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EAN : 9798388356079
297 pages
Auto édition (09/04/2023)
4.78/5   9 notes
Résumé :
Herveline a disparu corps et biens alors qu’elle naviguait dans le golfe de Gascogne. Des mois après le présumé naufrage, Loïc le skipper refuse d’admettre l’insupportable sentence, sa compagne ne reviendra pas.
Estelle, 17 ans, s’estime prisonnière à bord de l’Albatros, un luxueux ketch de trente-et-un mètres appareillant pour un tour du monde à la voile
Rien ne destinait ces deux-là à se rencontrer, pourtant une mystérieuse messagère va les réunir su... >Voir plus
Critiques, Analyses et Avis (6) Voir plus Ajouter une critique
Loïc, un marin qui tente d'oublier la perte de sa compagne dans le whisky, récupère une bouteille qui vient de s'échouer sur les côtes bretonnes, une messagère en verre contenant un appel de détresse.
De retour sur la terre de ses ancêtres, l'ami Jouteur ne pouvait nos offrir qu'une histoire de vieux loup de mer. Au fil des pages, on retrouve bien entendu le thérapeute familial, l'âme de ses personnages est comme l'océan tourmentée, le calme relatif laisse souvent la place à la tempête.
Sous sa plume alerte et réaliste on rencontre ce qui fait la richesse de la Bretagne : les légendes, les traditions bien ancrées, toujours à la limite du fantastique avec des vaisseaux fantômes et des voix venues de l'au-delà.
Comme dans chaque roman de Jean Benjamin Jouteur, des poèmes, des chansons, des citations parsèment le récit. Alors, embarquez sur l'Albatros et laissez vous porter par le vent !

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« La Messagère de Verre », de Jean-Benjamin Jouteur, nous invite à une plongée dans l'univers des marins, de la mer et ses légendes.
C'est tout d'abord un message désespéré d'une adolescente en détresse, enfermée dans son monde, un monde sourd, dans les entrailles de l'Océan, où règne un silence absolu, au coeur d'un univers ouaté, une matrice, hors de toute communication avec l'extérieur, et en particulier sa famille.

L'histoire s'ouvre sur un chant, un chant d'amour désespéré d'un skipper, Loïc qui a perdu sa moitié, sa marine, Hervelyne, dont le bateau a été emporté dans la tourmente du Golfe de Gascogne.
Où est-elle si loin de lui, quelque part dans l'Océan ? Où est son corps ?
Loïc se refuse à croire à sa mort. Elle a disparu mais elle est là.
D'ailleurs n'a-t-il pas entendu sa voix ? Et ce ne sont pas les vapeurs de l'alcool qui le font divaguer !
Depuis son enfance, Loïc converse avec les morts. Les morts l'interpellent, lui rappellent les légendes de la mer et le guident.
Doit-il encore écouter ces voix qui l'invitent à prendre cette bouteille échouée à ses pieds et à lire l'appel de détresse ?

Loïc, malgré lui, va se sentir appelé vers un destin qu'il n'a pas choisi.
Un enchaînement de circonstances, d'étranges coïncidences, tout un ensemble de synchronicités vont l'amener à rencontrer la famille Vernet, et surtout Estelle, une adolescente en révolte et réfractaire à toute ouverture, même si Loïc souhaite lui tendre la main et la sauver de son mal-être et de son désespoir. Estelle préfère se raccrocher au seul contact qui lui permet de sortir d'elle-même : Luc, un jeune adolescent qui, comme elle, souffre d'incommunication.

Loïc, mû par la mission qu'il s'est donnée envers Estelle, guidé par la voix d'Hervelyne, acceptera d'être le skipper de l'Albatros, le voilier que Philippe Vernet, le père, a acquis pour faire le tour du monde avec sa famille.
Mais le voilier a un secret qui sera révélé à Loïc, un secret que Philippe, qui n'en est pas à un mensonge près, a caché aux siens, un secret… ou plutôt une malédiction qui doit être exorcisée selon un rituel spécifique au monde des marins. Philippe se refuse à le faire, mais Loïc a perçu Philippe, sous son verni, son apparence d'ingénieur intrépide mais peu sûr de lui, au point de choisir Loïc comme skipper.

La traversée sera rude, pleine d'imprévus et les éléments naturels se déchaineront pour créer la catharsis. La mer porte un message et un avertissement.
Pris dans la tourmente, tous les acteurs de cet opéra devront se révéler, quitte à mettre leur vie en jeu et finalement abattre leurs cartes, jeter le masque et montrer leur véritable visage, mettre leur personne à nu. Même Lucile, la fille aînée des Vernet, à qui tout réussit, fera le jour sur sa véritable identité
Au terme de cette traversée paroxystique, chacun trouvera sa voie et réparera ses blessures.
Loïc pourra enfin faire le deuil d'Hervelyne et se lancer vers une nouvelle destinée vers cet océan qui à jamais l'appelle.

On reste sur cette note sereine, pleine d'espoir, après avoir été tenu en haleine par ce récit épique et riche en péripéties où la mer est finalement le personnage central de ce chant à plusieurs voix, qui nous emporte et nous transporte, guidés par Neptune et Éole.
Oui, la mer prend, appelle, nous met face à nous-mêmes, et nous amène à suivre la Voie, notre voie profonde que, dépouillés de nos leurres, de nos illusions, nous finissons enfin par voir et accepter.

Je ne saurais que trop recommander la lecture de ce roman de Jean-Benjamin Jouteur qui a su de sa plume alerte et précise nous plonger dans cet univers, cet opéra marin que l'on a bien du mal à quitter, tant sa musique et son chant résonnent au coeur de nous.


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Loïc a perdu sa bien aimée en mer ; entre elle, Herveline et lui, c'était l'amour fou comme celui qu'éprouva l'empereur François Joseph pour son épouse Sissi, morte elle également trop tôt... Son chagrin a la couleur du désespoir... Loïc est marin et breton... Il est habité par la culture bretonne, ses légendes...
Estelle, à bord d'un magnifique bateau avec ses parents et sa soeur envoie un SOS en jetant une bouteille à la mer : pour elle, c'est inévitable : elle finira par mettre un terme à sa vie. Cette vie est un enfer...

Hasard ou destinée? le chemin de vie de Loïc le fait ouvrir la messagère de verre ; dedans, c'est l'appel au secours d'une jeune fille qui ne veut plus vivre... Et elle s'adresse à la personne qui la lira. Et le suspens commence... Que feriez-vous à la place de Loïc? Si vous saviez que quelque part, quelqu'un a décidé d'en finir?...

J'ai lu avec plaisir le roman de Jean-Benjamin Jouteur ; d'abord, l'écriture est fluide, "marine" et le suspens m'a tenue en haleine jusqu'à la fin. Cette fin, c'est comme un rideau qui se lève... qui explique l'inexplicable..

Ensuite, l'auteur a réussi avec brio à mélanger la réalité d'une famille "au bord du gouffre".. et le fantastique celtique... Avec des parallèles réussis : en effet, au mystère du bateau l'Albatros se font écho les secrets de Loïc, de chacun des membres de la famille... Loïc et Estelle ont des points communs qu'ils ignorent : celui de voir... ( Je garde le mystère, là ... A vous de le découvrir... )

Enfin, c'est un livre qui marque... Il nous fait en effet nous interroger sur des questions essentielles telles que le deuil, le désir d'en finir : le suicide... les secrets, les faux-semblants et sur "les guides"... les synchronicités... Et si vous aimez la Bretagne, la mer, les légendes, mon Dieu, courez!
Fiskal eo ! ou pour d'autres coins de cette belle terre : Dispar eo ! Kenavo, les amis!
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Un roman onirique qui nous emporte sur la poésie des flots
Dès le début, nous sommes touchés par la désespérance de Loïc, qui a perdu celle qu'il aime en mer. Alors qu'il sombre dans l'alcool, la découverte d'un message dans une bouteille le conduit à reprendre la mer, comme skipper sur un voilier, celui-là même où vit, avec sa famille, Estelle, l'adolescente qui a envoyé son S.O.S. (Deux chansons me viennent immédiatement à l'esprit : "Message in a bottle" et "Comme un fou va jeter à la mer..."). Nous sommes alors dans un huis-clos où vont se dévoiler peu à peu les personnages, tandis que le jeune marin tente de se rapprocher d'Estelle pour tenter d'éviter le pire.
Les thèmes traités sont très intéressants : le deuil, la difficulté de communiquer entre parents et enfants, le mal-être de l'adolescence, l'évolution divergente d'un couple, l'acceptation de la différence, mais aussi l'intervention du paranormal : Loïc entend les voix de certains défunts, depuis son enfance...
Et cerise sur le gâteau, ceux qui aiment naviguer apprécieront l'ambiance maritime. Vous sentirez les embruns, entendrez le cri des mouettes et les créatures marines vous accompagneront.
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Ce livre m'a attiré au premier regard par sa couverture superbe. L'histoire quant à elle m'a enchantée. Touchée dès les premières lignes par le personnage de Loïc venant de perdre la femme dont il était amoureux, l'ayant plongé dans l'alcoolisme jusqu'à se perdre lui-même.
Là où tout aurait pu finir, l'espoir infime au début, renaît avec ce destin qui va lui fait reprendre la mer sur un voilier en compagnie de Philippe et sa famille avec qui il a décidé de faire le tour du monde pour un peu recoller les morceaux d'une vie éclatée. Je vous laisse découvrir le passage de la bouteille à la mer qui m'a rappelé des souvenirs de jeunesse.
Estelle, adolescente incomprise, va se tourner vers Loïc, un peu comme si lui seul pouvait rallumer sa vie, la communication avec sa famille. La sortir également du silence.
La plus belle qualité de ce roman pour moi repose sur l'analyse des personnages, leurs ambivalences, les non-dits pensants, tout cela associé à une réflexion sur les relations familiales en particulier avec les adolescents, la façon d'apprivoiser la mort même si cela passe pour Loïc par une manière spirituelle en parlant aux défunts.
Une peinture de ce qui est, de ce que sont nos vies même si parfois on pense que ce que nous vivons n'a pas de sens, que tout est inutile. Ce roman nous ramène à l'essentiel : la vie vaut la peine d'être vécue même si le bateau chavire, l'important est qu'il n'échoue pas.
Un voyage que j'ai beaucoup apprécié, voguant sur les flots comme tous les personnages de ce livre, et même si je n'ai pas trop le pied marin, je peux juste vous dire : foncez !
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Citations et extraits (6) Voir plus Ajouter une citation
Il vivait pour et par la mer. On le surnommait la frégate.
— Pourquoi la frégate ?
— Parce que la frégate est un oiseau marin qui ne nage pas, qui à terre marche plutôt mal, mais qui peut voler très longtemps. Il est capable de survoler l’océan plusieurs mois sans se poser ni se fatiguer.
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Moi, je crois qu’il ne faut pas courir après ses rêves, parce que une fois qu’on les a rattrapés, on ne rêve plus.
— Mais si, il suffit de les remplacer par d’autres rêves.
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On ne ment pas par omission sans avoir une idée derrière la tête, c’est-à-dire sans cacher sciemment une chose qu’on aurait dû révéler.
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Je sais, le sang de l’océan coule dans tes veines.
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Moi à vingt ans, je jouais déjà un rôle. J'ai toujours été un imposteur doublé d'un usurpateur chanceux.
J'avais peur.
Peur des autres, peur du changement, peur de l'avenir, peur de mon ombre... Peur de couler. Si le vrai courage consiste à dominer sa peur, je suis un homme héroïque. Depuis mon adolescence, j'enchaîne les projets insensés, pas par amour du risque, pour donner le change. J'interprète un rôle depuis si longtemps qu'il m'arrive de ne plus savoir qui je suis réellement. La plupart du temps, je lance l'idée de départ :
- Tiens, si on faisait ça.
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