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EAN : 9782266171076
246 pages
Éditeur : Pocket (04/09/2008)

Note moyenne : 3.75/5 (sur 28 notes)
Résumé :
«Toute magie en avait radicalement disparu.» C'est le monde.
«Je venais d'avoir vingt-six ans et je finissais mon internat ...» C'est la vie. Saint-Savin. C'est le nom. Celui d'une petite ville balnéaire, dans les syllabes duquel se concentrent le parfum de vacances passées et l'enchantement d'un amour d'enfance.
Une nuit d'été. C'est l'ombre.
Le narrateur évoque ce paradis perdu devant sa compagne. Il décide d'y revenir avec elle, sans attendre... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (8) Voir plus Ajouter une critique
joedi
  10 décembre 2015
Le narrateur débute le récit de sa vie alors qu'il est étudiant en médecine. Après une soirée festive, il prend la route de Saint-Savin, lieu de quelques vacances estivales où lorsqu'il était jeune adolescent, il connut son premier amour resté platonique et inavoué. À ses côtés, dans la voiture, Denise, médecin généraliste qui vit en dilettante, lui raconte une histoire qu'elle a vécue dans un petit village où elle exerçait son art et pendant laquelle elle croit se souvenir avoir entendu évoqué le nom de Saint-Savin ; il n'en faudra pas plus à notre narrateur pour affabuler.
À la fin du roman, le narrateur est gérontologue dans des maison de retraite ce qui fournit matière à l'auteur pour développer, par la voix de son personnage, une analyse du comportement de la société vis-à-vis des personnes âgées.
L'heure et l'ombre, ce sont des instants, des parties de la vie du narrateur que Pierre Jourde raconte d'une écriture belle et poétique.
Commenter  J’apprécie          360
Sovane
  21 mars 2019
Ce roman, considéré par l'auteur même comme son préféré, met en scène un jeune interne en médecine de 26 ans, nostalgique et "infesté de romantisme". Lorsqu'il rencontre Denise, aussi évanescente que volubile, il découvre avec étonnement qu'un lieu, Saint-Savin, les rapproche. Ils s'embarquent ainsi dans un étrange retour sur les terres d'enfance du narrateur, qui venait y passer ses vacances d'été. Durant le trajet la jeune femme raconte dans quelles circonstances ce nom lui est resté en mémoire. Ainsi, alors qu'elle débutait comme généraliste dans un coin reculé de Bretagne, elle fit la connaissance d'une fillette énigmatique, et de son père non moins marginal. Les deux vivaient reclus dans une grande maison délabrée et l'enfant faisait état d'une mélancolie inquiétante. le récit de Denise fait écho au passé du narrateur, qui se souvient de Sylvie, sa jeune voisine dont il s'était entiché. L'amour d'enfance restera gravé dans l'esprit du jeune homme, tournant même à l'obsession. Dans ce roman presque gothique Pierre Jourde développe les thèmes qui feront le succès de son oeuvre romanesque : la rugosité d'un monde rural en voie de disparition, le sentiment d'étrangeté, la vie secrète des objets et des demeures, la figure du double mais aussi la dénonciation des clichés littéraires. Ce texte oscille sans cesse entre tragique et grotesque, a des accents prophétiques même parfois, et témoigne d'une jubilation d'écriture qui ne se démentira pas. Ainsi le récit d'une soirée et d'un maigre repas ruinés par un insupportable enfant-roi et ses deux disciples-esclaves-parents restera dans les annales du genre.
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sylire
  29 octobre 2012
Pierre Jourde est plutôt connu pour ses écrits pamphlétaires et sarcastiques. Il nous offre une toute autre facette de son talent avec « l'heure et l'ombre », un roman que les critiques qualifient de très proustien.
C'est un livre impossible à résumer tant sa construction est complexe. Pourtant, le tout se tient formidablement bien grâce au talent de Pierre Jourde.
En quelques mots, c'est l'histoire d'un homme qui ne parvient pas à oublier son amour d'enfance, Sylvie, qu'il retrouvait chaque année dans le village de ses vacances à Saint-Savin. Il tente de reconquérir la jeune femme à l'age de vingt-six ans mais n'y parvient pas, perdu dans son romantisme et ses rêves d'absolu. Toute sa vie sera hantée par le souvenir de cette jeune femme qui réapparaît parfois dans son imaginaire comme dans la réalité.
Plusieurs histoires se croisent, toutes en lien avec Sylvie et racontées par les personnages du roman : la compagne du moment ou l'ami rencontré à l'adolescence.

L'écriture est très belle, raffinée et poétique. C'est un livre qui se lit lentement. Il faut prendre le temps de savourer les phrases et les mots qui décrivent à merveille les sentiments et la nostalgie de cet éternel romantique...
Pierre Jourde se lâche parfois et adopte un ton ironique pour nous décrire une famille de rappeurs ou le comportement de l'enfant roi d'une famille d'intellectuels. C'est assez bien vu, je dois dire ! Un autre passage savoureux est celui de la rencontre du narrateur avec la grand-mère de Sylvie, une femme de quatre-vingt-dix ans vivant à la campagne comme au début du siècle.

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Lien : http://sylire.over-blog.com/..
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DamienR
  10 octobre 2011
Pour un voyage introspectif, j'ai été très surpris par l'ironie, la causticité de son auteur.
Les personnages sont des "bobos", dans le sens le plus caricatural, qui vivent dans leurs songes, dans des représentations personnelles du terroir. le ton est très critique à l'égard du monde rural : les ruraux sont perdus dans le "terroir impalpable de leurs songes", ils ont l'esprit retors et naïf. Leurs maisons, leurs meubles sont fades, la campagne boursouflée de laideur neuve. Les paysages : "Cotés de rien, plus proches d'aspect de assiettée de nouilles froides que des vallons bucoliques où des oiselets volètent parmi les fleurs."
L'auteur tente de tenir un discours sur le temps, comme un leitmotiv, où l'histoire serait là comme une illustration. On en vient à penser que c'est plutôt une justification : parler, écrire pour passer le temps. Qu'est-ce qu'il passe lentement !
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Jobesi
  06 juillet 2015
Une grande déception.
La lecture de "La littérature sans estomac" m'avait mis l'eau à la bouche. le propos de Jourde, ses critiques argumentées et acerbes contre une bonne partie des auteurs à la mode y sonnent le plus souvent juste.
Jourde est un technicien de la littérature, mais est-ce vraiment un écrivain ?
N'est-ce pas plutôt un littérateur qui connaît toutes les ficelles ? Ce qui ne l'empêche pas de tomber dans le piège de grosses banalités (cf visite à la grand-mère).
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Citations et extraits (20) Voir plus Ajouter une citation
joedijoedi   10 décembre 2015
Même si je devenais héros, prince charmant, amant adulé, aucun sortilège ne me donnerait la capacité absorbante d'une serviette de toilette. De cette simple serviette de toilette avec laquelle elle s'épongeait les jambes, dans un geste d'une grâce qui me laissait sidéré, et à peu près épouvanté.
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joedijoedi   10 décembre 2015
Je sentais douloureusement chaque fraction de sa peau épousée exactement par l'eau, sa nudité dessinée en creux. Scène scandaleuse, dont personne ne s'apercevait, à part moi. Nul ne la posséderait jamais comme la mer la possédait en ce moment, avec cette précision exhaustive et détachée, personne ne se montrerait capable de la recevoir avec cet amour sans phrases. Toute la mer, qui accueillait ce corps, en était à présent l'empreinte invisible. Toute la mer était le sexe de Sylvie et ses seins. La regarder, en n'importe quel point, revenait à contempler le corps nu de Sylvie, alors même qu'il venait de s'y cacher.
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MusikantMusikant   15 octobre 2008
J'ai compris que je n'y arriverais jamais : la littérature est incompatible avec l'insignifiance.Or, il faudrait représenter l'insignifiance, la fadeur de la vie. Tout le reste ment. Celui qui parviendra à écrire le roman bureaucratique parfait sera le plus grand génie du siècle. A condition que ce ne soit ni symbolique, ni burlesque, ni fantastique, juste morne, ennuyeux et insignifiant. C'est-à-dire illisible.
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MusikantMusikant   15 octobre 2008
Au début j'ai essayé de résister un peu, de publier des articles d'investigation. Je me prenais pour un Américain. Ils m'ont très vite fait comprendre que si je voulais rester dans ce métier, il fallait que je me calme. Un journal local, c'est quasiment un journal officiel. Pourquoi chercher les complications? Surtout, on n'embête personne. Pas de politiciens du cru, bien sûr encore moins les autres journaux.C'est le tabou suprême, dans le métier, les autres journaux. Autocensure absolue. On agite rituellement la marotte liberté de la presse, mais on sait très bien se mettre en prison tout seul.
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sabine59sabine59   06 novembre 2016

J'étais revenu à cet été, où Julien, Sylvie et moi nous baignions, à Saint-Savin. L'odeur des pins, je la respirais intacte. J'entendais les voix calmes qui s'élevaient de l'autre côté de la haie, dans lesquelles l'heure à la fois recueillait sa qualité, la longueur de ses ombres, la fraîcheur de son air, et s'immobilisait, comme saisie par la conscience de ce que son fil fragile supportait d'éternité.
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Videos de Pierre Jourde (23) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Pierre Jourde
« Ni la souffrance, ni l'absence de souffrance ne peuvent se vivre sans culpabilité. Il faudrait apprendre à ne plus s'en vouloir. » Pierre Jourde (in “Pays perdu”). Le réel difficile : conférence donnée au Collège de France le 09 mars 2010 lors d'un séminaire intitulé “Écrire la vie” et placé sous la direction de Antoine Compagnon. Amphithéâtre Marguerite de Navarre - Marcelin Berthelot. Pierre Jourde est un écrivain et critique français né à Créteil le 9 décembre 1955. Il enseigne la littérature à Valence (université Grenoble III). Connu pour ses pamphlets (“La littérature sans estomac”, “Le Jourde et Naulleau”) contre ce que les médias, et notamment les pages littéraires du journal Le Monde, présentent comme la littérature contemporaine, il est surtout l'auteur d'essais sur la littérature moderne (“Géographies imaginaires”, “Littérature monstre”) et d'une abondante œuvre littéraire exigeante se partageant entre poésie (“Haïkus tout foutus”), récits (“Dans mon chien”, “Le Tibet sans peine”) et romans (“Pays perdu”, “Festins secrets”, “L'heure et l'ombre”, “Paradis noirs”). Il tient depuis janvier 2009 le blog Confitures de culture sur le site littéraire du Nouvel Observateur où il publie régulièrement ses prises de position sur des sujets de société : http://pierre-jourde.blogs.nouvelobs.com. Polémique à la suite de la parution de “Pays perdu” : “Pays perdu” retrace la vie des habitants d'un village du Cantal décrite comme très rude et marquée par l'alcoolisme, la solitude, le suicide... Ce roman est inspiré du village de Lussaud dont est originaire la famille Jourde et a suscité une vive émotion parmi ses habitants, d'autant que plusieurs se sont reconnus ou ont reconnu des proches décédés dans les personnages du roman. Lorsqu'il y est revenu, Pierre Jourde et ses enfants ont alors été agressés physiquement et chassés du village à coups de pierres. Les agresseurs ont été condamnés le 5 juillet 2007 par le tribunal d'Aurillac à des amendes et de la prison avec sursis.
Sources : Collège de France et Wikipédia
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