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ISBN : 2353150462
Éditeur : L'Esprit des Péninsules (21/11/2008)

Note moyenne : 4.2/5 (sur 5 notes)
Résumé :

Littérature monstre : parce qu'il s'agit ici de la littérature dans les formes excessives qu'elle commence à prendre à la fin du XIX siècle. Dans son désir d'absolu, le texte aspire à la monstruosité, sous la forme du détachement de tout, valeurs, humanité, sens même. Et dans la mesure où il s'agit encore de représenter l'humain, ce n'est plus que sous la forme de ce " monstre incompréh... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (3) Ajouter une critique
Charybde2
  14 mai 2013
Propos théorique exigeant et ambitieux, saine visée polémique, formidable envie de lire. du bonheur.
Publié en 2008, cet épais volume (700 pages) représente largement un captivant aboutissement à date de la recherche critique menée par Pierre Jourde parallèlement à son activité de romancier, dans la continuité de son « Empailler le toréador : l'incongru dans la littérature française » (1999) et de « La littérature sans estomac » (2002).
Sous-titré « Etudes sur la modernité littéraire », l'ouvrage, lui-même proprement monstrueux, est pourtant d'une surprenante et implacable unité cherchant, dans ses quatre parties thématiques, à dégager et démontrer le lieu littéraire de l'intelligence, de l'expérience de langage et du récit, clairement contre les fossoyeurs trop nombreux voulant perpétuellement discréditer l'idée même de littérature, réputée devoir se dissoudre toujours davantage dans une instantanéité aussi « moderne, forcément moderne » que vide de sens. L'avant-propos de Pierre Jourde, précisant l'étendue du projet, est lumineux, et justifie quasiment à lui seul l'ensemble de l'ouvrage.
Les 200 pages de « Loufoqueries » examinent un certain nombre d'auteurs emblématiques, souvent peu ou mal connus, autour de la Belle Epoque, traquant les ressorts et les limites de certains traits caractéristiques du roman moderne ou contemporain dans les livrets de Hervé, l'inventeur de l'opérette, dans les écrits « non musicaux » d'Erik Satie, dans le traitement du corps (et de sa peau, au premier chef) chez Jean Lorrain, chez Alphonse Allais, chez Georges Fourest, chez Eugène Mouton ou encore chez Félicien Champsaur, mais aussi dans les textes de Vialatte, dans la poésie de Georges Fourest, de Henry Jean-Marie Levet, d'Alphonse Allais, d'André Frédérique, de Léon-Paul Fargue, dans les travaux du photographe contemporain Jean-Luc Dorchies, ou encore dans les bandes dessinées de Goossens.
Les 100 pages de « Monstruosités » poursuivent directement ce premier propos en pointant un certain nombre d'occurrences et d'émergences du « monstrueux » à l'orée du XXème siècle, mettant en évidence le caractère profondément significatif de ce retour et de cette envolée, grâce à un parcours dans les écrits scientifiques et para-scientifiques en tératologie, à une lecture attentive des textes de Jean Richepin, de J.K. Huysmans, de Catulle Mendès, de Princesse Sapho ou de Léon Bloy, à l'analyse de l'hystérie et de l'autoscopie dans la littérature médicale de l'époque comme dans les textes de Gustav Meyrink, mais aussi grâce à une lecture millimétrique du « Rivage des Syrtes » de Gracq, et plus particulièrement à la lecture du portrait de Piero Aldobrandi, ou encore à la définition du statut des îles et des labyrinthes et de leurs imaginaires secrets respectifs dans la littérature du XXème siècle !
Les 150 pages de « Polémiques », utilisant subtilement le matériau dégagé par les deux premières parties de l'ouvrage, poursuit le travail de défense d'une « véritable » critique, à visée à la fois constructive et non complaisante, amorcé dans « La littérature sans estomac », et fournit une brillante démonstration de la légitimité et de la nécessité de ce « rendre compte » qui ne cherche pas à occulter les faiblesses ou les erreurs – perçues et si possible démontrées - des écrivains, fussent-ils « amis ». Une lecture infiniment salutaire pour quiconque se pique d'écrire SUR des livres, fût-ce au travers de modestes notes de lecture… L'arrogante complaisance d'une bonne partie du « système littéraire » de cooptation et d'auto-congratulation, allant de Philippe Sollers au Monde des Livres, qui domine le monde français des lettres depuis trop d'années, en prend au passage pour son grade, tandis que l'auteur nous gratifie de pages captivantes sur Houellebecq, sur Gracq, sur Littell, sur Michon, sur Echenoz ou sur Chevillard, avec une lucidité et une intelligence qui forcent l'admiration, et l'envie de lire encore et encore…
Les 150 pages de « L'objet singulier », enfin, tentent de conclure provisoirement la démarche entreprise, en esquissant une définition dynamique et vivante du roman contemporain, saisi par ses bizarreries revendiquées comme par ses filiations apparentes ou non, en parcourant à nouveau un étonnant matériau allant des romans dont le titre se limite à un nom ou un prénom, ou bien comporte « Monsieur » ou « Madame », aux oeuvres consacrées comme « mineures » par la critique postérieure (et à ce que cela signifie), aux curieux destins littéraires De Nerval ou de Mallarmé, de ce point de vue-là (« mineur vs. majeur »), au complexe jeu de J.K. Huysmans avec ces notions même, ou enfin à la figure de Marcel Schwob, comme un archétype ultime de cette impossible synthèse.
L'un des miracles de cet ouvrage, et c'est tout le talent critique de Pierre Jourde qui est là à l'oeuvre (comme on a pu en avoir un saisissant aperçu en direct, le 25 avril dernier à la librairie Charybde, où il officiait en « libraire invité »), c'est bien de réussir simultanément à tenir un propos théorique exigeant et ambitieux, à diriger cette recherche dans une visée nettement et sainement polémique, et à donner envie de lire ou relire des dizaines d'auteurs parmi ceux mentionnés. Un immense bonheur de lecture, donc.
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lalaitue
  14 avril 2010
Dans cet essai captivant, Pierre Jourde s'interroge sur l'aspiration à la singularité de la littérature, en particulier à la Belle Epoque, et des "formes excessives" (monstrueuses donc) qui en résultent. L'exégèse des "loufoqueries" sert une réflexion sur la modernité littéraire, aussi les écrivains contemporains ne sont-ils pas publiés (ni épargnés). Brillant et passionnant.
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Maison de la poésie (4 juin 2019) - Texte et Lecture de Alban Lefranc, extrait du Dictionnaire des mots parfaits (dirigé par Belinda Cannone et Christian Doumet, éd. Thierry Marchaisse, parution mai 2019).
Le Dictionnaire des mots parfaits :
Pourquoi certains mots nous plaisent-ils tant ? S?adressant à notre sensibilité, à notre mémoire ou à notre intelligence du monde, ils nous semblent? parfaits. Bien sûr, parfait, aucun mot ne l?est ? ou alors tous le sont. Pourtant, chacun de nous transporte un lexique intime, composé de quelques vocables particulièrement aimés. Après ceux consacrés aux mots manquants et aux mots en trop, ce troisième dictionnaire iconoclaste invite une cinquantaine d?écrivains à partager leurs mots préférés. Il vient parachever une grande aventure collective où la littérature d?aujourd?hui nous ouvre ses ateliers secrets.
Auteurs : Nathalie Azoulai, Dominique Barbéris, Marcel Bénabou, Jean-Marie Blas de Roblès, François Bordes, Lucile Bordes, Geneviève Brisac, Belinda Cannone, Béatrice Commengé, Pascal Commère, Seyhmus Dagtekin, Jacques Damade, François Debluë, Frédérique Deghelt, Jean-Michel Delacomptée, Jean-Philippe Domecq, Suzanne Doppelt, Max Dorra, Christian Doumet, Renaud Ego, Pierrette Fleutiaux, Hélène Frappat, Philippe Garnier, Simonetta Greggio, Jacques Jouet, Pierre Jourde, Cécile Ladjali, Marie-Hélène Lafon, Frank Lanot, Bertrand Leclair, Alban Lefranc, Sylvie Lemonnier, Arrigo Lessana, Alain Leygonie, Jean-Pierre Martin, Nicolas Mathieu, Jérôme Meizoz, Gilles Ortlieb, Véronique Ovaldé, Guillaume Poix, Didier Pourquery, Christophe Pradeau, Henri Raynal, Philippe Renonçay, Pascale Roze, Jean-Baptiste de Seynes, François Taillandier, Yoann Thommerel, Laurence Werner David, Julie Wolkenstein, Valérie Zenatti
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>Littérature des langues romanes. Littéraure française>Littératures des langues romanes. Littérature française>Littérature française : 1900- (214)
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