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EAN : 9782070119769
128 pages
Éditeur : Gallimard (31/01/2008)

Note moyenne : 3.5/5 (sur 31 notes)
Résumé :
A trois reprises, Pierre Jourde est allé parcourir les pistes du Zanskar, vallée désertique de l'Himalaya, à quatre mille mètres d'altitude.
Le Tibet sans peine raconte ces longs périples (l'auteur avait vingt-cinq ans la première fois) sous forme d'une épopée cocasse, décrivant les tourments, les émerveillements et les ridicules de jeunes banlieusards occidentaux livrés à une nature démesurée. Traverser des glaciers et des tempêtes de neige avec un équipemen... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (10) Voir plus Ajouter une critique
joedi
  30 mars 2016
Humour, autodérision émaillent un voyage non préparé. Pas vêtu correctement, ils ont froid, ils sont sales, les chaussures de Pierre Jourde le lâchent, il lui faut improviser un masque en carton pour un de ses compagnons atteint par une cécité temporaire due à la réverbération de la neige faute de s'être muni de lunettes solaires appropriées ... Mais il y a les descriptions des montagnes, les autochtones, les lamaseries, tout un monde hétéroclite ... et la qualité d'écriture de Pierre Jourde.
Challenge Petits plaisirs - 133 pages
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Junie
  07 mars 2020
Certains livres viennent à vous sans qu'on les recherche. Comme s'ils attendaient patiemment sur une étagère que nos yeux effleurent leur couverture. Et là, on voit ce titre inattendu, "Le Tibet sans peine".
Un oxymore, assurément, qui se moque aussi bien de nous, lecteurs, avides d'exotisme et de récits d'exploits glorieux, que de tous ces écrivains-aventuriers, ayant arpenté les déserts et les glaces éternelles en quête d'absolu.
Du Tibet, je ne sais rien de plus que n'importe quel lecteur de Tintin. Je n'ai jamais essayé d'atteindre les sommets spirituels et géographiques de cet Himalaya mythique, qui a pourtant attiré tant d'Occidentaux depuis les récits des premiers explorateurs.
Trop loin, trop étrange, trop inaccessible, trop dangereux, trop immense, trop haut, trop mystérieux, le Tibet possède toutes les qualités qui fascinent.
On peut aujourd'hui s'y rendre pour 1680 euros tout compris. Dépaysement et sensations garantis.
On peut aussi cheminer avec Pierre Jourde, routard imprévoyant et téméraire, pour qui le voyage commence au Vieux Campeur et s'achève par le récit de ses nombreuses mésaventures. Au départ, son sac à dos est rempli d'illusions, d'espoirs, de rêves et soupes en sachets.
Pourquoi part-il? Pour effacer les HLM de Créteil, la grisaille du quotidien, la monotonie des jours sans imprévu. Pour se sentir vivant. Pour l'incertitude du lendemain. Pour savoir de quel bois il est fait. Pour se frotter à la rugosité de l'inconnu, au froid, à la faim, à la peur de se perdre, de tomber.
Pour tomber en extase, pour perdre la notion du temps et de l'espace, pour le vertige et l'épuisement, pour se rassasier de couleurs et de sons. Il ne nous le dit pas, on le devine en filigrane.
Assurément, on ne traverse pas le Tibet sans efforts. On y trouve beaucoup de caillasse, des yacks, des gouffres sombres, des cols inaccessibles et une pauvreté absolue. On y trouve une lumière différente, des montagnes plus près du ciel, pleines de démons et de visions.
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brigittelascombe
  18 janvier 2013
Mi descente aux enfers façon Nicolas Bouvier relatée dans Oeuvres, mi folle équipée de Tintin au Tibet avec capitaine Haddock, épuisement et tempête aux basques, le Tibet sans peine de Pierre Jourde s'avère plus que sans.
C'est avec un humour mordant, que cette "tête folle" relate son périple vers le Zaskar (qui, on s'en doute "a peu de points communs avec l'île de Ré") au côté de son copain Thierry Tullipe, une "tête brûlée".
Après être revenu dans la première partie de ce récit autobiographique sur les deux voyages précédents qui ont mené de "jeunes banlieusards occidentaux" vers l'Inde du nord et le Népal en 1980, puis le Tibet, Pierre Jourde évoque en se moquant leur "impréparation" et leurs motivations de touristes voulant récupérer sur place leurs précieuses diapos volées à Paris.
Point de guide du parfait voyageur ici, mais un parcours du combattant entrecoupé d'épreuves: escarbille de bois dans l'oeil,crevaison de bus,orage de grêle,beuveries,crasse,manque de vivres,chaussures gelées réchauffes au camping gaz,gastroentérite....bref les voilà entre "l'homme et la merguez"!!!
Outre l'autodérision constante qui rend le style de ce récit alerte et agréable à lire, Pierre Jourdre parle aussi d'amitié car des liens se tissent entre baroudeurs embarqués sur une même galère enneigée, abrupte et un brin délirante car les dégaines changent: lui même devient un "monstre" couvert de croutes, alors que Thierry "s'apprête à passer la porte d'un rade de Cavaillon pour commander une mauresque",Christian qui se joint au groupe a l'air "de chercher un camping quatre étoiles de Saint Jean de Luz, Moe qui suit leurs pas est un "Juif woodyallenien" et l'Anglaise Pamela, ramassée en route "s'en va faire la manche à Picadilly Circus".
De blanc "sans issue et sans repères" en "enfants moines" souriants en lamaseries accueillantes, ce sont des paysages absolus qui se révèlent à eux et des habitants à l'hospitalité incroyable qui leur ouvrent leur porte.
Le Tibet sans peine est un chemin de croix mais une victoire sur les peurs d'enfants, une rencontre sur leur propre chemin intérieur qui sans nul doute en valait la peine.
Auteur de plusieurs romans, Pierre Jourde qui confie dans le Tibet sans peine qu'il venait d'obtenir son agrégation après un an d'école normale, a écrit Pays perdu, Festins secrets et La littérature sans estomac...
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gavarneur
  13 août 2015
J'ai beaucoup souri et même parfois ri à haute voix en lisant ces récits. Quelques remarques sur les motivations et la condition du voyageur sont même des sujets de réflexion intéressants.
Avec la distance donnée par l'humour, j'ai aimé ces descriptions des tribulations de routards à la fois bien documentés et totalement imprévoyants sur certains points, bravant le froid et les périls de la route.
Je suis pourtant resté un peu frustré : n'est-ce pas un apéritif plutôt que le festin annoncé? J'avais lu la promesse de cataclysmes et je n'ai trouvé que péripéties, on me disait l'émerveillement des couleurs du pays, elles sont restées dans la tête de l'auteur.
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Floccus
  21 juillet 2018

"Difficile d'adopter la posture du héros quand le mouvement qui pourrait conduite à la mort est aussi celui de l'auguste titubant dans ses chaussures trop grandes." (72)
Pierre Jourde démarre sa mobylette en pétaradant avant de trouver un rythme de croisière. Au début, je suis tombée sur beaucoup de phrases que je ne savais pas par quel bout prendre, je n'entrais pas dans le livre. J'avais l'impression que l'auteur me bombardait d'images et de situations sur un mode à la fois mental, très écrit et potache. Puis la grâce a pointé sa lumière au bord de certaines routes. Plus qu'un récit de voyage, c'est un acte littéraire. Pierre Jourde tente de tirer la réalité de ce qu'il a vécu dans toutes ses contradictions. Les situations extrêmes côtoient les préoccupations triviales. La grande précarité trace son chemin dans un environnement qui ne semble pas fait pour les humains. On ne comprend pas comment tous ces gens peuvent survivre en savate dans la neige en ne se nourrissant que de peanut butter. Inconscience inspirée, clownerie salvatrice, ivresse de l'aridité, c'est une étrange empoignade avec l'existence réduite à l'essentiel et mue par des dynamismes dérisoires mais entêtés que ce livre.
"La familiarité ajoute encore à l'émotion peut-être, comme lorsque nous sentons que se donne à nous quelque chose qui garde cependant intacte toute sa sauvagerie. Comme l'intimité avec une panthère." (107)

Lien : http://versautrechose.fr/blo..
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Citations et extraits (17) Voir plus Ajouter une citation
joedijoedi   31 mars 2016
Les Ladakhis ne sont plus, dans leur propre pays, que des espèces de Sioux, les vestiges folkloriques d'une culture morte. J'ai pitié de les voir se laisser prendre en photo, tout contents, par des Allemands roses et gras. J'ai pitié de les voir se laisser prendre en photo par moi. Même si je suis famélique. L'Occident aura aussi efficacement anéanti cette culture par la curiosité que, de l'autre côté de la frontière, la Chine par l'oppression. Et notre propre curiosité y aura contribué.
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joedijoedi   30 mars 2016
À la nuit close, les belles bergères crasseuses, aux longues nattes et aux yeux bridés, se mettent torse nu et se glissent sans plus de façons sous une épaisse couche de couvertures multicolores. Les femmes voilées de l'islam sont à un jour de marche. Je pense à ces jeunes filles, à leur grâce et à leur liberté, leur souhaitant qu'aucun prosélyte du Coran ne monte jamais de la vallée, pour chercher à leur faire regarder leur candeur comme de l'impureté.
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joedijoedi   31 mars 2016
On repère Panikhar à sa mosquée couleur jade, insérée dans un creux des montagnes. C'est une oasis au milieu de la roche violette, sur laquelle se détache le vert fluorescent de petits champs circulaires. Des roches cyclopéennes sont restées plantées au milieu, qui les font ressembler à des jardins zen. Des buissons de fleurs d'un rose éclatant bordent les routes. L'eau dévale des montagnes, captée par d'innombrables petits canaux. Mais, dans ce paysage paradisiaque, les hommes ont introduit leur goût de la souffrance et de la soumission. Dans les champs, les femmes effarées, craintives, cherchent à se dissimuler derrière leurs voiles noirs. Quant aux hommes, nous les trouvons entre eux, à la terrasse des cafés, fumant le narghilé.
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joedijoedi   29 mars 2016
Les panneaux routiers ne reculent pas devant l'humour noir, en hindi et en anglais : Mieux vaut tard que jamais, ou Ralentissez : il reste des places au ciel, ou encore, dans une tonalité plus lyrique : La mort pose ses mains glacées sur les rois de la vitesse, ce qui, compte tenu de notre moyenne, peut également être classé dans le genre humoristique.
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joedijoedi   31 mars 2016
J'apprends qu'il s'agit de la cérémonie de réception pour le head lama, qui vient effectuer une visite à Lamayuru. Presque tout le village est là pour l'accueillir, avec une ferveur concentrée. De vieilles paysannes se précipitent vers lui pour recevoir sa bénédiction. Dans presque tous ses détails, reproduits avec une surprenante précision, la scène où le grand lama, accompagné de son orchestre, remet une écharpe jaune à Tintin. Nous aurons voyagé dans une bande dessinée.
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Videos de Pierre Jourde (24) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Pierre Jourde
POÉSIE MÉDIÉVALE – La Fatrasie ou l’incongru médiéval (France Culture, 2000) Émission « Tire ta langue » diffusée, le 15 mars 2000, sur France Culture. Précédée de la traditionnelle chronique de Philippe Barhelet, l'émission propose un montage d'entretiens d'Antoine Perraud avec Thierry Beauchamp, Jean Dufoumet, Patrice Uhl et Pierre Jourde.
Dans la catégorie : Pakistan, BangladeshVoir plus
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