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EAN : 9782746732339
176 pages
Éditeur : Autrement (06/03/2013)

Note moyenne : 3.75/5 (sur 204 notes)
Résumé :
Irina sait qu'elle a menti. Un peu. Rien de très grave. Mais menti quand même. Certes, elle a bien vingt-six ans. Mais elle n'a jamais travaillé au Grand Café Pouchkine, comme elle l'a écrit à Enzo.
Elles sont des centaines à rêver d'une autre vie. Mais pour Irina, rêver ne suffit pas. De Moscou, le Riviera Express doit la conduire à Nice, jusqu'à Enzo. Elle est prête à saisir sa chance. N'importe quelle chance. Mais sait-on vraiment ce qui nous attend ?
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Critiques, Analyses et Avis (69) Voir plus Ajouter une critique
marina53
  13 juillet 2015
Mars 1881. le quai gris et poussiérieux de la gare détonne avec les couleurs acidulées de la végétation et le bleu du ciel et de la mer. Dans quelques jours, Anna Alexandrovna Oulianova et sa famille vont retrouver Saint-Pétersbourg encore endormie sous le froid. Il est temps de fermer les portes et les fenêtres de l'hôtel particulier, au calme dans les hauts de Nice. Fini pour cette année les grandes réceptions, les robes enrichies de perles, les parures, les dorures, les rires, le champagne qui coule à flot. Un voyage de cinq jours les attend. Cinq longs jours enfermés dans des compartiments, au restaurant ou dans le salon. Cinq jours à jamais déterminants pour Anna...
Mars 2012. Son amie Oksana a tenu à l'accompagner sur le quai de la gare. Un dernier baiser, la promesse de tout lui raconter et de profiter du mois qu'elle va passer à Nice et le Riviera Express quitte Moscou pour atteindre la Riviéra d'ici deux jours. La jeune femme appréhende sa rencontre avec Enzo dont elle a fait connaissance via internet. Après six mois de mails, quelques photos échangées, ils avaient décidé de franchir le cap et de se voir, en vrai. Enzo rêvait d'une beauté russe à ses côtés, Irina cherchait à fuir un destin misérable, le monde virtuel les a réunis. Irina a deux jours pour se convaincre qu'elle a fait le bon choix...
Ces deux trains auraient pû se croiser à 131 ans d'intervalle, un chassé-croisé franco-russe. Irina et Anna, embarquées à bord de ce train qui se dirige vers leur nouvelle vie. L'une est belle et pauvre tandis que l'autre est laide et riche. Chacune rêve d'amour, virtuel pour l'une, impossible pour l'autre. Gaëlle Josse nous invite à prendre place à côté de ces deux femmes. L'on découvre un monde de paraître, de faste et de luxure, si étranger aux pensées de la jeune Anna. L'auteur alterne judicieusement les chapitres consacrés à l'une ou l'autre. le fossé n'en est que plus frappant. Elle nous livre un roman surprenant, mélancolique et vivant. Quant à l'écriture, quelle poésie! Chaque mot est pesé, les phrases d'une étonnante simplicité sont d'une grande musicalité. Tout en justesse et douceur.
Et l'on célèbrera ces Noces de neige...
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le_Bison
  09 mars 2020
Nice, 9 mars 1881.
Anna Alexandrovna, jeune aristocrate russe, est sur le quai de la gare. Une certaine impatience même à quitter ces lieux, d'une villégiature de luxe. Les "exils" bourgeois de ses parents sur la côte d'Azur l'ennuient. Elle est une de ces beautés, celle des filles de bord de mer, mais son âme slave la ramène toujours vers la grandeur de son pays, sa vodka, son herbe à bison et ses promenades à cheval dans l'immensité de ses steppes.
Moscou, 8 mars 2012.
Irina, une de ces beautés des filles de l'Est qui se dévoile sur le papier glacé d'un magazine ou sur un site de rencontres pour ceux qui recherchent l'âme slave, avance timidement sur le quai. Une certaine appréhension l'envahit, comme une peur de l'inconnu. de Moscou à Nice, elle quitte tout pour Enzo, un de ces gars qui se réfugie derrière un pseudo pour rencontrer l'amour. Elle ne l'a jamais vu, ne lui a jamais parlé, mais le monde virtuel les a rapproché. Il aurait pu lui payer un billet d'avion, pourtant elle a préféré la lenteur du train, comme pour mieux respirer son attente et sentir le paysage défiler derrière la vitre du compartiment.
L'une quitte Nice pour rejoindre Moscou, la seconde prend le chemin inverse. Un siècle sépare ces deux âmes slaves, pourtant elles vont se retrouver dans ce même train. Des raisons différentes les habitent, pourtant leurs histoires y retrouvent un même écho, celui de la passion amoureuse - que moi je noierai de chagrin avec ma bouteille de vodka. C'est que l'amour sur un quai de gare a toujours su m'émouvoir, en silence, celui du vent qui s'engouffre sur le quai, espérant faire soulever les jupes de ces beautés aux sourires épanouis. Et toujours cette même angoisse, lorsque le train entre en gare, que la locomotive semble s'essouffler, les mains moites, le souffle court avant de poser un pied sur la marche du wagon pour descendre définitivement vers une autre vie.
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Cricri124
  24 novembre 2019
Noces de neige déroule le temps d'un trajet en train deux magnifiques portraits croisés de femmes à plus d'un siècle d'intervalle.
Alors qu'en 1881 Anna est soulagée de quitter enfin la villégiature d'hiver de sa famille à Nice pour retourner à St Pétersbourg vers ses chevaux et … Dimitri, en 2012 Irina fait le trajet inverse et embarque dans le Moscou-Nice avec ses espoirs et ses doutes, à la rencontre de cet homme avec qui elle échange sur internet depuis quelques mois. Deux portraits, deux destins, deux époques, que le hasard des circonstances va bouleverser de manière inattendue.
J'aime décidemment beaucoup l'écriture de Gaëlle Josse. Je me suis laissée bercer par le roulis des mots, j'ai tangué sous les secousses. J'ai eu l'impression d'évoluer dans un environnement ouaté, assourdi, un peu comme le crissement des pas sur un manteau neigeux fragilisé par les aspérités et crevasses qu'il dissimule. Mais gare à la chute !
Gaëlle Josse a l'art d'effeuiller avec beaucoup de délicatesse, dans un soupir, un murmure, un silence, un gémissement, un cri, le mal-être de ces deux jeunes femmes que tout sépare et que l'essentiel unit. Elle nous fait partager leur solitude, leurs désillusions, leurs tourments intimes mais aussi leurs rêves et leurs désirs, ces rêves enfouis qui ne vivent qu'au fond d'elles. Que seraient-elles prêtes à risquer pour les protéger ou pour saisir l'occasion de leur donner une chance d'exister ?
Un voyage envoutant dont j'aurais bien aimé qu'il dure un peu plus longtemps.
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sabine59
  28 janvier 2018
Anna, Irina
Deux destins
Deux époques
Un même train...
Un livre court mais intense. Deux vies sur le fil, au rythme ferroviaire, entre Nice et Moscou.
Anna, jeune aristocrate russe, revient , en cette année 1881, avec soulagement chez elle, il lui tarde de retrouver la résidence familiale d'été et les chevaux. Et Dimitri... Le beau visage de Mathilde, la gouvernante française, lui est une souffrance...qui entraînera le drame.
Irina, quitte, elle, en 2002, sa Russie natale pour une aventure risquée, elle avait entretenu une relation virtuelle avec un Français, vivant à Nice, et, sur un coup de tête, elle a décidé de le rejoindre. Mais le voyage ne se passera pas comme prévu.
Que j'ai aimé suivre les tourments, les désarrois intérieurs de ces deux jeunes femmes, émouvantes dans leurs désirs, leur désenchantement aussi! Les mensonges, les chagrins cachés pèsent fort sur leur existence.
Gaëlle Josse sait comme personne nous imprégner de ces vies en suspens, ballottées par les hasards, dans le balancement lancinant des wagons, le glissement des rails vers l'inconnu...Délicate et sensible, en quelques phrases, elle nous transporte vers ailleurs.
Et l'on découvre à la fin le lien entre ces destins féminins. Un lien masculin qui exprime avec une telle passion ardente et solitaire l'imaginaire russe qui sommeille en chacun de nous:" J'ai rêvé de longues plaines de bouleaux et de troïkas dans la neige, de gestes et de regards furtifs échangés dans les couloirs des palais du bord de la Neva. J'ai rêvé d'amour et d'exil, moi qui n'ai jamais connu l'amour et qui ne suis jamais parti."
Je n'ai qu'un mot: magnifique!
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Annette55
  17 novembre 2014
Comment ne pas être enivré, envoûté par ce texte si court à l'écriture juste, fine, brillante, liée inexorablement dans notre esprit au rythme lancinant d'un train?
Témoin pas si silencieux de passions qui vont se déchaîner dans un huit- clos dévastateur, fascinant et oppressant dont les vibrations nous obsédent!
Deux destins liés dont la fin de l'ouvrage surprenante,au goût de
conte philosophique nous révélera la teneur! de quoi nous surprendre, nous faire réfléchir et nous émouvoir!
Mars 1881: Anna Alexandrovna Olianov, fille d'une famille aristocrate russe quitte Nice pour rejoindre Saint- Petersbourg, blessée par un physique disgracieux, et le peu d'affection qu'on lui porte, troublée par un secret de famille douloureux et dévastateur......
Mars 2012: Irina Tanaiev quitte Moscou pour Nice par le train, elle rejoint " son amoureux", rencontré sur un site internet, afin de fuir un destin terne et misérable, qu'elle cache.....absurdité du virtuel.....
Anna et Irina ne sont pas nées à la même époque mais un lien les unit: leurs rêves au bout de la ligne reliant Nice à la
Russie, leurs pensées inavouables, leurs doutes intimes....les secousses du voyage accentuent leur fébrilité, les émotions sont denses, le destin de ces deux femmes qui ne se croiseront pas nous touche en plein coeur.
Le huit- clos ferroviaire aux décors parfaitement dépeints,tantôt moderne, tantôt d'un autre âge,nous parle d'une façon passionnante, on voyage avec Irina et Anna....
L'auteure est une sacrée conteuse, sa plume est précise, les phrases sont simples, sobres, son écriture se fait peinture, musique envoûtante, poétique, chatoyante, aérienne!
Et quelle force dans l'analyse de ces deux portraits croisés de femmes ! Un petit bijou, on retrouve une fois de plus le talent au plus juste de Gaëlle Josse découverte grâce à des amies de Babelio que je remercie !
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critiques presse (1)
Lexpress   14 mars 2013
L'écriture est faite de mots prosaïques agencés en phrases simples, qui transpire d'une telle justesse qu'il s'en dégage une poésie soyeuse.
Lire la critique sur le site : Lexpress
Citations et extraits (68) Voir plus Ajouter une citation
le_Bisonle_Bison   09 mars 2020
Dehors, juste au-dessus du wagon, dansent de légères étincelles bleues, produites par le frottement du réseau de câbles et d'antennes avec les caténaires, des étincelles comme des frêles incisions dans la masse compacte du ciel, qui éclairent des congères boueuses repoussées le long des voies, avec leurs formes arrondies, massives, tels des mammouths ou des dinosaures endormis, posés là dans l'attente d'un hypothétique réveil.
Le train poursuit son avancée dans la nuit, comme s'il ouvrait la terre droit devant lui, rejetant les ténèbres de part et d'autre de la voie. La nuit est noire, d'un noir dense, serré, d'où toute trace de gris a disparu.
De loin en loin, le halo clair tracé par les lumières d'une ville devinée, comme un témoignage de vie, ou la possible existence d'une galaxie proche, quelque part dans des espaces interstellaires, et l'idée que les hommes n'ont pas renoncé à exister là, pas encore. Cela dure quelques secondes, puis la nuit reprend possession des espaces brièvement concédés. Le train continue sa course, sans arrêt, avec de simples ralentissements dans des gares inconnues, avec leurs panneaux illisibles, leurs quais grisouilles et leurs réverbères transis.
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marina53marina53   13 juillet 2015
Il me reste désormais chaque heure de ma vie, dans son couchant, pour me souvenir que nous poursuivons en vain un horizon qui se dérobe, et que nos songes ne sont que châteaux de sable, inlassablement détruits par la mer et par le vent.
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Cricri124Cricri124   24 novembre 2019
Sergueï connaît bien ce moment du trajet, c’est ce qu’il appelle le « creux ». Chacun attend la fin du voyage, il y a de l’impatience, de l’énervement dû au confinement, à l’exiguïté des lieux, on tourne en rond, on manque d’exercice, on soupire, on guette le moindre événement, on s’emmerde. Il fait chaud, ça sent la nourriture et la transpiration, tout le monde a hâte d’arriver. L’euphorie du départ est passée, tout comme l’installation, la nouveauté des lieux, le plaisir des dîners. Il n’y a plus rien à découvrir, on a lu, écouté de la musique, bavardé, photographié, mangé, bu plus que de raison. Maintenant il faut arriver.

[Chapitre X]
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Cricri124Cricri124   11 novembre 2019
Il y a le champagne, aussi, sans lequel aucune fête n’est concevable, présenté par les domestiques en livrée plantés au garde-à-vous au bord de la salle de danse, attendant immobiles la dernière note de musique pour se glisser entre les danseurs avec leurs plateaux chargés de coupes que chacun saisit au passage. Et les rires, tous les rires, les rires jusqu’au vertige, à l’étourdissement ! Vient-on ici pour autre chose ? Pour autre chose qu’un temps suspendu, factice, artificiel et irrésistible ? Pour autre chose que les bons mots, les potins, la médisance qui suinte sous les plus charmants sourires, les plus exquis maquillages, sous les plus purs des rangs de perles et les plus suaves des fleurs ? [Chapitre I]
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marina53marina53   14 juillet 2015
C'est votre bonté seule qui vous rendra belle, plus sûrement et plus durablement que la fraîcheur de votre teint ou la finesse de votre taille. Nous sommes tous victimes de nos passions, elles nous égarent, nous blessent et nous anéantissent parfois.
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Vidéo de Gaëlle Josse
Masterclass avec Gaëlle Josse
« du matériau iconique au roman »
Une femme en contre-jour est le 9ème roman de Gaëlle Josse (Notabilia 2019). L'auteur dans cet ouvrage traque les traces, relie les pointillés, cherche à comprendre Vivian Maier, une nurse d'enfants, qui consacra toute sa vie à la photographie de rue et mourut dans le plus grand anonymat.
« le travail de Vivian Maier me renvoie, de façon frontale, impérieuse, à ce que je poursuis en écrivant. Faire passer un peu de lumière dans l'opacité des êtres, dans leur mystère, leur fragilité, dans leurs errances, et dire ce qu'on entrevoit, ce qu'on devine, ce qui se dérobe. »
Masterclass organisée par Aleph-Écriture.
À lire – Gaëlle Josse, Une femme en contre-jour, coll. « Notabilia », Noir sur blanc, 2019. Le Samedi 14 décembre 2019 - 10H00
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