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Critique de Fandol


Fandol
  09 mai 2018
Pourquoi ne pas traduire le titre original de ce beau roman de Rachel Joyce par le disquaire ? C'est vraiment trop réducteur d'avoir choisi Si on dansait… car le héros de ce livre réjouissant est Frank, un disquaire passionné par TOUTES les musiques et surtout acharné défenseur des vinyles.
Cette mise au point me paraît indispensable avant de conseiller vraiment la lecture d'un livre émouvant, prenant, fort bien documenté et riche en informations. Plongeons-nous donc sans plus attendre dans la mise en place de l'histoire de ce disquaire et d'une certaine Lisa.
Unity Street est une rue de Londres pas comme les autres, en mauvais état, délaissée par la municipalité, convoitée par un promoteur vorace mais où tout le monde se connaît et s'entraide, depuis Maud la tatoueuse, en passant par le Père Anthony, les frères Williams, Madame Roussos et surtout Frank, le disquaire, assisté par Kit.
Seul contre une mode envahissante, l'invasion du CD, Frank résiste, ne vend que des vinyles qu'il classe à sa façon dans sa boutique où les cabines d'écoute sont deux armoires : « L'avenir appartient au vinyle, clamait-il »…
Mieux que ça ! Frank a un don pour deviner de quelle musique a besoin son client car il a eu une formation impressionnante, enfant puis adolescent, grâce à Peg, sa mère. Nous sommes en 1988. Frank a 40 ans et cette femme qui s'est évanouie devant sa boutique a quelque chose de différent. Plus loin, c'est encore de Frank qu'il s'agit : « Il était ravi, confus, excité, terrifié, heureux, triste, tellement sûr de lui et totalement confus. »
Ainsi, Rachel Joyce m'a captivé par son écriture, intrigué et tenu en haleine jusqu'au bout avec cet amour partagé qui n'arrive pas à émerger totalement : « Frank était tellement occupé à aimer les autres qu'il était incapable d'envisager que quelqu'un puisse l'aimer en retour. »
De plus, le récit est émaillé de grands morceaux de musique, des Quatre saisons de Vivaldi à King of Blue de Miles Davis, sans oublier le Messie de Haendel, Bach, les Beatles, Beethoven, les Beach Boys, Pérotin, Puccini, James Brown, Led Zeppelin, Duke Ellington, Berlioz, Chopin, Aretha Franklin, Shalamar, João Gilberto… La liste est longue mais chaque compositeur ou artiste cité a son rôle et son utilité dans le récit.
La dernière partie du roman, sa face D, nous rapproche d'un seul coup d'aujourd'hui puisque nous voici en 2009, que la musique est partout, que le CD vit ses derniers instants et surtout que le vinyle donne raison à Frank. Au fait, où est-il ? Qu'est-il devenu ? Et Lisa ? Jusqu'au bout, ce roman émeut, inquiète, régale : « Alleluia ! ». C'est non seulement un hommage au vinyle mais surtout à la musique, à la chaleur humaine, à la vie.
Je remercie vivement Masse Critique de Babelio et XO Éditions pour cette belle découverte.
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