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Philippe Jaccottet (Préfacier, etc.)Yves Leclair (Éditeur scientifique)
EAN : 9782715217119
592 pages
Le Mercure de France (23/04/1991)
4.64/5   7 notes
Résumé :
Après Les sandales de paille (1987), recueil des fragments et journaux de Pierre-Albert Jourdan (1924-1981), ce second volume, posthume lui aussi, Le bonjour et l'adieu, rassemble l'intégralité de son œuvre poétique : neuf recueils pour la plupart inédits qui, composés de 1956 à 1978, témoignent de la très riche palette d'un écrivain injustement méconnu, et pourtant reconnu d'écrivains aussi prestigieux que René Char et Yves Bonnefoy.
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Critiques, Analyses et Avis (1) Ajouter une critique
lezardbavard
  24 février 2014
Recueils de Pierre-Albert Jourdan, poète aussi discret qu'exigeant, dont la poésie était également une recherche spirituelle. Salué par et ami de Char, Bonnefoy, Jaccottet, Gaspar...
Lien : http://pierrealbert.jourdan...
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Citations et extraits (21) Voir plus Ajouter une citation
coco4649coco4649   06 octobre 2015
COUSU DE BLEU


…Ce moi pulvérisé est mon moi. Cela se dévide hors de
moi, hors de mon ventre. Cela s'envole. Car le parcours
est infini. Épuisant parce que tu veux tenir, retenir. Est
épuisante l'infinité parce que mort est en toi. Une certaine
image de la mort. Son autre versant est neige aussi, est la
même infinité. Le peu que s'ouvrent les barrières : tu ne
reviens pas entier. C'est le pas gagné.
Tu absorbes le froid. Il a démantelé les raisons de ta
« personne ». J'entends bien : personne, ici personne, c'est
une multitude de liens, personne au sein d'une multitude de
présences. Et il n'y a rien à rassembler. Tout est rassemblé.
D'énormes distances sont franchies qui me font m'aban-
donner. Abandonner cet écran. Moi-écran. Mains-oiseaux
dans le froid et le passage et l'éclat. Et la percée du soleil,
et l'envol des plumes neigeuses, le rebondissement d'arbres
en arbres, écoutant l'autre voix, son éternel regain, sa façon
d'essaimer le rien. De m'en éblouir. De me tuer ainsi.
Déchire ce bouclier dérisoire !
Alors, de neige en soleil, tu cueilleras l'unique fleur et
les voyages s'ouvriront à son parfum de lumière. Le silence
revient, il ouvre le ciel. Il porte ce bleu profond que tu es,
de toute éternité, toi, l'accroc de ce bleu. Toi, repriseur de
bleu. Toi, cousu de bleu.

p. 569
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coco4649coco4649   05 octobre 2015
COUSU DE BLEU


Curieuse façon du silence que d'imposer ce chant d'un
coq lointain, de renverser les saisons, de faire venir au
goût cet été sommeillant, éternel. Cette solaire enfance.
Visitation du silence. Ici, entouré de présences plus
fortes qu'un hiver. Ici où, presque, la parole m'est retirée,
m'est donné ce glissement non pas fataliste mais comme
une résignation plus haute. Que, par exemple, ce dialogue
muet est plus important ; que la vérification du lieu se
passe de paroles, passe uniquement par le corps comme
une source qui l'irriguerait.
Trois points lumineux où se cache le soleil sous une
masse grise, c'est un signe et il se change en ces fumées
lointaines au pied du mont, en rouge-gorge sur une
branche nue de micocoulier, en cette main qui trébuche
sur le papier. Mobilité du signe mais aussi profonde muta-
tion d'être. Les barrières sont si légères ! Tu as vu cela
avec quels yeux ? Les yeux de celui qui brûlait. Et il l'igno-
rait. Comme j'ignore cette bourrasque de neige sur la mon-
tagne et comme elle m'aspire maintenant, me rend à la
présence en m'éblouissant….

p.568
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coco4649coco4649   08 septembre 2021
Le jardin des errances



extrait 3

Crachez les plumes et le fiel, embrochez,
tournez sept fois la langue dans la bouche
ne dites pas que c'est vous qui l'allumez
si vous avez tout desséché
cœurs désertiques vous faut-il donc
ces monstres pour vous empaler ?
Si le pacte d'alliance se fait sur terre
plaignez-vous de l'avoir perdu !
Et si le bleu ne descend plus
plaignez-vous de l'avoir recouvert !
Si le pacte est fragile – c'est sur terre
somnambules nous errons
la cavalcade, la ronde en nous ne cesse point.
Suffirait-il d'adoucir les gestes
il y aurait tant à brûler !
Sommes-nous si peu mélodieux
que la harpe nous transperce…

Quand donc, équilibristes impossibles
trouverons-nous la route du cœur ?
Terra incognita.
+ Lire la suite
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TerrainsVaguesTerrainsVagues   05 janvier 2018
Ce mouvement de vagues dans le sang …

J’ai ton odeur sur ma poitrine
ton odeur sèche et fiévreuse

Tu es parfois
à la pointe de mes mots
lorsqu’ils se plient à ton soleil
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chrysalidechrysalide   22 novembre 2012
Il y a une parole confiée au silence, que l'ombre nous transmet. Une parole d'effacement qui est parole de tendresse. Peut-être pourrions-nous aussi parler de bonté. Lavis d'ombre sans que soit raturée cette lumineuse coulée qui la contient. Mais plus proche de notre dénuement. Je crois à cette parole d'ombre. Elle n'est pas jeu de lumière ou de solitude mais ce que nous pouvons comprendre d'un dialogue qui se fait, qui se défait en nous. A chaque instant. Car nous ne pouvons comprendre que l'ombre. La brisure de l'éclat.


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Vidéo de Pierre-Albert Jourdan
Dans les paysages de Pierre-Albert Jourdan
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