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EAN : 9782882502735
373 pages
Éditeur : Noir sur blanc (13/04/2012)

Note moyenne : 4/5 (sur 4 notes)
Résumé :
De longues cornes de cuivre, les karnai, sortaient de la bouche de musiciens aux joues aussi rondes que des pommes, comme s'il leur était poussé une trompe d'éléphant." Savoureux mélange d'histoire et de récit de voyage, A la barbe des ayatollahs raconte le périple de Nicholas Jubber à travers l'Iran, l'Afghanistan et l'Asie centrale, entre 2004 et 2007.

Curieux de la vie des Iraniens et des Afghans d'aujourd'hui, le facétieux voyageur découvre avec é... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (3) Ajouter une critique
HT
  30 juin 2012
Quel est le lien entre de jeunes iraniens dansant clandestinement sur de la musique pop, et des légendes persanes écrites au Xe siècle? Voila l'une des questions auxquelles l'ouvrage de Nicholas Jubber se propose de répondre. Ce jeune lettré anglais livre le récit instructif de son long séjour en Iran, et de ses incursions en Afghanistan et en Asie Centrale, au cours des années 2004 à 2007.

Loin d'être un aventurier aguerri ou un routard idéaliste, notre auteur curieux et avide de connaissance s'installe en Iran afin d'y découvrir la langue et la culture. Son aventure commence donc à Téhéran où il prend des cours intensifs de persan pendant plusieurs mois. Ses rencontres et amitiés liées sur place nous font découvrir plusieurs strates de la société iranienne. Il loge dans une famille aisée de Téhéran dont il nous fait partager le quotidien avec humour, fournissant là les pages les plus attachantes de son récit.
Tombé amoureux de la culture persane, il est pris de l'envie de partir plus loin, découvrir d'autres lieux représentatifs de l'identité persane. C'est ainsi, sans l'avoir vraiment prévu, qu'il visite l'Iran puis l'Ouzbékistan et le Tadjikistan, avant de s'engager dans la partie la plus risquée de son périple, la traversée du sud de l'Afghanistan alors en pleine guerre.

On en apprend donc beaucoup sur la jeunesse, la drague, l'alcool et la fête au pays des mollahs, mais les lecteurs qui s'intéresseraient uniquement à cet aspect sex drug and rock'n'roll s'ennuieront un peu. Ce qui passionne réellement l'auteur, c'est la littérature persane ancienne et son plus célèbre poète, Ferdowsi, l'auteur du Shahnameh (le livre des Rois). Cet ouvrage célébrant les racines pré-islamiques des persans est un sésame culturel commun avec les ethnies de langue persane des pays voisins comme les Tadjiks et les Hazaras. Nous verrons donc les pays que visite Nicholas Jubber à travers le prisme de la littérature et de la langue, des références aux héros de légendes et aux poètes anciens. Au passage, l'auteur remet en place quelques notions essentielles à la connaissance de ces pays et des nations qui les composent : langues, rivalités historiques, etc. ; cela constitue donc une excellente vulgarisation culturelle pour approcher ces régions.

Le parti pris de disloquer la chronologie du récit en différents morceaux, nous oblige à des allers-retours dans le temps et l'espace entre l'Iran, l'Asie Centrale et l'Afghanistan ; ce procédé que j'ai trouvé malhabile souligne au lieu de la masquer la faiblesse de la partie du livre consacrée à l'Afghanistan, bien en retrait par rapport aux autres (les circonstances extrêmement dangereuses du voyage l'expliquent complètement). La narration de certaines scènes manque parfois de fluidité, l'auteur abusant de tournures trop elliptiques pour être compréhensibles.

Rares sont les récits de voyage qui présentent cette qualité d'érudition, gommant certains défauts mineurs de style ou de construction. le caractère unique du livre réside dans l'aptitude de l'auteur à mêler son expérience immersive dans la population et sa leçon d'histoire et de culture persanes, sans perdre le lecteur en route.

Critique réalisée grâce à l'opération "Masse Critique" - merci à Babelio et aux Editions Noir sur Blanc.
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violette41
  14 juin 2012
Ce livre n'est pas pas qu'un simple carnet de voyage. L'intention de l'auteur n'est pas seulement de décrire l'Iran et l'Afghanistan d'aujourd'hui mais bien d'amener le lecteur à découvrir la culture perse au travers de ce qu'elle a de plus précieux : le poésie. Par le biais des différentes rencontres de l'auteur, on comprend peu à peu que les légendes perses du Shanameh sont encore profondément encrées dans toutes les couches de la société iranienne mais aussi en Asie central et en Afghanistan. Ainsi, ce livre qui aurait pu être rébarbatif de par la complexité géopolitique de cette partie du monde, est un véritable régal. On apprend, on comprend et on se laisse charmer par l'art de vivre, la philosophie et bien sur la poésie perse. Loin de tout jugement moral l'auteur nous fait découvrir que les régimes islamiques doivent encore composer avec la culture perse, que rien n'est simple et que notre vision occidentale de cette partie de monde est bien simpliste.Merci masse critique pour ce très beau voyage.
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nanouche
  23 juin 2012
Entre 2004 et 2007 Nicholas Jubber a séjourné à Téhéran et voyagé en Iran, en Afghanistan, en Ouzbékistan et au Tadjikistan. Dans ces pays il est parti à la recherche de l'héritage de la culture perse préislamique. Ce qui lui sert de fil conducteur dans son périple c'est le Shahnameh, le Livre des rois, épopée en vers rédigée au 11° siècle par Ferdowsi. Nicholas Jubber constate que 9 siècles après sa rédaction cette poésie est encore vivante et populaire. Il rencontre ainsi un boucher qui en récite de longs passages à sa clientèle admirative. Pour nombre de persanophones le Shahnameh est aussi une résistance contre la culture arabe perçue comme extérieure et envahissante.
L'intérêt de ce récit pour moi c'est de montrer la fracture qui existe en Iran entre les autorités islamistes et une bonne partie de la population. Sina, le fils de la famille chez laquelle réside l'auteur, connait tous les secrets de la drague à l'iranienne. Il a toujours sur lui des petits papiers sur lesquels est inscrit son numéro de portable et qu'il glisse aux jeunes filles qui lui plaisent. de voiture à voiture à la faveur d'un embouteillage, entre deux pages d'un livre échangé à la bibliothèque. Ensuite il n'est plus qu'à attendre l'appel. Par ce biais s'organisent aussi des fêtes privées où l'on danse et boit.
Nicholas Jubber écrit dans un style très accessible et plein d'humour et en même temps son ouvrage est très bien documenté. Pour circuler en Afghanistan et en Asie centrale, dans des régions interdites aux occidentaux, il se laisse pousser la barbe et se fait passer pour un muet afin de cacher son accent.
Un livre sympathique et agréable à lire.
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Citations et extraits (3) Ajouter une citation
HTHT   30 juin 2012
- Dans votre culture, dit-il, on ne connaît pas de poésie par coeur, n'est-ce pas?
- Enfin, certaines personnes, si.
- Mais pas tout le monde. Vous voyez, mon enfant? En Iran tout le monde connaît des poèmes par coeur. Tout le monde peut réciter des vers de Ferdowsi, par exemple. Voilà pourquoi il est tellement important ! Sans lui, nous ne parlerions pas persan. Sans lui, nous n'aurions pas d'histoire, pas d'héritage. Sans lui, nous serions comme tous les autres pays que les Arabes ont envahis - nous aurions disparu ! Un Iranien, un orateur persan, ne vaudrait pas mieux qu'un dodo ou un Phénicien. On en parlerait comme de créatures du passé.
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HTHT   30 juin 2012
Au début, j'ai surtout été séduit par toutes les fêtes qu'on donnait en Iran - l'alcool, la drogue, le flirt - parce qu'elles me rappelaient l'Angleterre. Cela me permettait de dire : "En fait, ils sont exactement comme nous!" Mais le temps passant, j'ai commencé à être de plus en plus attiré par ce qui les rendait... eux-mêmes. C'est-à-dire, avant tout, leur amour de la poésie.
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violette41violette41   14 juin 2012
"l'encre de l' intellectuel est plus sacrée que le sang du martyr" a-t-il écrit, prétendant citer des propos tenus par le prophète Mahomet en personne.
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Sur les traces du prêtre Jean Marque-page 09-06-2011
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