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EAN : 9782363583253
608 pages
Editions Vendémiaire (18/04/2019)
3/5   3 notes
Résumé :
Printemps 1954 : le fer de lance du Corps expéditionnaire français d’Extrême-Orient affronte, dans la haute vallée de Dien Bien Phu, les unités d’élite de l’Armée populaire du Vietnam commandées par le général Giap. Ce féroce et inégal corps à corps sur fond d’intenses duels d’artillerie est d’une violence inouïe : entre 13 000 et 25 000 soldats vietnamiens sont tués ou blessés, tandis que les pertes françaises s’élèvent à 65 % des effectifs engagés. Au terme d’un s... >Voir plus
Critiques, Analyses et Avis (3) Ajouter une critique
fnitter
  15 juillet 2019
Instructif
Dien Bien Phu, une bataille mythique, dont le nom est connu dans le monde entier comme une grande défaite de l'armée française mais aussi comme un moment d'héroïsme et de résistance désespérée en infériorité numérique. Une bataille qui sonne la fin d'un monde mais aussi le commencement d'un autre.
L'auteur n'est pas un lapin de 6 semaines dans le domaine. Il a déjà écrit sur le sujet, la période et les lieux; Et quand on voit l'épaisseur des notes, sources et bibliographie, on comprend vite qu'on n'aura pas à faire avec une simple description de la bataille.
Et c'est là où je suis partagé. Je ne suis pas particulièrement friand d'essai historique ou de thèse universitaire. J'aurais aimé tomber sur un livre comme Stalingrad de Beevor et j'ai plutôt eu un cours d'histoire, particulièrement bien détaillé, il faut le dire.
Si j'ai aimé quelques chapitres, comme "la bataille" ou "du mythe à l'histoire", d'autres comme "'art de la guerre au Vietnam" ou "une crise franco-américaine" ont été bien laborieux et fastidieux pour moi.
On apprend beaucoup sur la décolonisation. C'est réellement très instructif sur la période et ouvre une nouvelle voie de compréhension de la guerre d'Algérie par exemple, mais au titre de la lecture divertissante, je suis clairement resté sur ma faim (Traduction : Je me suis ennuyé).
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jeandubus
  23 juillet 2019
Dien Bien Phu. La fin d'un monde.
Dans un ahurissant avant-propos, Pierre Journoud après l'avoir dédié à sa mère Monique, dédie aussi son livre à Geneviève de Galard, infirmière éphémère désignée comme « l'ange de Dien Bien Phu » incarnant « la grâce, le dévouement, la compassion, le réconfort, l'espoir ».
Dans un raccourci frappant Pierre Journoud n'oublie pas non plus « dans l'enfer des hommes assiégés » ( !) « les épouses discrètes et peu visibles des partisans thaï, dont on ne sait rien » et puis « cette cohorte de femmes vietnamiennes, une vingtaine à peine (…) prostituées initialement recrutées pour « renforcer le moral » des soldats (qui) ont gagné la reconnaissance éternelle des hommes dont elles ont partagé les espoirs, les désespoirs, les combats à la vie à la mort »
Et le reste…
( vingt femmes « à peine » pour quatre-vingt mille soldats proches du tombeau)
Au-delà de la page 8, chères lectrices, vous n'êtes plus concernées et dans un sens c'est aussi bien.
Une thèse de doctorat ne fait pas un livre et l'Histoire n'est pas une discipline barbante qu'on assène sans émotion à un groupe muet et inerte.
Aurait-on pu choisir nos époques de prédilection pendant nos études secondaires que le fil des cours en aurait été mieux modulés. Aurait-on eu un vrai programme en début de session, d'année ou de trimestre qu'on se serait sans doute plus impliqué dans des créneaux de prédilection, aurait-on brillé sur la guerre de cent ans où les croisades. Aurait-on pu discerner sans ambiguïté le noeud gordien de l'Histoire et de la Géographie, et partant, tant d'autres disciplines que les heures chaudes et odorantes des cours magistraux eussent paru moins longues.
Personnellement j'ai choisi le Vietnam et ce titre (proposé aimablement par masse critique) par affinité avec l'Asie du Sud Est où (entre autres régions du monde) j'ai exercé ma profession, où j'ai appris à reconnaitre les peuples et leurs cultures passées ou contemporaines qui ne se limitent bien évidemment pas aux seuls conflits, aux seules batailles et pugilats. Encore moins aux prostitués.ées toujours disponibles malgré eux pour « renforcer le moral » des blancs dominants.
Mais rien n'a changé dans la littérature convenue et scolaire des thésards : la règle reste les notes en fin de volume ( ici plus de 700 lisibles avec une loupe) et quatre (4) malheureuses cartes qu'on découvre par hasard en fin de volumes entre « notes » et « sources écrites » situant le lieu de la bataille. (Pour ma part j'ai lu un quart de ce pensum sans pouvoir situer quoi que ce soit.)
J'aimerais savoir ce qui a motivé Pierre Journoud pour se lancer dans une telle entreprise et ce qui l'aurait convaincu que sous cette forme abstruse et avec ce fond limité, un public pourrait lui manifester un quelconque intérêt. Celui des anciens combattants encore vivants, des anciens enfants de la « reconnaissance éternelle » ? Le mystère des vocations, sans doute.
Au-delà de cette juste indignation, et malgré le discours lourdement masculin, où la prétention inepte et provocante des officiers et des politiques efface jusqu'à l'existence même des soldats en tant qu'êtres pensants : des centaines de milliers une fois encore réduits à un unique soldat inconnu, un gros tas de chair en convulsion ; au-delà donc, j'ai appris quelque chose sur cet évènement qu'on cache ou qu'on évite dans les manuels scolaires :
Dien Bien Phu n'était pas une étroite cuvette où les français se seraient fait piéger malgré eux par les vietminh (la piste aux étoiles du général Bigeard…) C'était un lieu assez vaste (presque 200 km²) à 400 km au NO de Hanoï, avec des collines que les stratèges français avaient baptisées bêtement« Huguette, Claudine, Eliane etc » (avec les blagues de bidasses testostéronées qui vont avec : grimper sur dominique, sauter sur eliane, etc.) sur lesquelles ils se sont cassé les dents, plus une piste d'atterrissage pour des avions souvent détruits par la DCA « ennemie" avant toute approche. Et surtout, à l'ouest, tout près, la frontière du Laos non belligérant, en repli facile.
Bref, l'état-major, amateur s'il en est, planqué à 10 000km , s'est planté et les soldats vietminh renforcés des peuples amis et motivés ont gagné la bataille éclair en deux jours.
De soldats assiégés, de « nasse » point. Un choc frontal classique. Mais, au fait où apprend-on à faire(faire) la guerre? Dans les salons de la capitale ? Et dans ces salons-là, compte –t-on aussi les morts par liasses ?
Ni victoire ni défaite selon le gouvernement français. La pâtée selon les adversaires.
Et surtout, la perte des colonies orientales, véritable enjeu de cette énième boucherie qui se poursuivra au Maghreb.
Pour convaincre « l'ange de Dien Bien Phu » Geneviève de Galard, réticente réservée et discrète, de participer en juin 54, à un congrès aux Etats Unis, le ministère des affaires étrangères français débourse (sic) 150 000francs pour « la confection de robes qu'elle doit porter pendant son séjour ». Frivolité et parisianisme.
Cerise sur le chapeau ! Puisqu'on parle de la « fin d'un monde » dans cet ouvrage c'est de celui-là qu'il s'agit... Et bon débarras.
Et deux étoiles au général de brigade et docteur Journoud.
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legoergosum
  02 juillet 2019
"Bien mal acquis ne profite jamais", dixit un dicton bien connu. Un empire colonial ça se mérite, et il est rare que les colonisateurs soient des bienfaiteurs pour les colonisés .
Ceci était un préambule pour fixer mon point de vue sur cette bataille historique de Dien Bien Phu, et sur ses conséquences. Certes, elle a connu des moments de bravoure, de dépassement de soi, mais elle s'est enlisée dans un affrontement inégal et meurtrier. Les séquelles seront tenaces, dans l'un comme dans l'autre camp.
L'ouvrage, très documenté, de Pierre Journoud, nous montre d'abord, tour à tour, la bataille vue des deux camps. Comment cette cuvette du nord-est du Vietnam où se positionnait une partie des troupes françaises, s'est avérée être un piège diabolique, c'est ce que les autorités françaises n'auront pas su anticiper.
Le général Giap étant un redoutable stratège, grand admirateur de Napoléon (le général, pas l'empereur), les forces françaises stationnées dans ce haut-lieu stratégique ont dû capituler en juin 1954 , tout en laissant des pertes énormes des deux côtés... et le champ libre aux Américains, qui ont mené une guerre encore plus dévastatrice, pour voir leur toute-puissante armée contrainte à l'abandon après plusieurs décennies de guerre...
Au total, 30 années de conflit, et un peuple divisé et traumatisé, malgré son amère victoire. Sans compter les soldats US à jamais meurtris dans leur chair et dans leur âme.
En deuxième partie, l'ouvrage de P. Journoud ouvre les perspectives de cette amorce d'une décolonisation qui deviendra impossible à réfréner.
Dien Bien Phu ou la fin d'un monde : l'Occident perd ses appuis en Orient, mais c'est bien de la guerre américano-vietnamienne que l'histoire se souvient , à travers plusieurs films, notamment "Apocalypse Now", vision effrayante s'il en est.
Pour la France, l'ultime baroud d'honneur que fut la bataille de Dien Bien Phu reste surtout un mythe, une belle image vacillante d'un pays attaché à ses conquêtes, mais fragilisé par ses faiblesses et l'omniprésence de ses prédateurs...
Merci à Babelio, à Pierre Journoud, aux éditions Vendémiaire, pour cet ouvrage passionnant qui a le mérite de replacer Dien Bien Phu dans un contexte historique du XXème siècle bien plus vaste que celui des conflits régionaux.
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Citations et extraits (7) Voir plus Ajouter une citation
fnitterfnitter   17 juillet 2019
C’est comme la fin du monde. Je n’avais jamais été sous des tirs d’artillerie aussi importants… On est collé à la terre comme des ventouses, on aurait voulu disparaître sous la terre pour ne pas être haché… Quand ça c’est arrêté, je me suis relevé et j’ai pris mes jambes à mon cou pour rejoindre ma position à 800 mètres.
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fnitterfnitter   16 juillet 2019
On peut mourir bravement : on meurt en vain Et l’héroïsme des combattants, loin de la justifier, condamne la politique qui l’a imposée en lui ôtant jusqu’à l’espoir. Il faut faire la paix quand on n’a plus rien à offrir à ses troupes que de mourir en héros pour une cause injuste.
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fnitterfnitter   15 juillet 2019
Cette fois, nous faisons la guerre. Depuis 17 heures environ, nous avons été copieusement bombardés pendant que les Viets attaquaient. Depuis 21 heures, c’est plus calme (…) La guerre serait une chose formidable s’il n’y avait ni morts ni blessés.
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fnitterfnitter   19 juillet 2019
Jacques Allaire n’est pas le seul à ressentir l’effroi. Mis à part quelques rares officiers ou sous-officiers (« soit ils sont très courageux, soit ils n’ont pas d’imagination », ironise-t-il), beaucoup sont pris de panique.
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fnitterfnitter   21 juillet 2019
Les buffles qui arrivent en retard boivent de l’eau troublée.
Proverbe vietnamien.
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