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EAN : 9782265154629
Éditeur : Fleuve Editions (02/04/2020)

Note moyenne : 3.96/5 (sur 47 notes)
Résumé :
Quand un corps carbonisé est retrouvé dans une voiture aux abords de l’aéroport Charles de Gaulle, Zoé et Lola sont loin d’imaginer jusqu’où va les mener leur enquête. Conflits entre taxis et VTC clandestins, militants installés aux abords des pistes pour lutter contre le projet du nouveau terminal, et luttes politico-économiques autour de la pollution atmosphérique générée par l’aéronautique, tels sont les enjeux auxquels elles vont être confrontées.
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Critiques, Analyses et Avis (30) Voir plus Ajouter une critique
hcdahlem
  22 septembre 2020
Lola et Zoé, enquêtrices de choc
Un duo féminin est chargé d'une délicate enquête après la découverte d'un cadavre calciné dans le coffre d'une voiture. Hervé Jourdain livre avec Terminal 4 un excellent thriller sur fond de lutte de pouvoir autour de questions politiques sensibles.
À la brigade criminelle aussi, on peut s'ennuyer. Zoé Dechaume et Lola Rivière se morfondent en attendant un gros coup, une affaire dans laquelle elles pourraient démontrer leur talent d'enquêtrices hors-pair. Mais ce n'est pas encore pour cette fois. Elles sont envoyées à Roissy où un ressortissant libanais débarquant de Beyrouth a été arrêté en possession de vingt pièces d'or frappées par l'État islamique et vingt billets de 100 dollars. Une sombre histoire de trafic, peut-être l'ébauche d'un réseau terroriste… Reste qu'il est bien difficile de recueillir des aveux. Une garde à vue s'impose.
Mais en quittant la zone de l'aéroport, elles voient les pompiers s'évertuer à éteindre l'incendie d'une dizaine de voitures. Comme elles sont sur place, elles vont pouvoir procéder aux premières constatations. Et ce qu'elles découvrent est effrayant. Dans le coffre de l'une des voitures, le corps d'une femme est carbonisé.
«Le cadavre a rôti sur la partie supérieure, côté réservoir. le bas est intact. Jean taille basse détrempé, Stan Smith blanches à baguette verte aux pieds. Zoé se penche, ça pue l'essence. Elle arrête de respirer, tire sur la dépouille, tente de la retourner. Les mains, crochues, sont brûlées, la pulpe des doigts a disparu, l'os des phalanges est rogné. le visage est méconnaissable, le nez et les yeux ont disparu, comme les lèvres qui laissent place à des dents bien plantées.»
Voilà l'affaire qu'elles attendaient, même si dès les indices sont bien maigres. Et comme l'identification s'avère difficile, le premier fil à tirer est celui des propriétaires de ces véhicules. En l'occurrence, il s'agit de chinois qui ont mis en place un réseau alternatif de chauffeurs, entre taxi et VTC. Mais bien entendu, ils n'ont aucune information à fournir sur ce cadavre. À l'aide des relevés de cartes bancaires et des appels téléphoniques, de nouvelles pièces du puzzle sont rassemblées, la carte bancaire d'une Canadienne, celle d'une Russe ainsi qu'un chauffeur de type africain. Mais rien ne s'emboîte. L'affaire va même se compliquer encore davantage avec un conflit entre zadistes opposés à l'agrandissement de l'aéroport et la construction du Terminal 4 et la direction de France Aéroports en charge du chantier. le tout culminant en affaire politique puisque la pollution de l'air engendrée par cette extension va encore croître.
Hervé Jourdain, qui a été capitaine de police à la brigade criminelle de Paris, a l'expérience du terrain et sait que tant que tous les fils n'ont pas été tirés, il existe une petite chance de voir s'éclaircir un dossier que l'on pense impossible. Une audition à priori anodine, un haussement de sourcil, un rapport de la police scientifique ou la confrontation de déclarations contradictoires deviennent alors des éléments-clé. C'est avec patience et ténacité que Lola et Zoé vont progresser jusqu'à un épilogue inattendu, mais qui a le mérite de nous plonger dans une actualité brûlante.
Ce qui n'est pas le moindre des exploits de cet excellent thriller dont la parution a été repoussée en raison de la pandémie.

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SZRAMOWO
  05 août 2020
Dans Terminal 4, nous retrouvons l'équipe du Bastion au complet. le divisionnaire Hervé Compostel, le commandant Guillaume Desgranges, les lieutenants Zoé Dechaume et Lola Rivière, « fraîchement nommée capitaine de police »
Comme dans les précédents romans, Hervé Jourdain mêle avec subtilité les conflits entre personnalités fortes confrontées à leurs problèmes personnels, leurs égos, leur relations hiérarchiques pas toujours simples, la tentation individualiste au détriment du travail d'équipe.
Cette fois, l'affaire est grave et complexe :
« Lola égrène les quelques pièces du puzzle : Roissy, zadistes, Chinois, carte bancaire d'une Canadienne, carte bancaire d'une Russe, chauffeur de type africain. »
L'aéroport Charles de Gaulle à Roissy en est le cadre. Une riche idée, tant l'aéroport, univers clos avec ses règles et ses dérives, offre de possibilités pour corser le déroulement d'une enquête et multiplier les pistes y compris les fausses.
Les acteurs du site sont dans l'ordre d'apparition : La société France Aéroports chargée de la gestion avec ses milliers d'employés ; les voyageurs bien sûr ; « (…) tous les déshérités de la plateforme, SDF, sans-papiers, mendiants, Roms, emballeurs » ; Les emballeurs, «  (…) sont ceux qui proposent aux touristes, contre quelques euros, d'emballer leurs valises sous film plastique transparent avant leur transfert en soute. Ils fonctionnent en bande. » ; « les zadistes qui sont installés sur l'emplacement du futur Terminal 4. » ; les « VTC chinois » ;
Les problématiques sont nombreuses, « chasse aux taxis clandestins » qui « proposent discrètement un service de transport immédiat, fiable, à un tarif défiant toute concurrence à condition de régler en espèces. » ; « contrôle des sociétés privées assurant la sûreté sur les aéroports et les zones de fret »
Dépêchées à Roissy suite à un signalement des douanes relatifs à un trafic de pièces d'or siglées Etat Islamique, Zoé et Lola tombent sur l'incendie de plusieurs taxis chinois. Un des véhicules contient un corps mutilé dans son coffre.
Un roman relativement court, 237 pages, dont la première partie traîne un peu en longueur à mon avis, même si la description détaillée des activités de l'aéroport et des liens entre les différents personnages est précise, et ne manque pas d'intérêt.
« D'une part, France Aéroports est garant de la sécurité, tout ce qui a trait à l'économie souterraine et aux bandes de mineurs clandestins dans ses enceintes ne favorise pas son image à l'international ; d'autre part, le film transparent parfois utilisé par les emballeurs pour habiller les valises a tendance à fondre et à s'agglomérer, ce qui finit par bloquer les trieurs à bagages et provoquer des retards importants au décollage, donc un préjudice. »
« le dioxyde de soufre occasionne des maladies respiratoires, que le temps de roulage d'un avion au sol est en moyenne de vingt-six minutes, le décollage dure quarante-deux secondes, la montée trois minutes. Elle recopie des équations chimiques à rallonge comme celle de la combustion du kérosène : 2C10H22 + 31(02+4N2) —> 20 CO2 + 22H2O+124N ».
L'enquête s'emballe vraiment à partir de la deuxième moitié du roman et se focalise sur la bataille de chiffres autour de la pollution provoquée par l'activité de transport aérien. Et si le meurtre en était la conséquence ?
« Malgré certaines avancées technologiques, en raison de la hausse du trafic, les émissions de gaz à effet de serre de l'ensemble du secteur aérien français ont augmenté en valeur absolue de plus de 60 % depuis 1990. Au rythme du processus de mondialisation et d'une croissance annuelle du nombre d'usagers du transport aérien estimée entre 6 et 8 %, le transport aérien rejettera à terme plus de 20 % des émissions globales de CO2 »
Lola et Zoé parviennent à démêler les relations complexes entre les différents personnages et les institutions ou compagnies auxquelles ils appartiennent, et à identifier à qui le crime peut profiter.
Une histoire menée rondement et extrêmement bien documentée.
Lien : https://camalonga.wordpress...
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stokely
  14 novembre 2020
Une vraie découverte de la plume d'Hervé Jourdain qui est vraiment très agréable à lire, j'ai beaucoup aimé suivre Zoé et Lola dans leurs enquêtes qui ne leur sont pourtant au départ pas vraiment attribuer.
Mais à force de détermination, elles vont prendre en charge une enquête sur un cadavre retrouvé dans une voiture brûle dans le terminal 4 de l'aéroport Charles de Gaulle.
J'ai vraiment aimé les suivre dans cet endroit et le récit que l'auteur en fait de même que tout ce qui se passe à proximité tel que le combat entre taxis et VTC ou les activistes qui sont à proximité de celui-ci.
J'ai vraiment aimé le caractère bien trempée de Lola et Zoé et c'est agréable de suivre des femmes dans ce genre de récit qui sont au premier plan au niveau du récit.
Cependant en voulant abordé beaucoup de points divers l'auteur m'a perdu au milieu du récit et pourtant celui-ci est court, c'est dommage. Cependant Femmes sur écoute attends dans ma PAL et ne tardera pas à en sortir.


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Roadreader
  27 août 2020
Hervé Jourdain fait partie de ces anciens flics qui ont échangé l'arme de service contre la plume, avec terminal 4 il signe son sixième polar et semble avoir définitivement trouvé sa place dans le milieu très concurrentiel du polar. Celle d'un conteur de crimes societal aux ramifications complexes.
Une fois la lecture terminée on ne peut que constater que l'auteur maîtrise son intrigue du prologue jusqu'à l'épilogue et ce malgré les multiples pistes empruntée par les enquêteurs tout au long des trois cents pages qui composent l'ouvrage. Grande était ma crainte de voir l'enquête criminelle noyée sous les nombreux thèmes de société qu'il aborde. Mais il n'en est rien, l'auteur parvient à équilibrer parfaitement son intrigue tout en évoquant des thèmes actuels tels que l'écologie, la politique, le business aéronautique, la concurrence déloyale entre taxis et vtc et même le terrorisme. Évidemment tous ces sujets s'entremêlent à travers des fausses pistes et finissent par se rejoindre dans un final qui manque un peu d'éclat mais à le mérite d'être constant et souligne l'aspect procédural de la plume de l'auteur.
La procédure donc, c'est avec cet angle narratif qui peut être rebutant pour certains que l'auteur a décidé de se faire un nom. Cela pourra rappeler Michael Connelly parfois. La plume est factuel, technique aussi et le récit mené à un rythme intense ne contient que peu d'action mais là où Connelly sait à merveille nous faire pénétrer le monde judiciaire et policier, Jourdain ne le fait qu'une fois sur deux. Il prend par exemple le temps de nous expliquer le cas de la minorité ouïghours ou le trafic de civelle mais moins pour nous inviter dans le fonctionnement interne de cette unité de police du bastion. Il manque un élément, des détails sur les procédures qui rythment la vie des hommes en bleus. Détails qui nous permettraient de nous tenir au côtés de ses enquêteurs chevronnés, on a souvent l'impression de rester sur le banc à l'accueil du commissariat au lieu d'embarquer avec eux dans leurs voitures de fonction. C'est d'autant plus dommage que l'enquête et les différents interrogatoires sont passionnants à suivre.
D'un autre côté l'auteur impose un rythme tendu, constamment sur la corde raide, à ses personnages mais aussi à ses lecteurs. Aidée en cela par l'usage immodéré de virgules. Certaines phrases font parfois plusieurs lignes voire un paragraphe entier. On finit parfois la lecture le souffle court. C'est un style qui en vaut un autre, au milieu de ses phrases hachées les personnages dépeint par l'auteur tentent d'exister mais le côté linéaire de la narration empêche à ces deux enquêtrices d'acquérir leurs propres voix malgré les efforts de caractérisation louables de la part de l'auteur. Quant à leur collègue et chef d'équipe Guillaume, son côté bourru et violent offre les seuls moments incohérents de l'intrigue. Ce personnage torturé et à fleur de peau mériterait un développement plus conséquent et subtil mais en l'état il n'offre rien de plus qu'un ressort violent peu convaincant.
Ce polar societal et procédural, malgré un rythme effréné un peu artificiel avec cette profusion de virgules, s'avère extrêmement convaincant tant il remue des sujets délicats qui agitent notre société. L'intrigue part d'un fait divers sordide avant de prendre une tout autre ampleur sans jamais oublier l'aspect humain de l'enquête. Un polar parfait pour tous ceux qui veulent s'informer tout en se divertissant en cette rentrée qui s'annonce mouvementée à bien des niveaux.
Culturevsnews.com
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olivierverstraeteRCV99FM
  04 octobre 2020

Roissy, pour la plupart d'entre nous, est bien plus connu pour son aéroport que pour son patrimoine architectural. Paris CDG, comme il est siglé sur les billets d'avion est un des aéroports les plus importants au monde au regard de son trafic aérien. Il connait depuis quelques années une évolution qui l'oblige à s'étendre, voire à augmenter le nombre de terminaux. Mais augmenter le potentiel d'accueil et de départs d'avion, c'est aussi augmenter la pollution carbone sur une zone qui n'en a pas besoin. Alors trouver un cadavre sur le chantier du Terminal 4 n'est pas la meilleure publicité pour ce projet. C'est le postulat de Terminal 4, le dernier roman d'Hervé Jourdain paru chez Fleuve Noir.
Au petit matin, le ciel des abords de l'aéroport de Roissy Charles de Gaulle se teinte de rouge. Des voitures prennent feu. Mais d'un simple feu, l'examen des carcasses aboutira à une affaire de meurtres avec le corps découvert dans le coffre d'un des véhicules. Sur place pour une autre affaire, Lola Rivière et Léa Dechaume de la brigade anti-terroriste sont les premiers officiers sur la scène du crime. Qui est-elle ou-il ? Que faisait-elle ou il là ? Qui l'y a placé ? L'enquête commence par les deux comparses.
Après femme sur écoute, Hervé Jourdain reprend toute l'équipe du bastion à commencer par son duo d'enquêtrices de choc pour les emmener dans le monde des transports aériens, de la rivalité des taxis et des VTC, de la migration clandestine et de la politique environnementale. Tout cela en même temps. Il faut pour cela du talent et l'auteur, ancien flic de la brigade criminelle, n'en manque pas. On sent dans l'écriture de Jourdain la maîtrise du milieu et de la procédure policière mais sans s'enfermer dans la technique à outrance. Terminal 4 croise tout un ensemble d'enjeux personnels comme plus macro et cela reste un roman policier de haute facture avec ses pistes, ses auditions, ses errements avec en toile de fond le rapport changeant entre Zoé et Lola. Je vous garantis que vous ne survolerez pas Terminal 4 et serez suspendus aux découvertes de Lola et Zoé pour mettre à jour ce qui est arrivé à…
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Citations et extraits (7) Voir plus Ajouter une citation
SZRAMOWOSZRAMOWO   01 août 2020
Le siège de la police judiciaire parisienne ressemble à une ruche. Si la reine est un roi, les abeilles, près de deux mille, sortent et rentrent en continu de leur repère, de leur bastion aux tons pastel, immeuble ultra-sécurisé qui se fond dans l’architecture moderne de la ZAC Clichy-Batignolles.
Chose rare, tous les insectes sont réunis aux aurores. Ils sont rassemblés par grappes, en cercles, ponctuels au rendez-vous, personne ne rechigne. Lola, elle, fait le piquet au rez-de-chaussée, dans le hall gigantesque, encore endormie, bien couverte, loin des courants d’air. Cent fois elle a connu cet épisode. Pas moins. Peut-être plus. Et à chaque convocation la même posture, la même gêne, le thorax compressé, la tête vissée en direction du sol, le ventre dur, les picotements dans les pieds. Rester figée, stoïque, garder le silence, attendre que ça passe, égrener les secondes, ne pas réfléchir pour ne pas se morfondre. Ou alors, penser à autre chose, fuir ailleurs, dans les étages, se rapprocher de la machine à café, glisser des pièces jaunes dans la fente, régler la dose de sucre, prendre son temps. L’esprit en maraude, elle assure justement la descente du gobelet, le voit se remplir lentement, s’en saisit du bout des doigts, le porte à ses lèvres délicatement, les narines imprégnées d’amertume, les ailes du nez réchauffées par les volutes de fumée. Depuis peu, Lola reboit du café. Son Crohn l’accepte enfin. Peut-être est-ce l’effet de l’amour, tout simplement…
Aujourd’hui, Lola Rivière, fraîchement nommée capitaine de police, offre d’ailleurs ses pensées à un homme. Elle l’a laissé, quelques heures plus tôt, à peine rassasiée de ses fesses, musclées, de ses jambes, fuselées, de son corps nu d’athlète, tendre et ferme, qu’elle a caressé des heures durant avant d’enfiler à la hâte jean et sweat-shirt par-dessus les sous-vêtements en dentelle qu’il s’est empressé de lui offrir dès sa descente de train. Gaël Diniz habite loin, du côté des Ardennes. Ingénieur sécurité, il aimerait se rapprocher de Paris, mais les centrales nucléaires se font rares en Île-de-France.
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hcdahlemhcdahlem   22 septembre 2020
Elle repose son Smartphone sur le plan de travail de son coin cuisine, enfile des sous-vêtements, soulève le capot de son ordinateur portable professionnel, s’empare d’un jean propre, ouvre son navigateur Internet et sa boîte e-mail. Ça mouline, elle pense à Savannah Schneider, à l’autre bout du monde, délestée de sa carte visa. Lola égrène les quelques pièces du puzzle: Roissy, zadistes, Chinois, carte bancaire d’une Canadienne, carte bancaire d’une Russe, chauffeur de type africain. Rien ne s’emboîte, elle est perdue, se dit que le macchabée a peut-être cherché à jouer en solo, genre complice du Black devenue victime du Black. Lola se dit aussi que Savannah Schneider n’est peut-être pas tout à fait aussi claire qu’elle a bien voulu le laisser entendre à l’autre bout du fil parce que, à l’exception d’une réponse relative à l’identification des dix véhicules incendiés, elle n’a pas reçu le moindre relevé de compte. La Canadienne avait pourtant promis de le lui faire parvenir.
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hcdahlemhcdahlem   22 septembre 2020
INCIPIT
Ouverture
L’ancien chef de groupe incendie des pompiers de Paris court, ses chaussures de sécurité accrochent le bitume, il enfile son casque rouge, vocifère en doublant un bleu :
— Bouge-toi le cul, gamin !
Le sergent prend appui sur le marchepied, grimpe le premier à bord du Panther 8×8, il est 6 h 37, quarante secondes se sont écoulées depuis l’alerte. L’humidité colle au tarmac comme souvent un 7 mars sur la zone aéroportuaire de Roissy-Charles-de-Gaulle. À peine installé, il se retourne, ils sont cinq à monter à la queue leu leu.
— Démarre ! crie-t-il au chauffeur sitôt tout le monde installé.
— Feu de voitures sur le chantier du Terminal 4, confirme l’opérateur radio.
— Bien pris ! répond le militaire.
Le chef d’agrès se retourne en direction du bleu, l’interpelle alors que le monstre rouge vrombit :
— Hé, gamin ! Tu peux me dire à quelle vitesse peut rouler ce véhicule ?
— 135 km/h, sergent !
— Et son poids ?
— 52 tonnes.
— Et combien ses canons peuvent déverser d’eau à la minute ?
— 10 000 litres.
— Ça fait combien à la seconde ?
La réponse ne vient pas. Le sergent s’agace :
— Alors ?
— À une distance de 100 mètres, sergent !
— C’est pas ce que je te demande. Quelle quantité d’eau à la seconde, nom de Dieu ?
— Euh… 166 litres ?
— Pas trop tôt. Quel délai a-t-on pour intervenir selon la réglementation européenne ?
— Deux minutes.
— OK, gamin. C’est toi qui prendras en main le canon. T’as entendu ? hurle-t-il par-dessus son épaule pour se faire entendre.
Dernière recrue de l’équipe, le bleu vit là son baptême du feu.
— À vos ordres, sergent ! répond-il alors qu’il distingue enfin les flammes qui dévorent une dizaine de voitures stationnées en épi.
Le Panther quitte le bitume, ses huit roues motrices s’engagent sur la terre meuble dévolue au futur projet de terminal lancé par la société France Aéroports, puis s’approche à une vingtaine de mètres du brasier et pile. À l’écart, des automobilistes, sortis de leurs véhicules, et quelques occupants de baraquements de fortune observent, les mains sur le visage, la violence des flammes grimpant à plus de vingt mètres de hauteur et le dessin éphémère des cloques sur la carrosserie.
Le bleu est à son poste. Sous le contrôle de son tuteur, il dirige le canon à eau à l’aide d’une manette, fixe la pression à dix bars et déclenche l’intervention. La portière d’un premier véhicule rongé par le feu est soufflée par l’impact. D’autorité, le sergent réduit la puissance, l’incendie est circonscrit en moins de quinze secondes.
— À terre, les gars !
Plusieurs tuyaux d’incendie sont déroulés, l’un d’eux est actionné par précaution.
— Pour mon premier, j’aurais préféré que ce soit un avion, intervient le bleu.
Ses nouveaux collègues font semblant de ne pas avoir entendu. L’un d’eux a connu le crash du Concorde en 2000. Arrivé huit minutes après, il n’y avait plus personne à sauver.
— Récupère l’appareil photo au lieu de raconter n’importe quoi ! lui lance le sergent.
— Pour quoi faire ?
— Parce que ça peut toujours servir, répond-il en enfilant une deuxième paire de gants. Prends-moi des photos de chaque carcasse ! Et maintenant, qu’est-ce que je dois faire en priorité ?
— Aviser l’opérateur radio de la fin de l’intervention, sergent.
— Très bien, mais quoi d’autre encore ?
— S’assurer qu’il n’y a aucune victime.
— Mmmh.
Alors qu’un premier véhicule de police s’approche du secteur, le chef d’agrès entame l’ouverture des portières et des coffres de chaque véhicule, dont le système de verrouillage a été détruit par le feu. Malgré son expérience de pompier de Paris et plusieurs centaines d’interventions à son actif sur le site, ce qu’il découvre à la toute fin de son inspection dans l’un des habitacles arrière le fait reculer de plusieurs pas.
— Hé, gamin ! Viens voir par-là ! Tu voulais des sensations fortes, pas vrai ?
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chevalierortega33chevalierortega33   05 avril 2020
Les Boucheron, Cartier, Van Cleef & Arpels et Bulgari lui tournent la tête, elle fixe les limousines stationnées le lonf de l’allée ceinturant la place, les clientes qui usent les pointes de leurs Louboutin en quête de la plus jolie robe ou du chapeau qui les révélera lors du prochain prix de Diane à Chantilly, et les touristes embarqués dans les autobus à impériale, qui s’empressent de photographier ce joyau de l’architecture parisienne avant de déboucher sur le jardin des Tuileries et la place de la Concorde
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hcdahlemhcdahlem   22 septembre 2020
Zoé sort des gants en plastique fin de l’une des poches de son blouson. Elle les enfile, avance de nouveau. Les vêtements du haut ont fondu, le dos nu du corps, strié, lui fait face. Elle le touche, le cadavre a rôti sur la partie supérieure, côté réservoir. Le bas est intact. Jean taille basse détrempé, Stan Smith blanches à baguette verte aux pieds. Zoé se penche, ça pue l’essence. Elle arrête de respirer, tire sur la dépouille, tente de la retourner. Les mains, crochues, sont brûlées, la pulpe des doigts a disparu, l’os des phalanges est rogné. Le visage est méconnaissable, le nez et les yeux ont disparu, comme les lèvres qui laissent place à des dents bien plantées. Elle palpe le crâne, des filaments, longs et noirs, s’amalgament sur ses gants.
Zoé se retire, ventile.
— Vous en pensez quoi ? la sollicite le substitut.
— Qu’elle n’avait rien à faire dans ce coffre. À première vue, c’est une femme, moins de trente ans.
— Et les causes de la mort ?
— Je ne suis pas légiste, mais j’espère seulement qu’elle était morte avant l’incendie.
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