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Jacques Aubert (Traducteur)
ISBN : 2070341364
Éditeur : Gallimard (23/11/2006)

Note moyenne : 3.86/5 (sur 312 notes)
Résumé :
L'action d'Ulysse se passe en un jour, à Dublin, en 1904. Le personnage d'Ulysse est un petit employé juif, Leopold Bloom ; Stephen Dedalus, jeune Irlandais poète, est Télémaque ; Marion, femme de Bloom et qui le trompe, est Pénélope. Rien n'arrive d'extraordinaire au cours de cette journée. Bloom et Dedalus errent dans la ville, vaquant à leurs affaires, et se retrouvent le soir dans un bordel.
Chaque épisode correspond à un épisode de L'Odyssée. Mais la p... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (52) Voir plus Ajouter une critique
Nastasia-B
29 septembre 2012
S'il est certain que ce livre a un caractère unique et très novateur pour son temps, il est néanmoins difficile de prétexter qu'Ulysse est un livre agréable à lire.
Comment vous dire ? C'est une manière d'immense marché aux puces où l'on doit fouiner pour trouver son bonheur, et encore, pas garanti : des monologues ou l'on saute du coq à l'âne en permanence, aucune longueur épargnée, des jeux de mots ou de sonorités parfois indéchiffrables, des liens quasi infaisables.
Bref, c'est éprouvant et sur un livre comme le Bruit Et La Fureur de Faulkner, on peut encore tenir le coup et l'on est — globalement — payé de retour, par contre quand le pavé dure plus de 1150 pages, il faut avoir l'estomac solide et une sérieuse envie d'aller au bout pour ne pas décrocher.
Il y a pourtant des tonnes de trouvailles dans toute cette mélasse où nous englue Joyce (manifestement avec plaisir), et l'on devine l'influence sur des auteurs majeurs comme Céline ou Kerouac, mais qui eux ont su rendre leur oeuvre un tant soit peu digeste.
Bien sûr, c'est plus vendeur, mieux vu et mieux en phase avec l'intelligentsia bobo prout-prout de dire que face à un tel OVNI, on est pantois d'admiration, que ces plus de 1000 pages ont été un bonheur, qu'on en aurait voulu 3000, 5000, que sais-je, 10000 tellement c'est bien écrit, tellement c'est jouissif, tellement c'est hors tout et, sincèrement, j'aimerais le dire, mais c'est un pur mensonge.
Combien de fois me suis-je accrochée, combien de fois ai-je voulu tout abandonner, tout plaquer de cette lecture parfois imbuvable, indigeste et sans queue ni tête ?
Pourtant, je ne peux pas non plus dire que tout a été négatif dans mon ressenti de l'ouvrage. Des chapitres comme "Nausicaa", "Eumée", "Eole" ou même "Hadès" m'ont bien plu, mais il y eut aussi (et malheureusement surtout) les bouillies inqualifiables comme "Les Sirènes", "les Lestrygons", "les Lotophages", "Charybde et Scylla", "Circé" etc. dont la lecture n'est à souhaiter à personne, sauf si c'est un véritable ennemi.
Si je puis juste me permettre un conseil aux personnes désireuses de le lire malgré tout (et je conçois parfaitement que le piment de la curiosité vous y amène), ne prenez pas ce livre trop au sérieux (comme Joyce lui-même semblait le faire), amusez-vous des exercices de styles (Joyce explore un nouveau style à chaque chapitre), oubliez la glose multilingue incompréhensible, bref, prenez ce qu'il y a à prendre et ne vous encombrez surtout pas du reste.
À noter que la nouvelle traduction est vraiment excellente et l'on imagine bien les arrachages de cheveux que cela a dû être pour traduire des bredouillis de mots comme Joyce en emploie souvent. Mais tout ceci, vous le savez, n'est que mon misérable avis qui, lui, n'a rien d'homérique, c'est-à-dire, pas grand chose.
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petch
21 mars 2013
Mon prof de philo m'avait dit à la fin d'un cours : « Ulysse de Joyce, ça se mérite ». Je n'ai jamais aimé cette notion de mérite, récompense de ceux qui ont bien transpiré, pour moi antinomique du plaisir de la lecture. Je m'y suis mis à vingt ans par esprit bravache, calant aux deux tiers, nauséeux sur certains passages extrêmement difficiles à lire, mais déjà fasciné par l'exercice de style (L'Odyssée d'Homère condensée sur une seule journée et racontée sur plus de mille pages) et les flamboyances époustouflantes de certains passages. Je m'y suis replongé calmement une quinzaine d'années plus tard, prenant mon temps, sautant des passages (merci monsieur Pennac pour ce conseil avisé), les relisant ultérieurement, les relisant encore (je conseille à haute voix !). Je n'ai pas hésité une seule seconde à utiliser des « décodeurs » intellectuels, à lire en parallèle des explications de textes, des résumés, des analyses de certains passages. Ce livre est devenu pour moi une brique indispensable à mon petit édifice personnel.
Alors, Ulysse, non cela ne se mérite pas mais tant mieux pour ceux qui sont rentrés dedans et y ont puisé des ressources personnelles et du plaisir. Cela dépend de chacun, de l'effort qu'on est prêt à y mettre, de son état d'esprit au moment de la lecture. Au même titre que beaucoup d'autres romans « cultes » (encore un mot bien réducteur), mais pas toujours faciles à lire, avouons-le, comme, sans être exhaustif, Belle du Seigneur et les monologues sans fin d'Ariane, Cent ans de solitude au style souvent abscons, les descriptions pointilleuses et névrotiques de la vie mode d'emploi, pour ne citer que des ouvrages que j'ai beaucoup aimé par ailleurs ! le monologue intérieur de Molly Bloom, Pénélope de cette épopée, point d'orgue final du roman, range indiscutablement Ulysse dans la même catégorie que ces oeuvres littéraires majeures.
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vincentf
25 juin 2010
Tout et n'importe quoi ? Tout est n'importe quoi. le roman de Joyce incarne à merveille ce qu'est la littérature moderne. Il est d'abord une reprise, une réécriture, pas n'importe laquelle, celle de L'Odyssée, revisitée de mille manières, en lui ôtant toute (toute ? Non, sans doute en subsiste-t-il encore quelque chose, beaucoup même, comme il subsistait en Gaule au temps de Jules César un petit village...) portée épique, Eole devenant des papiers journalistiques volants, les marins transformés en cochons allant tout bêtement aux putes, et Pénélope se réappropriant sa plus fameuse rime dans l'époustouflant monologue final. La reprise joycienne n'est pas réservée au seul contenu, heureusement pour l'indigne lecteur que je suis et qui, avouons-le et remédions-y au plus vite, se rend compte de n'avoir pas vraiment lu L'Odyssée de bout en bout. Elle est aussi et surtout une reprise et une recréation stylistique. Tous les genres littéraires (tous ? quelques uns résistent sans doute encore et toujours à l'envahisseur) sont repris, tritouillés, réinventés. D'un chapitre à l'autre, brusquement, on passe d'une prose ampoulée au roman populaire, d'un théâtre de l'absurde avant la lettre à une liste de questions saugrenues, d'un roman à l'eau de rose à du vieux français (quel regret de ne pas pouvoir lire l'original! Quel handicap affligeant!) de vieux bouquins poussiéreux, d'un discours scientifique à un monologue intérieur dont on ne voit des exemples qu'après Joyce, qui se trouve, à force de reprendre tout ce qui a déjà été fait, à la source de tout ce qui se fera, le monologue de Molly Bloom se retrouvant par exemple presque plagié dans Belle du Seigneur. Coup de force supplémentaire de Joyce, cette impression qu'a le lecteur (j'espère ne pas être le seul dans ce cas) de lire des auteurs qui n'arrivent que bien plus tard. Un passage notamment ressemble à s'y méprendre à du Céline. Je soupçonne les traducteurs d'avoir fait le lien avant moi... Toute L'Odyssée, tous les styles (ceux d'avant et ceux d'après), ça ne suffisait pas à la créativité de Joyce, qui n'est pas sans me rappeler celle d'un autre immense auteur de langue anglaise, bien avant lui, l'inénarrable Laurence Sterne et sa palpitante Vie et opinions de Tristram Shandy. Il lui fallait en plus inventer des mots, créer du langage et insérer un peu partout les mêmes petits trucs : "Fou. Tu. Foutu", un peu partout, par exemple. Tout et n'importe quoi, disais-je. Tout est n'importe quoi, rajoutais-je. Il n'empêche qu'Ulysse est une grande épopée, celle de la langue et de la littérature, qui prend enfin sa revanche sur le monde, bouffe toute la place, réinvente tout, fait tout revivre à ses façons, refaçonne à l'infini, relit tout à la légère pour tout remettre à plat et stimule merveilleusement l'imagination encore si peu fertile des humains dont le langage bien trop souvent n'est qu'une monnaie foutue. Fou. Tu.
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Woland
10 décembre 2016
Ulysses
Traduction : Auguste Morel, revue par Valéry Larbaud, Stuart Gilbert et James Joyce
ISBN : 9782070400188
Bonnes gens qui me faites l'immense plaisir de me lire , n'attendez pas de moi que je vous analyse savamment, si ce n'est avec une pédanterie digne d'un intello ou d'un universitaire bavant devant ses diplômes , les rapports qui existent (ou existeraient) entre tel ou tel personnage du roman de l'Irlandais et tel ou tel héros de l'"Odyssée" d'Homère. (Déjà, je préfère l'"Iliade" à l'"Odyssée", alors ... ) Pour ceux qui nous feraient une crise si nous nous y refusions, tenons-nous en à la version qui voit en Stephen Dedalus, le "double" de l'auteur, au patronyme si évocateur, un avatar de Télémaque et, en Léopold Bloom, ... Qui, au fait ? Eh ! bien, s'il le fallait absolument, c'est Bloom que je verrais bien dans l'équivalence d'Ulysse. Eh ! oui, Bloom, grand, gros, carnivore amateur d'abats et pourtant âme bien plus tendre et plus sensible qu'il ne souhaite l'avouer, Bloom le Voyeur, Bloom l'Obsédé sexuel à tendance bi, désormais incapable de faire l'amour à sa femme, Molly, comme celle-ci le souhaite et qui, pourtant, malgré leurs nombreuses infidélités, à l'un comme à l'autre, continue à aimer profondément et sincèrement l'ex-Miss Tweedy, même s'il lui laisse faire parfois des passes pour mettre du beurre dans les épinards de la maison.
Quelqu'un me demandait un jour, me plongeant au passage dans une grande hilarité : "Pourriez-vous me résumer l'"Ulysse" de Joyce" ?" Non. Non. Je ne peux pas . Déjà que le résumé, ça n'a jamais été mon fort mais avec Bloom et Dedalus aux commandes, cela me deviendrait carrément impossible. J'ignore - et je veux continuer à ignorer - ce que Joyce a voulu mettre ici et enlever là, je m'en fous, voyez-vous, complètement : pour moi, et bien qu'elle soit rédigée dans une prose qui étonne souvent, blesse parfois et en choquera certainement plus d'un, même à notre époque,"Ulysse" est avant tout une poésie formidable, au sens hugolien du terme. Oui, un immense, un extraordinaire poème où l'on aimerait se perdre comme l'on se perdrait, une nuit de clair de lune, à la fois découragé et pourtant encore émerveillé de la Vie, dans les vagues trompeuses de l'Atlantique. J'ai mis beaucoup d'années à y voir ce que certains d'entre vous n'y distingueront jamais mais peut-être est-ce leurs visions qui sont les bonnes et non les miennes. Quant à ceux qui ne voient et n'entendent rien en "Ulysse", alors là, franchement, je suis triste pour eux, de la même tristesse que celle de Bloom quand il songe à son fils mort. Et je leur conseille de ne pas se lasser, de continuer encore et toujours : un jour, leurs yeux s'ouvriront et ils verront la Beauté indicible de ce livre foutraque et génial sans lequel, à mon modeste avis, un autre grand Irlandais, Samuel Beckett, n'eût jamais attendu Godot ... Oui, ils entendront l'accent de Dublin et celui, plus oxonien, de Stephen, avec toute cette haine du Père et, partant, de l'Autorité, qui l'habitera toujours. Ils percevront les brâmements volontairement excessifs de Bloom, chargés de dissimuler la discrétion véritable de cette nature dans le fond si fine, et ce coeur, qui ne sait trop où il va à défaut de refuser de fermer les yeux sur le lieu d'où il vient, les touchera par sa tendresse, son ironie, sa douceur et sa sagesse. Et, tout à la fin, car ce n'est là qu'elle se dévoile dans un flux de conscience qui vaut pour moi tous ceux imaginés par Virginia Woolf, ils percevront le pépiement musical de Molly, à la fois coléreux, las - oh ! si las ! ... - , résigné mais tout gonflé encore d'amour.
Dans "Ulysse", il y a des bagarres, des ivrognes, des malpolis, des blasphémateurs (ah ! Buck Mulligan, comment pourrait-on vous oublier, toi, ton blaireau et ton bol à raser ! ), des barjots, des filles de joie, une Dominatrice qui, finalement, n'est pas si méchante fille que ça, des hommes et des femmes qui cherchent leur sexualité et qui se cherchent aussi, plus simplement (ou de manière beaucoup plus complexe, hélas pour eux qui, aveugles, ne s'en rendent pas compte ! ), des gamins de Dublin qui ont vu ce qu'il ne fallait pas qu'ils vissent, Dublin elle-même, omniprésente, omnipotente, envahissante, avec ses deux visages, celui qui fixe le soleil irlandais derrière ses brumes nostalgiques et celui qu'elle ne réserve qu'à ces Noctambules qui, dans une très longue scène qui préfigure le théâtre de Beckett, viennent livrer au lecteur (enfin, c'est l'impression que ça m'a toujours fait ) comme leur vision personnelle de "Cabaret."
Dans "Ulysse", rien n'est en ordre (sauf les comptes de Bloom, peut-être ), les Orangistes énervent les Catholiques et il y en a un - ma foi oui, je le crois orangiste - qui s'en prend même à Bloom, lui reprochant les origines juives de son père, lequel s'est converti mais ... au catholicisme . Alors là, Bloom se met en colère, et il rappelle à l'ignare malappris que le Christ était juif. En vain, bien sûr mais cela fait tellement de bien de le lire, de voir la sottise foulée aux pieds ... Oui, tout est fou ou semble l'être à l'un ou l'autre moment dans "Ulysse" et même si Bloom, comme d'ailleurs Dedalus, ne s'embringue guère dans les histoires de nationalisme, tous deux nous évoquent une Celtie qui jamais ne mourra. Tous deux adeptes du Crépuscule et de la Solitude qui font réfléchir, se révolter et choisir parfois de passer de vie à trépas ou du trépas à la vie, ils sont, l'un si froid et aussi raide qu'un parapluie, avec quelque chose de taiseux qui, parfois, explose en une éblouissante chandelle de haine et de mépris, l'autre si rond et si amoureux de l'analyse, quelle qu'elle soit, qui passe ses jours et ses nuits à dissimuler sous une faiblesse qui n'a de la fragilité que l'apparence sa nature foncière de pilier, ils sont l'Emotion, la Révolte, le Chagrin, l'Oubli qu'on ne peut pas oublier, cette Mélancolie infinie qui, entre deux verres d'alcool, reste chevillée à la carapace de tout Celte qui se souvient de ses ancêtres et des steppes lointaines et nues ...
A mes yeux, tous deux sont un hommage, inconscient peut-être, de Joyce bien plus à la nature de l'Irlande qu'à la Grèce antique, si grande qu'ait été cette dernière. Avec ces deux-là, tout tourne autour de l'Amour mais aussi de la Tristesse éternelle et des chants des banshees, de l'Autorité qu'on respecte ou qu'on dupe, et enfin de la Complexité sans bornes des rapports humains (sentimentaux, sexuels, filiaux, paternels, maternels, amicaux, haineux ...) Et pourtant, avec ça, ils trouvent la force de sourire, de rire, de se moquer, y compris d'eux-mêmes, cette puissance terrible de l'auto-dérision qui marque certains peuples plus que d'autres. Même devant le Mal, même devant la Mort la plus horrible, il faut savoir rire. Une dernière fois sans doute mais avec fierté, avec panache : c'est ainsi que, en dépit de la douleur et du chagrin, l'on demeure invaincu à jamais et à jamais supérieur à ses ennemis.
Comme tout livre inspiré par le Génie, l'"Ulysse" de Joyce est une leçon de Vie et de Mort. Irrespectueuse (souvent), cynique (encore plus souvent), grotesque (d'ailleurs, sous sa défroque hilare, le clown du cirque n'est-il pas en fait aussi inquiétant que les malheurs qu'il nous faut affronter au quotidien ? ), glauque et ambiguë (Bello-Bella la Dominatrice autant que Molly qui, elle, se laisse dominer pour dominer en paix) mais aussi pleine de beautés aussi variées que les souvenirs poétiques des uns et des autres, toute la verdure d'Erin au printemps, la tendresse lasse et pourtant toujours présente de Molly, les courses effrénées de Bloom, toujours à la recherche d'une pièce pour pouvoir lui offrir ce qu'elle aime, la retenue si particulière de Stephen que Bloom, on en jurerait volontiers, rêverait presque de voir prendre la chambre du haut, chez lui, formant ainsi une espèce de "ménage-à-trois" où Stephen serait à la fois l'amant et le fils perdu de Molly, la consolant peut-être ainsi un peu de ...
Peut-être. ;o)
Parce que, avec "Ulysse", vous pouvez extrapoler et rêver à L Infini. Il suffit tout simplement d'attendre votre heure pour saisir ce flux dont parlait en son temps le Grand Will, et vous laisser guider, lentement, sûrement, avec douceur, au-delà des cris et de la vulgarité que Joyce a semés en chemin pour que tout le monde n'ait pas un accès trop facile à son Jardin Secret (comme tout jardin du même type, "Ulysse" se mérite ), dans la chaude poésie d'un roman apparemment aussi incompréhensible que le "Jabberwocky" de Carroll mais qui, si vous avez la courtoisie de l'en prier, vous découvrira un jour - en tous cas, je l'espère très sincèrement pour vous - une beauté aussi pure et aussi noble que le plus énigmatique des camées. ;o)
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Blacksad
15 mars 2013
J'aurais au moins essayé de m'attaquer à ce monstre inqualifiable qu'est Ulysse.
Je n'ai su résister et ai stoppé cette lecture franchement éprouvante au bout de 300 pages. Je ne sais trop si c'est le fait de ne comprendre que la moitié de ce que Joyce a écrit, ou bien un manque de motivation, ou peut être de maturité, qui m'a fait perdre le fil et l'envie de continuer.
Ce n'est que partie remise, j'irai sans doute ressortir ce cher Ulysse de ma bibliothèque un de ces jours...
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Citations & extraits (54) Voir plus Ajouter une citation
LorelayLorelay07 juin 2012
O cet effrayant torrent tout au fond O et la mer la mer écarlate quelquefois comme du feu et les glorieux couchers de soleil et les figuriers dans les jardins de l'Alameda et toutes les ruelles bizarres et les maisons roses et bleues et jaunes et les roseraies et les jasmins et les géraniums et les cactus de Gibraltar quand j'étais jeune fille et une Fleur de la montagne oui quand j'ai mis la rose dans mes cheveux comme les filles Andalouses ou en mettrai-je une rouge oui et comme il m'a embrassée sous le mur mauresque je me suis dit après tout aussi bien lui qu'un autre et alors je lui ai demandé avec les yeux de demander encore oui et alors il m'a demandé si je voulais oui dire oui ma fleur de la montagne et d'abord je lui ai mis mes bras autour de lui oui et je l'ai attiré sur moi pour qu'il sente mes seins tout parfumés oui et son coeur battait comme fou et oui j'ai dit oui je veux bien oui.
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polkopolko11 mai 2012
(Propos visant M. Bloom)

MME YELVERTON BARRY
(En robe de bal décolletée opale avec longs gants ivoire, portant une pelisse matelassée bique garnie de zibeline, un peigne de brillants et une aigrette de plumes dans les cheveux) Arrêtez-le, monsieur l’agent. Il m’a écrit une lettre anonyme en lettres maladroitement renversées alors que mon époux était dans le District Nord de Tipperary pour la session de Munster, signée Aimé Laverge. Il disait que du poulailler il avait vu mes globes hors pair alors que j’étais assise dans une loge du Theatre Royal lors d’une représentation de gala de La Cigale. Je l’avais profondément enflammé, disait-il. Il m’a fait des propositions inconvenantes, me demandant de commettre l’adultère à quatre heures et demie de l’après-midi le jeudi suivant, heure de Dunsink. Il me proposait de m’envoyer par la poste une œuvre de fiction de Monsieur Paul de Kock, intitulée La Demoiselle aux trois corsets.
MME BELLINGHAM
(En toque et pèlerine de lapin imitationphoque, emmitouflée jusqu’au nez, descend de son brougham et scrute à travers un face-à-main cerclé d’écaille qu’elle sort de son immense manchon d’opossum.) À moi également. Oui, je crois qu’il s’agit de la même personne détestable. Parce qu’il a refermé la portière de ma voiture devant la porte de sir Thornley Stoker un jour de neige mouillée pendant la période de froid de février quatrevingttreize quand même la grille du tuyau de décharge et la soupape à flotteur de la citerne de ma salle de bain étaient gelées. Subséquemment il m’a adressé sous enveloppe une fleur d’edelweiss cueillie dans les hauteurs, comme il disait, pour me rendre hommage. Je l’ai fait examiner par un expert en botanique et on m’a informé que c’était une fleur de pomme de terre indigène soustraite dans une des forceries de la ferme modèle.
MME YELVERTON BARRY
Honte à lui !
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Nastasia-BNastasia-B02 septembre 2012
J'étais là, peinard, en train de tuer le temps avec le vieux Troy de la Police Métropolitaine de Dublin au coin d'Arbour Hill quand voilà-t' y pas qu'un connard de ramoneur est arrivé et qu'il m'a pratiquement foutu son attirail dans l’œil. J'ai fait demi tour pour lui montrer de quel bois je me chauffe quand qui c'est que je vois qui traînasse le long de Stony Batter, Joe Hynes himself.
- Ho, Joe, je dis. La forme ? T'as vu ce connard de ramoneur qui a failli m'éborgner avec sa foutue brosse.
- La suie, ça porte bonheur, fait Joe. Et c'est qui ce vieux couillon avec qui tu parlais ?
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polkopolko11 mai 2012
J.J.O'MOLLOY
(Parlant de Bloom)
(En perruque grise d'avocat et robe d'avocat, parlant d’un ton de protestation chagrinée.) Ce n'est pas ici le lieu d'une légèreté indécente aux dépens d'un mortel égaré épris de boisson. Nous ne sommes ni dans une pétaudière ni à un bizutage d'Oxford et ceci n'est pas non plus une parodie de justice. Mon client est un nouveau-né, un pauvre immigrant étranger qui a commencé au plus bas comme passager clandestin et tente aujourd'hui de gagner honnêtement sa vie. Le délit forgé a été causé par une aberration temporaire de l'hérédité, due à une hallucination, des familiarités telles que l'événement dont il est apparemment coupable étant généralement autorisées dans le pays natal de mon client, la terre des Pharaons. Prima facie, j'attire votre attention sur le fait qu'il n'y a pas eu tentative de connaissance charnelle. Il n’y a pas eu intimité et l’agression dont se plaint Driscoll, à savoir que sa vertu aurait été sollicitée, n’a pas été répétée. J’insisterai tout particulièrement sur l’atavisme. Il y a eu des cas de naufrages et de somnambulisme dans la famille de mon client. Si l’accusé était capable de parler il aurait tout loisir de narrer une histoire – une des plus étrange qui aient jamais été racontée dans les pages d’un livre. Lui-même, votre honneur, est physiquement une épave du fait de la faiblesse de poitrine que connaissent les savetiers. Sa défense se fonde sur son origine mongolienne et sur l’irresponsabilité de ses actes. Un peu débile, en réalité.
+ Lire la suite
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WolandWoland11 décembre 2016
[...] ... MRS BREEN (Lui pince le bras et minaude) : Ah, que j'étais une vilaine cruelle !

BLOOM (Bas, mystérieusement et toujours vite) : Et Milly mangeait un sandwich de filet mariné, qui venait du panier de Mrs Joe Gallagher. Franchement, elle avait beau avoir ses courtiseurs et ses conseilleurs, elle ne m'a jamais dit grand'chose. Elle était ...

MRS BREEN : Trop ...

BLOOM : Oui. Et Molly riait parce que Rogers et Maggott O'Reilly imitaient le coq quand nous sommes passés à côté d'une ferme et Marcus Tertius Moïse, le marchand de thé, nous a dépassés dans sa petite carriole, avec sa fille qu'on appelait Tutu Moïse et le caniche qu'elle avait sur ses genoux et qui faisait son important et vous m'avez demandé si j'avais jamais entendu ou lu ou rencontré ...

MRS BREEN (Avec chaleur) : Oui, oui, oui, oui, oui, oui, oui.

Elle n'est plus à côté de lui. Suivi par le chien pleurnichard, il s'achemine vers les portes de l'enfer. Sous le porche, une femme, debout, penchée en avant, les jambes écartées, pisse comme une vache. Devant un débit aux volets clos, un groupe de badauds écoute une histoire que le contremaître au museau écrasé leur corne avec des plaisanteries rauques. Deux soûlards sans bras luttent, flic flac, grognent, combat tronqué de troncs.

LE CONTREMAÎTRE (Fait le gros dos, voix qui se fourvoie dans son museau) : Et quand c'est que Cairn est descendu de l'échafaudage de Castor Street, dans quoi qu'il était en train de faire, si c'était pas en plein dans le seau de bière qui attendait là, dans les copeaux, pour les plâtriers à Derwan.

LES BADAUDS (Rires gras de palais fourchus) : Madoué !

Leurs chapeaux mouchetés de peinture vacillent. Eclaboussés par la colle et la chaux de leurq hutteq, ils gambadent, tronqués, autour de lui.

BLOOM : C'était une coïncidence. Ils trouvent ça drôle. Ce n'était pas drôle du tout. En plein jour. Pouvais plus avancer. Heureusement pas de femme par là.

LES BADAUDS : Madoué, ça, c'en est une bonne. Limonade purgative. Dans la bière des copains."

Bloom passe. Des filles à vingt sous, individuellement ou par couples, en châle, dépeignées, à chaque coin de rue, sur les portes, dans les ruelles, appellent.

LES FILLES : Où qu'tu vas comme ça mon coco ?
Comment qu'il s'porte, ton escargot ?
T'as-t-y une allumette sur toi ?
Amène-toi là que je la frotte

Il sort au plus vite de cette vidange pour gagner au plus vite la rue éclairée. Derrière un rideau qui fait ventre par la fenêtre ouverte, un gramophone dresse sa trompe de métal pleine de bosses. Dans l'ombre, une tenancière de casse-gueule ergote avec le terrassier et deux tuniques rouges.

LE TERRASSIER (Rotant) : Où qu'c'est qu'est la foutue boîte ?

LA TENANCIERE : Purdon Street. Un shilling la bouteille de stout. J'estampe pas mon monde.

LE TERRASSIER (S'accroche aux deux tuniques rouges et les entraîne en trébuchant) : En avant, l'Armée anglaise !

LE SOLDAT CARR (Derrière son dos) : Il est rien marteau.

LE SOLDAT COMPTON (Il rit.) : Tu parles !

LE SOLDAT CARR (Au Terrassier) : La cantine de Portobello. Tu n'auras qu'à demander Carr, Carr tout court.

LE TERRASSIER (Braille) : Nous sommes les cars de Wexford.

LE SOLDAT COMPTON : Dis donc ! Et qu'est-ce que t'en fais, du sergent-major ?

LE SOLDAT CARR : Bennett ? C'est un vrai frère. Il me botte, ce vieux Bennett.

LE TERRASSIER (Braille) : Les fers infâmes
Et libérons notre patrie.

Il les entraîne en trébuchant. Bloom s'arrête, dérouté. ... [...]
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