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ISBN : 2846821593
Éditeur : P.O.L. (21/08/2006)

Note moyenne : 3/5 (sur 5 notes)
Résumé :

Avant de nourrir et d'héberger, l'hôtel et le restaurant se doivent d'être les lieux rêvés de l'amour. C'est là la conviction de Georges Romillat, jeune professeur d'amour à l'Ecole hôtelière. Avec une de ses élèves qui devient sa femme, il fonde l'Hôtel du Large afin que la pratique ressemble à la théorie. L'imprévisible imprévu voit la naissance d'un fils phénoménal ... >Voir plus
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Citations et extraits (4) Ajouter une citation
jack56jack56   12 septembre 2015
Ecoutez-moi. Ecoutez-moi au moins une fois. N‘écrivez rien. Vous allez, dans quelques années, trois si votre carrière estudiantine marche sans encombre, diriger un hôtel, un restaurant, servir à table, apporter le petit-déjeuner dans les chambres, l’orange pressée à une terrasse, cuisiner pour un groupe ou une table de deux, sur un paquebot ou dans un hôpital… que sais-je ? Ecoutez-moi. Fermez les yeux. Vous voilà dans votre hôtel ou dans votre restaurant, votre brasserie, votre cantine, votre café ou salon de thé, votre réception privé… vous voilà en présence de vos hôtes. Si… Attention !... Ecoutez-moi bien.
Si dans votre restaurant, une table branle sur un pied et que votre client s’en avise avant vous-même, je vous demande aussitôt de vendre votre fonds de commerce. Si vous n’avez pas de cale toute prête en bois biseauté (et non un vague fragment de rond de bière), vous êtes indigne de la profession.
Si quelqu’un d’entre vous, un jour, se permet de servir des feuilles de salade pas fraîche ou de la menthe dont les bords sont noircis, qu’il aille plutôt se jeter dans le canal !
Si, dans votre hôtel ou dans l’hôtel ou vous travaillez, vous marchez à l’évidence à la tête du client, celle qui vous revient et celle qui ne vous revient pas, lui délivrant ou non des quasi-autorisations de dormir, je vous expulse.
Si, dans votre hôtel ou dans l’hôtel ou vous travaillez, il se trouve une lunette de W-C. qui ne tient pas en position relevée, au risque de tomber avec fracas en venant coupe le jet du pisseur mâle, je n’ai plus rien à vous dire.
Pour une salière toussant avec parcimonie du sel humide, je vous chasse.
Pour de la moutarde qui s’est laissé venir une croûte sèche et poussiéreuse, pas mieux.
Si, sous la protection d’étoiles fallacieuses au fronton du bâtiment vous envisagez, pour cause d’exiguïté des lieux, de laisser un rideau de douche en plastique froid se plaquer sur la peau mouillée d’un de vos clients, je vous dénie le droit de poursuivre votre métier.
Si, dans la salle d’eau de la chambre 15, la poubelle à pédale de pied ne s’ouvre pas à la demande mais s’agite sans succès sur sa base, allez chercher du travail ailleurs.
Si vous traitez quelqu’un, derrières son dos de petit client, vous n’êtes qu’un petit hôte.
Pour peu que dans une de vos sauces je sente craquer sous ma dent un pépin de citron qui vous a échappé, sachez que je crache à la figure si je suis de mauvaise humeur.
Je vous vois d’ici : au moment du dessert, un livre est à la place de la cuiller à entremets, sous les yeux du client, et le fait, pour vous, serveurs de poser la cuiller à cet endroit-là et pas ailleurs est plus important que le livre ! Si c’est le cas, allez au diable !
Si l’on sert chez vous le vin, ayant horreur d’un verre à moitié plein, ou tout verre à moitié plein étant surtout à moitié vide (comme si le client était trop manchot pour se servir lui-même), à seule fin de pousser à la consommation, je vous fais éboueur (je n’ai rien contre les éboueurs, attention ! là aussi vous devez faire des preuves).
Si, pour le client solitaire, vous ne préparez qu’un cintre dans la penderie, une seule serviette dans le cabinet de toilette pour le visage et pour le cul, un malheureux oreiller célibataire à la tête du lit, nous n’avons rien à faire ensemble.
Qu’une lunette de W.-C. se dérobe sous mon poids et ripe désagréablement, sachez que je dépose plainte.
La technique du regard systématiquement détourné par le serveur – par vous serveur ? Vous serveuse ? – qui ne veut pas voir le besoin qu’on a de lui, d’elle, est au point. Je la connais. Je la prends pour une déclaration de guerre.
Sous ma dent, pas de peau de tomate dans la salade niçoise ou vous êtes un chef mort. Une tomate se pèle (voir s’épépine, ça se discute) !
Si vous me servez des huitres trop froides parce que le « lit de glace » est une illusion de fraicheur, condamnant mes dents à la réfrigération douloureuse, je vous balance les coquilles à la figure.
Je réprouve ce frappement de la serviette blanche sur le siège qu’un convive vient de quitter. On ne fesse pas le siège pour en chasser les miettes, on ne le torche pas de ses miettes comme si le convive les avait déféquées.
Que je pénètre dans une chambre d’hôtel dépourvue de table et/ou, de chaise, je vous gifle.
Que je trouve dans ma chambre un sous-main qui ne contient ni papier ni enveloppe à en-tête de votre hôtel, sachez que je considérerai cela comme plus grave encore que, dans un livre, un appel de notre qui ne débouche sur aucune note.
Si vous n’êtes pas foutu, en collectivité, de cuire trente kilos de pâtes sans qu’elles collent, faites-vous maçon (je n’ai aucun mépris pour les maçons, là aussi vous aurez peut-être des difficultés).
La femme de chambre qui, par négligence, aura laissé sur « douche » le robinet de la baignoire, de sorte que le client se verra agressé par un jet inattendu sur sa tête, sera tout simplement considérée par moi comme à l’image de ses patrons. Mais attention ! ce n’est pas elle que j’accablerai d’abord en mon for intérieur.
Le maître d’hôtel qui n’a que mépris pour le choix de clients se portant sur les petits prix de sa carte ou de sa cave, ce « maître d’hôtel », je le nomme « esclave hôtel ».
Si je vous prends à servir l’apéritif sans qu’il y ait des pistaches, des olives, des cajous, je vous saque ; si je trouve, dans les pistaches, des coques non fendues et par conséquent inouvrables sans casse-noisettes, je vous vire de l’emploi, c’est-à-dire que je vous ferme le métier.
Le premier d’entre vous, la première, qui servira de la merde à des non-connaisseurs en pensant tout bas que c’est assez bon pour tous ces cons, je le déculotte et le fesse devant tout le monde.
Et de même si tu refuses à qui que ce soit de lui servir gracieusement un verre d’eau, quelle que soit l’étendue de sa déchéance ou de sa prospérité.
Si vous laissez brailler, dans le salon de thé, un phonographe dont personne ne vous a demandé la chanson, vous me tuez.
Un gond qui grince à une porte de chambre sans que vous n’interveniez dans la minute en brandissant votre burette d’huile, tout est fini entre nous avant même d’avoir commencé.
Si vous ne servez pas un enfant comme une personne entière et d’avenir, je vous tue.
Si vous n’épaississez pas, au risque de vous ruiner, des cloisons qui ont fait la preuve qu’elles étaient trop fines pour isoler deux chambres qui n’ont rien à voir entre elles, adieu pour toujours !
Attention aux attentes du client : si vous le resservez de vin alors qu’il attend depuis cinq minutes que vous desserviez son assiette, vous êtes grossier !
Si vous répondez à une juste critique que, bien que sans lumière du jour ou presque, la chambre est « réglementaire », je vous abats. Je tire au canon sur toute chambre réglementaire dont la seule fenêtre est en verre cathédrale. Vous voilà prévenus.
La radio obligatoire pour tous dans la salle de restaurant, je vous achève ! Même à l’heure de Signé Furax !
Si, sommelier, vous matraquez le client avec à l’esprit le seul fait que vos êtes payés au pourcentage des bouteilles conseillées, attention ! vous boirez de l’eau toute votre vie, et pas de l’eau-de-vie !
Si, serveur ou serveuse, vous apportez les cuillers à soupe en coinçant votre pouce dans le creux de la cuiller, les verres en trempant les doigts dans leur vide, vous souffrirez de la soif toute votre vie !
Si, serveuse ou serveur, vous dépiautez une daurade sans en en lever les joues avant les filets pour les offrir aux enfants avec un commentaire amusant, vous souffrirez de la faim toute votre vie !
Sac à dos : pas forcément misère au cul ! Si, à la réception, vous manifestez de la suspicion envers un porteur de sac à dos et non envers celui d’une valise bourgeoise, vous êtes nul(le).
La porte de votre restaurant ferme mal et laisse entrer un vent coulis : réparation au plus tôt ! en attendant, ne mettez pas n’importe qui à la table la plus proche. Mettez plutôt personne et perdez deux couverts. N’y manquez pas, si vous tenez à mon estime.
Et que je n’entende pas un client un peu myope se plaindre de pouvoir vérifier à coup sûr le sens d’ouverture ou de fermeture de la manette du radiateur pour la raison que les symboles + et – sont marqués ton sur ton et que nul n’est censé connaître le braille !
Quel nom porte l’hôtel ? Quel nom, le restaurant ? Qu’on ait envie d’aller au Mouton blanc, connu comme le loup de la même couleur ! Qu’on rêve, par le nom, du chapeau rouge ou du Turban vert ! Pensez au nom, ou gare à votre matricule !
Si ce n’est pas vous apportez l’amour, du moins devez-vous ne pas mettre dans ses roues aucun bâton, mais un peu d’huile. Oui, un peu d’huile… Huile… Est-ce que vous me comprenez, jeunes gens ?
-Oui, dit une voix presque inaudible qui parlait pour toutes et paraissait recevoir, au pied de la montagne, les mille et un commandements du serveur et du cuisinier.

page 37
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jack56jack56   13 octobre 2015
Sa denture était assez bousculée, mais donnait à son sourire quelque chose d'attendrissant.

page 62
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jack56jack56   13 octobre 2015
Le baldaquin de la chambre 7, un meuble incongru, inutile sauf pour la poussière qui y trouvait un nid, mais dont la clientèle se faisait un rêve de voyage de noces...

page 97
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jack56jack56   13 octobre 2015
Mais les militaires ne sont jamais que des civils costumés, décorés parfois.

page 186
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Vidéo de Jacques Jouet
Jacques Jouet La dernière France éditions P.O.L où Jacques Jouet lit deux pages de "La dernière France" à l'occasion de sa parution aux éditions P.O.L , à Paris le 31 janvier 2018. "À leur mort, vous héritez de vos parents. Dans la hotte, vous trouvez des petites choses banales : quelques pièces d?or, un appartement, des dettes négligeables? et puis ce à quoi vous ne vous attendiez vraiment pas : une bibliothèque cachée, très orientée, un « enfer ». C?est une bibliothèque très complète (inachevée) de la pensée et de l?activisme éditorial et journalistique d?extrême droite en France depuis Édouard Drumont jusqu?à Vichy. Vous êtes Lémoni ou Clotilde sa soeur. Qu?est-ce que vous faites, quand vous êtes des personnages de roman ?"
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