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EAN : 9782746715011
134 pages
Éditeur : Autrement (05/01/2011)

Note moyenne : 3.94/5 (sur 482 notes)
Résumé :
Magdalena est l’épouse de Pieter van Beyeren, administrateur de la Compagnie néerlandaise des Indes orientales. Issue d’une famille de riches armateurs, Magdalena est rigoureuse, soucieuse d’ordre et d’économie, maîtresse d’elle-même et de son foyer. Elle aurait pu succéder à son père si le commerce n’était réservé aux hommes, et la place des femmes à la maison. C’est sur un espace intérieur qu’elle semble s’être repliée.
Intérieur où elle s’est fait représen... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (183) Voir plus Ajouter une critique
Marmara
  19 novembre 2019
Ce qu'il faut d'imagination pour extirper d'un tableau à l'apparence somme toute fort austère, cette petite pépite qu'est ce roman de Gaëlle Josse, "les heures silencieuses ". Les heures silencieuses, celles qui s'égrènent lorsque Magdalena, fille d'une famille de riches armateurs, peine à trouver dans le sommeil la paix dont son âme a besoin. Alors elle pose sur le papier le bilan de sa vie, faite de joies, de peines, et de regrets aussi. Gaëlle Josse ne nous propose nullement un "page turner", selon l'expression consacrée, mais brosse, avec l'élégance que lui connait le lecteur, la condition des femmes au XVII e siècle. Par le biais du personnage principal, elle évoque les multiples facettes de l'âme humaine, sa beauté, sa "laideur", son ambivalence, mais aussi ce qu'elle comporte de secrets que notre conscient est loin de soupçonner ; ce qu' elle sait de nous, et qu'elle choisit de nous révéler, ou pas... Ce livre, bien trop court hélas, et qui se termine de manière quelque peu abrupte, est une invitation à la sagesse, et à la résilience aussi. "Dieu donne, et il reprend"... Un ouvrage par lequel je me suis laissée porter, parceque l'écriture de cette auteure est fine, nous berce et nous enchante, le langage est chatié, et nul besoin, quand on a pareille plume, de chercher à aiguiser la curiosité du lecteur, car reconnaissons tout de même que l'histoire en elle-même n'a rien d'exceptionnel, mais la seule plume de Gaëlle Josse fait sa force.
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Roggy
  26 décembre 2018
Le grand art d'un bon écrivain c'est qu'il a les mêmes mots que nous mais ses phrases vont beaucoup plus loin que les nôtres.
Gaëlle Josse est de ces écrivains qui proposent un texte où le récit personnel se mêle au vécu universel, capable de toucher les lecteurs de toutes les générations et de tous les horizons.
Dans Les heures silencieuses l'auteure évoque la fragilité des êtres, la mobilité de nos certitudes, les apprentissages et les leçons de la vie. Dans un exercice d'introspection elle se questionne sur les élans du coeur mais aussi sur les jours heureux qui s'assombrissent et sur les angoisses qui empoisonnent, la culpabilité qui ronge et qu'on porte comme une croix de plomb.
Par petites touches fugaces Gaëlle Josse s'interroge sur ce que nos actes disent des vides de nos vies et de na nécessité d'apprendre à se satisfaire de la vie telle qu'elle est, d'accepter notre sort et faire le deuil de certains de nos rêves.
Ce livre se lit comme un long poème, dont s'échappe une musicalité douce, aux accents mélancoliques.
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marina53
  26 mai 2015
Magdalena van Bayeren, épouse de Pieter van Beyeren, l'administrateur néerlandais des Indes orientales à Delft, se confie à son journal. Fille de Cornelis van Leeuwenbroek, elle s'est intéressée très jeune aux affaires de son père nouant avec lui une relation particulière, lui trouvant en elle le fils qu'il n'a pas eu. En épousant Pieter, elle lui permet de reprendre l'entreprise de son propre père, rôle qu'il ne lui est pas possible de tenir en tant que femme. Elle se livre dans son journal et couche sur papier ses émotions, ses ressentis, loin des regards, dans la lumière du matin...
Magdalena van Beyeren, c'est elle que l'on voit de dos, sur ce tableau d'Emanuel de Witte, "Intérieur avec une femme jouant du virginal". Elle a voulu qu'on la représente ainsi, de dos, face à l'épinette, dans la lumière du matin de sa chambre. Se livrant dans son journal intime, on l'écoute doucement, sans l'interrompre, nous raconter sa vie, marquée par les joies mais aussi les peines, ses souvenirs et ses tourments, l'on prend connaissance des coutumes de l'époque, avec cette impression doucereuse de l'écouter jouer à l'épinette. Gaëlle Josse nous livre un roman délicat, dépaysant et d'une grande richesse. En quelques jours, allant du 12 novembre au 16 décembre 1667, à l'instar de Magdalena, l'on s'évade pendant ces heures silencieuses, paradoxalement enfermé dans cette chambre. L'écriture poétique et gracieuse nous berce de jolies notes.
Les heures silencieuses résonnent encore...
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jeunejane
  18 septembre 2020
Gaëlle Josse part de la peinture flamande du 17ème siècle pour entrer avec nous dans la vie de la dame qu'on voit de dos. On saura vers la fin pourquoi elle a demandé au peintre cette posture qui équivaut à un renoncement douloureux.
Magdalena et son mari, ancien capitaine de bateau, ont repris le commerce du père de la jeune dame, un des administrateurs de la Compagnie des Indes.
Ils ont de nombreux enfants. C'est un grand bonheur mais elle et son mari doivent supporter la perte de plusieurs enfants.
Elle nous parle aussi de sa soeur Judith, mariée à un drapier.
Elle nous livre aussi le secret de sa peur pour la tombée de la nuit.
Au hasard des pages, on apprend qu'une de ses amies a commandé un tableau de Vermeer qu'elle nous commente d'ailleurs. le tableau est très connu.
Elle nous parle aussi du caractère si différent de ses deux filles et de l'amour qu'elle leur porte.
A la place d'un roman, je devrais employer le nom "journal intime" qui commence le 12 novembre 1667 et se termine le 16 décembre de la même année.
J'ai ressenti avec Magdalena la peine qui fait qu'elle choisit de se présenter de dos. Quelles libertés nous avons gagnées, nous les femmes.
J'ai envie d'écrire que cette histoire commence dans l'insouciance et se termine dans la maturité après pas mal de douleurs.
C'est un roman très court, exprimé avec de très beaux mots proches de la poésie, si bien que je me suis attardée sur toutes les phrases. J'en ai relu beaucoup pour m'imprégner de l'ambiance que l'auteure a réussi à créer à merveille.
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Piatka
  19 janvier 2015
" Je m'appelle Magdalena van Beyeren. C'est moi, de dos, sur le tableau. Je suis l'épouse de Pieter van Beyeren, l'administrateur de la Compagnie néerlandaise des Indes orientales à Delft, et la fille de Cornelis van Leeuwenbroek. Pieter tient sa charge de mon père. "
Ainsi commence ce court roman intimiste et donc le journal de Magdalena, 36 ans, le 12 décembre 1667 en plein siècle d'or néerlandais, période de grande prospérité commerciale. Épouse accomplie et mère de nombreux enfants, dont certains n'ont pas vécu, elle décide de "mettre de l'ordre dans son coeur, et un peu de paix dans son âme, à se souvenir de joies passées et à accueillir ses peines."
19 courtes journées-chapitres jusqu'au 16 décembre 1667 sont le prétexte à glaner et écouter les confessions douces-amères d'une femme, bourgeoise éduquée du XVIIème siècle, parvenue à un tournant de sa vie. Avec pudeur et une grande lucidité, elle égrène déceptions, joies, souvenirs et réflexions personnelles, tout en s'interrogeant sur le développement du commerce maritime, l'esclavage et la place d'une femme dans la société de son époque.
Il s'en dégage un beau portrait de femme, sensible et désabusée, malheureusement désabusée devrais-je écrire, tant il est difficile pour Magdalena d'avoir eu à renoncer à prendre la succession de son père à une époque où il était impensable qu'une femme occupe une telle fonction quand bien même elle en aurait été capable. Elle se trouve donc naturellement confinée à l'intérieur de son foyer, tandis que son mari s'épanouit à l'extérieur. Nul doute que la musique et la rédaction de son journal, aux heures silencieuses de la maison, lui permettent de s'évader et de libérer ses rêves et désirs inassouvis.
En découvrant le quotidien et les pensées de Magdalena, le tableau Intérieur avec femme à l'épinette d'Emmanuel de Witte qui est le point de départ du roman et bien sûr du journal, prend tout son sens. Reproduit en couverture du livre, il donne à voir un intérieur bourgeois cossu mais austère, une femme de dos assise à son épinette, le tout dans les tonalités chaudes de la peinture du XVIIème siècle hollandais, qui n'est pas sans rappeler bien sûr les oeuvres de Vermeer.
Mais pourquoi donc avoir représenté une femme de dos, au milieu d'un intérieur relativement dépouillé ?
"À ne plus être désirée, ai-je encore un visage ?", répond finalement Magdalena qui a choisi d'être représentée ainsi. En lui donnant vie, Gaëlle Josse répond à sa façon, avec poésie, finesse et sincérité à cette question, et lui donne progressivement le visage d'une femme résignée malgré elle, prisonnière de sa condition et de son siècle, mais palpitante de vie.
Une interprétation réussie d'un tableau ancien donc, dont je déplore juste qu'elle soit si courte, mais rien n'interdit une suite, peut-être, un jour...
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Citations et extraits (166) Voir plus Ajouter une citation
PiatkaPiatka   17 janvier 2015
Musica laetitia comes medicina dolorum. Dès la première fois où, enfant, j'ai posé mes mains sur les touches, cette phrase s'est offerte à mes yeux, et avant de savoir assez de latin pour la comprendre, j'avais demandé à mon père de m'en indiquer le sens.
Depuis, il n'est pas de jour où cette réflexion ne m'accompagne de son évidence. Dans la joie comme dans la peine, la musique demeure notre compagne. Elle embellit ce qui peut l'être, et console, lorsque cela est possible. Mais des trop grandes peines, elle ne distrait point. La vraie tristesse s'accompagne de silence, mais c'est autre chose.
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AelaAela   01 juin 2012
Peter, mon mari, m'a fait annoncer sa visite. Il est entré, l'air grave, et m'a fait compliment des couleurs revenues sur mon visage.
Madame, j'ai à vous parler d'importance, et comme je ne sais pas envelopper mes mots de rubans, je vous parlerai simplement.
J'ai cru, il y a peu, devoir vous porter en terre, et à chacun votre rétablissement fait l'effet d'un miracle.
Vous savez que j'aime à vous entretenir de mes affaires et votre jugement m'importe grandement.
Je viens vous dire la décision que j'ai prise.
Nous ne nous connaîtrons plus comme mari et femme, et nous n'aurons plus de commerce de chair ensemble.
Une autre grossesse serait fatale.
Cinq beaux enfants nous restent, soyons-en heureux.
Je ne veux plus être tenté de vous approcher.
Aussi ai-je décidé de ne plus entrer dans cette chambre, qui demeurera la vôtre.
je vous garderai comme confidente et conseillère pour nos affaires, et n'entends point risquer de vous perdre à nouveau.
Ainsi ai je décidé.
Nous n'en reparlerons point.
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ssstellassstella   23 juillet 2020
Ces marchands chinois ont l'exclusivité de l'achat des cargaisons occidentales, tout comme celle de la vente des marchandises fabriquées là-bas. Ils sont maîtres dans l'art de retarder les livraisons et de contraindre les équipages à prendre leurs quartiers auprès d'eux pendant d'interminables semaines, dans des logements qu'ils leur louent.
Ils savent attiser les convoitises et entretenir la concurrence entre les bateaux venus de nos Provinces-unis, de France ou d'Angleterre. À chacun ils promettent des merveilles qu'ils proposent en fait à tous, faisant croire qu'il s'agit là d'insignes faveurs, et font en sorte que les plus désireux de leurs biens en paient le prix le plus élevé.
Ce sont des seigneurs du commerce, et chacun doit se soumettre à leurs façons de faire, quelque dépit qu'il en ait. Les officiers doivent ensuite vérifier chaque objet avec soin, car dans les derniers arrivages, quantité de défauts ont été observés sur ces pièces de porcelaine blanche et bleue qui excitent aujourd'hui les passions en Europe.
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le-mange-livresle-mange-livres   29 mars 2012
Avec le temps, ce sont nos joies d'enfants que nous convoquons le plus facilement dans nos souvenirs, elles nous accompagnent avec une rare fidélité. Retrouver ce que nous avons éprouvé dans ces moments demeure une source de félicité que nul ne pourra nous ravir. Le cours de nos vies est semé de pierres qui nous font trébucher, et de certitudes qui s'amenuisent. Nous ne possédons que l'amour qui nous a été donné, et jamais repris.
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marina53marina53   26 mai 2015
La vie ne ressemble pas à l'idée que nous en avions, et il nous appartient de savoir accepter notre sort. Je sais qu'il me reste un long chemin à parcourir pour trouver la paix, et ces propos que je m'efforce de tenir parlent à mon esprit, mais ils n'apaisent ni mon cœur, ni ma chair.
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Vidéo de Gaëlle Josse
Le roman de Maylis de Kerangal, invitée de la Grande Librairie, peut faire directement écho à celui de Gaëlle Josse. "Ce matin-là", aux éditions Noir sur Blanc, est sorti il y a quelques semaines. Il raconte comment une femme puissante devient, un matin, une femme fragile. Un beau jour tout s'écroule et Clara, l'héroïne du livre va devoir chercher ailleurs la force de se relever pour changer de vie. 
Retrouvez l'intégralité de l'interview ci-dessous : https://www.france.tv/france-5/la-grande-librairie/
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