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Marie Hooghe (Traducteur)
EAN : 9782742797820
134 pages
Éditeur : Actes Sud (04/05/2011)

Note moyenne : 3.18/5 (sur 25 notes)
Résumé :
De Minembwe à Uvira, lieux difficiles à situer sur une carte de l'Afrique, Lieve Joris a traversé le Congo perdu de l'Est, non loin du Burundi et du Rwanda.
Une marche au pays des collines vertes, là où cohabitent cultivateurs et éleveurs. Comme pour mettre un point final, après des années, à son oeuvre de recherche affective, d'approche des contradictions, de suivi des conflits, d'empathie pour les habitants d'un pays qu'elle a connu Congo, puis Zaïre, puis... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (3) Ajouter une critique
Acerola13
  16 janvier 2020
Petit bouquin d'un peu plus d'une centaine de pages, Les Hauts plateaux nous emporte aux confins de la République démocratique du Congo et à ses frontières avec le Rwanda voisin.
C'est la première fois que je lis un auteur belge sur le thème de l'Afrique, et a fortiori du Congo ; le livre semblait d'emblée prometteur : une jeune femme voyageant dans cette région très instable m'intriguant beaucoup...
Lieve Joris nous livre ici une sorte de journal de voyage autobiographique, alternant entre récits de ses journées de marche à travers les montagnes, et de ses quelques séjours dans des bourgades un peu perdues, ses réflexions sur le monde qui l'entoure et ses pensées vers sa mère, dont la mort l'a profondément marquée...Mais dont le sujet est amené de manière surprenante dans le récit, sans que l'on comprenne véritablement le lien avec les évènements qui y sont contés.
Au fur et à mesure de la lecture s'installe finalement une sorte de malaise : si certaines observations sont intéressantes et pertinentes pour quiconque s'intéresse à cette région, notamment sur les différentes ethnies qui y vivent, les moeurs et coutumes faisant peu de place à la femme, et l'atmosphère de conflit qui règne entre différentes milices congolaises, mais aussi entre Rwandais et Congolais, dont on ne connait plus très bien la nationalité au vu de la frontière mainte fois traversée tantôt pour fuir Mobutu, le génocide ou pour reconquérir un territoire, on ne parvient pas à éprouver de l'empathie pour la narratrice, qui nous conte tout cela avec un détachement étonnant et une grande froideur, que je qualifierais même parfois d'hostilité envers ce et ceux qui l'entourent. On passe donc de son désir un peu fou d'atteindre les hauts plateaux à une sorte de mépris qu'elle ne peut s'empêcher d'éprouver devant l'ignorance et la naïveté des personnes qu'elle rencontre, que ce soit sur les sujets de la religion ou du rôle de la femme dans la société. Un peu comme si l'auteur avait été prise entre la tolérance que l'on se doit observer envers des cultures qui nous sont différentes et des pays que l'on visite, et son besoin de se comporter en femme occidentale et libre, qui peut s'affranchir de l'opinion sociale.
J'en garde une impression très mitigée : à lire si le Congo vous passionne, sauvez-vous si vous préférez les bouquins un peu plus positifs sur leur contenu.
Au-delà des ces remarques, ce livre est bien écrit et se lit très rapidement du fait de sa petite taille, heureusement peut-être !
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Flaubauski
  10 juillet 2019
J'aurais pu franchement apprécier ce récit de voyage qui nous entraîne dans les contrées africaines au même rythme qu'un roman. Lieve Joris a en effet un talent certain pour le romanesque, qui va ici lui permettre de nous raconter avec brio un voyage au Congo à double valeur pour elle : c'est d'abord le premier retour dans ce pays depuis la mort de sa mère en Belgique ; c'est aussi le premier voyage d'une blanche dans ces « hauts plateaux » congolais qui ont réussi à échapper à la colonisation belge. Cette narration romanesque est de plus bien servie par une précision documentaire constante qui nous donne la possibilité de visualiser au plus près lieux, personnes, situations qui sont décrites au fil de la plume de notre auteure belge.
Mais j'ai été plus que gênée par les relents colonialistes qui transparaissent de plus en plus au fil de cette même plume. L'on passe d'un récit dénué de tout jugement, qui ne sert qu'à raconter, décrire le plus fidèlement possible l'expérience vécue, sans filtre culturel d'Occidental en terre étrangère, à des descriptions de conversations et des commentaires condescendants qui laissent poindre la sensation de supériorité de ce même Occidental sur les individus qu'il côtoie. L'on a l'impression que, l'effet de la fatigue causée par cinq semaines de marche aidant, le naturel, chez notre voyageuse venue suivre les traces au Congo de son oncle justement colon, revient au galop pour nous donner une image marquée par un passé difficile à faire taire.
Je ne relirai donc pas de sitôt un récit de Lieve Joris.
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jip
  25 septembre 2012
Un livre de voyage au coeur de l'Afrique.
Dépaysement garanti.
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Citations et extraits (4) Ajouter une citation
DanieljeanDanieljean   07 octobre 2015
J’avais l’habitude des choses étranges que voulaient savoir les vieux hommes des hauts plateaux, mais les questions de Mbiyo Mbiyo dépassaient tout. Comment se faisait-il qu’il y eût des Blancs et des Noirs ? Y avait-il des Belges qui pouvaient tuer une bête sauvage avec une lance ? Quelles tribus vivaient en Belgique ? Avions nous aussi des Hutu et des Tutsi ? Et en Asie, quelles tribus habitaient là ? Combien y avait-il de pays au monde ? L’Océanie était-elle à l’origine attachée à l’Union soviétique ?
Mbiyo Mbiyo lisait les réponses sur mes lèvres, comme s’il ne se fiait pas totalement aux traductions de Kizeze. Il n’avait pas terminé l’école primaire ; remâchait-il ces questions depuis lors ? Une encyclopédie pour enfants, voilà qui serait utile dans cet environnement. Mais dans ses questions filtrait aussi, de la même manière que dans celles des vieux hommes sur la colline de Bijombo, une certaine ironie – comme s’il se payait ma tête.
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Acerola13Acerola13   16 janvier 2020
Pacifique avait environ dix-neuf ans, mais il était déjà marié. Il était serviable et avide d'apprendre. Je me surprenais parfois à lui parler d'un ton pontifiant, comme mes ancêtres sans doute, lorsqu'ils arrivaient dans une région où les gens n'étaient pas habitués aux Blancs. "Pacifique, disais-je alors, en parlant involontairement de moi à la troisième personne, tu ne dois pas servir de la nourriture froide à un Blanc le matin." Ou : "Un Blanc n'a pas l'habitude de manger tous les jours la même chose."
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Acerola13Acerola13   16 janvier 2020
De temps à autre, des mots du monde moderne se glissaient dans son sermon. "Si l'homme n'écoute pas Dieu, il n'a pas de réseau, comme le téléphone portable !" criait-il. Et : "Vous devez faire de vos péchés ce que je fais des documents inutiles dans mon ordinateur : les jeter à la corbeille !" Le chœur des filles entama un chant sur le diable qui avait des problèmes d'hypertension parce que Dieu l'avait acculé dans ses derniers retranchements.
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jeronimusjeronimus   21 février 2016
Celui qui n'a pas d'enfant peut au moins laisser des mots.
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Videos de Lieve Joris (5) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Lieve Joris
Lieve Joris - Sur les ailes du dragon A l'occasion des Correspondances de Manosque 2014, rencontre avec Lieve Joris autour de son ouvrage "Sur les ailes du dragon, voyages entre l'Afrique et la Chine" aux éditions Actes Sud. Récit traduit du néerlandais par Arlette Ounanian.
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