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EAN : 9782266152556
467 pages
Éditeur : Pocket (01/02/2005)

Note moyenne : 3.93/5 (sur 266 notes)
Résumé :
Cinq d'entre eux viennent du Champ d'Edmond : Rand, Mat, Perrin, Egwene et Nynaeve. Trois sont des étrangers : la Dame Moiraine, le guerrier Lan et le ménestrel Thom. Ils sont huit compagnons qui cherchent Tar Valon, la cité forte. Le Seigneur de l'Ombre a jadis voulu conquérir la Terre mais les Aes Sedai, maîtresses du pouvoir unique, l'ont repoussé. Pour se venger, il a inspiré à ses vainqueurs une folie meurtrière. Où est le Dragon qui guidait les Aes Sedai ? On ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (9) Voir plus Ajouter une critique
Dionysos89
  04 mai 2012
L'Oeil du Monde, le tome 2 de la Roue du Temps, est un tome de pérégrinations. Plus lent, plus psychologique, avec moins d'action et moins d'intérêts, ce tome 2 pâtit certainement de la division toute française des tomes originaux : alors qu'il aurait dû constituer une partie du premier tome, L'Oeil du Monde tente de se suffire à lui-même, mais il n'a pas été rédigé pour cela, et ça se sent.
Malgré tout, ce tome a le mérite de poser, bien plus que le premier, toutes les bases fondatrices de l'univers de la Roue du Temps. le Seigneur de l'Ombre et les Réprouvés, les Aes Sedai et le Dragon Réincarné, le Pouvoir unique, les Trollocs : on sait que le monde est dense devant nous, mais qu'il suit à peu près des canons classiques, sauf sûrement pour la société en partie matriarcale, qui innove un peu. D'un autre côté, on ne peut s'empêcher de voir encore de grosses ressemblances avec la premier volet du Seigneur des Anneaux : le grand méchant et ceux qu'il a corrompus, la "communauté" qui part en quête d'un lieu sûr, la dispersion nécessaire face aux périls, etc.
Du côté du style, tout se développe avec plaisir sous nos yeux : la psychologie se fait surtout plus fine, mais la question du rapport entre hommes et femmes commence déjà à paraître comme fondatrice dans l'esprit de notre troupe de héros et héroïnes. J'aurais du mal à caractériser davantage le style de Robert Jordan, tant il y a beaucoup de passages très différents dans cette saga, mais il est clair qu'à chaque scène, il prépare le lecteur à se mettre en condition pour un long et rude voyage dans le monde de la Roue du Temps.
Une étape laborieuse donc, mais nécessaire.
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Eric76
  01 mars 2015
Ce livre qui marque la fin du premier cycle de cette longue saga m'a passionné. Et pourtant, j'ai dû m'accrocher pour aller jusqu'au bout de ces quelques neuf cent pages. Les lourdeurs de style et les nombreuses répétitions m'ont souvent agacé. La plus drôle est certainement la description des paysans sur leur charrette : tous sans exception mâchonnent leur longue pipe en marmottant, s'expriment avec des airs mystérieux du genre "je sais plein de choses mais je dirai rien" et ont la peau du visage tannée comme du cuir… Et puis, il y a ces similitudes dérangeantes avec le monde de Tolkien
Mais ces désagréments se sont petit à petit effacés, et je me suis laissé entraîner, voire agripper par un univers de plus en plus dense, riche et complexe.
Perrin, Mat, Rand ! Trois jeunes paysans mal dégrossis poursuivis par les créatures du monde des ténèbres, et défendus becs et ongles par Moiraine, une femme (une Ais Sedai) aux pouvoirs extraordinaires. Elle est un de ces nombreux personnages féminins qui jouent dans cette saga un rôle central. Car chez Jordan, les femmes ne sont pas des faire-valoir. Elles sont à la fois guides et protectrices des hommes ; elles prennent les décisions essentielles qui influent sur l'avenir.
Dans la première partie de ce cycle, nos trois paysans à peine sortis de l'adolescence, toujours en mouvement car poursuivis par les créatures des ténèbres, se découvrent chacun un pouvoir spécial qui les imprègne peu à peu.
C'est dans sa deuxième partie que l'on comprend pour quelles raisons ils sont l'objet de cette lutte implacable entre l'ombre et la lumière. Car tous trois sont des Ta'veren, ce qui signifie que les fils du destin se tissent autour d'eux, un destin qui peut se plier à leur volonté. Les contrôler, les dominer, s'assurer de leur soutien est un enjeu majeur dans leur lutte éternelle. Et à ce jeu, la détermination de Moiraine est aussi glaçante et farouche que celle de Ba'alzamon, le ténébreux.
La traversée angoissante, anxiogène et trépidante des voies et de la Grande Dévastation m'a transporté. J'ai lu d'une traite ces cinquante pages d'un lyrisme échevelé dans sa description d'un univers baroque et d'une nature contaminée et pourrissante.
Alors oubliés les malheureuses répétitions, et les clins d'yeux à Tolkien…. Si ce premier cycle fut difficile à lire, du moins se montre-t-il plein de promesses pour la suite…
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GribouilleLechat
  12 mars 2017
Ce deuxième tome ne faisant qu'un avec le premier, à l'origine, il en est vraiment la continuité. C'est-à-dire que nous retrouvons tous les personnages exactement dans la situation où nous les avions laissés à la fin du tome 1. Rand et Mat d'un côté, Perrin et Egwene d'un autre et Moiraine, Lan et Nynaeve encore ailleurs.
Et il faudra attendre une bonne moitié du volume pour qu'ils se retrouvent tous. Pendant cette première moitié, donc, nous suivons surtout les aventures de Rand et Mat, qui essayent de rejoindre la ville de Caemlyn comme ils le peuvent, car ils pensent bien retrouver les autres là-bas. Pendant toute la durée de leur périple, ils sont traqués par des Amis du Ténébreux qui essayent de les rallier à la cause de leur Maître, plus ou moins brutalement.
Et comme si cela ne suffisait pas, Mat devient de plus en plus renfermé, négatif et méfiant envers tout le monde. Ils affronteront pas mal de périls avant de retrouver enfin le reste de la troupe. Et surtout, Rand fera la connaissance d'un personnage que j'ai adoré : Loial, l'Ogier. Les Ogiers sont des créatures extraordinaires autant par leur taille impressionnante que par leur longévité, leur façon de vivre ou leurs talents de bâtisseurs. C'est eux qui ont construit les plus belles villes de ce monde, et les humains sont absolument incapables de reproduire leurs créations, tant elles sont belles, fines et solides à la fois. Ils vivent des centaines d'années et de ce fait, n'ont pas la même perception du temps que nous. Par exemple, une réunion qui, chez les humains prendrait quelques heures durera deux ou trois ans chez les Ogiers. Et Loial, qui a 90 ans, est considéré comme jeune et impulsif par ses congénères.
Ils ont aussi un amour immodéré pour la nature, et en particulier pour les arbres et les forêts. Loial déplore d'ailleurs constamment que toutes les grandes forêts (qu'il appelle des "bosquets") aient quasiment disparu du pays.
Loial sait énormément de choses sur le fonctionnement de la Roue du Temps, du Dessin et de la façon dont il est tissé par la Roue, et grâce à lui, on en apprend beaucoup, en même temps que les protagonistes de cette histoire.
Dans ce tome, on découvre d'autres secrets de ce monde, comme les Voies, par exemple, ou le domaine de l'Homme Vert, personnage extraordinaire et merveilleux qui a pour mission de garder l'OEil du Monde. Les personnages sont également amenés à découvrir des endroits qu'ils n'auraient jamais pensé voir un jour, comme la Grande Dévastation, et j'ai adoré ces passages-là.
Les rapports entre les personnages évoluent, et chacun commence à savoir ce qu'il veut faire ou devenir. J'ai eu beaucoup de plaisir à tous les retrouver, surtout Rand, qui est de plus en plus intéressant et attachant.
Perrin est très en retrait, pendant la quasi totalité de ce tome, car très renfermé sur lui-même et mal à l'aise avec ses nouvelles "facultés". On sent qu'il redoute la réaction de ses compagnons quand il se rendront compte de ce qu'il est devenu, et que ça l'empêche d'être naturel avec eux car il essaye de se faire le plus discret possible. Ou tout simplement qu'il est effrayé par ses nouvelles perceptions. J'ai trouvé ça dommage, car je l'avais beaucoup apprécié dans le tome précédent, et j'espérais que son lien avec les loups serait plus développé ici. Ce sera sûrement pour un prochain tome...
En revanche, Nynaeve est un peu plus mise en avant dans ce tome, et d'une façon plus positive qu'avant. Bien sûr, elle est toujours très méfiante à l'égard de Moiraine et se sent toujours en compétition avec elle, mais ses sentiments pour Lan la rendent un peu plus sympathique. En tout cas, elle accepte maintenant plus facilement le fait que les jeunes ne puissent pas rentrer chez eux dans l'immédiat et qu'ils aient peut-être un autre destin que celui de fermier ou artisan.
A ce sujet, on sent beaucoup de nostalgie de leur part pour leur pays natal, et c'est très touchant.
Par ailleurs, on apprend l'histoire de Lan : qui il est réellement et ce qu'il a vécu. Et ce récit m'a fait ressentir un énorme respect pour ce personnage que j'admirait déjà beaucoup avant. Je comprends que Nynaeve craque pour lui...
Au cours de ce tome, on fait également la connaissance d'autres personnages, certains sympathiques et d'autres un peu moins, qui sont secondaires pour l'instant, mais qui pourraient bien avoir de l'importance plus tard. En tout cas, ce sont des personnages hauts placés, ce qui signifie qu'ils pourraient tout à fait avoir un gros impact sur la suite de l'histoire, si l'auteur en décide ainsi.
La fin du tome est riche en péripéties, rebondissements, suspense et exploits spectaculaires, et ce que l'on soupçonnait depuis le début au sujet de Rand est enfin révélé et cela promet du très bon pour la suite. On n'est pas au bout de nos surprises, c'est sûr !
Conclusion : Une suite à la hauteur du premier tome, qui nous réserve son lot de découvertes, de bagarres, de dangers et de révélations. J'ai bien apprécié ma lecture, même si je dois avouer que j'ai préféré la deuxième moitié, quand toute l'équipe est réunie. Et j'ai déjà hâte de lire la suite, car on comprend bien à la fin de ce volume que l'aventure ne fait que commencer...
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SednaX
  02 novembre 2016
J'ai découvert cette saga au début des années 2000. J'étais chez un ami, je m'ennuyais alors j'ai pris un de ses livres dans la bibliothèque, mais sans grand espoir car mes goûts en matière de littérature étaient plutôt axés sur l'horreur et le policier. Je savais aussi que je n'aimais pas la SF, aussi ai-je pris ce livre par dépit, sans espoir de vraiment l'apprécier, pour faire passer le temps. Quand j'ai relevé la tête, je venais de terminer le premier volume, sans me rendre compte du temps qui était passé !
La roue du temps est donc pour moi sacrée, car c'est cette saga qui m'a fait découvrir l'héroic fantasy et l'apprécier.
Il est vrai qu'il faut aimer aussi l'aspect "tous les personnages principaux sont des héros", du type, la jeune fille qui a toujours vécu dans son village perdu au fond de la forêt, et qui s'avère être aussi douée qu'un lige pour suivre une piste et ne pas laisser de traces. Lorsque l'on sait qu'un lige est un homme avec des capacités particulières pour se faire discret et rapide, il faut admettre que c'est peut-être un peu facile.
C'est pour cela que cette série s'oppose dans son genre aux cycles de l'assassin royal et à la saga Vorkosigan, où les héros sont au contraire faibles, avec des vices, bien que des valeurs morales tout de même.
En somme, la roue du temps n'est peut-être pas la première série dans le genre, et peut-être que certains y trouveront des ressemblances avec une autre série très connue, mais cela ne lui enlève pas sa qualité pour autant.
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Toon
  13 avril 2014
Autant le dire tout de suite, je risque d'être à contre-courant des critiques précédentes. Je n'ai lu que les 2 premiers tomes VF (qui sont le résultat du découpage du premier tome VO si je ne m'abuse) et je me suis profondément ennuyé (hormis le passage dans le Shayol Ghul.)
J'y ai vu également un plagiat du seigneur des anneaux par bien des côtés: Les Nazguls, le voyage vers Mordor, Gollum... Certains pourront dire qu'il s'agit d'un hommage à JRR Tolkien mais ces éléments sont beaucoup trop important pour n'être qu'un hommage...
c'est curieux car par moment j'ai l'impression qu'un souffle épique va se lever et tout emporter sur son passage et puis non, rien, nada, nothing, nichts, ca retombe comme un soufflé raté...
la galerie de spersonnages reste quand même intéressante.
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Citations et extraits (4) Ajouter une citation
Eric76Eric76   22 février 2015
Un autre exode avait commencé en même temps, par la Porte du Roi qui s'ouvrait sur la route de Fal Moran. Des charrettes et des chariots, des gens à cheval et des gens à pieds conduisaient leurs troupeaux, portant des enfants sur leur dos, leur mines aussi longue que les ombres matinales. La répugnance à quitter leur foyer, peut-être pour toujours, ralentissait leur pas, cependant la peur de ce qui approchait les aiguillonnait, si bien qu'ils avançaient par à-coups, traînant les pieds puis se mettant à courir pendant une douzaine d'enjambées pour recommencer, encore une fois, à lambiner dans la poussière. Quelques-uns s'arrêtèrent hors de la ville pour regarder la file en armure des soldats qui ondulait dans la forêt. L'espoir s'épanouissait dans quelques yeux, et des prières étaient murmurées, des prières pour les soldats, des prières pour eux-mêmes, avant qu'ils se retournent vers le sud et reprennent leur cheminement pénible.
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Eric76Eric76   14 février 2015
Il finit par dire : " De quoi parlais-tu si longuement avec Ila ? Quand tu ne dansais pas avec ce gars aux jambes de faucheux, tu lui parlais à elle comme si c'était une espèce de secret.
− Ila me donnait des conseils sur ce qu'il fallait faire pour être femme", répondit distraitement Egwene. Il se mit à rire et elle lui jeta un regard voilé, gros de danger, dont il ne s'aperçut pas.
" Des conseils ! Personne ne nous dit comment être des hommes. On l'est, voilà tout.
− Et voilà probablement pourquoi, rétorqua Egwene, vous vous en tirez si mal."
Là-bas, en avant, Elyas éclata d'un petit rire crépitant et moqueur.
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LefsoLefso   13 mars 2011
Une gorge s'éclaircit derrière lui et il s'avisa soudain qu'il n'était pas seul. Prêt à s'excuser de son impolitesse, il se retourna. Il avait l'habitude d'être plus grand que tous les gens qu'il rencontrait mais, cette fois-ci, ses yeux montèrent, montèrent, montèrent et sa bouche s'ouvrit de stupeur. Alors il en arriva à la tête qui effleurait quasiment le plafond haut de trois mètres. Un nez aussi large que la figure, si vaste que c'était plutôt un mufle qu'un nez. Des sourcils qui pendaient comme des queues, encadrant des yeux clairs aussi larges que des soucoupes. Des oreilles qui s'amincissait en fer de lance et pointaient à la façon d'une huppe à travers une crinière noire ébouriffée. Trolloc ! Un cri strident lui échappa et il essaya de reculer en dégainant son épée. Ses pieds s'emmêlèrent et, en fait, il se retrouva donc assis rudement sur son séant.
"J'aimerai assez que vous autres humains ne réagissiez pas de cette façon", prononça une voix de basse avec des résonances de grosse caisse. Les oreilles huppées s'agitèrent violemment et la voix devint triste. "Combien peu vous êtes à vous souvenir de nous. C'est notre faute, je suppose. Les nôtres ne sont pas allés en foule parmi les hommes depuis que l'Ombre est tombée sur les Voies. Il y a bien ... oh, six générations maintenant. Juste après les Guerres trolloques, c'était." La tête hirsute se secoua et lâcha un soupir qui aurait fait honneur à un taureau. "Trop long, trop long, et un nombre si restreint pour voyager et voir, autant dire personne."
Rand resta assis une minute, bouche bée, à contempler l'apparition en bottes montant au genou, larges du bout, portant une tunique bleu foncé boutonnée du cou à la taille, d'où elle s'évasait jusqu'au sommet de ces bottes comme un kilt, par dessus un pantalon bouffant. Dans une main était un livre, minuscule par comparaison, avec un doigt trois fois plus gros qu'un doigt ordinaire marquant la page.
"Je croyait que vous étiez...", commença-t-il, puis il se reprit. "Qu'est-ce que..." Cela ne valait pas mieux. Il se leva et tendit une main pas rassurée. "Mon nom est Rand al'Thor."
Sa main disparut dans une main de la taille d'un jambon ; ce qui fut accompagné d'une révérence cérémonieuse. "Loial, fils d'Arent fils de Halan. Votre nom chante dans mes oreilles, Rand al'Thor".
Rand eut l'impression que c'était une salutation rituelle. Il s'inclina à ton tour dans une révérence. "Votre nom chante dans mes oreilles, Loial, fils d'Arent... euh... fils de Halan."
Tout cela était un peu irréel. Il ne savait toujours pas ce qu'était Loial. L'étreinte des énormes doigts fut d'une surprenante douceur, mais il éprouva néanmoins du soulagement quand il récupéra sa main intacte.
+ Lire la suite
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LefsoLefso   13 mars 2011
Une gorge s'éclaircit derrière lui et il s'avisa soudain qu'il n'était pas seul. Prêt à s'excuser de son impolitesse, il se retourna. Il avait l'habitude d'être plus grand que tous les gens qu'il rencontrait mais, cette fois-ci, ses yeux montèrent, montèrent, montèrent et sa bouche s'ouvrit de stupeur. Alors il en arriva à la tête qui effleurait quasiment le plafond haut de trois mètres. Un nez aussi large que la figure, si vaste que c'était plutôt un mufle qu'un nez. Des sourcils qui pendaient comme des queues, encadrant des yeux clairs aussi larges que des soucoupes. Des oreilles qui s'amincissait en fer de lance et pointaient à la façon d'une huppe à travers une crinière noire ébouriffée. Trolloc ! Un cri strident lui échappa et il essaya de reculer en dégainant son épée. Ses pieds s'emmêlèrent et, en fait, il se retrouva donc assis rudement sur son séant.
"J'aimerai assez que vous autres humains ne réagissiez pas de cette façon", prononça une voix de basse avec des résonances de grosse caisse. Les oreilles huppées s'agitèrent violemment et la voix devint triste. "Combien peu vous êtes à vous souvenir de nous. C'est notre faute, je suppose. Les nôtres ne sont pas allés en foule parmi les hommes depuis que l'Ombre est tombée sur les Voies. Il y a bien ... oh, six générations maintenant. Juste après les Guerres trolloques, c'était." La tête hirsute se secoua et lâcha un soupir qui aurait fait honneur à un taureau. "Trop long, trop long, et un nombre si restreint pour voyager et voir, autant dire personne."
Rand resta assis une minute, bouche bée, à contempler l'apparition en bottes montant au genou, larges du bout, portant une tunique bleu foncé boutonnée du cou à la taille, d'où elle s'évasait jusqu'au sommet de ces bottes comme un kilt, par dessus un pantalon bouffant. Dans une main était un livre, minuscule par comparaison, avec un doigt trois fois plus gros qu'un doigt ordinaire marquant la page.
"Je croyait que vous étiez...", commença-t-il, puis il se reprit. "Qu'est-ce que..." Cela ne valait pas mieux. Il se leva et tendit une main pas rassurée. "Mon nom est Rand al'Thor."
Sa main disparut dans une main de la taille d'un jambon ; ce qui fut accompagné d'une révérence cérémonieuse. "Loial, fils d'Arent fils de Halan. Votre nom chante dans mes oreilles, Rand al'Thor".
Rand eut l'impression que c'était une salutation rituelle. Il s'inclina à ton tour dans une révérence. "Votre nom chante dans mes oreilles, Loial, fils d'Arent... euh... fils de Halan."
Tout cela était un peu irréel. Il ne savait toujours pas ce qu'était Loial. L'étreinte des énormes doigts fut d'une surprenante douceur, mais il éprouva néanmoins du soulagement quand il récupéra sa main intacte.
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