chaque nouvel intervenant allant de la couleur des boucles d'oreilles à la date de la dernière lessive des sous-vêtements, la tresse de Nynaeve, l'opposition systématique entre le sexe fort et le beau sexe, ces messieurs étant décrits comme des lourdauds, ces dames n'ayant rien à envier aux féministes actuelles les plus extrémistes.

Les personnages font l'objet d'une attention toute particulière : on sent parfaitement l'évolution souhaitée par l'auteur au fil des tomes notamment pour les principaux, même si celle-ci est parfois caricaturale: l'exemple le plus frappant est pour moi celui d'Egwene, passant de la gentille fille d'aubergiste à une matronne certes héroïque, mais également inflexible au point de se rapprocher d'une certaine psychorigidité.

Les trois derniers tomes rédigés par Sanderson donnent au cycle un nouveau souffle : Difficile de trancher entre le ton plus moderne de Brandon, ou le passage à la VO permettant d'éviter certaines lourdeurs de traduction. Il permet à la série de s'offrir une fin cohérente et épique, pas forcément évidente au premier abord si l'on tient compte du nombre d'arcs à faire converger.

Il s'agit en tout cas d'un cycle d'une puissance et d'une poésie difficilement égalables, qui m'aura tenu compagnie comme livre de chevet pendant plus de deux ans. La Roue du Temps mérite largement sa place dans les plus grands classiques de la fantasy, et je recommande à tout lecteur amateur du genre.
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