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ISBN : 2749123283
Éditeur : Le Cherche midi (06/11/2014)

Note moyenne : 4/5 (sur 2 notes)
Résumé :

Trevor Escargot est envoyé en reportage à Marina d'or, un centre de vacances, afin de vendre les cachets et autres substances hallucinogènes contenues dans sa valise aux vacanciers. Au fil de ses rencontres, il se lance à la recherche de l'El Dorado.
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Critiques, Analyses et Avis (1) Ajouter une critique
Pecosa
  18 décembre 2014
Un roman qui célèbre Hunter S Thompson et Kurt Vonnegut ne peut qu'augurer le meilleur, et quand la quatrième de couverture évoque un pigiste "adepte d'un punk journalism dérivé du gonzo" qui prépare un papier sur le complexe touristique de Marina d'Or, on se jette dessus comme une morte de faim.
Ceux qui ont la chance de ne pas avoir sous les yeux cette authentique merde de Marina d'Or, cet immonde furoncle qui ressemble aux Baumettes-sur-plage, cette aberration écologique et architecturale symbole des dérives de la spéculation immobilière, du saccage des côtes, et autres magouilles dont la Communauté valencienne peut s'enorgueillir, ceux-là pourront se réjouir en pensant à tous les projets de parcs sous cloche qui s'apprêtent à fleurir dans les forêts françaises et visualiseront un sous-Las Vegas pathétique où les touristes viennent s'enfermer deux semaines par an.
Trevor Karagol, est donc supposé rédiger un papier amusant sur les joyeux pensionnaires de ce lieu de villégiature auto-proclamé "plus grand centre balnéaire d'Europe", et effectivement il y a matière. Sauf que Karagol, adepte des substances illicites, est chargé à mort. Sa perception des lieux, des êtres et des faits est légèrement déformée, tout comme celle du lecteur. Que voit-il vraiment? Où commence la fiction? Qui plus est, Karagol a deux passions dans la vie, l'explorateur Aguirre et sa quête de l'El Dorado- "j'ai décidé que je serais boiteux comme Klaus Kinski et que je sillonnerais le monde pour découvrir des endroits et les saccager."- et l'anthropologue polonais Malinowski, adepte d'une méthode d'observation participative. Alors, entre l'exploration de la "zone touristique" dont le mauvais goût a de quoi faire redescendre n'importe quel junkie à la vitesse de la lumière et l'observation "participative" sous acide des activités proposées par le centre, sans compter un goût revendiqué pour un journalisme subjectif, je vous laisse imaginer le reportage.
Mais l'incursion de Karagol sur la côte del Azahar ne s'arrête pas là, il continue son périple sur Valence avec son acolyte Brona à l'occasion des Vème Rencontres Mondiales des Familles où le Pape en personne est attendu. Tel Raoul Duke faisant route vers Las Vegas accompagné de son avocat, maître Gonzo, un folle virée l'attend.
En lisant El Dorado, on pense à Thompson, à Tom Sharpe, à William Kotzwinkle ("Horse Badorties, mec!"), c'est drôlatique, déjanté, absurde. Robert Juan-Cantavella est caustique, il est rock et un peu macarra, autant dire qu'il nous offre une grande bouffée de folie, et d'air frais, nous baladant comme des marionnettes du journalisme à la fiction. le récit part en vrille avec les grands délires parano-hallucinatoires des deux têtes de vainqueurs peut-être, mais la toile de fond est quant à elle bien réelle. La bulle immobilière a depuis éclaté en éclaboussant tout sur son passage, Juan-Cantavella, se charge avec malice et ironie de tâcler les institutions.
El Dorado n'est pas seulement une pantalonnade poilante, le roman est aussi une critique acerbe et hilarante de la société de consommation et de la spéculation immobilière (Tout ce que l'on croyait solide, d'Antonio Muñoz Molina est un essai passionnant mais El Dorado, c'est plus marrant), l'auteur maîtrise à merveille le sens de la caricature et du grotesque, l'art de croquer ses contemporains et nous offre un vrai bonheur de lecture. La synthèse du règne de Juan Carlos en quelques lignes, le portrait de Rajoy ou la description de la ville de Toulouse m'auront enchantée, tout comme la reproduction de la chanson de feu l'Argentin Luis Aguilé à la gloire de Marina d'or (et oui, Las Vegas avait Sinatra).
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