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EAN : 9782754807258
120 pages
Éditeur : Futuropolis (04/10/2012)

Note moyenne : 3.65/5 (sur 44 notes)
Résumé :
Si l’on en croit Paul Jorion, l’économie est une chose trop sérieuse pour être laissée aux mains des seuls économistes ! Preuve en est faite avec "La Survie de l’espèce", un essai dessiné percutant, drôle, et pas complètement désespéré, mis en images par Grégory Maklès, connu jusqu’ici pour ses bandes dessinées de fantasy humoristique. En une succession de courts chapitre et d’analyses aussi pointues sur le fond, que délirantes dans la présentation, pimentées d’un b... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (9) Voir plus Ajouter une critique
LaSalamandreNumerique
  28 août 2019
La survie de l'espèce laisse espérer un ouvrage ayant une certaine portée, une vision globale et tournée vers l'avenir de notre espèce. Las ce n'est ici pas du tout le propos.
*
Cette bande dessinée, assez laide par ailleurs, ne s'intéresse en fait qu'à une seule chose à savoir le fonctionnement du monde capitaliste. Ce dernier est vu exclusivement à partir d'une grille de lecture marxiste. Ce marxisme n'est pas celui du XXIe siècle mais une caricature de la version la plus extrême et datée des débuts de Marx, bien plus subtil et profond par ailleurs. Et ce propos est en plus très pauvre et répétitif, s'attachant par exemple à la notion, essentielle certes, de la valeur travail et de ses développements marxistes mais en l'exposant à N reprises au prix de maintes redites au lieu de préciser et de compléter le propos et/ou de l'actualiser..
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En guise d'humour vous « bénéficiez » d'une vision incroyablement réductrice et caricaturale où les capitalistes sont une caste homogène d'affreux méchants obsédés par l'argent et par ailleurs crétins, les patrons des vassaux présentés sous les traits de dictateurs militaristes version Amérique du sud et les gentils petits employés mis en scène sous forme de playmobils. L'État est impuissant et soumis. N'attendez pas la moindre nuance dans cette tentative de « démonstration » dont la légèreté et la finesse font rêver de voir plutôt un brontosaure dansant le lac des cygnes dans un magasin de porcelaine. N'attendez pas non plus une vision non matérialiste du monde, la seule chose qui compte est l'argent. Ne pensez pas que la survie de l'espèce puisse passer par l'écologie, la science, le progrès, la culture… non, l'argent et le monde injuste vous dis-je ! Enfin le monde… encore faudrait-il que le tiers-monde soit plus qu'évoqué pour aller jusque-là.
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C'est lourd, c'est bête, c'est manipulatoire, c'est daté, c'est laid, c'est insipide et cela n'est ni au niveau du titre ni à la hauteur sur le plan économique, même pour l'objectif plus honnête et réaliste qui serait la présentation des principales idées de Marx en terme d'économie. Cela ressemble, ce qui est curieux vu les références des auteurs, à un aigri avide d'argent qui aurait découvert Marx dans sa vulgate la plus simpliste et qui extérioriserait avec diverses laideurs ses frustrations en cherchant des boucs-émissaires. Piteux spectacle.
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Si vous voulez vous faire une idée du marxisme du XIXe siècle commencez par lire « le manifeste du parti communiste », c'est très accessible et infiniment plus intéressant. Et si cela vous incite à en savoir plus sur ce courant économique majeur actualisez ensuite avec divers auteurs qui intégreront des problématiques plus actuelles. Le marxisme mérite mieux que cette bouillie, la critique de dérives actuelles de notre monde aussi et, sans conteste, vous êtes dans le même cas !
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outofzebra
  19 mars 2014
La volonté de comprendre l'engrenage capitaliste, présenté le plus souvent comme un mécanisme d'horlogerie d'une extrême complexité, a donné lieu à plusieurs bandes-dessinées récemment. Nous avons déjà rendu compte dans « Zébra » de deux d'entre-elles : « Karl Marx » (Corinne Maier & Anne Simon, chez Dargaud) et « Economix » (Michaël Goodwin & Dan E. Burr, aux Arènes) ; nous en avons rendu compte pour, globalement, dénigrer ces projets ; la biographie de Marx, parce qu'elle ne dit pas clairement en quoi la critique marxiste conserve toute son acuité et son utilité. On ne peut pas convoquer Marx au chevet d'une sorte de pédagogie de gauche républicaine anticapitaliste. En effet, Marx et Engels s'avèrent les plus radicaux détracteurs d'institutions républicaines dont ils démontrent qu'elles sont consanguines des monopoles et des cartels capitalistes.
Intentionnellement ou non, cet album de BD ne portait pas à la connaissance du lecteur les éléments de la critique marxiste les plus subversifs de la culture contemporaine, dite naguère « post-moderne ». Que ce soit pour en faire l'éloge ou pour le discréditer, le marxisme est assimilé au marxisme-léninisme, et cela bien que Lénine a admis lui-même noir sur blanc le fiasco de l'étape de « transition socialiste » qu'il avait imaginée en préambule à la dissolution de l'Etat.
Quant au projet d'« Economix » et de ses auteurs américains, il a l'inconvénient de renforcer le préjugé selon lequel l'économie serait une science, en voulant initier par le moyen de la bande-dessinée à ses arcanes, c'est-à-dire les différentes théories contradictoires qui s'efforcent d'encadrer, définir ou expliquer les mouvements de l'économie moderne.
Or l'économie n'est pas une science à proprement parler, mais une rhétorique, c'est-à-dire une démonstration. L'économie est le domaine réservé des experts, et non des esprits scientifiques. Et si les experts s'avèrent habiles à fournir après-coup une explication plus ou moins cohérente à telle ou telle crise économique ou financière catastrophique, ils se montrent incapables de prévoir les ratés de la mécanique. de même la prévision du redémarrage économique n'est pas une prévision d'ordre scientifique, mais un pari. Tout, dans l'économie moderne, n'est qu'un jeu, et le but des experts économiques est de dissimuler cet aspect, afin que les hommes politiques puissent passer pour responsables aux yeux de leurs électeurs. le rôle des experts économiques est, comme les hôtesses de l'air dans un avion, de rassurer.
« La Survie de l'Espèce » est présenté par ses auteurs, Paul Jorion et Grégory Maklès, comme un essai marxiste. C'est une sorte de pamphlet humoristique, un genre pratiqué par le jeune Marx à ses débuts, contre Hegel et sa théorie du sens chrétien de l'histoire, par exemple, dont Marx souligna ironiquement, suivant une méthode qui remonte au moins à la philosophie des Lumières (d'Holbach), que la thèse hégélienne faisait fi de l'apocalypse et des prophéties chrétiennes. Alors pourquoi pas un pamphlet marxiste en bande-dessinée ?

Précisons que Paul Jorion est l'auteur d'un des blogs français les plus célèbres, dédié à la crise économique qui ébranle la planète, et dont il anticipa l'éclatement de quelques années. Anticipation toute relative, puisqu'elle suit de plus d'un siècle et demi la prédiction de K. Marx d'autodestruction des nations capitalistes. Sans aucun doute Marx aurait vu dans les guerres mondiales du XXe siècle l'accomplissement partiel de sa sinistre prédiction du chaos, tant les mobiles de ces guerres sont coloniaux et industriels, confirmant la prévision d'un processus de mondialisation d'une extrême violence.
Sur le plan polémique, cette BD est réussie. Les métaphores choisies par Jorion et Maklès pour signifier l'absurdité des règles économiques capitalistes sont parlantes. Reprendre et détourner le personnage emblématique du jeu de Monopoly, le petit banquier rondouillard à l'air bonasse, est une bonne idée. Elle permet de souligner que les règles du capitalisme sont les règles d'un jeu ; d'un jeu de massacre, sans doute, mais d'une activité ludique avant tout ; c'est notamment ce qui a le don de rendre la rhétorique libérale séduisante aux yeux d'un public infantile. En somme on retrouve ici la technique du sergent-recruteur pour convaincre le jeune crétin d'aller au front : il lui suffit de présenter la guerre comme un jeu ou une aventure.
Transgresser les règles du jeu, dès lors qu'on est un tant soit peu rompu à leur pratique, est d'ailleurs nettement plus excitant que de se conformer à ces règles ; qui a envie de jouer en respectant les règles du jeu ? Personne, sauf les comptables austères pénétrés de la gravité de leur tâche. Mais ils ne sont ni les plus lucides, ni les principaux donneurs d'ordre. On s'aperçoit lors des crises qu'ils servent de fusibles afin de couvrir les entreprises d'escroquerie d'ampleur internationale, exactement comme le bas-clergé dévoué est mis en avant pour couvrir les turpitudes des prélats.
Comme le capitalisme est un jeu, il engendre des comportements infantiles et se nourrit d'eux, s'appuie largement sur la culture de masse pour s'imposer dans les esprits comme un discours raisonnable, à l'appui d'une politique responsable. Comme Pascal pariait jadis sur dieu, le citoyen occidental lambda parie désormais sur l'argent (fiducia), divinité apparemment plus sûre, mais dont le pouvoir repose en réalité largement, dans l'économie moderne, sur la spéculation, c'est-à-dire sur la foi.
La BD montre également que le capitalisme constitue la preuve de l'illusion du progrès social, dans la mesure où le libéralisme, en dépit des courbes sophistiquées qui servent à l'expliquer, fait essentiellement appel aux plus bas instincts humains, de prédation ou de compétition, dont le discours libéral suggère qu'il est indépassable. le libéralisme est censé s'auto-réguler comme la chaîne alimentaire s'auto-régule. Les arguments du darwinisme social sont d'ailleurs aussi en vogue dans les milieux libéraux qu'ils furent auprès des idéologues nazis.
Le pamphlet est réussi, ses dialogues ironiques vont percuter de plein fouet la tentative des publicitaires capitalistes de restreindre le mobile humain au désir, suivant une méthode proche de la séduction et du viol pédophile. Cependant cette BD n'a pas la portée critique du marxisme. Comme mentionné plus haut, l'étatisme n'est en aucun cas envisagé par Marx comme une protection possible contre les dérives du capitalisme, puisque Marx établit que l'étatisme tentaculaire des nations modernes est un phénomène consécutif du capitalisme. Autrement dit, il n'y a pas et il n'y aura jamais de séparation nette du pouvoir capitaliste financier et industriel d'une part, et de l'autorité publique d'autre part.
L'ouvrage de Paul Jorion et Grégory Maklès ne soulève pas le problème de la « sociale-traîtrise », pourtant déjà envisagé par Marx, et qui constitue une pièce importante du puzzle. L'actualité récente des électeurs de gauche cocufiés par leur champion illustre à merveille ce problème. Passons sur la symbolique monarchiste de l'élection présidentielle : comment un représentant de la gauche peut-il être élu sur la base d'un discours anticapitaliste, pour retourner sa veste immédiatement après et gouverner au centre ? La rhétorique libérale, que les auteurs n'ont pas trop de mal à caricaturer, est beaucoup trop brutale pour séduire largement. Marx, déjà, en était conscient, de même qu'il était conscient que le point de vue réactionnaire ou « droitier » n'avait aucune chance de porter dans des sociétés de plus en plus largement industrialisées, au-delà de certaines castes restreintes et en perte de vitesse.
Autrement dit, l'idéologie libérale requiert des relais dans l'opinion, et les sociaux-démocrates s'avèrent les mieux placés pour dissiper les préventions vis-à-vis d'un système compétitif dont il n'est pas besoin d'avoir lu Marx pour comprendre qu'il contredit toute forme d'humaniste. Gendre de Marx, Paul Lafargue rédigea des pamphlets d'une grande violence contre le clergé chrétien, l'accusant de servir le patronat à travers des doctrines sociales destinées à inféoder ses ouailles aux industriels et aux banquiers. Quelle différence y a-t-il entre cette ruse et la sociale-démocratie au sens large ? Ou encore quelle différence y a-t-il entre cette ruse et l'assurance qu'un état de droit équitable, parfaitement virtuel, peut permettre d'encadrer le capitalisme ? Si Marx a fait cette remarque que les sociaux-démocrates seraient les premiers à trahir sa pensée, ce n'est pas dans un esprit de règlement de compte, mais pour permettre la plus nette prise de conscience de l'aspiration des élites modernes au chaos.
Balayons d'un revers l'argument de la sinistrose – les auteurs affirment sur la couverture que leur essai n'est pas « complètement désespéré » ; on n'accuse pas quelqu'un qui se montre dissuasif de monter dans une automobile dont l'essieu est à demi-scié d'être désespérant, à moins d'être un imbécile ou d'être mû par des intentions vraiment sinistres. Ce type d'invitation marxiste à une prise de conscience ne débouche pas forcément sur un schéma d'organisation concret, et on peut aussi bien la prendre comme une mesure de défense de l'individu, plutôt malmené dans les temps modernes technocratiques.
Lien : http://fanzine.hautetfort.co..
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alouett
  14 novembre 2012
« Ils sont nombreux. Ils sont presque tout le monde, les 99%. Ils sont salariés. En activité, l'ayant été ou espérant l'être. Ils sont nourris, logés, cajolés à la hauteur de leur utilité. C'est en tout cas ce qui est écrit dans les contrats qu'ils signent avec entrain. Ils ont l'air souriants et productifs, comme ça, mais quand ils rentrent chez eux, ils sont soucieux. Et quand on voit ce qu'ils voient, et qu'on entend ce qu'ils entendent, on peut le comprendre » (La survie de l'espèce).
Spéculation, capitalisme, productivité, profit, rentabilité… Des mots et des maux forts pour nos sociétés. A l'aide d'un humour incisif, Paul Jorion (dont vous trouverez une présentation ici) revient sur des concepts économiques ; il parle de la Bourse et des spéculations, de leurs responsabilités dans la crise financière actuelle, de leur impact sur le quotidien des prolétaires et du fossé qui se creuse de plus en plus entre riches et pauvres. Si vous souhaitez accéder à la présentation officielle de l'album, je vous invite à suivre ce lien.
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Intrigante… cette couverture qui nous accueille ! On y voit un bonhomme Lego qui semble avancer péniblement dans une eau qui lui monte jusqu'à la taille. Sur ses épaules, il porte un général d'armée. Ce dernier montre du doigt la direction à prendre. Au sommet de cette tour humaine, un milliardaire guilleret profite de la situation, comme un enfant que l'on aurait installé sur le Manège Enchanté. En toile de fond, des immeubles branlants dont les fondations ont été malmenées par une tempête. Catastrophe naturelle ??! Point n'en est même s'il est bel est bien question de séisme.
Dès les premières pages de l'album, le lecteur découvre – ravi – un scénariste culotté et bien décidé à ne pas s'encombrer de propos politiquement correctes. Sûr de lui, il lance déjà les premiers pics :
» Franken Burger : 24 techniques d'assemblage (brevetées) de restes de vaches mortes, salade génétiquement modifiée pour tuer à vue les laborantins de la santé publique… Garanti sans danger pour tout petit enfant blond jouant dans un spot publicitaire « .
L'installation de cet univers corrosif passe ensuite par une définition cocasse des trois protagonistes, où tout aurait commencé en des temps immémoriaux : la Préhistoire. Un individu – fort – découvre par hasard qu'il peut tirer des bénéfices à utiliser sa force. A l'autre bout de la chaine, le faible devient l'objet de cette contrainte physique (que le scénariste nomme ironiquement « le consentement »).
Ainsi, pour Paul Jorion, le postulat de départ est simple, le schéma d'évolution est limpide. Les techniques de perfectionnement de « la fabrique du consentement » ne cessent de se perfectionner au cours des siècles. Trois grandes étapes sont dégagées : La Préhistoire, l'Antiquité, le XXème siècle.
- le « Fort » a peu à peu acquis le titre légitime de « Monarque » avant de s'effacer – plus récemment – derrière l'appellation de « Capitaliste ». C'est l'homme en haut-de-forme sur la couverture.
- Les « Hommes de main » du Fort structurent leur intervention. Ils sont remplacés par les » Soldats » du Monarque. Plus tard, ils prennent naturellement l'appellation de « Patrons » et sont à la botte du Capitaliste. Logiquement, dans cet album, le patron prend l'apparence du Général.
- le « Faible » devient peu à peu un « Paysan » puis un « Salarié », mouton de Panurge des temps modernes… le « Bonhomme Lego » est prêt à accepter beaucoup pour pouvoir conserver son emploi et ainsi nourrir sa famille.
Passé ce bref rappel historique dans lequel Paul Jorion introduit par petites touches les concepts économiques qu'il développe ensuite, le lecteur entre dans le coeur du sujet. Avec plaisir, on suit le cheminement de l'auteur qui s'amuse à tordre les grandes théories capitalistes et montre comment les manias de la finance sont parvenus à tourner la situation à leur avantage et à museler les politiques.
Grégory Maklès accompagne ce récit d'un dessin sobre. Les aplats de vert donnent un côté froid à ce monde où une purge des émotions et des sentiments auraient été réalisée. Ce choix renforce également les propos satiriques de Jorion. Pourtant, sur ce décor verdâtre quasi chirurgical, le dessinateur nourrit copieusement cet univers graphique de haussements de sourcils, de rictus exagérés, de grimaces d'étonnement. Son trait leste exagère les expressions des uns et des autres, rendant l'ensemble espiègle.
L'humour dénonce de manière intelligente les aberrations du système. le propos est percutant, amusé, amusant… l'ironie dédramatise la gravité des propos tenus ici et laisse malgré tout le lecteur sur une note optimiste.
Lien : http://chezmo.wordpress.com/..
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Walktapus
  03 août 2014
Je cherche des essais bd, pour voir ce qu'elle peut être quand elle n'est plus une histoire mais un discours, une argumentation. Ca peut être magistral quand la bd parle d'elle-même (McCloud). C'était très chouette quand elle parlait de l'histoire des idées, dans logicomix. Et quand elle parle d'économie ou de politique ?
Bon ici, je n'ai pas du tout aimé, mais pas du tout.
C'est une caractéristique générale de l'espèce humaine. Notre intellect n'est capable d'individualiser clairement qu'un certain nombre de personnes en même temps. Plus nombreux, et on se forme des groupes et des catégories dans la tête : la troisième B, le village d'à côté, les anglais, les fonctionnaires, les blondes, les noirs, les politiciens, les juifs, les gauchistes, les musulmans, les routiers, les bien pensants, les japonais, etc. Et à ces groupes, on attribue des caractéristiques et des intentions d'individus. Les théories du complot, les tous pourris et les divers racismes viennent de là.
Or l'apport principal de la bd au discours, ici, semble être de magnifier ce phénomène, de personnifier encore plus des catégories. Donc voici le trader (sourire cynique sous un masque de slasher de série B), le patron (en uniforme de dictateur sud-américain), le capitaliste (haut de forme et monocle) et le con de base (lego au visage lisse) c'est à dire vous et moi, merci.
Tout ça en un style dessin de presse (pourquoi pas), et des gags même pas drôles car sans la moindre distance avec le sujet. Sus au bouc émissaire !
Désolé mais je suis allergique.
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cannelle124
  09 décembre 2014
Cette BD est sortie il y a 2 ans et a été offerte à ma fille, alors future étudiante en finance ... j'ai fini par prendre mon courage à deux mains afin de me plonger dans cette explication des mécanismes du CAPITALISME , moi qui déteste tout sujet lié à l'éco ..
Comment le résumer .... Simplement par la couverture déjà : le Lego c'est l'ouvrier, le quidam qui bosse à longueur de journée, le haut-gradé est le patron d'entreprise, celui qui dirige .... et au-dessus de ce petit monde on retrouve le Capitaliste illustré par le type au chapeau haut-de-forme du Monopoly, celui qui en veut toujours plus, spécule et empoche les dividendes ...
On voit tout de suite que le sujet va être traité de manière humoristique mais aussi très satirique et ironique ... le parti-pris du traitement en noir et blanc accentue les dialogues incisifs et les mises en situation des personnages.
Notre capitaliste ne mâche pas ses mots, il dit crûment ce que tout "exploité" pense qu'il pense (vous me suivez ...) ... bref le propos est d'expliquer CE Capitalisme du Toujours Plus de Dividendes .... ( "c'est la luuuuttte finaaaale ..." me chantait une petite voix quand je voyais Mr Haut-de-Forme ...). Je dis bien expliquer et pas seulement dénoncer à tout prix ... car il n'y a pas besoin d'accuser, et c'est çà qui est assez contradictoire, les "acteurs", capitaliste et patron d'entreprise, en voulant justifier leur comportement, dénoncent de fait cette hypocrisie de l'économie spéculative ...
Ce que j'ai le plus apprécié, c'est que les auteurs cherchent de manière assez drôle à nous faire comprendre les différents rouages de ce monde de la grande finance : de l'entreprise et ses ouvriers aux "jeux" de la Bourse ... et aux phénomènes de spéculations ... le paradoxe est que le personnage naïf qui essaye de comprend tout cela est de manière assez amusante représenté par le fils même du capitaliste, et c'est peut-être là la note d'espoir .. car à la base, il a une certaine noblesse d'esprit dans ses propos pour répartir les bénéfices équitablement, il pose les questions que chacun se pose (mais pourquoi on ne fait pas çà ? etc ... ) ... et la BD n'oublie pas que son cher papa a de quoi s'inquiéter aussi en vue des dernières crises spéculatives ...
Bref j'ai particulièrement apprécié le Mordant, le Cynisme, l'Humour mais aussi le côté plus pédagogique de cette BD !!!! à lire ****
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critiques presse (1)
BDGest   03 décembre 2012
Une belle inventivité, une fantaisie même, rafraîchissante au vu du sujet évoqué.
Lire la critique sur le site : BDGest
Citations et extraits (3) Ajouter une citation
alouettalouett   14 novembre 2012
Notez que le terme demandeur d’emploi reflète seulement le point de vue administratif. Si vous demandez à l’administration de faire un truc, vous êtes demandeurs (l’Administration est polie). Mais sur le marché de l’emploi, on devrait plutôt dire que Judith est une offreuse de travail, car elle offre sa capacité de travail à l’humanité. L’humanité n’est pas forcément intéressée. Et pour cause : grâce aux machines, l’humanité a de moins en moins besoin de travail. C’est un de ces problèmes complexes qu’il est plus simple de résoudre en décrétant que c’est la faute à quelqu’un. Dans le cadre de la compétition permanente, malheur au perdant (…). Outre le fait que ça élimine en priorité ceux qu’on estime être les moins utiles, ça incite ceux qui restent, quand on le leur demande gentiment, à courir plus vite
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WalktapusWalktapus   03 août 2014
(l'épouse du dessinateur à son mari)
- Ah au fait, dans ta métaphore, t'avise pas de me dessiner en plastoc, hein , genre macho man il a tout compris et madame elle suit les lumières de son jules. On n'est plus en 1943.
- B... bien sûr mon amour
- Et t'avise pas non plus de me faire une moustache !
- Bien sûr que non mon amour !
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alouettalouett   14 novembre 2012
Le but du jeu : le but du jeu du partage du surplus est de partager le surplus le moins possible
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Videos de Paul Jorion (5) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Paul Jorion
Thomas Jorion - Silencio .Thomas Jorion vous présente son ouvrage "Silencio" aux éditions La Martinière. http://www.mollat.com/livres/silencio-9782732460154.html Notes de Musique : 06 Sewing Song (by Weerthof). Free Music Archive
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