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EAN : 9782226180667
73 pages
Albin Michel (31/10/2007)
4.35/5   34 notes
Résumé :

" En affinant ses perceptions, en captant en elle les moindres frémissements, Fabienne Verdier est parvenue à avoir une connaissance aiguë de son activité intérieure.. A la faveur de maintes métamorphoses, elle a éliminé des tensions, des raideurs, des inhibitions, leur a substitué de. la souplesse, de la fluidité, donnant ainsi à la main du peintre, la possibilité d'agir en toute liberté, d... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (6) Voir plus Ajouter une critique
Acquis en 2012- Relecture en avril 2021

Une relecture d'un petit volume d'entretiens avec Fabienne Verdier, artiste-peintre, calligraphe dont j'avais lu avec force enthousiasme(dans les années 2000) son expérience unique de plusieurs années, en Chine, faisant son apprentissage de calligraphe avec les anciens maîtres, en Chine, après la Révolution culturelle, « Passagère du silence »… Un grand souvenir de lecture, accompagné de la rencontre très enrichissante avec l'auteur, à « Atout Livre » de Daumesnil, au moment de sa parution…

Ce recueil de questions complète de façon précieuse son récit autobiographique, ci-dessus cité. Fabienne Verdier y parle de l'Art, de son parcours de peintre-calligraphe… Un parcours complexe, plein de de doutes, d'écueils, d'interrogations, mais aussi d'admirations stimulantes pour d'autres artistes dont celle pour A. Giacometti
"Je me sens si proche de ce petit buste humain sur un socle en bronze de Giacometti, de cet homme solitaire marchant toujours d'un point à un autre sous la pluie, en marge totale des préoccupations dominantes, des modes de son temps. Il erre pleinement, sans aucun but, et j'aime ça. "(p.34)

Deux « créateurs » réfléchissent, échangent… L'un, écrivain, poète, auteur de plusieurs écrits sur des peintres, artistes admirés ; l'autre, peintre, calligraphe, au parcours unique et terriblement exigeant. François Cheng s'est aussi beaucoup intéressé au travail et à l'oeuvre de Fabienne Verdier…Cette dernière nous époustoufle par l'absolu qui l'habite. La peinture est un TOUT : philosophique, existentiel, esthétique, spirituel, etc.

Et pour atteindre ce but ultime de « L'oeuvre d'Art », peu de concessions, l'exigence personnelle encore et toujours dans sa vie personnelle…On ne peut que rester admiratif devant une telle volonté d'absolu dans l'acte de CREER… !

« Combien de morts, combien de renaissances m'a-t-il fallu traverser pour qu'une once de liberté, d'authenticité et de vérité apparaisse au bout de mon pinceau. Les métamorphoses ont été violentes, les constructions de chrysalide nombreuses, avant que je devienne ce papillon butinant
l'instant !
La liberté coûte cher à l'être en quête de...
Parfois une vie de travail n'y suffit pas. Apprendre et désapprendre sans cesse. Une fonction vitale. (p.31)”
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Ce petit livre précieux ouvre sur des horizons vastes et pleins, sur l'Univers que l'on porte en soi, sur celui qui est là, au dehors, et que bien souvent l'on ne regarde plus, un livre petit en nombre de pages, mais grand par la portée spirituelle et vitale, par la grâce et le souffle qu'il insuffle au lecteur. Un livre source de vie…
Mais au-delà de la philosophie de vie qu'il véhicule, cet ouvrage enchanteur recèle en ses pages des trésors de belles phrases qu'on aurait envie de faire siennes et qui occasionnent ravissement et transport.

« Entretien avec Fabienne Verdier » est le face-à-face complice, intime, chaleureux, de deux grands artistes.
Elle, c'est Fabienne Verdier, artiste peintre, partie sur ses vingt ans, dans les années 1980, au fin fond de la Chine, pour apprendre auprès d'un maître zen l'art de la calligraphie. Un parcours extraordinaire et difficile que l'artiste, également écrivain, relatait dans le superbe récit « Passagère du silence ».
Lui, c'est Charles Juliet, écrivain, homme de théâtre et poète avant tout ; ses mots, longtemps forgés dans le doute et la solitude, sont devenus au fil du temps, nourriture, apaisement et partage.
La rencontre de ces deux poètes, l'un par la plume, l'autre par le pinceau, offre un moment de poésie pure.
Fabienne Verdier nous ouvre les portes de son atelier, Charles Juliet, interroge, retranscrit et transmet ce qui émane de l'oeuvre du peintre, et le lecteur bercé, apaisé, bienheureux, assiste à ce moment d'intimité magique où la parole, comme la main qui peint, se met en mouvement, s'écoule, se rassasie et fuse, dans un naturel, une simplicité, une évanescence proche de la plénitude.
Et c'est bien de plénitude dont il s'agit ici, mais aussi de méditation, de contemplation, de rigueur, d'ascétisme…de toutes ces choses transmises à Fabienne Verdier par le maître calligraphe et qu'elle met en pratique au quotidien pour alimenter et faire exister son art. Sagesse, discipline de vie, recherche d'absolu, volonté d'unicité avec le Tout…que cette artiste inclassable nous donne en partage comme une leçon de vie à méditer.
Il se dégage alors de ces lignes une douceur cotonneuse, un sentiment de légèreté, une impression d'osmose parfaite avec l'Univers ; c'est la combinaison du recueillement et du détachement, un état transitoire entre l'être et le non-être fait de contemplations et d'errances méditatives, fait de pleins et de riens, de vacuité et d'abondance, qui amène au trait ample, délié, vibratoire du pinceau sur la toile.
« Je peins mon vide de tableau comme une parcelle d'univers prête à recevoir ».
« Etre nuage et eau »…Fabienne Verdier a trouvé la « voie des souffles » et demain, lorsqu'un nouveau jour se lèvera, peut-être arriverons-nous, nous aussi, comme l'artiste dans son atelier, à puiser dans le vol lent d'un oiseau, dans le mouvement ralenti d'un nuage, dans la délicatesse d'une branche de coudrier, cette respiration du monde qui apporte exaltation et sérénité ?
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Puiser aux sources de la créativité, capturer l'instant de grâce où l'énergie du geste jaillit du vide, saisir l'extase du trait d'encre qui prend vie sur le châssis et exprime un peu du sens de l'univers, sens décrypté par une conscience, un coeur, une sensibilité humaine à l'oeuvre… Fasciné par le parcours artistique de Fabienne Verdier, admiratif de sa personnalité et de sa conception de la peinture, j'ai pris plaisir à lire la retranscription de cet entretien entre cette femme qui se définit elle-même comme une artiste martiale, et Charles Juliet, poète et écrivain français, auteur notamment de « L'année de l'éveil » et de « Lambeaux ».

Après une courte introduction visant à définir l'approche de l'écrivain face à l'artiste-peintre, vient l'entretien à proprement dit, composé de questions, le plus souvent courtes, et des réponses de Fabienne Verdier. Mais plutôt que des réponses, ce sont des réactions, des observations, parfois même des digressions que l'artiste propose. Car Fabienne s'exprime rarement par affirmations ou négations. Elle préfère l'ellipse zen, l'association d'idées et d'images, le cheminement créatif à travers les mots tout comme par le truchement du pinceau gigantesque suspendu au plafond de son atelier monumental, véritable fosse à création. Par ce dialogue, l'artiste nous amène à comprendre l'état d'esprit et l'émoi interne qui précèdent l'acte de peindre. Elle nous familiarise avec la discipline du corps et de l'esprit qu'elle a fait sienne depuis plusieurs décennies, apprise des derniers grands maîtres calligraphes et peintres ayant réchappé à la Révolution culturelle chinoise.

Le texte est poétique, philosophique même, ponctué de références qui viennent nourrir la réflexion et les images intérieures de l'artiste. Aux questions plus pratiques, Fabienne Verdier ne verse pas dans le pragmatique, ne révèle que peu d'éléments relevant de la technique picturale. Elle préfère disserter sur le flux de pensée, le flot de l'encre, la flamme mouvante du pinceau nomade. Et saisir l'instant, toujours, afin de le contempler dans sa plénitude.
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Lorsqu'un poète rencontre une artiste peintre, cela garantit un entretien érudit et passionnant. Il est parfois douloureux, malaisé et exigeant de s'exprimer sur ce qui anime tout son être. Cet entretien entre Charles Juliet, écrivain et poète et Fabienne Verdier artiste peintre française est intimiste. La passion et la patience déplacent des montagnes. Afin de vivre sa passion, Fabienne Verdier sacrifie l'académisme des Beaux-arts français pour découvrir la calligraphie en Chine. Elle est opiniâtre et exigeante. En Chine, Fabienne nait une seconde fois au mystère de l'art.
"La peinture, c'est une belle histoire de respiration", dit elle.
C'est une adhésion pleine et entière d'elle-même.
La création picturale est tactile, est sensation. Tous les sens contribuent à imaginer, former une oeuvre. C'est aussi la perception d'une réalité que l'on construit. C'est se libérer dans le mouvement de soi-même.
La calligraphie est un art abstrait. En Chine, cet adjectif n'a pas le même sens qu'en occident. L'abstraction est associé à la nature. le trait est un prolongement de la nature.
Je ne regrette pas d'avoir emprunté ce petit d'ouvrage de moins de quatre-vingts pages. Ne reste plus qu'à découvrir les oeuvres de Fabienne Verdier.
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On connaît la passion de Charles Juliet pour la peinture. Cet entretien habité et profond prouve si besoin était à quel point le poète sait communiquer au lecteur le sens spirituel qui émerge de l'oeuvre d'un autre artiste.
Ainsi, dans ce petit livre à chérir, Charles Juliet et Fabienne Verdier dialoguent dans un texte admirable, qui invite au lâcher prise matériel pour se fondre dans une quête transcendantale qui va au-delà de l'art, ou plutôt qui prend TOUT en compte, le plein, le vide, le doute et l'assurance, la fermeté et l'évanescence...
Le plus fort étant que même si on ne connait absolument rien de la peinture de Fabienne Verdier, on ne peut être que saisi par cette conversation qui plonge au coeur de la création, loin de tous dogmes ou conventions.
Petit livre certes, mais grand texte !
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Citations et extraits (19) Voir plus Ajouter une citation
L’être qui a eu à vivre la mort à soi-même a été dépouillé des illusions, des prétentions, des simagrées du moi et a atteint une certaine impersonnalité. Il est simple, modeste, il aime le silence, le retrait, se tient au contact de ses ressources et à l’écoute de sa nécessité. Après s’être éprouvé, il ne craint plus de s’abandonner au non vouloir, de s’immerger dans la tiédeur de la source. Se lover au plus intime de soi est même ce qui est recherché. En peignant, c’est aussi très exactement ce que recherche Fabienne.
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Combien de morts, combien de renaissances m'a-t-il fallu traverser pour qu'une once de liberté, d'authenticité et de vérité apparaisse au bout de mon pinceau. Les metamorphoses ont été violentes, les constructions de chrysalide nombreuses, avant que je devienne ce papillon butinant l'instant !
La liberté coûte cher à l'être en quête de...
Parfois une vie de travail n'y suffit pas.Apprendre et desapprendre sans cesse.Une fonction vitale. (p.31)
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On se deconditionne encore de la conscience. L'Étude de la voie n'est pas qu'intellectuelle. L'initiation est difficile. En cultivant ce détachement , on bascule vite dans la clochardisation.Je deviens un peu bécasse, d'apparence maladroite et stupide.Hébétée presque devant la beauté du monde, tout entière dévouée à la vie contemplative. Négligeant parfois mon corps et la maison. ..Bref, l'oubli de soi est un état qui se dérobe à toute description rationnelle. (p.41)
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Car se connaître est essentiel. Si on ne se connaît pas, on reste soumis aux conditionnements issus de l'enfance, de la famille, de l'éducation reçue, du milieu social où l'on a grandi, de la personnalité dont on a hérité ou qui nous a été imposée.
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Pour la peinture, ma nécessaire conviction, c'est cet abandon pour laisser advenir. Retrouver ce coeur pur, naturel celui de l'enfant. Abattre les frontières entre le soi et le vivant de toutes choses. Et alors un échange incessant s'engage, extérieur-intérieur, un cycle naturel de revitalisation, d'auto-régénérescence incroyable.
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Videos de Charles Juliet (31) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Charles Juliet
Avec Marc Alexandre Oho Bambe, Nassuf Djailani, Olivier Adam, Bruno Doucey, Laura Lutard, Katerina Apostolopoulou, Sofía Karámpali Farhat & Murielle Szac Accompagnés de Caroline Benz au piano
Prononcez le mot Frontières et vous aurez aussitôt deux types de représentations à l'esprit. La première renvoie à l'image des postes de douane, des bornes, des murs, des barbelés, des lignes de séparation entre États que l'on traverse parfois au risque de sa vie. L'autre nous entraîne dans la géographie symbolique de l'existence humaine : frontières entre les vivants et les morts, entre réel et imaginaire, entre soi et l'autre, sans oublier ces seuils que l'on franchit jusqu'à son dernier souffle. La poésie n'est pas étrangère à tout cela. Qu'elle naisse des conflits frontaliers, en Ukraine ou ailleurs, ou explore les confins de l'âme humaine, elle sait tenir ensemble ce qui divise. Géopolitique et géopoétique se mêlent dans cette anthologie où cent douze poètes, hommes et femmes en équilibre sur la ligne de partage des nombres, franchissent les frontières leurs papiers à la main.
112 poètes parmi lesquels :
Chawki Abdelamir, Olivier Adam, Maram al-Masri, Katerina Apostolopoulou, Margaret Atwood, Nawel Ben Kraïem, Tanella Boni, Katia Bouchoueva, Giorgio Caproni, Marianne Catzaras, Roja Chamankar, Mah Chong-gi, Laetitia Cuvelier, Louis-Philippe Dalembert, Najwan Darwish, Flora Aurima Devatine, Estelle Dumortier, Mireille Fargier-Caruso, Sabine Huynh, Imasango, Charles Juliet, Sofía Karámpali Farhat, Aurélia Lassaque, Bernard Lavilliers, Perrine le Querrec, Laura Lutard, Yvon le Men, Jidi Majia, Anna Malihon, Hala Mohammad, James Noël, Marc Alexandre Oho Bambe, Marie Pavlenko, Paola Pigani, Florentine Rey, Yannis Ritsos, Sapho, Jean-Pierre Siméon, Pierre Soletti, Fabienne Swiatly, Murielle Szac, Laura Tirandaz, André Velter, Anne Waldman, Eom Won-tae, Lubov Yakymtchouk, Ella Yevtouchenko…
« Suis-je vraiment immortelle, le soleil s'en soucie-t-il, lorsque tu partiras me rendras-tu les mots ? Ne te dérobe pas, ne me fais pas croire que tu ne partiras pas : dans l'histoire tu pars, et l'histoire est sans pitié. »
Circé – Poèmes d'argile , par Margaret Atwood
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