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EAN : 9782203213319
200 pages
Éditeur : Casterman (04/03/2020)

Note moyenne : 4.03/5 (sur 52 notes)
Résumé :
Berlin, avril 1945. Ingrid est allemande et sort de plusieurs années d’enfer sous le régime nazi. Evgeniya est russe et vient d’arriver à Berlin avec l’armée soviétique pour authentifier les restes d’Hitler. La première est épuisée, apeurée par les « barbares » qu’elle voit débarquer chez elle, tandis que la seconde, débordante de vie et de sollicitude, est intriguée par cette femme avec qui elle doit cohabiter. Mais chacune tient un journal intime, ce qui permet au... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (21) Voir plus Ajouter une critique
le_chartreux
  09 janvier 2021
C'est un album dans toutes les nuances de gris ; mais d'un gris effroyable…
Feldgrau, gris taupe, gris anthracite, gris fer, vert-de-gris, gris poussière et puis gris cendres.
C'est aussi un album hors du commun qui montre la Bataille de Berlin vue par les femmes.
L'histoire se situe à l'aube de la Libération entre avril et mai 1945 ; Berlin, comme d'autres grandes villes allemandes telles Dresde, Hanovre ou Hambourg, vient d'être anéantie sous les bombes américaines et britanniques. Les ruines encore fumantes sont réduites à l'état de poussière sous les obus et les chenilles des chars russes ; l'Armée Rouge pille se qui reste encore debout tandis que ses soldats couchent sauvagement et violent les berlinoises sans limite d'âge.
Ingrid, 28 ans, est allemande et travaille pour la Croix-Rouge.
Evgeniya Levinsky, 19 ans, est russe et fait partie des troupes d'élite du N.K.V.D., une sorte de Commissariat du Peuple aux Affaires Intérieures, l'équivalent de la Gestapo.
Les routes vont se croiser et ces deux femmes que tout oppose vont trouver pendant quelques jours un terrain d'entente.
A Berlin, en ce printemps 45, le quotidien est devenu très difficile pour les enfants, les filles, les femmes et les vieillards qui subissent l'effondrement total de leur pays devenu fou sous l'emprise du parti national-socialisme. Comme figuré dans le film de Roberto Rossellini : ALLEMAGNE ANNÉE ZÉRO, de nombreuses régions sont devenues des champs de ruines et les villes ne sont plus que carcasses d'immeubles calcinés où se terre une population affamée et hébétée perpétuellement à la recherche de sa nourriture quotidienne ; les bébés mal-nourris meurent de faim. Les malades affaiblis meurent de faim.
Les troupes d'élite du N.K.V.D. étaient entrainées pour effectuer les missions les plus dangereuses comme les infiltrations ou les parachutages derrière les lignes ennemies. D'autres unités étaient à l'origine des forces spéciales soviétiques chargées des camps de prisonniers de guerre et des exécutions. Cette police militaire influente et redoutable - capable de tirer sur ses propres soldats refluant des assauts ou se prêts à se rendre à l'ennemi - tenait son formidable pouvoir du haut commandement et rendait compte directement à Staline. La mission de l'unité berlinoise dans laquelle était affectée la camarade Levinsky était de localiser la dépouille d'Adolf Hitler
Le comportement des soldats soviétiques était certainement ambivalent ; ils n'avaient pas la moindre pitié pour les femmes qui tombaient entre leurs mains – la guerre est une affaire d'homme, le viol est une arme de guerre – mais ils prenaient soin des malades et des blessés. Les actes de viol, d'agression ou d'esclavage sexuel perpétrés par l'Armée Rouge étaient très fréquents même si le haut commandement dénonçait la pratique et condamnait à la déportation ou à la peine de mort les coupables. A peine les rues sécurisées, les soldats se précipitèrent dans les caves et se livrèrent au pillage. Ils emmenèrent des femmes et des jeunes filles : Humiliation, affaiblissement, assujettissement et destruction ; viols multiples et collectifs fréquemment commis en public et le plus souvent accompagnés de brutalités et de coups. Dans certaines maisons on se livrait un monstrueux trafic de femmes même s'il arrivait que des soldats russes pris en flagrant délit de viol fussent abattus d'un coup de pistolet par leur officier.
Ingrid tient un journal intime XXXXX. Elle raconte XXXX son quotidien XX. Elle aligne chaque jour XXX des croix XXXXXXX qui attestent de toutes les fois où elle subit XXXXX l'innommable XXXXXX… Tous les jours XXXXX il y a des croix parce que XXX tous les jours XXXX il y a eu viol.
Son journal signera aussi sa perte car certains soldats allemands de retour des camps de prisonniers ne pardonnèrent pas à leurs femmes cette ultime infamie.
Désastre.
La Seconde Guerre mondiale fut probablement le conflit militaire le plus meurtrier de l'histoire. Entre 60 et 85 millions de personnes furent tuées, ce qui représentait plus de 2,5 % de la population mondiale de l'époque.
Les femmes et les plus fragiles payèrent un lourd tribut.
Les conséquences et les traces indélébiles des exactions subies par les femmes ne partirent pas à la machine. Lavage après lavage le tissus se déchira davantage jusqu'à partir en lambeaux. Jamais il ne reprendra pas sa couleur d'origine.
Le gris des hommes.
La solitude des femmes.
Un album d'une force effroyable. Un dessin dur et expressif que j'aurai aimé plus soigné, moins anguleux, mais il rapporte la dureté de cette tragédie.
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Erik_
  15 janvier 2021
Cela fait partie de ses bd qu'il faut avoir au moins lu une fois dans sa vie mais qu'on ne possédera pas forcément pour les relire tant le sujet est grave.
Il s'agit de la rencontre de deux femmes à Berlin : l'une soviétique appartenant au service secret NKVD et l'autre une berlinoise mariée avec un SS. La capitale du Reich est totalement dévastée en avril et mai 1945 durant les derniers jours de la guerre.
Hitler s'est suicidé le 30 avril dans son bunker de Berlin avec sa maîtresse et son chien en donnant l'ordre de carboniser son cadavre. Il s'agit pour les soviétiques de retrouver le corps du Führer à la demande expresse de Staline qui exige son trophée de guerre en bon humaniste qu'il est.
Le contexte historique est très intéressant. On assiste aux pires conditions qu'il peut y avoir dans une guerre. Il faut dire que la haine des nazis était à son paroxysme depuis notamment la découverte des camps de concentration. On voit également où la folie d'une poignée d'extrémistes à pu mener tout un pays, voir tout un continent.
J'ai bien aimé le fait qu'il n'y a pas de partie pris entre l'Allemagne nazie et les exactions horribles des communistes face à une population composée de vieillards, de femmes et d'enfants. Les rouges ne feront pas de quartier. Cela nous prend aux tripes.
On va suivre alors le destin de deux femmes différentes qui vont malgré tout se lier d'amitié et vite comprendre que la guerre, c'est une sale affaire d'hommes. D'une manière ou d'une autre, les femmes subissent. Ce portrait m'a beaucoup ému car il paraît tout à fait réaliste sans faire dans la complaisance dans un Berlin en ruine.
L'auteur nous dresse un récit sans concession qui montre l'horreur de l'humanité. Plus jamais de guerre j'aurais envie de crier. C'est une oeuvre assez saisissante qu'il faut avoir lu pour comprendre ce qui s'est passé en espérant que cela ne se reproduise jamais.
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jamiK
  24 novembre 2020
Cette histoire raconte la fin de la seconde guerre mondiale à Berlin, de l'arrivée des soldats russe, jusqu'à la découverte des restes du corps d'Adolph Hitler. Ce récit est inspiré de carnets intimes publiés, celui d'une allemande, et celui d'une militaire russe. le graphisme est en noir et blanc, le trait simple mais agrémenté nuances au lavis, délicates. C'est un faux noir et blanc, imprimé en quadri pour apporter une lumière sépia, un ambiance vieillie, des couleurs viennent parfois rythmer et marquer quelques moments clefs, mais très peu, parce que c'est une histoire irréductiblement grise. le ton est intimiste, il va présenter les faits historiques pour rythmer et situer le récit, mais le propos, c'est avant tout celui de la place des femmes dans la guerre, une très mauvaise place, celle de victimes, cela raconte qu'une guerre entre une nation et une autre, c'est aussi une guerre des hommes contre les femmes, je trouve que Nicolas Juncker a fait un très bon choix en mettant en avant cette vision féministe, mais il ne la brandit pas comme un étendart, il le fait tout en finesse, le résultat est d'autant plus convaincant. C'est une bande dessinée dure et cruelle, mais très touchante, et profondément nécessaire.
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Vexiana
  03 février 2021
Berlin, récemment tombée aux mains de l'armée russe, est le décor de cette histoire : la croisée des destins d'une Allemande, fiancée à un SS porté disparu et une Russe, Lieutenant du NKVD.
C'est donc une vision féminine de la fin de la guerre en Allemagne qui nous est présentée ici et c'est très réussi. Vision d'autant plus intéressante que, si le vécu des femmes de Berlin lors de l'arrivée russe est connue de la grande histoire, elle y revêt souvent (et très malheureusement) un côté 'anecdotique' (comme, d'ailleurs, la plupart des évènements de la guerre qui ne sont pas des faits d'armes ou de grandes batailles). Ce genre de BD permet de mettre ces facettes de la guerre en avant et donner une vision plus nuancée de la guerre (et de la paix) que celle écrite par les seuls vainqueurs.
La narration est bien construite, le propos est intéressant (et glaçant) et le dessin est génial. A la fois simple, réaliste et savamment stylisé. le tout traité dans un magnifique camaïeu de gris avec quelques très judicieuses et magnifiques touches de couleur revêtant une dimension quasi poétique.
J'ai adoré.
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psambou
  03 février 2021
Inspiré des écrits laissés par deux femmes, une allemande (anonyme) et une soviétique, Elena Rjeskaia, jeune officier des services de renseignement, Nicolas Junker croise l'histoire de ces deux femmes sur la période du 20 avril au 18 mai 1945 à Berlin. Ce roman graphique est dessiné tout de gris, à l'exception de rares vignettes de couleur (par exemple pour signifier l'explosion d'une saveur oubliée en croquant dans une pomme) ou d'autres teintées de rouge associées à l'arrivée de l'armée soviétique à Berlin. Il relate, d'une du point de vue de la jeune Allemande, l'occupation d'un peuple vaincu par une armée de vainqueurs (qui n'a pas oublié les souffrances endurées). Son vécu comme clui des autres femmes, ce sont les viols à répétition, les combines pour choisir la situation la moins pire, pour manger, tout simplement survivre. L'expression du visage et de la posture de la protagoniste allemande traduit toute la douleur, le martyr endurés. D'autre part, nous participons à la recherche active par les services de renseignements soviétiques du corps d'Hitler, de l'identification de ses restes, et à la découverte par Eléna de l'agissement de ces compatriotes. Les deux femmes auront l'occasion de cohabiter quelques nuits, chacune découvrant à travers les écrits de l'autre (journal intime / carnet de guerre) consultés en cachette les différentes facettes de cette période de fin de guerre et d'occupation à Berlin. C'est un roman graphique saisissant sur ces semaines meurtrières, et deux portraits de femmes remarquables.
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critiques presse (1)
BoDoi   28 août 2020
Seules à Berlin est un bijou pas toujours facile d’accès, dont la subtilité se mérite au fil de pages un brin arides, mais habilement agencées.
Lire la critique sur le site : BoDoi
Citations et extraits (13) Voir plus Ajouter une citation
Stephanie39Stephanie39   19 février 2021
Sauf miracle, ou intervention divine, il y aura un mort cette nuit.
Lui ou moi. Je ne sais pas. C'est sans importance.
De nous deux, n'importe lequel fera l'affaire.
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Stephanie39Stephanie39   19 février 2021
Mais sauver quoi ? Et dans quel but ?
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Stephanie39Stephanie39   19 février 2021
Vous vous en foutez, vous êtes vieux, vous allez bientôt crever...
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Stephanie39Stephanie39   19 février 2021
Nous, pendant ce temps, il nous faut continuer à vivre.
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Stephanie39Stephanie39   19 février 2021
Je suis seule... Enfin seule.
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