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Critique de Eric76


Eric76
  09 juin 2019
Harold Fry a entendu l'appel au secours de Queenie claquemurée dans un centre de soins palliatifs. Sans même réfléchir, il part rejoindre sa vieille amie en traversant à pieds l'Angleterre, lui envoyant cartes postales sur cartes postales. « Attends-moi, lui dit-il ! », tandis qu'il entreprend un voyage exténuant, qu'il se dépouille de tout, et devient aux yeux de la population bouleversée par sa quête, une sorte de saint des temps modernes.
A Queenie d'entreprendre à son tour un long voyage en essayant d'oublier cette chose qu'il y a sur le côté de son visage, qui la grignote chaque jour un peu plus et l'empêche de parler. Elle aussi part rejoindre Harold, ce gentleman, cet homme doux et bon, aux pieds ancrés dans le sol, aux épaules solides. Elle lui écrit une longue lettre où elle raconte ces belles éclaircies qui ont jalonné son existence. Quelques belles amourettes, et la voix profonde de son père qui chantait « Mighty Like a Rose ». Les parties de figue-balle et les foxtrots endiablés. Les livres toujours présents, le jardin au bord de la mer et l'aube argentée. le bout de bois flotté planté dans la terre et la maladie qui commence à s'agripper à sa joue. Elle raconte ses défaites, ses fuites, ses grands rêves avortés, et toutes ses peurs, toutes ses souffrances. Elle lui dit à quel point elle l'aimait, lui, le grand et bon Harold qui marche à travers l'Angleterre pour la retrouver. Elle lui dit à quel point ils sont semblables : « deux êtres qui font partie du monde tout en restant en retrait. »
Très vite, la folle aventure d'Harold dépasse la personne de Queenie. Ce sont tous les malades du centre de soins palliatifs qui espèrent la venue d'Harold. Des êtres en bout de course, aux corps démolis, qui n'ont plus que l'humour pour combattre les injustices du destin. Alors, c'est décidé ! Croix de fer, croix de bois ! « À partir de maintenant, personne ne meurt. Nous attendons Harold Fry. »
« La lettre de Queenie » ne peut être dissociée de « La lettre qui allait changer le destin d'Harold Fry arriva le mardi ». Bien sûr, on peut les lire indépendamment, mais ces deux livres restent les deux faces d'une même pièce. L'histoire de deux êtres effacés, timides, asociaux, montrés du doigt par les imbéciles, qui décident de se retrouver au crépuscule de leurs vies en faisant quelque chose de grand, de lumineux, quelque chose qui les dépasse.

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