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ISBN : 2746715015
Éditeur : Autrement (05/01/2011)

Note moyenne : 3.94/5 (sur 299 notes)
Résumé :
Magdalena est l’épouse de Pieter van Beyeren, administrateur de la Compagnie néerlandaise des Indes orientales. Issue d’une famille de riches armateurs, Magdalena est rigoureuse, soucieuse d’ordre et d’économie, maîtresse d’elle-même et de son foyer. Elle aurait pu succéder à son père si le commerce n’était réservé aux hommes, et la place des femmes à la maison. C’est sur un espace intérieur qu’elle semble s’être repliée.
Intérieur où elle s’est fait représen... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (117) Voir plus Ajouter une critique
marina53
  26 mai 2015
Magdalena van Bayeren, épouse de Pieter van Beyeren, l'administrateur néerlandais des Indes orientales à Delft, se confie à son journal. Fille de Cornelis van Leeuwenbroek, elle s'est intéressée très jeune aux affaires de son père nouant avec lui une relation particulière, lui trouvant en elle le fils qu'il n'a pas eu. En épousant Pieter, elle lui permet de reprendre l'entreprise de son propre père, rôle qu'il ne lui est pas possible de tenir en tant que femme. Elle se livre dans son journal et couche sur papier ses émotions, ses ressentis, loin des regards, dans la lumière du matin...
Magdalena van Beyeren, c'est elle que l'on voit de dos, sur ce tableau d'Emanuel de Witte, "Intérieur avec une femme jouant du virginal". Elle a voulu qu'on la représente ainsi, de dos, face à l'épinette, dans la lumière du matin de sa chambre. Se livrant dans son journal intime, on l'écoute doucement, sans l'interrompre, nous raconter sa vie, marquée par les joies mais aussi les peines, ses souvenirs et ses tourments, l'on prend connaissance des coutumes de l'époque, avec cette impression doucereuse de l'écouter jouer à l'épinette. Gaëlle Josse nous livre un roman délicat, dépaysant et d'une grande richesse. En quelques jours, allant du 12 novembre au 16 décembre 1667, à l'instar de Magdalena, l'on s'évade pendant ces heures silencieuses, paradoxalement enfermé dans cette chambre. L'écriture poétique et gracieuse nous berce de jolies notes.
Les heures silencieuses résonnent encore...
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Piatka
  19 janvier 2015
" Je m'appelle Magdalena van Beyeren. C'est moi, de dos, sur le tableau. Je suis l'épouse de Pieter van Beyeren, l'administrateur de la Compagnie néerlandaise des Indes orientales à Delft, et la fille de Cornelis van Leeuwenbroek. Pieter tient sa charge de mon père. "
Ainsi commence ce court roman intimiste et donc le journal de Magdalena, 36 ans, le 12 décembre 1667 en plein siècle d'or néerlandais, période de grande prospérité commerciale. Épouse accomplie et mère de nombreux enfants, dont certains n'ont pas vécu, elle décide de "mettre de l'ordre dans son coeur, et un peu de paix dans son âme, à se souvenir de joies passées et à accueillir ses peines."
19 courtes journées-chapitres jusqu'au 16 décembre 1667 sont le prétexte à glaner et écouter les confessions douces-amères d'une femme, bourgeoise éduquée du XVIIème siècle, parvenue à un tournant de sa vie. Avec pudeur et une grande lucidité, elle égrène déceptions, joies, souvenirs et réflexions personnelles, tout en s'interrogeant sur le développement du commerce maritime, l'esclavage et la place d'une femme dans la société de son époque.
Il s'en dégage un beau portrait de femme, sensible et désabusée, malheureusement désabusée devrais-je écrire, tant il est difficile pour Magdalena d'avoir eu à renoncer à prendre la succession de son père à une époque où il était impensable qu'une femme occupe une telle fonction quand bien même elle en aurait été capable. Elle se trouve donc naturellement confinée à l'intérieur de son foyer, tandis que son mari s'épanouit à l'extérieur. Nul doute que la musique et la rédaction de son journal, aux heures silencieuses de la maison, lui permettent de s'évader et de libérer ses rêves et désirs inassouvis.
En découvrant le quotidien et les pensées de Magdalena, le tableau Intérieur avec femme à l'épinette d'Emmanuel de Witte qui est le point de départ du roman et bien sûr du journal, prend tout son sens. Reproduit en couverture du livre, il donne à voir un intérieur bourgeois cossu mais austère, une femme de dos assise à son épinette, le tout dans les tonalités chaudes de la peinture du XVIIème siècle hollandais, qui n'est pas sans rappeler bien sûr les oeuvres de Vermeer.
Mais pourquoi donc avoir représenté une femme de dos, au milieu d'un intérieur relativement dépouillé ?
"À ne plus être désirée, ai-je encore un visage ?", répond finalement Magdalena qui a choisi d'être représentée ainsi. En lui donnant vie, Gaëlle Josse répond à sa façon, avec poésie, finesse et sincérité à cette question, et lui donne progressivement le visage d'une femme résignée malgré elle, prisonnière de sa condition et de son siècle, mais palpitante de vie.
Une interprétation réussie d'un tableau ancien donc, dont je déplore juste qu'elle soit si courte, mais rien n'interdit une suite, peut-être, un jour...
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cicou45
  06 juillet 2012
C'est au cours du dernier club-lecture auquel j'appartiens que l'on m'avait vivement recommandé la lecture de cet ouvrage et j'en remercie d'ailleurs les personnes qui m'y ont encouragé car ce livre est un vrai petit bijou.
Magdalena van Beyeren est la femme que l'on voit représentée de dos sur le tableau ornant la couverture de cet ouvrage. Ainsi débute la lecture de ce livre. Au fil des pages, cette mère de cinq enfants, épouse d'un ancien marin et aujourd'hui administrateur de la compagnie néerlandaise des Indes orientales à Delft puisque ce dernier à pris la succession de son père à elle, qui s'est toujours désolé de n'avoir eu que des filles et aucun fils pour prendre la relève de sa fructueuse affaire.
Dans cet ouvrage, Magdalena, plus couramment appelée Magda, se livre au lecteur à coeur ouvert à travers son journal. Elle nous y raconte son enfance, sa rencontre avec celui qui allait devenir son mari, nous présente ses cinq enfants en s'attardant bien sur le caractère bien particulier de chacun d'entre eux, son désespoir quant à ceux qu'elle a eu mais qui sont morts très jeunes, son investigation dans les affaires marchandes de son père d'abord puis de son mari et son mal-être lorsqu'arrive le soir.
Tout cela nous est dévoilé, à nous, lecteurs comme si nous étions les seuls à pouvoir comprendre ce qu'a été et ce qu'est sa vie et à la décharger d'un terrible fardeau. Elle ressent le besoin de se confier, ce qu'elle fait ici et le lecteur reçoit cela comme une offrande.
Constitué de chapitres très courts, toujours amorcés par la date du jour (cela se déroule à la fin de l'année 1667), le lecteur se laisse vite entraîné dans sa lecture et ne se lasse pas, tant celle-ci est agréable à lire et s'écoule de la manière la plus naturelle qui soit.
L'auteure en profite pour nous rappeler quelques notion socio-économiques et politiques de l'époque mais cela ne fait que donner un peu plus un sentiment de réalisme à l'histoire qui nous est narrée.
Un ouvrage qui se lit en un rien de temps. Une merveille, à découvrir !
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missmolko1
  01 mars 2016
Gaelle Josse signe ici un magnifique roman historique dans lequel on fait la connaissance de Magdalena van Beyeren, épouse de l'administrateur de la Compagnie des Indes orientales à Delft, en Hollande. Cette forte femme, vieillissante, se confit à nous grâce a son journal :
" Je m'appelle Magdalena van Beyeren. C'est moi, de dos, sur le tableau. Je suis l'épouse de Pieter van Beyeren, l'administrateur de la Compagnie néerlandaise des Indes orientales à Delft, et la fille de Cornelis van Leeuwenbroek. Pieter tient sa charge de mon père.
J'ai choisi d'être peinte, ici, dans notre chambre où entre la lumière du matin. Nous avançons vers l'hiver. Les eaux de Oude Delft sont bleues de gel et les tilleuls, qui projettent au printemps leur ombre tachetée sur le sol, ne sont aujourd'hui que bois sombre, et nu."
Ce père, justement joue un rôle important dans sa vie. Elle a toujours été très proche de lui, l'a observé et connaît énormément sur ses affaires mais elle était née fille et au XVIIème siècle, les femmes ont leur place a la maison. Elle se marie donc et est toujours de bons conseils pour son mari.
C'est un joli portrait d'une femme forte, épouse et mère de famille. Elle a certains regrets mais son journal lui permet de rêver et de s'évader.
C'est un roman magnifique, l'écriture de l'auteur y est pour beaucoup et une belle interprétation du tableau d'Emanuel de Witte intitulé : Intérieur avec une femme jouant du virginal.
Lien : http://missmolko1.blogspot.f..
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Aela
  01 juin 2012
Un magnifique portrait de femme qui nous entraîne dans la Hollande du 17ème siècle, le Siècle d'Or hollandais, à l'époque où la Hollande était la première puissance commerciale du monde, au moment où les Provinces-Unies, ayant fait la paix avec leurs concurrents espagnols, deviennent les rivaux sur mer des Anglais.
C'est un récit intimiste, sous forme de journal, écrit par Magdalena van Beyeren, qui, d'après l'auteur, aurait inspiré la peinture d'Emmanuel de Witte "Intérieur avec femme à l'épinette".
Magdalena est l'épouse d'un administrateur puissant de la célébrissime Compagnie des Indes Orientales.
Toute jeune, elle a été initiée aux techniques du négoce par son père armateur, mais n'a pas pu exercer ses talents pendant longtemps, les femmes de l'époque ne pouvant travailler après le mariage, selon l'usage en cours dans la grande bourgeoisie.
Elle est donc une épouse rangée, qui assiste de loin au développement des affaires de son mari.
Au travers de son journal intime, c'est toute la vie quotidienne de la Hollande du 17 ème siècle que l'on voit.
Avec en filigrane beaucoup d'émotion, quand elle évoque les faits difficiles de sa vie de femme et de sa vie de famille:
la stérilité de sa soeur, le caractère difficile de sa fille aînée, les décès des enfants en bas âge, le mari qui décide d'interrompre leurs relations physiques pour la protéger d'une nouvelle grossesse qui lui serait fatale.
Là-bas tout n'est qu'ordre, luxe, calme et volupté mais cela n'empêche pas les chagrins.
Un très beau livre, court mais très dense et qui nous restitue une époque captivante.
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Citations et extraits (114) Voir plus Ajouter une citation
PiatkaPiatka   17 janvier 2015
Musica laetitia comes medicina dolorum. Dès la première fois où, enfant, j'ai posé mes mains sur les touches, cette phrase s'est offerte à mes yeux, et avant de savoir assez de latin pour la comprendre, j'avais demandé à mon père de m'en indiquer le sens.
Depuis, il n'est pas de jour où cette réflexion ne m'accompagne de son évidence. Dans la joie comme dans la peine, la musique demeure notre compagne. Elle embellit ce qui peut l'être, et console, lorsque cela est possible. Mais des trop grandes peines, elle ne distrait point. La vraie tristesse s'accompagne de silence, mais c'est autre chose.
+ Lire la suite
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AelaAela   01 juin 2012
Peter, mon mari, m'a fait annoncer sa visite. Il est entré, l'air grave, et m'a fait compliment des couleurs revenues sur mon visage.
Madame, j'ai à vous parler d'importance, et comme je ne sais pas envelopper mes mots de rubans, je vous parlerai simplement.
J'ai cru, il y a peu, devoir vous porter en terre, et à chacun votre rétablissement fait l'effet d'un miracle.
Vous savez que j'aime à vous entretenir de mes affaires et votre jugement m'importe grandement.
Je viens vous dire la décision que j'ai prise.
Nous ne nous connaîtrons plus comme mari et femme, et nous n'aurons plus de commerce de chair ensemble.
Une autre grossesse serait fatale.
Cinq beaux enfants nous restent, soyons-en heureux.
Je ne veux plus être tenté de vous approcher.
Aussi ai-je décidé de ne plus entrer dans cette chambre, qui demeurera la vôtre.
je vous garderai comme confidente et conseillère pour nos affaires, et n'entends point risquer de vous perdre à nouveau.
Ainsi ai je décidé.
Nous n'en reparlerons point.
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marina53marina53   26 mai 2015
La vie ne ressemble pas à l'idée que nous en avions, et il nous appartient de savoir accepter notre sort. Je sais qu'il me reste un long chemin à parcourir pour trouver la paix, et ces propos que je m'efforce de tenir parlent à mon esprit, mais ils n'apaisent ni mon cœur, ni ma chair.
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le-mange-livresle-mange-livres   29 mars 2012
Avec le temps, ce sont nos joies d'enfants que nous convoquons le plus facilement dans nos souvenirs, elles nous accompagnent avec une rare fidélité. Retrouver ce que nous avons éprouvé dans ces moments demeure une source de félicité que nul ne pourra nous ravir. Le cours de nos vies est semé de pierres qui nous font trébucher, et de certitudes qui s'amenuisent. Nous ne possédons que l'amour qui nous a été donné, et jamais repris.
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claudine42claudine42   17 avril 2015
Dans la joie comme dans la peine, la musique demeure notre compagne. Elle embellit ce qui peut l’être, et console, lorsque cela est possible. Mais de trop grandes peines, elle ne distrait point. La vraie tristesse s’accompagne de silence, mais c’est autre chose.
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