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ISBN : 2070400867
Éditeur : Gallimard (11/04/1997)

Note moyenne : 4.02/5 (sur 496 notes)
Résumé :
Dans cet ouvrage, l'auteur a voulu célébrer ses deux mères : l'esseulée et la vaillante, l'étouffée et la valeureuse, la jetée-dans-la-fosse et la toute-donnée.
La première, celle qui lui a donné le jour, une paysanne, à la suite d'un amour malheureux, d'un mariage qui l'a déçue, puis quatre maternités rapprochées, a sombré dans une profonde dépression. Hospitalisée un mois après la naissance de son dernier enfant, elle est morte huit ans plus tard dans d'atr... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (66) Voir plus Ajouter une critique
Beatrice64
  07 mars 2012
Je crois que jamais un livre ne m'avait touchée de manière aussi intime.
Mi-autobiographie, mi-biographie, ce court texte est de ceux, rarissimes, dont on ne sort pas indemne, à ranger pas loin des livres d'Henri Calet.
Récit du dépassement d'une dépression mélancolique grâce à l'écriture, il constitue également un hommage de l'auteur à "ses mères" : sa mère biologique, internée quand Charles Juliet a quelques mois, morte en asile psychiatrique pendant la seconde guerre mondiale (histoire fondatrice de son parcours dont il ignorera tout pendant son enfance, cependant source d'un obscur et insupportable sentiment d'étrangeté au monde), et sa mère adoptive, dont l'amour donnera un sens à sa vie. Ce texte, avec une simplicité, une justesse et une délicatesse proprement lumineuses, déroule les lambeaux de cette bataille avec le langage, le sens, la folie, qui durera vingt ans, et lui permettra d'extraire du plus profond de lui-même la douleur et l'incommunicabilité qui le ravageaient. Aussi sobre que passionnant.
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1967fleurs
  30 novembre 2016
Charles Juliet écrit à sa mère Hortense morte, qu'il n'a jamais connue. Il lui redonne vie, explorant son passé en employant le « tu ». Une écriture au présent, en fragments, en lambeaux sur plusieurs années. Sa conscience regarde, reconstitue, se souvient. Il est à vif, il accouche, il prend la mesure de sa souffrance par les mots.
Comme un monologue intérieur, il fait parler cette mère biologique, née dans un milieu paysan, vouée au travail de la terre, aux tâches domestiques plutôt qu'aux études. Son goût pour la littérature, la lecture a été sacrifié aux vicissitudes d'une vie de labeurs. Il a mené l'enquête pour reconstituer ce passé qu'il a longtemps ignoré et qui le hantait.
Dans une deuxième partie, l'auteur nous brosse le portrait de Félicie. Il lui est confié provisoirement…
Malgré ses six enfants, elle s'est attachée à ce bébé rebaptisé Jean et ne peut s'en séparer.
Il fait l'éloge de cette seconde mère, son amour sans borne, son admiration pour elle. Dès qu'il ne l'a voit plus, il est insécurisé, hanté par la peur de la perdre. Elle est peu loquace mais si aimante : Il la qualifie « de toute donnée ».
L'écriture de Charles Juliet ne ressemble certainement à aucune autre, elle est réaliste, poétique, pondérée. On mesure son manque aussi par ses non-dits et ses allusions. A travers ces deux portraits, l'auteur nous parle aussi de lui en toile de fonds , de sa vie, de sa distance aux autres, puis de ses tourments qui reprennent le dessus et la nécessité d'écrire pour ne pas sombrer, pour éviter un choix plus radical…..
Un roman court mais d'une grande intensité. Il nous emmène au bout de lui-même, alors j'ai eu un peu le vertige, mais pourtant tout est pesé, équilibré, calibré.
J'ai aimé ce livre mais sans jamais me complaire dans cette souffrance, même si on peut parfois se retrouver par « fragments » dans certains passages.
Cet amour maternel semé chaque jour en abondance a pris racine, triomphant sur toutes ces souffrances devenues rédemptrices de vie, d'espoir, de douceurs pour Charles Juliet.
Une écriture d'une grande lucidité et le choix… de la résilience et non de se résilier.
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Erveine
  15 janvier 2014
J'ai rencontré Charles Juliet à Nouméa en juillet 2012.
Un regard clair et vrai, presque tendre. Un homme plein d'humanité et un écrivain talentueux. C'est bizarre, j'avais envie de l'embrasser. Allez savoir pourquoi. Mais je n'ai pas pu, y avait du monde, alors j'ai écouté attentivement. Comme c'est un personnage et un esprit relié directement à la nature, je marchais avec lui sur les diapositives qui défilaient sur l'écran de projection d'une grande salle de conférence. Nous cheminions gaiement ensemble sur un petit sentier bordé d'arbres. Nous foulions de nos pas le tapis de feuilles multicolores d'un automne resplendissant. le chant des oiseaux et le bruissement du vent nous accompagnaient. Puis, Charles évoqua ses racines. Enfant de troupe qu'il était, et aussi paradoxalement que cela puisse paraître, c'est bien cet univers rude et austère qui nous l'a gardé, vivant parmi nous. Cet épisode à fait l'objet d'une filmographie « l'année de l'éveil » en 1999. Mais pour comprendre il faut lire « Lambeaux ». Un hommage à deux mères diamétralement opposées, mais formidables chacune dans son grade affectif. L'une, la vraie, décédée trop tôt des suites d'une simple dépression. Internée dans un asile dont on sait que sous la dictature nazie les malades moururent de faim. C'est à 11 ans que Charles apprend, par un hasard dont on se passerait bien parfois, les circonstances de cette mort et du même coup, le rôle de sa mère adoptive. Il ne statuera point pourtant sur l'échelle des valeurs, vénérant les deux à la fois. Cependant que pour survivre il doit tuer en lui ce qu'il est, et à la fois ce qu'il n'est pas. Il va faire là, un travail considérable de construction/reconstruction. Il traversera une période effroyable ou il cherchera un lien, quelque part dans l'espace, quelque chose qui le puisse, relier à cette existence pour laquelle il ne ressent aucun élan, si ce n'est la sève des arbres et cet appel de la nature qui guide son instinct. Peut-être parviendra t-il à revêtir une partie de celle qu'il a peu connue, une enveloppe charnelle qui le couvrira petit à petit au fur et à mesure de cette double naissance. Puis, il rencontrera de belles âmes qui le nourriront et qui finalement l'édifieront comme auteur, des écrivains, des musiciens, des peintres et des poètes, des artistes et comme lui, des amoureux des mots.
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rabanne
  21 novembre 2016
Encore un livre pioché dans la liste de ma grande, parce qu'intriguée par le titre et par l'auteur que je ne connaissais pas. C'est une autobiographie en deux parties, à la forme narrative originale, avec l'emploi de ce "tu" si personnifiant. Deux parcours de vie, aux confins de la désespérance et de la folie, dont on ne sort pas indemne.
Douze années pour déceler, révéler les non-dits, comprendre, exprimer, écrire pour renaître à la vie. D'abord faire parler la mère de naissance, une identité de femme totalement bafouée. Avec, en toile de fond, le traumatisme de la guerre, l'âpreté des coeurs, la rudesse campagnarde, le labeur, le silence, la frustration, l'épuisement et cette cruelle solitude, jusque dans la mort. En seconde partie, l'auteur ose poser un regard sur lui-même. C'est également un hymne d'amour à la mère d'adoption...
Un récit introspectif puissant et poignant, incroyablement intimiste et universel, sur l'impuissance, la fragilité des êtres, sur l'importance de l'estime de soi, sur la résilience, qui n'est possible qu'en libérant la parole. C'est parfois très très sombre, mais effroyablement juste.
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Annette55
  14 mai 2014
Voici un texte court, lumineux, magnifique, coup de poing et coup de coeur à la fois dont on désirerait citer nombre de mots, nombre de phrases tellement l'écriture est belle, où chaque ligne est ciselée, les mots pensés, justes et sincères, un texte que l'on va garder en soi pour toujours, de la vraie littérature!
Charles Juliet trace le portrait détaillé de sa mère biologique,l'âpreté et la dureté de sa vie à la campagne (comme l'a vécu ma propre grand- mère, à cette époque, on quittait l'école rapidement, souvent avec désespoir...)
Il évoque l'amour de sa maman pour l'école:"Combien tu aimes l'école!Chaque fois que tu pousses la petite porte de fer et t'avances dans la cour, tu pénètres dans un monde autre, deviens une autre petite fille, et instantanément tu oublies tout du village et de la ferme_ le maître, les cahiers et les livres, l'odeur de la craie,les cartes de géographie,....tu le Vénères."..._..il nous livre ses hésitations , ses doutes, ses pensées secrètes de petite fille intelligente qui ne pouvait s'exprimer, et surtout "sa mort spirituelle" à la fin de ses trop courtes études.
"Apprendre. Tu as le désir d'apprendre, de garder contact avec ce monde des livres dont tu te sens exclue..."
A la fin de la première partie ,il raconte comment sa mère a exprimé son besoin de Vocabulaire:"je crève,parlez moi,parlez moi,si vous trouviez les mots dont j'ai besoin vous me délivreriez de ce qui m'étouffe".
Dans la deuxième partie, l'auteur trace le portrait de sa seconde mère adoptive, la vaillante et son amour pour sa famille adoptive.
Puis il nous livre avec une grande sensibilité, sans pathos ni voyeurisme,son propre tâtonnement et cheminement, son lent éveil à soi même, comment il devient écrivain:"tu veux écrire. Tu veux écrire mais tu ignores tout ce en quoi consiste l'écriture....un jour ,il te vient le désir d'entreprendre un récit où tu parlerais de tes deux mères, "l'esseulée et la vaillante, l'étouffée et la valeureuse","la jetée -dans -la fosse et la toute- donnée."
Je n'ai pas envie d'en livrer plus, malgré tant de souffrance, Charles Juliet nous montre que la détresse peut amener à l'espoir,c'est un livre bouleversant mais salvateur, acheté par hasard, en plus,déniché dans les rayons de ma librairie,
"L'autre Rive à Nancy."
Vive les libraires!


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critiques presse (2)
Actualitte   18 janvier 2012
Un récit dont on ne sort pas indemne. Les mots ciselés, les phrases courtes, incisives nous étreignent, nous pénètrent et nous malmènent, traduisent sans modération la douleur de cette femme, son immense tristesse, sa solitude, sa sensibilité incomprise et malvenue dans un quotidien si rustre et archaïque.
Lire la critique sur le site : Actualitte
Lecturejeune   01 mars 2006
Lecture jeune, n°117 - Charles Juliet rend un hommage particulièrement émouvant à deux figures maternelles : sa mère naturelle, décédée alors qu’il était encore un tout petit enfant, et sa mère adoptive, si aimante. D’origine pauvre, Hortense Juliet a vécu une existence tourmentée, privée des études qu’elle aurait voulu suivre. Après une histoire d’amour dramatique, elle a tenté de se conformer au mode de vie paysan avant de sombrer dans la solitude et la folie. Elle a fini internée dans un hôpital psychiatrique. C’est à elle que l’auteur adresse la première partie, écrite à la deuxième personne du singulier. Plus déconcertant encore est l’emploi du vocatif lorsque l’auteur s’adresse à lui-même. Dans cette deuxième partie autobiographique, on retrouve des éléments de L’Année de l’éveil, ouvrage dans lequel Charles Juliet décrivait sa vie d’élève de lycée militaire. L’auteur se livre ici avec beaucoup de pudeur et admet que l’écriture lui a permis de surmonter la culpabilité liée à la mort de sa mère : le récit se clôt sur un cri d’espoir. Chaque mot est pesé, chaque phrase est ramenée à l’essentiel comme dans un poème en prose. Le titre, Lambeaux, évoque à la fois l’écriture fragmentée et le destin déchiré de la mère. Cette réédition spécialement destinée aux élèves de première et enrichie d’un dossier sur l’écriture de l’intime permettra de faire découvrir aux adolescents un roman magnifique paru en 1995. Cécile Robin-Lapeyre
Lire la critique sur le site : Lecturejeune
Citations et extraits (99) Voir plus Ajouter une citation
LourealLoureal   23 novembre 2010
Tes yeux. Immenses. Ton regard doux et patient où brûle ce feu qui te consume. Où sans relâche la nuit meurtrit ta lumière. Dans l’âtre, le feu qui ronfle, et toi, appuyée de l’épaule contre le manteau de la cheminée. A tes pieds, ce chien au regard vif et si souvent levé vers toi. Dehors, la neige et la brume. Le cauchemar des hivers. De leur nuit interminable. La route impraticable, et fréquemment, tu songes à un départ à une vie autre, à l’infini des chemins. Ta morne existence dans ce village. Ta solitude. Ces secondes indéfiniment distendues quand tu vacilles à la limite du supportable. Tes mots noués dans ta gorge. A chaque printemps, cet appel, cet élan, ta force enfin revenue. La route neuve et qui brille. Ce point si souvent scruté où elle coupe l’horizon. Mais à quoi bon partir. Toute fuite est vaine et tu le sais. Les longues heures spacieuses, toujours trop courtes, où tu vas et viens en toi, attentive, anxieuse, fouaillée par les questions qui alimentent ton incessant soliloque. Nul pour t’écouter, te comprendre, t’accompagner. Partir, partir, laisser tomber les chaînes, mais ce qui ronge, comment s’en défaire ? Au fond de toi, cette plainte, ce cri rauque qui est allé s’amplifiant, mais que tu réprimais, refusais, niais, et qui au fil des jours, au fil des ans, a fini par t’étouffer. La nuit interminable des hivers. Tu sombrais. Te laissais vaincre. Admettais que la vie ne pourrait renaître. A jamais les routes interdites, enfouies, perdues. Mais ces instants que je voudrais revivre avec toi, ces instants où tu lâchais les amarres, te livrais éperdument à la flamme, où tu laissais s’épanouir ce qui te poussait à t’aventurer toujours plus loin, te maintenait les yeux ouverts face à l’inconnu. Tu n’aurais osé le reconnaître, mais à maintes reprises il est certain que l’immense et l’amour ont déferlé sur tes terres. Puis comme un coup qui t’aurais brisé la nuque, ce brutal retour au quotidien, à la solitude, à la nuit qui n’en finissait pas. Effondrée, hagarde. Incapable de reprendre pied.

Te ressusciter, te recréer. Te dire au fil des ans et des hivers avec cette lumière qui te portait, mais qui un jour, pour ton malheur et le mien, s’est déchirée.
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sylviesylvie   18 janvier 2008
Ce récit aura pour titre Lambeaux. Mais après en avoir rédigé une vingtaine de pages, tu dois l'abandonner. Il remue en toi trop de choses pour que tu puisses le poursuivre. Si tu parviens un jour à le mener à terme, il sera la preuve que tu as réussi à t'affranchir de ton histoire, à gagner ton autonomie. Ni l'une ni l'autre de tes deux mères n'a eu accès à la parole. Du moins à cette parole qui permet de se dire, se délivrer, se faire exister dans les mots. Parce que ces mêmes mots se refusaient à toi et que tu ne savais pas t'exprimer, tu as dû longuement lutter pour conquérir le langage. Et si tu as mené ce combat avec une telle obstination, il te plait de penser que ce fut autant pour elles que pour toi. Tu songes de temps à autre à Lambeaux. Tu as la vague idée qu'en l'écrivant, tu les tireras de la tombe. Leur donneras la parole. Formuleras ce qu'elles ont toujours tu. Lorsqu'elles se lèvent en toi, que tu leur parles, tu vois s'avancer à leur suite la cohorte des bâillonnés, des mutiques, des exilés des mots;écrivant, tu les tireras de la tombe. Leur donneras la parole. Formuleras ce qu'elles ont toujours tu.
+ Lire la suite
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StephDStephD   22 juillet 2010
C'est alors que tu ne peux plus te cacher ce que jusque-là tu as obstinément refusé de voir : tu vas quitter l'école pour n'y jamais revenir. [...] Ne plus jamais passionnément t'adonner à l'étude. Et ce monde que tu vénères, ce monde des cahiers et des livres, ce monde auquel tu donnes le plus ardent de toi-même, ce monde va soudain ne plus exister. Tes muscles se raidissent, tes mains se nouent âprement dans ton dos, mais tu ne peux rien contre ce sentiment d'effondrement qui te submerge, et à ta grande honte, deux lentes traînées brillantes apparaissent sur tes joues.
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solasubsolasub   21 janvier 2012
Tu songes de temps à autre à Lambeaux. Tu as la vague idée qu'en l'écrivant, tu les tireras de la tombe. Leur donneras la parole. Formuleras ce qu'elles ont toujours tu.
Lorsqu'elles se lèvent en toi, que tu leur parles, tu vois s'avancer à leur suite la cohorte des bâillonnées, des mutiques, des exilés des mots...
ceux et celles qui ne se sont jamais remis de leur enfance...
ceux et celles qui s'acharnent à se punir de n'avoir jamais été aimés...
ceux et celles qui crèvent de se mépriser et se haïr...
ceux et celles qui n'ont jamais pu parler parce qu'il n'ont jamais été écoutés...
ceux et celles qui qui ont été gravement humiliés et portent au flanc une plaie ouverte...
ceux et celles qui étouffent de ces mots rentrés pourrissant dans leur gorge...
ceux et celles qui n'ont jamais pu surmonter une fondamentale détresse ...
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coco4649coco4649   04 février 2016
 Insupportable à toi-même. Brûlé par un feu.
Brûlé et consumé et détruit par ce dégoût et
cette haine que tu t'inspires. Repoussé chaque
fois à l'extrême limite de ce qu'il t'est possible
d'endurer. Mais à chaque assaut, la limite
recule. Tu n'as plus aucun désir et rien ne
t'intéresse. Êtres et choses ont disparus dans un
brasier et tout n'est que cendres. L'ennui. L'ac-
cablement. La nausée du temps qui ne coule
plus. Ne coulera plus. Suffoquant à la pensée de
ces jours qui s'étendent devant toi. Un combat
de chaque seconde. En permanence le besoin
d'en finir. Rôdant autour du geste ultime. Pour
te préparer à l'instant où il te faudra l'accom-
plir. L'intenable. L'intenable. Et aucun répit.
Aucun refuge. Aucune échappatoire. Demeurer
là. Dans ce regard qui se regarde. Cet œil qui se
scrute. Et attendre. Et pâtir. L'être rompu, désa-
grégé, anéanti. N'étant plus que douleur. Mais
donner à autrui une idée de cet absolu de la
souffrance est rigoureusement impossible. Voilà
pourquoi cette souffrance qui t'avilit, t'em-
pêche d'être à l'unisson, te fait vivre dans la
honte, tu la caches, tu la tais.

p.142-143
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Dans la veine du précédent, Charles Juliet publie un nouveau « journal » intitulé « Gratitude ». Entre souvenirs, anecdotes du quotidien et rencontres, le lauréat du Grand Prix de l?Académie française en 2017, retrace à sa manière la période 2004-2008 à travers ce « carnet de vie ».
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