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ISBN : 2253063797
Éditeur : Le Livre de Poche (01/05/1993)

Note moyenne : 4.15/5 (sur 13 notes)
Résumé :
Si la pensée chinoise est irréductible à nos concepts, ce n'est pas qu'elle soit préphilosophique mais bien, comme le montre François Jullien, parce qu'elle est, dès l'origine, antiphilosophique. La Chine n'a pas méconnu la voie conceptuelle: elle l'a refusée. Ce refus a fondé un art et une sagesse. Ainsi, l'opposition du bien et du mal, de l'amer et du doux, du fort et du faible, du courbe et du droit, est abstraite et toujours contestable. Dès lors, le grand art e... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (1) Ajouter une critique
Charybde2
19 mars 2013
Fine analyse du concept culturel chinois de la fadeur comme "potentiel intact"...
Publié en 1991, cet "Éloge de la fadeur" est presque une "oeuvre de jeunesse" du célèbre sinologue François Jullien, avant ses travaux majeurs "Le détour et l'accès" et "Traité de l'efficacité".
En 150 pages, on y trouve toutefois une belle mise en oeuvre de ce qui s'imposera comme sa méthode de prédilection, le questionnement minutieux des textes historiques chinois afin d'y détecter, mesurer et mettre en perspective les écarts culturels et leurs sens possibles.
Développant une brève intuition de Roland Barthes sur la profonde valorisation de la fadeur (dans les arts et par extension dans l'ensemble de la sphère morale) dans la culture chinoise classique, il en traque la généalogie.
"La saveur nous attache, la fadeur nous détache. (...) Elle nous libère des engouements éphémères - fait taire tout ce tapage qui nous épuise."
"On ne peut donc trouver d'autre ancrage à la réalité que dans cette valeur du "neutre" : de ce qui ne penche pas plus dans un sens que dans un autre, de ce qui ne se caractérise pas plus d'une façon que d'une autre, mais garde complète en soi sa capacité d'essor."
Parcourant cuisine, musique et littérature, la démonstration, convaincante, manifeste ainsi l'une de ces différences culturelles radicales entre Chine et Occident dont François Jullien est friand (sans rentrer ici dans le débat violemment soulevé par Jean-François Billeter, en cherchant à distinguer entre extériorité et altérité des cultures entre elles...).
On notera au passage que, dans le champ stratégique (qui n'est pas l'objet de cet ouvrage, mais celui du "Traité de l'efficacité"), le concept occidental de "fleet in being", développé à partir de 1690 par l'Amirauté britannique, et sensiblement tombé en désuétude avec le développement de la puissance aérienne stratégique, présente de curieuses similitudes avec cette défense chinoise de la fadeur comme potentiel intact.
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Citations & extraits (14) Voir plus Ajouter une citation
SeshetaSesheta19 octobre 2010
Il convient donc de se former à cet art de la lecture, celui de laisser INFUSER le sens : loin du pointage impérieux du discours (démonstratif) et de tous ses marquages insistants laisser dissoudre librement en soi tout le sens possible, se prêter à ses sollicitations secrètes et s'engager ainsi dans un itinéraire qui se renouvelle toujours, à l'infini.

(p.27)
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SeshetaSesheta19 octobre 2010
La fadeur des choses appelle au détachement intérieur. Mais elle est aussi une vertu, notamment dans notre rapport à autrui, parce qu'elle est gage d'authenticité ; elle doit être aussi à la base de notre personnalité puisque, seule, elle permet de posséder également toutes les aptitudes et de faire preuve, en chaque occasion, de la faculté requise.

(p.19)
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SeshetaSesheta17 octobre 2010
Comme ne cessent de le répéter les Chinois, si "tout le monde est à même de distinguer les différentes saveurs", l'insipidité du "centre" (ou du "Tao") est "ce qu'il y a de plus difficile à apprécier". Mais elle s'apprécie sans fin.

(p.18)
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SeshetaSesheta19 octobre 2010
[les arts chinois] peuvent rendre plus SENSIBLE cette insipidité fondamentale – ils ont donc mission de la révéler : à travers le son, le poème, la peinture, la fadeur devient expérience.

(p.21)
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SeshetaSesheta17 octobre 2010
[...] la fadeur est au départ de tous les possibles et les fait communiquer.

(p.17)
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Videos de François Jullien (12) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de François Jullien
Grégoire Delacourt publie «Danser au bord de l'abîme», chez JC Lattès, le récit catastrophique d'une passion née d'un regard. Dans «Un saint homme», publié chez Gallimard, Anne Wiazemsky évoque la figure du père Deau, un prêtre professeur de français qu'elle a connu lors de ses études en institution religieuse au tout début des années 1960 et avec lequel elle a noué une profonde amitié intellectuelle. Avec «Article 353 du code pénal», publié aux Editions de minuit, Tanguy Viel noue les fils d'un drame contemporain dont l'action se situe en Bretagne. Enfin, le philosophe et sinologue François Jullien publie «Une seconde vie», chez Grasset, un essai dans lequel il s'interroge sur l'opportunité de refaire sa vie. Shumona Sinha publie «Apatride», chez L'Olivier, et Caryl Férey «Pourvu que ça brûle», chez Albin Michel.
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Dans la catégorie : Chine et CoréeVoir plus
>Philosophie de l'Orient (sans distinction d'époque)>Est et Sud de l'Asie>Chine et Corée (36)
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