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ISBN : 1090507119
Éditeur : CMDE Editions (11/02/2014)

Note moyenne : 4.67/5 (sur 3 notes)
Résumé :
Du braquage au violon (Música para después de un asalto)
Un film réalisé par Juan Felipe et Samuel Guzmán Cuevas
Production En La Linea, Mexique, 2011
Durée : 83 minutes
Langue : espagnol
Sous-titres : français

Le film nous plonge dans l'univers carcéral mexicain par le biais de la création musicale des détenus dans cinq prisons de Mexico. Il nous montre comment les prisonniers composent, donnent des cours, jouent d’... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (1) Ajouter une critique
El_Gabier
  27 octobre 2017
« La prison tu la vis comme tu veux la vivre ». Qu'ils soient repentis, mama choncha, ou encore mostruo, ils ont appris à perdre, perdre leurs amis, leur femme, leur vie dès le seuil franchi et le portail refermé. Ils « sont vingt ou vingt-cinq par cellule, alors qu'elles sont faites pour n'en accueillir que quatre ou cinq. Certains dorment debout, les bras accrochés aux barreaux pour ne pas tomber lorsqu'ils sombrent dans le sommeil ». Beaucoup ne résistent pas au temps et finissent par marquer leur abandon, d'un lent balancement mortifère. Entre surpopulation et vétusté, ils cherchent à fuir leur quotidien, créant des dehors dans ce cloisonnement.Pour s'évader, mais aussi pour dénoncer ce système, ils utilisent la musique et le canero, un argot de détenu. Ils expriment leur expérience, leurs espoirs, leurs émotions. « La musique est une grande fuite. Pas au sens où tu sors d'ici, où tu t'évades de ta réalité, mais c'est une fuite d'émotions ». Un lieu où personne ne les surveillera, une cellule sans barreaux, sans pot de vin. Car ici tout s'achète, tout s'échange contre des pesos. Sans visites, pas de provisions condamné à manger un infâme repas, le rancho qui ne nourrit pas, pas de nourriture à troquer contre de l'herbe, du pulque ou tout autre exutoire. Même le maton dirige ce commerce, monnayant le passage vers l'extérieur, ou encore l'appel. Ici tu paies ou tu vas au mitard, te confinant un peu plus dans un tête à tête avec l'ennui, avec les idées noires. « L'administration pénitentiaire s'applique à maintenir le lieu dans les pires conditions. Plus c'est vétuste et lugubre, plus grand est le sentiment d'ennui et d'oubli, tant chez les détenus que chez les visiteurs ».Du braquage au violon se veut le prolongement, l'ombre du documentaire éponyme. On suit les prisonniers dans leur combat, leur métier puisque pour survivre certains enseignent la musique et son histoire aux autres détenus de droit commun. Des tensions subies aux anecdotes, des rêves et des raisons qui les ont plongés dans les affres, le livre nous embarque dans ce kilomètre intérieur ou plus rien ne ressemble à la vie, où tu peux te faire éventrer anonymement. On suit el Tonz le rappeur enfermé pour avoir fait du body paint sur une mineur, Lennon en captivité depuis plus de treize ans, Ballenita qui compose pour sa femme qui est désormais emprisonné comme lui, Ethel la voleuse et los Segregados. Entre concert et répétition, entre visite et quotidien, la vie s'organise, les êtres résistent car « l'imagination c'est le plus fort de l'homme », une ouverture pour voyager. « Je regarde à travers la fenêtre et j'essaie de trouver le bonheur ».
"Voilà une histoire. Toute ressemblance avec la réalité n'est que pure coïncidence. En arrivant en taule, on te considère comme un larbin. Tu dormiras dans la douche, tu dormiras sur les chiottes. 5*4 c'est les dimensions de ta cellule en prison. Ça empeste la beuh quand ils t'enferment. le premier jour où tu arrives, tu dois faire la queue. A toi de faire le ménage ou tu paies pour qu'on le fasse à ta place. Si t'arrives à payer, tu es taxé de privilégié. Pour le chef de la cellule t'es un client inespéré. Si tu veux un vrai lit alors il va falloir casquer 2000 ou 3000 pesos pour échapper au ménage.Quatre listes de présence pour lesquelles tu dois payer. Si jamais tu en rates une au mitard tu vas aller. Quand arrive la visite provisions, chaussures et vêtements à troquer contre boisson, crack, pastilles, herbe...Dans le « kilomètre intérieur» marche avec précaution les escrocs du coin en ont déjà eu plus d'un. Telle est la réalité triste du primo-délinquant. La justice aux yeux bandés, la conscience s'est absentée. Les réseaux d'extorsion du gouvernement sont bien connus beaucoup ici en sont morts. Ils n'ont pas résisté à la pression.Quatre listes de présence que tu dois t'envoyer. Si jamais tu en rates une au mitard tu vas aller. Quand arrive la visite provisions, chaussures et vêtements à troquer contre boisson, crack, pastilles, herbe...Quatre listes de présence pour lesquelles tu dois payer. Si jamais tu en rates une au mitard tu vas aller. Quand arrive la visite provisions, chaussures et vêtements à troquer contre boisson, crack, pastilles, herbe...Tu fumes, tu bois ou tu flippes. »
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