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Jacques Aubert (Traducteur)
EAN : 9782070341368
1171 pages
Éditeur : Gallimard (23/11/2006)

Note moyenne : 3.88/5 (sur 448 notes)
Résumé :
L'action d'Ulysse se passe en un jour, à Dublin, en 1904. Le personnage d'Ulysse est un petit employé juif, Leopold Bloom ; Stephen Dedalus, jeune Irlandais poète, est Télémaque ; Marion, femme de Bloom et qui le trompe, est Pénélope. Rien n'arrive d'extraordinaire au cours de cette journée. Bloom et Dedalus errent dans la ville, vaquant à leurs affaires, et se retrouvent le soir dans un bordel.
Chaque épisode correspond à un épisode de L'Odyssée. Mais la p... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (70) Voir plus Ajouter une critique
Nastasia-B
  29 septembre 2012
S'il est certain que ce livre a un caractère unique et très novateur pour son temps, il est néanmoins difficile de prétexter qu'Ulysse est un livre agréable à lire.
Comment vous dire ? C'est une manière d'immense marché aux puces où l'on doit fouiner pour trouver son bonheur, et encore, pas garanti : des monologues ou l'on saute du coq à l'âne en permanence, aucune longueur épargnée, des jeux de mots ou de sonorités parfois indéchiffrables, des liens quasi infaisables.
Bref, c'est éprouvant et sur un livre comme le Bruit Et La Fureur de Faulkner, on peut encore tenir le coup et l'on est — globalement — payé de retour, par contre quand le pavé dure plus de 1150 pages, il faut avoir l'estomac solide et une sérieuse envie d'aller au bout pour ne pas décrocher.
Il y a pourtant des tonnes de trouvailles dans toute cette mélasse où nous englue Joyce (manifestement avec plaisir), et l'on devine l'influence sur des auteurs majeurs comme Céline ou Kerouac, mais qui eux ont su rendre leur oeuvre un tant soit peu digeste.
Bien sûr, c'est plus vendeur, mieux vu et mieux en phase avec l'intelligentsia bobo prout-prout de dire que face à un tel OVNI, on est pantois d'admiration, que ces plus de 1000 pages ont été un bonheur, qu'on en aurait voulu 3000, 5000, que sais-je, 10000 tellement c'est bien écrit, tellement c'est jouissif, tellement c'est hors tout et, sincèrement, j'aimerais le dire, mais c'est un pur mensonge.
Combien de fois me suis-je accrochée, combien de fois ai-je voulu tout abandonner, tout plaquer de cette lecture parfois imbuvable, indigeste et sans queue ni tête ?
Pourtant, je ne peux pas non plus dire que tout a été négatif dans mon ressenti de l'ouvrage. Des chapitres comme "Nausicaa", "Eumée", "Eole" ou même "Hadès" m'ont bien plu, mais il y eut aussi (et malheureusement surtout) les bouillies inqualifiables comme "Les Sirènes", "les Lestrygons", "les Lotophages", "Charybde et Scylla", "Circé" etc. dont la lecture n'est à souhaiter à personne, sauf si c'est un véritable ennemi.
Si je puis juste me permettre un conseil aux personnes désireuses de le lire malgré tout (et je conçois parfaitement que le piment de la curiosité vous y amène), ne prenez pas ce livre trop au sérieux (comme Joyce lui-même semblait le faire), amusez-vous des exercices de styles (Joyce explore un nouveau style à chaque chapitre), oubliez la glose multilingue incompréhensible, bref, prenez ce qu'il y a à prendre et ne vous encombrez surtout pas du reste.
À noter que la nouvelle traduction est vraiment excellente et l'on imagine bien les arrachages de cheveux que cela a dû être pour traduire des bredouillis de mots comme Joyce en emploie souvent. Mais tout ceci, vous le savez, n'est que mon misérable avis qui, lui, n'a rien d'homérique, c'est-à-dire, pas grand chose.
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petch
  21 mars 2013
Mon prof de philo m'avait dit à la fin d'un cours : « Ulysse de Joyce, ça se mérite ». Je n'ai jamais aimé cette notion de mérite, récompense de ceux qui ont bien transpiré, pour moi antinomique du plaisir de la lecture. Je m'y suis mis à vingt ans par esprit bravache, calant aux deux tiers, nauséeux sur certains passages extrêmement difficiles à lire, mais déjà fasciné par l'exercice de style (L'Odyssée d'Homère condensée sur une seule journée et racontée sur plus de mille pages) et les flamboyances époustouflantes de certains passages. Je m'y suis replongé calmement une quinzaine d'années plus tard, prenant mon temps, sautant des passages (merci monsieur Pennac pour ce conseil avisé), les relisant ultérieurement, les relisant encore (je conseille à haute voix !). Je n'ai pas hésité une seule seconde à utiliser des « décodeurs » intellectuels, à lire en parallèle des explications de textes, des résumés, des analyses de certains passages. Ce livre est devenu pour moi une brique indispensable à mon petit édifice personnel.
Alors, Ulysse, non cela ne se mérite pas mais tant mieux pour ceux qui sont rentrés dedans et y ont puisé des ressources personnelles et du plaisir. Cela dépend de chacun, de l'effort qu'on est prêt à y mettre, de son état d'esprit au moment de la lecture. Au même titre que beaucoup d'autres romans « cultes » (encore un mot bien réducteur), mais pas toujours faciles à lire, avouons-le, comme, sans être exhaustif, Belle du Seigneur et les monologues sans fin d'Ariane, Cent ans de solitude au style souvent abscons, les descriptions pointilleuses et névrotiques de la vie mode d'emploi, pour ne citer que des ouvrages que j'ai beaucoup aimé par ailleurs ! le monologue intérieur de Molly Bloom, Pénélope de cette épopée, point d'orgue final du roman, range indiscutablement Ulysse dans la même catégorie que ces oeuvres littéraires majeures.
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Dandine
  02 mai 2019
C'est elle. Elle a commence par me flairer, incredule, sans rien dire. Puis est apparue l'inquietude, articulee en mots: "Fais semblant de vivre, et bientot tu vivras". Enfin une certaine colere, en cris: "Leve-toi et marche!".
Pour elle, j'ai reajuste mes lunettes sur mon nez. J'ai laisse de cote toutes les lectures que j'avais commence et pris en mains l'Ulysse de Joyce. Si deja, autant entreprendre une odyssee, ou au moins un long voyage, une longue marche dans les rues de Dublin. Avec elle aussi j'ai fait une longue marche, un long periple. Quelques passages eprouvants, en fait une bien belle balade. Une balade de vie. Je me souviens, comme Jeremie, de la grace de sa jeunesse, de l'amour de ses fiancailles. Je lui saurai toujours gre de m'avoir suivi au desert, dans une terre inculte. Pour elle, j'ai lu. Pour elle, j'ecris. Elle ne sait pas ce que j'ecris, mais elle respire: "ouf!"
Pourquoi Ulysse? Pour me mesurer a ma jeunesse? Imberbe, je me pavanais, aureole d'intellectualisme, devant mes amis: "C'est sublime!" Comment vais-je le trouver aujourd'hui?
C'est tres long. Et je me fatigue vite. Je me suis entete, mais ca m'a pris du temps. Beaucoup plus que prevu. Et je ne sais quoi ecrire. Que pour moi aussi c'est un grand chef d'oeuvre? OK. C'est dit. MAIS. Il est completement destructure. Il est chaotique. Il est bouffi de citations dont deux doctorats ne viendraient pas a bout et qui survolent la tete du lecteur normal sans presque jamais s'y poser. Il est deroutant, changeant de style a chaque chapitre. Et le plus recurrent: le flux de conscience, un monologue interieur qui peut paraitre sans queue ni tete, ou les mots apparaissent sans etre coordonnes en phrases, par unites, par paires, par petits groupes. Et ce flux s'entremele souvent de descriptions, de dialogues faits pour devoyer le lecteur, pour le fourvoyer. Ah! Il faut s'accrocher! MAIS. Il s'en degage un magnifique portrait de Dublin. Tout en amour. de quai en ruelle, de pub en estaminet. Et un brossage pointilleux d'une multitude de personnages, d'une multitude de caracteres. Un zoo humain. L'arche de Noe. Et un heros antiheros. Leopold Bloom. Un juif errant a Dublin! L'homme qui renait de ses cendres chaque fois qu'il est tue par le ridicule! Les epousailles reussies d'Orient et d'Occident! Et un deuxieme heros. Stephen Dedalus. La jeunesse, reveuse, desorientee, incomprise, incomprehensible. Et c'est quand meme l'espoir. Et une heroine. Molly Bloom. Molly, la diva. Bon ce n'est qu'une petite diva, une diva provinciale, mais ses seins ont de quoi rendre affame Bloom, ce juif mangeur de cochon, et de quoi monopoliser les pensees du lecteur.
Je suis fatigue. Ce livre est une prouesse. le lire a aussi ete une prouesse. J'en suis sorti avec la joie d'avoir reussi a atteindre un sommet. Ereinte mais heureux. Fourbu. Beat. Rompu. Exauce.
Et me voila en donneur de conseils: Tous, tous ceux qui ont appris l'alphabet, tous les debutants en lecture, devraient lire deux chapitres, le premier et le dernier. le premier est tout en dialogues d'un humour percutant. le dernier est une romantique declaration d'amour a faire chavirer les coeurs les plus endurcis. Les autres chapitres pourront faire le bonheur de lecteurs aguerris.
Et moi? Moi je suis fatigue. La lecture m'a fatigue. L'ecriture de ce billet aussi. J 'y ai mis beaucoup de temps. Je fatigue vite. Je me dandine. Mais c'est pour elle. Non, pour moi. Elle a raison, ca me fera du bien. Et c'est aussi une sorte de bouteille a la mer... quelqu'un la ramassera... un jour... un ami peut-etre...

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Malivriotheque
  16 septembre 2020
Leopold Bloom et Stephen Dedalus, chacun de leur côté (ou presque), suivent le cours de leur existence dans Dublin par une journée du mois de juin 1904. Leurs pérégrinations vont les conduire à plusieurs rencontres, jusqu'à ce qu'eux-mêmes se retrouvent...
Je l'ai lu. En entier. Ce fut pénible. de nombreux sentiments ont jalonné cette lecture particulière pour laquelle je peine à trouver les qualificatifs adéquats, exacts, précis.
Il faudra peut-être néologiser pour parler de cette oeuvre. Il faudra sûrement s'expliquer longuement, oublier la concision pour parvenir à un résultat clair et intelligible, à l'opposé même de ce que le livre offre. Il faudra incontestablement y passer un moment. de toute façon, on a passé un sérieux moment à lire la bête. Ce n'est que justice de ne pas se presser sur l'écriture de sa critique.
Ce fut donc une lecture étalée sur 10 mois. Il faut bien ça. Chaque fois que je mentionnais ou touchais cet ouvrage, Jules avait la délicatesse de me chanter le générique de la série des années 80. Malgré ça, j'ai continué à lire (et à aimer Jules), même si mon esprit était momentanément diverti par un truc qui n'avait strictement rien à voir. Oui parce que, si Joyce a soi-disant écrit son récit en se basant sur L'Odyssée d'Homère, sur le mythe du voyage d'Ulysse, le lecteur lambda n'a aucun moyen de parvenir à une comparaison sans se référer à des études ou au moins à Wikipédia.
Oui, Wikipédia a été un ami fidèle pendant cette traversée. Sans lui, l'hallu quasi générale serait restée de l'hallu pitoyable et misérable. Mais grâce à Wiki, elle a pu se transformer en de l'hallu interdite et déconcertée. C'est mieux, non ?
Commençons à rentrer dans les détails. Car c'est bien de dire que c'est le livre le plus difficile à lire qui soit, au point qu'il rebute vite la majorité, mais maintenant il faut expliquer pourquoi.
Quand on s'attaque au premier épisode, c'est sûr, c'est pas la joie. On voit la ligne d'arrivée se profiler très loin à l'horizon, le livre pèse presque un kilo, on s'interroge grandement sur sa propre capacité à parvenir au bout. L'esprit, quant à lui, s'égare et dérive au plus haut point au fur et à mesure de la lecture, autant semble-t-il que celui de l'auteur au fur et à mesure de l'écriture. On commence à se demander comment Joyce a pu acquérir sa renommée avec des bouquins pareils, autocentrés et "impossibles à suivre". On questionne sa capacité de compréhension et son niveau d'intelligence. Néanmoins si on ne comprend pas, c'est normal, parce qu'on est des gens normaux et qu'il ne faut pas q'auto-flageller plus qu'on ne le fait déjà en se farcissant cet OLNI géant.
On poursuit avec le deuxième épisode et on se surprend même à trouver un intérêt littéraire à la bête quand des considérations sur la mort et l'alimentation pointent leur nez. On se met à sourire face au cynisme de l'auteur, ou carrément à trouver ses analyses vraies et pertinentes. On parvient enfin à intégrer le principe de création de mots en en accollant plusieurs. Là où cela paraissait étrange et incongru dans le premier épisode, la lumière semble enfin avoir éclairé notre lanterne dans ce deuxième chapitre et on s'aperçoit enfin d'une créativité ingénieuse. Mais on ne se laisse pas impressionner aussi facilement : le délire reste de mise et il faut continuer à s'accrocher face au flot de pensées de narrateurs pas souvent facilement identifiables.
Et là, oui là les amis, on arrive aux chapitres 9, 10 et 11. On peut dire que le maigre enthousiasme né des épisodes précédents est amplement retombé. On se rappelle que tout le monde parle du monologue imbuvable de Molly (pas encore atteint), mais personne n'aborde jamais la complexité de ces trois chapitres complètement invraissemblables. N'ayons pas peur de le dire : on ne comprend rien. Rien. Est-ce le début de la fin ? L'idée n'est pas inconcevable au regard de la suite. Là, on atteint un summum de délires intenses, qu'on a même envie de qualifier de carrément égoïstes. L'auteur ne pense qu'à lui-même en écrivant, se faisant plaisir à lui et lui seul. Tout commence avec le chapitre 9 (pourtant le "plus" compréhensible des trois) qui enchaîne les expressions latines et continue de nous embourber dans des méandres d'actions sans savoir à qui on doit les attribuer, et de pensées sans savoir à qui elles appartiennent. Puis l'épisode 10. Et là, en toute honnêteté, on faillit abandonner pour de bon. Car avant que Wikipédia n'explique le pourquoi du comment, on se tape une succession ininterrompue de paragraphes portant sur une myriade de personnages sortis tout droit de nulle part, faisant encore une fois des actions hyper compliquées à comprendre, toujours dans le style de "stream of consciousness". Quant au chapitre 11, on assiste impuissant à une montée en puissance de l'illisible et de l'insuivable, soi-disant comme dit Wiki pour suivre une partition de musique. Là, on commence sérieusement à s'énerver. Toutes les pages ou presque diffusent de l'abscons pur et simple, à l'image de ces deux passages, franchement évocateurs du désarroi général ressenti :
"Mlle Douce, Melle Lydie, n'en croyait rien : Melle Kennedy, Mina, n'en croyait rien : George Lidwell, non : Melle Dou n'en : le premier, le premier : mons avec la cho : crois, non, non : rien, Melle Ken : Lidlydiewell : la cho." (p400-401)
"Pat est un serveur attentionné, attentif quand vous attendez. Hé hé hé hé. Attentif quand vous attendez. Quand vous attendez si vous attendez il sera attentif attentionné quand vous attendez. Hé hé hé hé. Ho. Attentif quand vous attendez." (p405)
Quand on voit les grands noms de la littérature nous dire qu'Ulysse correspond à du pur génie et qu'ils l'ont déjà lu plusieurs fois et qu'ils sont émerveillés de découvrir de nouvelles choses à chaque fois, bah là, c'est du snobisme total, une pédanterie académique comme pour se plaire à croire qu'ils font partie d'un club super sélect auquel le manant de base ne peut accéder car il ne peut comprendre l'esprit supérieur joycien. C'est une fanfaronnade complètement inféconde, qui ne satisfait pourtant qu'eux sachant que le "manant de base" n'en a rien à faire justement de ne pas "comprendre" l'"art". Et confondre le n'importe quoi avec de l'art, c'est pousser le concept de subjectivité dans les orties.
C'est donc à ce moment-là que l'impatience, l'agacement et l'exaspération se mettent à courir dans les veines à toute vitesse, à chauffer les globules et à incendier le cerveau. La perte de cheveux arrachés est un effet secondaire probable à anticiper.
Un nouveau mois passe et le sang ne bout plus, la tension est redescendue, le coeur bat à nouveau à un rythme normal. Les chapitres 12 et 13 sont beaucoup plus abordables (dans le sens joycien du terme, entendons-nous bien). Bien qu'étant un fatras de dialogues toujours d'une clarté obscure, le 12 présente des idées notamment politiques sur fond de beuverie dans un pub. Sujets divers et variés, plus ou moins importants comme l'Irlande et l'identité nationale. Mais le rythme est toujours dur à suivre, assez pénible à lire. le chapitre 13 est la pure antithèse du reste en terme de style, mais c'est du foutage de gueule pur et simple de la part de l'auteur qui fait pire qu'un pastiche en écrivant du point de vue de Gerty (jeune fille aux ambitions en adéquation avec ce qu'on réservait au "sexe faible" à l'époque), d'une façon outrageusement fleur bleue comme dans un roman à l'eau de rose britannique du 19ème. le livre devient instantanément plus lisible (genre un livre normal quoi), mais l'imitation d'une prose ultra-féminine caricaturée à mort mais hyper convaincante donne à cette portion un caractère à la fois satirique du genre mais également méprisant pour la femme en général. Certes l'auteur insiste sur les décalages entre ce que la société veut faire penser aux jeunes filles et ce qu'elles pensent en réalité, mais il suggère que le dévergondage est en fait général. le meilleur moment stylistique vient quand, d'un paragraphe à l'autre, on change de narrateur et on revient à Leopold Bloom, pur mâle rustre qui déglingue toutes les pensées romantico-fantasmiques de Gerty, et c'est ainsi que revient le style saccadé et suivant le courant de pensée. On sent que c'est un chapitre grandement travaillé et réussi dans son but affiché, mais le fond reste assez insultant (et obscène). Ce n'est pas la partie la plus dure à lire, mais on commence à conclure que ce bouquin est juste pour les tarés d'un genre indéfini.
Et là, oui là, on atteint la moitié. Un cap, on se dit qu'on est parvenu à un niveau incroyable, et surtout... qu'on ne peut plus reculer, ce serait trop bête. On imagine que de toute façon, le chapitre qui arrive ne fait que 70 pages et que ce sera du gâteau par rapport au reste. Bah nan. On continue à se laisser berner par le temps entre chaque lecture. Parce que ledit chapitre commence par des phrases sans ponctuation et se poursuit dans un style façon 12ème siècle... Seul dans le lit, la respiration se fait plus rapide, on pige une phrase sur 50. Au fur et à mesure, l'écriture se veut plus claire car, toujours dixit l'ami Wiki, l'auteur s'est attaché à mimer la naissance de l'Angleterre à-travers l'évolution de l'écriture. Oh oui, du bonheur à lire, oui oui. Un pur exercice de style qui montre quand même l'énorme travail de l'auteur aussi bien que des traducteurs, le genre de chose que tout un chacun n'aurait pas été capable de faire. En cela, Joyce marque un point. Mais le perdant dans l'histoire, c'est toujours le lecteur qui a bien du mal à suivre vu qu'il n'est pas habitué au style de formulation alambiquée du Moyen-Âge. Dès qu'on parvient à un style façon 17ème/18ème siècle (soit au bout de 40 pages tout de même), les choses deviennent plus faciles. Mais au bout, on revient au style imbuvable lu précédemment. le nouveau sentiment du jour, c'est la lassitude, la fatigue de participer à un voyage sans avoir de billet. On s'aperçoit que d'histoire, il n'y en a presque pas (le résumé partagé en début de critique ne correspond pas à l'entendement de l'expérience de lecture sans Wiki). On se rend compte que les personnages se bourrent la gueule dans presque tous les chapitres, quoi qu'ils fassent, et que leur errance physique n'a de but ni pour eux ni pour nous.
Et puis, et puis... 300 pages d'un coup, ça paraît flippant. Mais 300 pages sous la forme théâtrale, avec juste dialogues et didascalies, en fait, on se dit que c'est faisable, qu'on va manger les pages à vitesse grand V et qu'on va avancer son marque-page dans le gros tome comme c'est pas permis. En effet, c'est faisable au début, sur 100-150 pages, parce que c'est rapide, effectivement. Mais le contenu, mazette... le contenu est juste incompréhensible, c'est encore un délire dingue hyper dur à suivre et qui n'a souvent ni queue ni tête ! Quand on lit sur Wiki "ce qui se passe" en réalité, on se triture vraiment le cerveau pour savoir comment les analystes littéraires ont pu réussir à dégager un sens à ces non-sens. Parce que franchement, il faut s'accrocher sévère. Avec ce théâtre de l'absurde, façon Kafka avec le Procès, on embarque dans un cauchemar narratif. Il est minuit et quelques, les protagonistes se rendent dans le quartier chaud de Dublin. Et dans le vortex de la nuit, ils se mettent à jouer des rôles pas toujours clairs, à entretenir des conversations absurdes et confuses dont on est censé suivre le cheminement pour parvenir à des conclusions dont seul Wiki (et les autres accros de l'analyse littéraire) a la clef. 300 pages à moitié imprimées, c'était trop en fait. C'est parfois drôle, parfois critique et cynique, mais ça y est, on en a marre de ce livre. La lassitude a laissé la place au dégoût. pourtant cela fait des mois qu'on est dessus, on ne va pas s'arrêter en "si bon chemin"...
Alors, on parvient, à plus de 900 pages, à un épisode avec le sentiment qu'on n'est plus à ça prêt mais qui du coup nous passe au-dessus, parce qu'on a atteint un mélange de je-m'en-foutisme et de de-toute-façon-je-comprends-rien-et-j'en-ai-marre, mêlé au fait que le chapitre est déjà une parodie des styles tout pourris des romans de gare et autres semblants de littérature... En bref, il ne s'y passe rien, on se fait chier comme un rat mort, mais on se rassure quand même, car nos amis Bloom et Dedalus ont bien pu trouver un endroit où boire encore une goutte d'alcool. C'est sûr qu'il faudrait pas que leur taux d'alcoolémie descende trop pendant la nuit, ce serait dommage... Après la tension et la respiration, ce sont les yeux qui risquent la cécité avec ce bouquin qui attaque chaque parcelle du corps.
Au point où on en est, on finit. L'épisode suivant est narré grâce à un jeu de questions-réponses façon entretien poussé qu'on pourrait assimiler à une interview ou un article (sauf que Wiki dit qu'en fait c'est pour se moquer des questions posées lors d'un examen de catéchisme ou ecclésiastique ; là... on n'aurait pas pu deviner !). Joyce propose encore de nombreux jeux de mots, joue avec ardeur et brio avec le langage et s'amuse à ridiculiser les demandes de détails en rentrant dans un microcosme descriptif grotesque et caricatural. le problème, c'est que si en de très rares occasions on rigole, le reste du temps c'est encore l'hallu parce que c'est ardu à suivre et surtout souvent inintéressant au possible, avec moult précisions dont personne n'a cure. C'est encore une fois un gros travail d'écriture, la grande maîtrise d'une caricature filée sur 70 pages environ, mais ça reste peu engageant à lire...
Et donc, dix mois plus tard, on se lance, dans un mélange d'appréhension et de future sensation d'exploit personnel à 70 pages de la fin, dans le fameux et célébrissime monologue de Molly, la femme de Bloom. Ahh, qu'on en a entendu parler de cette tirade sans fin, sans ponctuation, super imbuvable parce que personne n'aime Molly. Même Jules, à qui on montre ledit chapitre sans ponctuation dit : "Mais c'est quoi, ça, faut être malade pour écrire un truc pareil !". Eh bah vous savez quoi ? ça se fait. Il se lit, ce monologue de malheur, à condition qu'on soit capable dans sa lecture intérieure de rajouter la ponctuation manquante et d'y aller en plusieurs étapes, en s'arrêtant quand il y a un changement de paragraphe, ce qui arrive plusieurs fois quand même. Il est long pour ce que c'est, faut pas se leurrer, mais il est plutôt bien foutu niveau courant de conscience féminin. On rit particulièrement quand Molly réfléchit aux pulsions sexuelles des hommes et à leur façon de gérer leur engin. Il remet les points sur les i après le chapitre sur cette gourde de Gerty et cette comédie de la pensée féminine façon fleur-bleue. le point de vue s'avère hyper réaliste et rend la monnaie de leur pièce à tous ces hommes qui pensent aux femmes comme à des objets. Aussi, le type de pensées colle bien à ce qui peut passer par la tête d'une femme. Encore une fois c'est beaucoup trop long, mais il faut reconnaître que c'est un épisode plutôt remarquable.
Et là, on ferme le livre, pour de bon.
Extase. Libération. Saveur de la liberté retrouvée, de l'exploit accompli, de la mission achevée.
Et là, on résume.
Ce livre est une expérience de lecture autant qu'il fut une expérience d'écriture. S'il fait montre d'un travail littéraire rare, extraordinaire et unique, il représente également une part de la littérature culte inaccessible à la majorité car très très exclusif et individualiste dans le style et la narration. Ecrit-on un livre pour se faire étudier ou pour être lu ? Ecrit-on pour soi ou pour les autres ? Si on écrit pour le plaisir, pourquoi rendre l'action de lecture désagréable ? Ces textes publiés à l'orgine un par un de 1918 à 1920, étaient-ils vraiment voués à être rassemblés dans l'édition unique de 1922, sachant que le cheminement des personnages n'a rien de clair et que sans les études publiées, l'on ne saurait vraiment ce qui "arrive" aux personnages dans cette "histoire" ? Mais quelle histoire ? Où sommes-nous allés ? Qu'avons-nous retenu ? Pourquoi qualifier l'ouvrage d'un des meilleurs de la langue anglaise du 20ème siècle à avoir lu si c'est pour ne rien comprendre ? Comment peut-on lui conférer une place royale au panthéon des oeuvres littéraires quand à peine 2% de ses lecteurs l'apprécient ?? Doit-on étudier une oeuvre dans ses plus petits recoins, dans sa moindre virgule (ou absence de virgule), de droite à gauche et de gauche à droite, de fond en comble et de a à z pour la comprendre et l'apprécier ? Est-ce normal ?? C'est beaucoup en cela qu'au bout de 4-5 mois de lecture, j'en suis venue à pester contre les universitaires & Co qui semblent être quasi les seuls à s'extasier d'un génie que personne d'autre ne semble voir. du talent littéraire, certes il y en a dans Ulysse, ne crachons pas dessus, il peut se voir. Mais pas au point de qualifier l'auteur de demi-dieu littéraire.
Durant ces dix mois et les 13 ans avant où ce livre a séjourné sur mes étagères en prenant la poussière, j'ai souvent regardé la couverture de l'édition Folio de 2006 que je possédais, sur laquelle Joyce pose de profil avec une ébauche de sourire. Ce sourire, je l'ai trouvé tour à tour narquois, satisfait, pédant, élitiste, moqueur : "Je l'ai écrit, démerdez-vous pour le lire !", "Pff, essaie de comprendre, petit inculte !", "Vas-y, essaie de suivre, rira bien qui rira le dernier !". Cette main sur ses lèvres un peu trop princière à mon goût, maîtresse de tout, prolongation anatomique de son intelligence suprême qui nous élève au même niveau que Tarzan qui apprend à parler... Cette couverture me répugne.
On expérimente Ulysse, on ne le lit pas vraiment. Est-ce une expérience à recommander ? Pas franchement, c'est aussi en cela qu'il paraît déplacé de lui coller le statut de "livre du siècle". Sa bizarrerie, son imbuvabilité (néologisme), son incompréhensibilité, son insuivabilité (néologisme 2), sa complexité, sa folie, son délire narratif empêchent d'apprécier à leur juste valeur les quelques critiques, satires et jeux de mots par-ci par-là qui en font sa richesse certainement réelle. Et pourtant, c'est bien cet ensemble qui l'a propulsé au rang de livre culte. Seulement pas culte pour les bonnes raisons, mais bien parce qu'il est juste illisible et a acquis une réputation d'impénétrabilité. Cela rappelle tous ces livres que les gens ouvrent pour de mauvaises raisons, comme Les Versets sataniques de Rushdie, que beaucoup veulent lire pour la polémique qu'il a soulevée plutôt que pour ses nombreuses qualités littéraires. L'humain est contradiction.
En tout cas, moi je ne me contredirai pas : une fois mais pas deux.
Lien : http://livriotheque.free.fr/..
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Woland
  10 décembre 2016
Ulysses
Traduction : Auguste Morel, revue par Valéry Larbaud, Stuart Gilbert et James Joyce
ISBN : 9782070400188
Bonnes gens qui me faites l'immense plaisir de me lire , n'attendez pas de moi que je vous analyse savamment, si ce n'est avec une pédanterie digne d'un intello ou d'un universitaire bavant devant ses diplômes , les rapports qui existent (ou existeraient) entre tel ou tel personnage du roman de l'Irlandais et tel ou tel héros de l'"Odyssée" d'Homère. (Déjà, je préfère l'"Iliade" à l'"Odyssée", alors ... ) Pour ceux qui nous feraient une crise si nous nous y refusions, tenons-nous en à la version qui voit en Stephen Dedalus, le "double" de l'auteur, au patronyme si évocateur, un avatar de Télémaque et, en Léopold Bloom, ... Qui, au fait ? Eh ! bien, s'il le fallait absolument, c'est Bloom que je verrais bien dans l'équivalence d'Ulysse. Eh ! oui, Bloom, grand, gros, carnivore amateur d'abats et pourtant âme bien plus tendre et plus sensible qu'il ne souhaite l'avouer, Bloom le Voyeur, Bloom l'Obsédé sexuel à tendance bi, désormais incapable de faire l'amour à sa femme, Molly, comme celle-ci le souhaite et qui, pourtant, malgré leurs nombreuses infidélités, à l'un comme à l'autre, continue à aimer profondément et sincèrement l'ex-Miss Tweedy, même s'il lui laisse faire parfois des passes pour mettre du beurre dans les épinards de la maison.
Quelqu'un me demandait un jour, me plongeant au passage dans une grande hilarité : "Pourriez-vous me résumer l'"Ulysse" de Joyce" ?" Non. Non. Je ne peux pas . Déjà que le résumé, ça n'a jamais été mon fort mais avec Bloom et Dedalus aux commandes, cela me deviendrait carrément impossible. J'ignore - et je veux continuer à ignorer - ce que Joyce a voulu mettre ici et enlever là, je m'en fous, voyez-vous, complètement : pour moi, et bien qu'elle soit rédigée dans une prose qui étonne souvent, blesse parfois et en choquera certainement plus d'un, même à notre époque,"Ulysse" est avant tout une poésie formidable, au sens hugolien du terme. Oui, un immense, un extraordinaire poème où l'on aimerait se perdre comme l'on se perdrait, une nuit de clair de lune, à la fois découragé et pourtant encore émerveillé de la Vie, dans les vagues trompeuses de l'Atlantique. J'ai mis beaucoup d'années à y voir ce que certains d'entre vous n'y distingueront jamais mais peut-être est-ce leurs visions qui sont les bonnes et non les miennes. Quant à ceux qui ne voient et n'entendent rien en "Ulysse", alors là, franchement, je suis triste pour eux, de la même tristesse que celle de Bloom quand il songe à son fils mort. Et je leur conseille de ne pas se lasser, de continuer encore et toujours : un jour, leurs yeux s'ouvriront et ils verront la Beauté indicible de ce livre foutraque et génial sans lequel, à mon modeste avis, un autre grand Irlandais, Samuel Beckett, n'eût jamais attendu Godot ... Oui, ils entendront l'accent de Dublin et celui, plus oxonien, de Stephen, avec toute cette haine du Père et, partant, de l'Autorité, qui l'habitera toujours. Ils percevront les brâmements volontairement excessifs de Bloom, chargés de dissimuler la discrétion véritable de cette nature dans le fond si fine, et ce coeur, qui ne sait trop où il va à défaut de refuser de fermer les yeux sur le lieu d'où il vient, les touchera par sa tendresse, son ironie, sa douceur et sa sagesse. Et, tout à la fin, car ce n'est là qu'elle se dévoile dans un flux de conscience qui vaut pour moi tous ceux imaginés par Virginia Woolf, ils percevront le pépiement musical de Molly, à la fois coléreux, las - oh ! si las ! ... - , résigné mais tout gonflé encore d'amour.
Dans "Ulysse", il y a des bagarres, des ivrognes, des malpolis, des blasphémateurs (ah ! Buck Mulligan, comment pourrait-on vous oublier, toi, ton blaireau et ton bol à raser ! ), des barjots, des filles de joie, une Dominatrice qui, finalement, n'est pas si méchante fille que ça, des hommes et des femmes qui cherchent leur sexualité et qui se cherchent aussi, plus simplement (ou de manière beaucoup plus complexe, hélas pour eux qui, aveugles, ne s'en rendent pas compte ! ), des gamins de Dublin qui ont vu ce qu'il ne fallait pas qu'ils vissent, Dublin elle-même, omniprésente, omnipotente, envahissante, avec ses deux visages, celui qui fixe le soleil irlandais derrière ses brumes nostalgiques et celui qu'elle ne réserve qu'à ces Noctambules qui, dans une très longue scène qui préfigure le théâtre de Beckett, viennent livrer au lecteur (enfin, c'est l'impression que ça m'a toujours fait ) comme leur vision personnelle de "Cabaret."
Dans "Ulysse", rien n'est en ordre (sauf les comptes de Bloom, peut-être ), les Orangistes énervent les Catholiques et il y en a un - ma foi oui, je le crois orangiste - qui s'en prend même à Bloom, lui reprochant les origines juives de son père, lequel s'est converti mais ... au catholicisme . Alors là, Bloom se met en colère, et il rappelle à l'ignare malappris que le Christ était juif. En vain, bien sûr mais cela fait tellement de bien de le lire, de voir la sottise foulée aux pieds ... Oui, tout est fou ou semble l'être à l'un ou l'autre moment dans "Ulysse" et même si Bloom, comme d'ailleurs Dedalus, ne s'embringue guère dans les histoires de nationalisme, tous deux nous évoquent une Celtie qui jamais ne mourra. Tous deux adeptes du Crépuscule et de la Solitude qui font réfléchir, se révolter et choisir parfois de passer de vie à trépas ou du trépas à la vie, ils sont, l'un si froid et aussi raide qu'un parapluie, avec quelque chose de taiseux qui, parfois, explose en une éblouissante chandelle de haine et de mépris, l'autre si rond et si amoureux de l'analyse, quelle qu'elle soit, qui passe ses jours et ses nuits à dissimuler sous une faiblesse qui n'a de la fragilité que l'apparence sa nature foncière de pilier, ils sont l'Emotion, la Révolte, le Chagrin, l'Oubli qu'on ne peut pas oublier, cette Mélancolie infinie qui, entre deux verres d'alcool, reste chevillée à la carapace de tout Celte qui se souvient de ses ancêtres et des steppes lointaines et nues ...
A mes yeux, tous deux sont un hommage, inconscient peut-être, de Joyce bien plus à la nature de l'Irlande qu'à la Grèce antique, si grande qu'ait été cette dernière. Avec ces deux-là, tout tourne autour de l'Amour mais aussi de la Tristesse éternelle et des chants des banshees, de l'Autorité qu'on respecte ou qu'on dupe, et enfin de la Complexité sans bornes des rapports humains (sentimentaux, sexuels, filiaux, paternels, maternels, amicaux, haineux ...) Et pourtant, avec ça, ils trouvent la force de sourire, de rire, de se moquer, y compris d'eux-mêmes, cette puissance terrible de l'auto-dérision qui marque certains peuples plus que d'autres. Même devant le Mal, même devant la Mort la plus horrible, il faut savoir rire. Une dernière fois sans doute mais avec fierté, avec panache : c'est ainsi que, en dépit de la douleur et du chagrin, l'on demeure invaincu à jamais et à jamais supérieur à ses ennemis.
Comme tout livre inspiré par le Génie, l'"Ulysse" de Joyce est une leçon de Vie et de Mort. Irrespectueuse (souvent), cynique (encore plus souvent), grotesque (d'ailleurs, sous sa défroque hilare, le clown du cirque n'est-il pas en fait aussi inquiétant que les malheurs qu'il nous faut affronter au quotidien ? ), glauque et ambiguë (Bello-Bella la Dominatrice autant que Molly qui, elle, se laisse dominer pour dominer en paix) mais aussi pleine de beautés aussi variées que les souvenirs poétiques des uns et des autres, toute la verdure d'Erin au printemps, la tendresse lasse et pourtant toujours présente de Molly, les courses effrénées de Bloom, toujours à la recherche d'une pièce pour pouvoir lui offrir ce qu'elle aime, la retenue si particulière de Stephen que Bloom, on en jurerait volontiers, rêverait presque de voir prendre la chambre du haut, chez lui, formant ainsi une espèce de "ménage-à-trois" où Stephen serait à la fois l'amant et le fils perdu de Molly, la consolant peut-être ainsi un peu de ...
Peut-être. ;o)
Parce que, avec "Ulysse", vous pouvez extrapoler et rêver à L Infini. Il suffit tout simplement d'attendre votre heure pour saisir ce flux dont parlait en son temps le Grand Will, et vous laisser guider, lentement, sûrement, avec douceur, au-delà des cris et de la vulgarité que Joyce a semés en chemin pour que tout le monde n'ait pas un accès trop facile à son Jardin Secret (comme tout jardin du même type, "Ulysse" se mérite ), dans la chaude poésie d'un roman apparemment aussi incompréhensible que le "Jabberwocky" de Carroll mais qui, si vous avez la courtoisie de l'en prier, vous découvrira un jour - en tous cas, je l'espère très sincèrement pour vous - une beauté aussi pure et aussi noble que le plus énigmatique des camées. ;o)
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Citations et extraits (94) Voir plus Ajouter une citation
PartempsPartemps   17 septembre 2020
Quel est l'âge de l'âme humaine ?
p.595
- le nombre d'âmes est-il fini ou infini ?
-L'âme est-elle sensible à son séjour terrestre ?
-Qu'advient-il de l'âme après la Résurrection ?
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PartempsPartemps   07 septembre 2020
"Celui Qui s'engendra Lui-même, médian à l'Esprit-Saint, et Soi-même s'envoya Soimême, Racheteur, entre Soi-même et les autres, Qui [...] fut cloué comme chauve-souris sur
porte de grange, souffrit la faim sur l'arbre de la croix, Qui se laissa ensevelir, se releva,
dévasta les enfers, s'installa au ciel où Il est assis depuis dix-neuf cents ans à la droite de
Son Propre Soi-même (sitteth on the right hand of His Own Self), mais reviendra au dernier
jour pour passer sentence sur les vivants et les morts alors que tous les vivants seront déjà
morts" (U,194;197).
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PartempsPartemps   07 septembre 2020
"Il errerait à jamais, sous sa propre impulsion, jusqu'aux extrêmes limites de son
orbite cométaire, au delà des étoiles fixes et des soleils variables et des planètes
télescopiques, chemineaux du ciel, jusqu'aux frontières de l'espace (to the extreme
boundary of space), allant de monde en monde, parmi les peuples et parmi les événements"
(U,652).
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PartempsPartemps   07 septembre 2020
"Allongé au-dessus d'elle, ravi, bouche ouverte, à pleines lèvres, je baisai sa bouche.
Iam. Douce elle fit passer dans ma bouche du gâteau chaud mâché. Pâte écoeurante que sa
bouche avait pétrie, sucrée et aigre de salive. Joie; je la mangeai; joie. Jeune vie, moue de
ses lèvres tendues. Lèvres tendres, chaudes, collantes, gomme parfumée, loukoum"
(U,173).
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PartempsPartemps   07 septembre 2020
"Isis Dévoilée. Leur manuscrit pâli que nous avions essayé de mettre au clou. Assis à
l'orientale sous un arbre-parasol il trône, logos aztèque officiant sur le plan astral, leur surâme, mahamahatma" (U,188).
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Videos de James Joyce (18) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de James Joyce
La traduction de “Ulysse” de James Joyce. Une production de Jacques Dombasle. Avec la participation de Sylvia Beach, Adrienne Monnier et Jean Costa. Ulysse de James Joyce par Jacques Dombasle : Première diffusion le 6 juillet 1948 sur La Chaîne Nationale. Les faits, gestes et pensées de toute la vie consciente et inconsciente, durant une journée comme toutes les autres, d’un petit bourgeois, et ses pérégrinations dans sa ville natale : la ville natale est Dublin, le petit bourgeois se nomme Leopold Bloom. Avec en prime, très brièvement, la voix de James Joyce lui-même lisant un passage de son “Ulysse”. Thèmes : Littérature| Roman| Ulysse| James Joyce
Source : France Culture
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